Site Web entier

AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 

 
Le Changement

29 décembre 2005

[ 003: 29-12-05]
Affaire des poseurs de bombe et plasticage de la poste de Tokoin-Habitat : Des militants de l’opposition enlevés et gardés en détention

De sources proches des partis de l’opposition dite traditionnelle, certains de leurs militants arrêtés, sont toujours gardés en détention en violation du principe de la présomption d’innocence. Parmi eux, les nommés Azonlédji Kossi Djomo, Akoumey Koffi Adodo… et Abbey. Ils sont accusés d’avoir plastiqué le bureau de poste de Tokoin-Habitat à côté du CHU-Tokoin et d’être les auteurs de la pose de bombe dans cet immeuble. On leur reproche également d’avoir commis d’autres actes de vandalisme qui ont endeuillé notre pays après l’élection présidentielle.

On apprendra plus tard que certains d’entre eux seraient enlevés depuis leur exil au Ghana et ramenés manu militari au camp puis à la prison civile de Lomé où ils sont gardés actuellement.

Il faut rappeler que le plasticage de la poste de Tokoin-Habitat remonte à juillet dernier.

Les faits

En effet, courant septembre 2005 et précisément le 14, MM Abbey Anaté André et Azonlédji Kossi Djomo, tous deux militants de l’Union des Forces de Changement (UFC), réfugiés au Ghana depuis déjà plusieurs années, ont été arrêtés et conduits à Lomé.

D’après nos informations, le premier est arrêté à son domicile à Aflao et le second sur son lieu de travail, toujours au Ghana. Ils seraient conduits d’abord à Accra où ils seront remis à des éléments de force de sécurité togolaise qui les attendaient. Nuitamment, ils ont été conduits à Lomé sans qu’on ne leur signifie réellement les motifs de leur arrestation.

Arrivés à Lomé, ils auraient été remis à la gendarmerie où il leur serait signifié qu’ils étaient accusés d’avoir plastiqué la poste de Tokoin-Habitat. Face à leur refus de reconnaître les faits, ils auraient subi toutes les humiliations et tous les traitements inhumains et dégradants.

Selon nos sources, ils auraient été « travaillés » dans le but de les contraindre de reconnaître leur responsabilité. Pire il leur aurait été demandé d’accepter que les responsables de l’opposition sont impliqués et sont les commanditaires. Il leur est proposé d’accepter de dénoncer leurs dirigeants pour recouvrer la liberté.

Face à leur refus, ils auraient été extraits de leur lieu de détention et ramenés au Centre de Traitement de Renseignements (CTR) où ils auraient subi des interrogatoires musclés. Longtemps gardés là-bas, ils ne seront ramenés au camp que le 13 octobre 2005. Le lendemain 14 octobre 2005, ils sont déférés à la prison civile de Lomé où ils sont actuellement.

Le cas Akoumey

Akoumey Koffi Adodo, est également militant de l’Union des Forces de Changement (UFC). Il est arrêté le 21 septembre 2005 à 3 h du matin à son domicile à Bè-Kpota.

Dans cette nuit profonde, des éléments des forces de sécurité se sont présentés chez lui pour perquisitionner sa maison. Raison évoquée, ils auraient appris qu’il y a recel d’objets volés à son niveau. Quelques instants plus tard, il lui est demandé de faire une déposition. Mais il aurait refusé. Face à son refus, il aurait été sérieusement brutalisé avant d’être embarqué pour le CTR.

Avant  son arrestation, M. Akoumey se préparait pour un voyage en Europe où il devrait prendre part à un séminaire sur le droit international à Liège dans le compte d’une ONG internationale dont il est le Représentant au Togo. Le 21 septembre 2005, jour de son arrestation, il devrait se rendre au Consulat de France pour son visa et les formalités de départ. Mal lui en prit : cette nuit là, alors que certains l’embarquaient de force, d’autres se livraient à cœur joie au pillage de son domicile, emportant ses effets dont ses portables, son passeport, de l’argent (on parle d’un montant d’environ 650.000 F CFA) et autres objets de valeur. Nous ne saurions dire à quelle fin.

Dans la foulée, M. Akoumey  est déposé au CTR où il a retrouvé MM. Abbey et Azonlédzi. Là, il lui a été signifié qu’il a une part de responsabilité dans le plasticage de la poste de Tokoin-Habitat. On lui aurait demandé de citer les commanditaires et tous ceux qui, comme lui, ont « posé la bombe » au niveau de la poste. Il lui aurait été signifié que les auteurs de cet acte auraient quitté directement sa maison pour venir à la poste. Ce qu’il ne reconnaît pas

M. Akoumey aurait passé près de trois semaines d’interrogatoires musclées avant d’être transféré au camp le 13 octobre 2005. Il sera déféré à la prison civile de Lomé le 14 octobre 2005.

Depuis plus de deux mois qu’ils sont déférés, personne ne s’occupe de leur dossier qui dort dans les tiroirs ; personne ne se gêne pour les entendre. Tout se passe comme s’ils sont devenus des prisonniers à vie en violation du principe de la présomption d’innocence. Des commentaires vont bon train et font même état de ce que des consignes fermes seraient données pour que leurs cas ne soient pas encore traités.

L’Union des Forces de Changement (UFC), très préoccupée, avait sorti un communiqué pour dénoncer ces genres d’arrestations. C’était juste après la rencontre de Sant’Egidio en Italie.

Le 21 octobre 2005, une mission des droits de l’Homme composée de Eric Plauvier et Clémence Bectarte du HCR-France dans notre pays a rencontré des prisonniers dont les militants de l’UFC en question. La mission aurait eu à constater de visu les traces visibles des tortures qui leur ont été infligées. Au centre de toutes les intrigues, un Lieutenant dont nous taisons le nom pour l’heure.

Sur instruction de cette mission, les détenus auraient saisi le chef de la délégation de l’Union Européenne au Togo à qui ils auraient produit les copies des cartes de réfugiés de MM. Abbey et Azonlédji tout en lui demandant d’intervenir auprès des autorités togolaises pour leur libération immédiate.

Ils ont, par ailleurs, saisi la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme à qui, ils auraient remis copie de la correspondance adressée à Gilles Désesquelles

Commentaire

En réalité, nous ne sommes pas pour l’impunité. Au contraire. Mais, pour qu’un individu soit puni, il faut réunir les preuves de sa culpabilité.

Dans le cas des trois militants de l’UFC arrêtés, les prévenus sont couverts par la présomption d’innocence.

La présomption d’innocence, apparaît comme un droit et une règle de portée générale. Elle constitue une protection à l’encontre de l’appareil répressif pour les personnes mises en cause par la justice pénale. C’est pourquoi, dans notre code pénal, aucun délit n’échappe à la présomption d’innocence. Nos Magistrats et Officiers de police judiciaire ont, pour ce faire, la lourde tâche de concilier la recherche des indices de nature à punir les citoyens délinquants et l’impérieux devoir de protéger leur honneur pendant la période des investigations.

Me Abi Tchessa, Garde des Sceaux ministre de la Justice ne disait-il pas que lorsqu’il faut sanctionner un acte répréhensible ou néfaste, les mesures qui s’imposent d’évidence, ressortissent de la sanction pénale.

            Le recours au droit pénal apparaît donc comme le procédé le plus sévère, celui qui allie la reproduction morale et la punition. Cependant, la société qui poursuit et sanctionne doit s’assurer que le citoyen mis en cause est réellement l’auteur de l’acte incriminé.

Certes dans les droits anciens, toute personne accusée d’un fait était présumée coupable jusqu’à ce qu’elle ait fait la preuve de son innocence. C’était à l’époque de la présomption de culpabilité avec sa cohorte d’erreurs judiciaires.

La justice togolaise doit savoir que de nos jours, l’abandon de ce droit dit divin a ouvert la voie à ce qu’on appelle aujourd’hui, la PRESOMPTION D’INNOCENCE avec la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789 consacrant ainsi une évolution dans l’éthique du droit. Désormais, il appartient à celui qui accuse de trouver les éléments pour soutenir son accusation et pour démontrer l’impartialité de l’acte délictueux à l’accusé. La déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 de l’ONU a consacré la notion de la présomption d’innocence dans sa définition actuelle. Et dans son article 11, « toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées ». C’est cela une bonne justice, une justice indépendante, un Etat de droit. La présomption d’innocence, est un principe constitutionnel au Togo. Le Gouvernement togolais, doit veiller au respect de ce principe pour assurer à chacun, un procès équitable lorsqu’il est soupçonné d’avoir commis un acte délictueux. Car, aujourd’hui, on a l’impression que les textes sont là, mais personne ne veut les appliquer, faisant ainsi des victimes innocentes.

Qui plus est, l’enlèvement des militants de l’opposition résidant à Lomé ou réfugiés au Ghana ternit, une fois de plus, l’image de notre pays à l’étranger.

Pourquoi refuse-t-on d’introduire leur dossier et pourquoi ont-ils été objet de traitements inhumains et dégradants ?

Affaire à suivre

AMOUZOUVI

 

 

 

shirtcity.com - click your shirt

 

 

 

 

Shirtcity.com - click your Shirt
 
 
 
 

shirtcity.com - click your shirt

   
   
   
   
   
   
   
   
   
   

Nécrologie

  • C'est la Nouvelle rubrique à votre service. La publication dans cette rubrique n'est pas gratuite. Envoyez-nous vos, avis de décès.
     
  • Contacter nous à  togoforum@hotmail.com pour les modalités de publication

Décès

 

Les rapports sur le Togo

  Rapport de l'ONU / PDF
  Rapport FIDH
  Rapport Koffigoh

Publicité

Copy your games, movies, dvds, and data onto DVD.

 

You'll be amazed at the prices at CallingCards.com

 

AmericanSingles.com

 

Roxio Backup MyPC Deluxe!

 

Rappel

 
   
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved