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Le
Changement |
14 Déc 2006 |
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[N° 53 : du 14 décembre 2006] |
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CENI Les Togolais feront l’expérience d’un nouveau mode
de scrutin : Une tache difficile qui attend POTOPERE et
AGBOYIBO |
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Le
08 décembre dernier, le Conseil des ministres a planché
sur beaucoup de sujet à l’ordre du jour dont la
poursuite de l’examen de l’avant-projet de loi modifiant
le code électoral.
Ce
point a donné l’occasion au ministre de l’Administration
territoriale de faire une communication sur les deux
modes de scrutin parmi lesquels l’Accord Politique
Global a recommandé au gouvernement de choisir : il
s’agit du scrutin uninominal à deux tours et du scrutin
proportionnel de liste. Le conseil des ministres a donné
sa préférence au scrutin proportionnel de liste à la
plus forte moyenne. |
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La question reste aujourd’hui de savoir si
les Togolais peuvent convenablement appliquer ce mode de
scrutin vu sa complexité.
Il convient de rappeler que, dans un scrutin
à la représentativité proportionnelle, le nombre d’élus
de chaque liste est calculé en fonction des suffrages
obtenus par celle-ci.
Ne sont admises à la répartition des sièges,
que les listes qui obtiennent au moins 5 % des suffrages
exprimés.
A l’inverse du scrutin majoritaire, le
scrutin proportionnel permet à la minorité des députés
d’être représentés. Mais ceci a pour conséquence,
l’éclatement des formations politiques.
Ce mode de scrutin permet à beaucoup de
formations politiques d’être représentées. Dans ce cas
d’école, il serait difficile de parler d’une majorité
absolue.
Toutes ces propositions font suite à la
mésentente qui a eu lieu entre les neuf parties ayant
pris part à l’Accord Politique Global au sujet du mode
de scrutin à adopter. On se rappelle qu’alors que le
CAR, l’UFC, la CDPA et le GF2D optaient pour le mode de
scrutin à deux tours, le RPT et ses alliés à savoir la
CPP, le PDR et la REFAMPT voudraient que le dialogue
maintienne plutôt le scrutin uninominal à 1 tour.
Or, tout le monde sait que si on en est
arrivé là, c’est parce que le RPT seul avait modifié
dans le temps le code électoral et la constitution.
Si donc aujourd’hui les parties s’acceptent
mutuellement, le bon sens aurait voulu que l’APG
revienne de facto sur la Constitution de 1992 où le code
électoral était adopté de manière consensuelle par
l’opposition traditionnelle et le pouvoir. Si donc
aujourd’hui, il faut encore tourner en rond sur ce qui
pouvait être réglé en quelques minutes, on se demande à
qui donc profite le crime. A l’allure où vont les
choses, la question reste de savoir si les élections
législatives de juin 2007 peuvent avoir lieu à la date
prévue. Le RPT, la CPP, le PDR et autres alliés ont-ils
vraiment la volonté d’organiser une élection
transparente ?
Affaire à suivre.
Amouzouvi
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Le
Congrès du RPT et ses conséquences : Une dure équation
pour Faure Gnassingbé |
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Sauf revirement de dernière minute, le RPT tiendra son
congrès demain vendredi et samedi. Déjà de plus en plus
d’informations font état de contradictions au sein du
parti. Depuis la mort brusque du Président fondateur, un
courant novateur semble s’emparer de cette formation.
Faure Gnassingbé le fils du père qui appartient à une
classe d’âge jeune, semble éprouver de plus en plus de
difficultés à s’accommoder de la vieille garde. On a
l’impression qu’il veut changer de cap ou injecter du
sang nouveau dans les instances du parti. Il se pose
donc un problème de génération. On retrouve d’un côté
les anciens, ceux qui pendant de longues années ont
travaillé ou tout simplement gravitent autour du
« Timonier » et de l’autre, la relève, composée de
jeunes qui réclament et revendiquent leur voix au
chapitre. |
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Le Congrès qui s’ouvrira demain constitue à plus
d’un égard, une heure de vérité pour Faure Gnassingbé.
Le nouveau Président du parti arrivera-t-il à départager
les vieux « finissants » qui trament encore des idées
passéistes et les jeunes débordants d’énergie qui
brûlent d’envie d’accéder à des postes de
responsabilité ? Le dilemme est d’autant plus fort que
dans un camp comme dans l’autre, on se croit en droit
d’attendre des faveurs du Président du parti. Les
anciens estiment être pour beaucoup dans la succession
du Président Eyadema qui l’a porté au pouvoir, tandis
que les jeunes clament à qui l’entendre qu’ils sont ceux
qui ont réussi à braver et mettre en déroute les
mouvements qui s’opposaient à l’accession de Faure
Gnassingbé à la magistrature suprême. Le Chef de l’Etat
qui est en même temps le Président du parti peut-il dans
cette affaire prendre fait et cause pour une partie sans
se créer des problèmes auprès de l’autre ?
En vérité, depuis la mort du Président
Eyadema, c’est la première fois que le RPT va en Congrès
après celui qui a vu « l’élection » de Faure
Gnassingbé à la tête du parti. L’une des promesses
faites par le jeune président est de rompre avec les
méthodes passées.
Un changement majeur est prévu pour
intervenir dans les pratiques du parti. A en croire le
Président du RPT, lors des prochaines législatives, il
appartiendra à la base de proposer les candidats les
mieux placés à répondre à ses aspirations. Il est donc
fini le temps où les barons imposaient les candidats.
Les caciques laisseront-ils faire ? Attendons de voir.
L.C |
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Pour réussir l’organisation des législatives : Me
Agboyibo doit sauver la discipline gouvernementale |
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Ces
derniers temps des informations circulent, faisant état
d’une brouille entre le Premier ministre Me Yawovi Madji
Agboyibo et son ministre de la Coopération chargé du
NEPAD, M. Gilbert Bawara. Selon ces informations, cette
brouille serait consécutive à une requête de financement
adressée par le ministre Bawara à l’Union Européenne
sans s’en être préalablement référé au Chef du
Gouvernement. Le PM Agboyibo qui n’a pas apprécié la
démarche l’aurait clairement fait savoir à qui de droit,
afin d’éviter que cela ne devienne un précédent qui
justifierait d’autres actes de ce genre. |
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En
réalité, il n’y a rien de mal à ce qu’un Premier
ministre, chef de gouvernement fasse un reproche verbal
ou écrit à un de ses ministres. Ce sont des choses qu’on
retrouve sous d’autres cieux sans que cela ne fasse
l’objet du moindre tapage. Mais au Togo où on aime créer
des problèmes là où il n’y en a pas pour plaire ou nuire
à quelqu’un, chacun commente des faits en fustigeant les
uns et encensant les autres. Ceci dit, il importe, avant
de prétendre tirer une quelconque conclusion de cette
affaire, de répondre à une question de fond : le
ministre de la Coopération est-il en droit d’envoyer à
l’UE, une requête de financement sans s’en référer au
préalable au chef de Gouvernement ?
Il est
indiqué afin de se faire une opinion sur la chose, de
placer les faits dans leur contexte. Lors de sa première
tournée européenne qui l’avait conduit à Bruxelles, Rome
et Paris, le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé avait
annoncé que les élections législatives auront lieu au
Togo en juin prochain. C’était à une époque où Me
Agboyibo n’était pas encore Premier ministre. En ce
temps là, aucun acte n’avait même été posé dans le sens
de la préparation des élections. Et pourtant, le délai
avait déjà commencé à courir.
Nommé
à la Primature le 16 septembre dernier, Me Agboyibo et
le Gouvernement d’Union Nationale qu’il dirige ont la
mission d’organiser les élections. Une mission qui doit
être accomplie dans un laps de temps déterminé. Pour la
réussir, Me Agboyibo doit savoir joindre au souci de
bien faire, la diligence nécessaire. Huit mois pour
organiser des élections dans un pays comme le Togo où
tout est à faire, ce n’est pas de la sinécure. Chaque
acte entrant dans la préparation de ces élections doit
être posé en son temps pour être efficace.
Aujourd’hui, force est de constater que les choses
n’avancent pas comme on l’aurait souhaité. La CENI mise
en place depuis plusieurs semaines n’arrive pas à
prendre sa vitesse de croisière. Actuellement, on
signale un blocage, faute pour les membres de cette
institution de se mettre d’accord sur le mode de
recensement à adopter. C’est alors qu’on
cherchait une solution à ce problème capital qu’on
apprend que le Ministre de la Coopération a adressé une
requête de financement à l’UE.
Selon
certains observateurs, la démarche du ministre Bawara
consistait à saisir l’UE à titre conservatoire puisque
cette institution s’est déclarée disposée à participer
au financement des élections si on lui en fait la
demande en temps utile.
Si
cette explication peut se comprendre dans une certaine
mesure, elle ne justifie en rien le fait que cette
requête soit envoyée pratiquement incognito sans l’aval
du Premier ministre, Chef du gouvernement chargé
d’organiser les élections. La chose suscite d’autant
plus d’interrogations et devient franchement inquiétant
que la CENI qui n’a pas encore choisi le mode de
recensement soit loin d’avoir bouclé son budget. Sur la
base de quels chiffres le ministre a-t-il adressé sa
requête ? Les faits, tels qu’ils se passent tendent à
donner raison à ceux qui pensent que le RPT veut imposer
ses points de vue aux autres.
C’est vrai qu’il faut faire vite pour
pouvoir tenir les élections dans les délais. Mais faire
vite ne veut pas dire confondre vitesse et
précipitation. Pour mener à bien sa mission et organiser
les législatives le plus rapidement possible, le
Gouvernement a besoin d’un minimum de discipline en son
sein. On ne saurait organiser les élections telles que
l’entend l’UE et les partenaires togolais dans une
pétaudière, une sorte de tour de Babel ou chacun fera ce
qui lui plaît. Peut être que le temps presse et qu’il
faut envoyer rapidement la requête de financement pour
éviter la forclusion. Car les procédures de décaissement
de l’UE sont complexes. Mais tout doit se faire dans le
strict respect de l’orthodoxie gouvernementale. La
moindre pagaille peut tout remettre en cause.
Aujourd’hui, après la notification des reliquats du 9e FED,
la bonne gouvernance des législatives prévues en juin
prochain reste la seule condition pour la normalisation
des relations entre le Togo et l’UE. Chaque autorité,
chaque citoyen à quelque niveau qu’il soit doit savoir
ce qu’il veut pour le Togo et se conduire en
conséquence.
L.C |
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L’heure de la décantation : Zarifou Ayéva sur les pas de
Edem Kodjo |
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Pendant les travaux de la première phase du dialogue
national, le président du Parti Démocratique pour le
Renouveau, M. Zarifou Ayéva, après avoir loué les
mérites du mode de scrutin à deux tours pour lequel
optait l’opposition, s’était prononcé pour celui d’un
seul tour auquel le RPT était favorable. |
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A
l’époque, beaucoup ont cru à une plaisanterie de mauvais
goût que le leader du PDR s’empresserait de rectifier.
Mais quelle n’a pas été la surprise des uns et des
autres de constater que Zarifou Ayéva n’a non seulement
pas rectifié le tir, mais au fil du temps, se complait à
poser des actes contraires aux intérêts de l’opposition
dont il continue par revendiquer l’appartenance,
paradoxalement.
Ce que
nous pouvons désormais appeler « sa prise de position en
faveur du RPT », il l’a encore réitérée dernièrement à
la CENI en s’opposant (contre l’avis de la CDPA, de l’UFC
et du CAR) au choix de la carte d’électeur numérisée et
sécurisée avec photo. Aujourd’hui la préoccupation des
partis d’opposition, qui dans le gouvernement
contribuent à mettre en œuvre la feuille de route issue
de l’Accord Politique Global, est de parvenir à
l’organisation des scrutins législatifs transparents,
libres, équitables et acceptables par tous. Or au Togo,
de tous temps, la transparence est ce qui a toujours
manqué au cours de nos élections dont les résultats ont
toujours été contestés depuis les législatives de 1994.
Il a toujours résulté de cette situation la relégation
des partis d’opposition à l’arrière plan, dans la
gestion des affaires de la cité.
Pour
cette raison, les législatives en vue, apparaissent aux
yeux des togolais majoritairement acquis, au changement
comme l’occasion propice de mettre à l’épreuve la bonne
foi du RPT. Voilà que la position du PDR de Zarifou
Ayéva risque de poser des entraves sérieuses à
l’opposition qui, pour la transparence, propose la carte
électorale numérisée et sécurisée avec photo. La
situation est d’autant plus préoccupante qu’à la CENI,
le mode de décision est censé être le consensus.
D’aucuns nous opposeront que le cas Ayéva Zarifou n’est
pas le seul à être relevé dans la mesure où la CPP d’Edem
Kodjo qui tout comme le PDR, a participé aux travaux du
dialogue sous la bannière de l’opposition, a opté
également pour la position du RPT. A ce sujet il importe
et ceci pour le compte d’un devoir de mémoire,
d’indigner que depuis le jour où M. Edem Kodjo a accepté
de gouverner le Togo par alliance contre nature RPT-UTD,
il a cessé d’apparaître aux yeux des togolais comme un
opposant convaincu. Il est devenu pour les Togolais un
opposant qui manque de réels gages de combativité pour
le changement dans notre pays. Pour cette raison, ses
prises de position, et ses actes ne sauraient faire ni
chaud ni froid aux militants de la démocratie. En
d’autres termes, l’ex-PM Edouard Kodjo est libre de
prendre faits et cause pour le RPT, personne ne lui
tiendra rigueur au sein de l’opposition.
M.
Edem Kodjo dont nous faisons l’effort de comprendre la
situation, constitue pour nous une preuve que, n’échappe
pas au RPT qui veut. L’homme a toutes les raisons de
s’opposer farouchement à Eyadema et le RPT, si on se
rappelle les conditions dans lesquelles il avait quitté
l’OUA, le mauvais quart d’heure qu’il a passé aux mains
de la soldatesque d’Eyadema lors de l’éprouvante
séquestration des Hauts Conseillers de la République, en
passant par la persécution tacite du pouvoir RPT dont il
a fait l’objet une bonne partie de son exil. Ce qui
était arrivé à M. Edouard Kodjo pendant ces temps là, ce
qu’il avait enduré était si douloureux qu’il n’est pas
donné à tout homme de l’oublier pour finalement
pardonner.
De
l’autre côté, le RPT ne pouvant pas indéfiniment
supporter que sa matrone milite dans l’opposition à son
régime, n’a apparemment lésiné sur aucun moyen pour
emmener le leader de la CPP à mettre de l’eau dans son
vin. Ainsi l’Union Togolaise pour la Démocratie (UTD)
a-t-elle été proclamée parti charnière en 1994. De la
même façon, son président s’est rendu à Bruxelles parmi
les membres de la délégation du RPT pour prendre les 22
engagements historiques. Tout comme Edem Kodjo il a
accepté d’être nommé à la primature au moment où
l’opposition posait au RPT des conditions pour accéder à
ce poste.
Le
tort de M. Edem Kodjo, est de n’avoir pas regardé la
souffrance du peuple togolais, de n’avoir pas pris en
compte la lutte stoïque des partis de l’opposition,
avant de poser les actes aujourd’hui perçus comme
contraire aux intérêts du peuple togolais.
Vu ce
qui précède, la tentative est grande de penser que le
président du PDR Zarifou Ayéva s’engage par ses faits et
prises de position dans les sillages d’Edem Kodjo. La
lutte des peuples a toujours besoin des phénomènes de
décantation du genre afin d’ajuster le tir, pour la
définition d’une meilleure stratégie.
J.N.T |
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