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Mais, un second courant qui tient à la transparence de
cette élection comme le proclament le Chef de l’Etat
Faure Gnassingbé et la Communauté Internationale a émis
le vœu que ces cartes d’électeurs soient numérisées et
sécurisées avec photo.
Ces deux propositions l’une aux antipodes de
l’autre ont provoqué une véritable levée de boucliers au
sein de la CENI. Et constitue un point de blocage.
Or, au cours du dialogue intertogolais à
Lomé, toutes les parties, sauf l’Union des Forces de
Changement (UFC) le parti de Gilchrist Olympio et la
CDPA, avaient paraphé le document politique de base. Et
dans ce document, le passage relatif à l’établissement
de la carte d’électeur numérisée avec photo y figurait.
En clair, si l’UFC et la CDPA avaient accepté de
parapher aussi ce document, on peut conclure que ce
problème était déjà réglé à Lomé. Le problème
d’établissement de la carte d’électeur numérisée et
sécurisée avec photo ne devrait plus être à l’ordre du
jour au Burkina-Faso devant le facilitateur Blaise
Compaoré. Ce serait définitivement réglé à Lomé.
Selon nos informations, c’est finalement au
Burkina que ce passage serait enlevé si bien qu’à Lomé,
le jour de la signature de l’APG, le passage en question
n’y figurait pas. On a tout simplement consigné dans l’APG,
à propos des cartes d’électeurs infalsifiables, ce qui
suit : « les parties prenantes au Dialogue
conviennent d’instituer une carte d’électeur
infalsifiable et sécurisée ».
L’erreur, c’est que le texte n’a pas précisé
comment peut-on sécuriser cette carte d’électeur
infalsifiable.
Certaines parties qui se sont finalement
rendues compte que le passage de l’Accord paraphé à Lomé
relatif à la sécurisation de la carte d’électeur ne leur
permettra pas de frauder les prochaines élections ont
carrément refusé, lors des discussions au sein de la
CENI, qu’on retienne le terme « carte numérisée et
sécurisée avec photo ».
Suite à ce blocage, une délégation de la
CENI conduite par son Président M. Potopéré Tozim, a été
reçue le jeudi 30 novembre 2006 par le chef de
gouvernement Me Yawovi Agboyibo. Un communiqué de presse
a été rendu public à cet effet (voir encadré ledit
communiqué).
Le Premier Ministre après avoir fait des
propositions concrètes de sortie de crise, a exhorté les
membres de la CENI à tout mettre en œuvre pour faire
aboutir, dans un esprit de consensus, le processus
électoral conformément aux conditions de transparence et
d’équité prescrits par l’APG.
La question reste de savoir si la CENI peut
arriver à trouver une solution à ces problèmes qui
retardent le processus électoral. A quand donc cette
solution ? Même si le facilitateur venait au secours,
qu’est-ce qu’il aura encore à dire puisque c’est sous
ses auspices que le passage a été amputée lors des
discussions dans son pays.
AMOUZOUVI |
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Cet accord qui prévoit la constitution d’un gouvernement
d’union nationale chargé d’organiser des élections
législatives, transparentes acceptables par tous,
n’engage pas tout a fait aux yeux du leader de l’UFC le
Togo sur la voie de la réconciliation « Parce que
j’ai été rejeté catégoriquement par le gouvernement… qui
n’est pas tout à fait ce qui avait été prévu à
l’époque ». Or a-t-il précisé «… à tort ou
à raison, nous nous considérons comme le principal parti
de l’opposition ».
A la question de savoir si cet accord qui,
selon lui, n’est qu’un protocole, va lui permettre
aujourd’hui de tempérer ses critiques à l’égard du
régime togolais, le leader de l’UFC s’est plutôt montré
évasif. Ignorant la question, il s’est contenté de
mettre l’accent sur la nécessité où se trouvaient les
Togolais, d’aller au dialogue avant de confier :
« A la fin des discussions, nous sommes arrivés à cet
accord qui nous dit, à partir de maintenant, on va
renvoyer tout au Gouvernement d’Union Nationale ».
Un gouvernement auquel finalement son parti ne
participe pas au motif qu’on ne donne pas à l’UFC une
position qui lui permette de faire entendre sa voix. Or,
de l’avis de Gilchrist Olympio, une fois que le RPT
coiffe l’Exécutif, contrôle l’Armée, la police, le
système judiciaire et le parlement à 100%, il devrait
réserver une place de choix au parti principal
d’opposition qui est l’UFC. « C’est le père de
Faure lui-même qui nous a dit », a
indiqué Gilchrist
Olympio, « au cours des scrutins qu’on a eus que
notre parti a obtenu entre 35% et 40% des voix et a
donné beaucoup moins aux autres formations politiques de
l’opposition ».
« Le deuxième points », a-t-il
poursuivie, « …quand Faure nous a invité à Rome, et
plus tard à Ouaga, il nous a dit » : « Je vous
invite parce que vous êtes la formation la plus
importante dans le pays après nous. Lorsque nous nous
serons mis d’accord, c’est-à-dire le RPT et l’UFC, nous
allons servir de locomotive pour ramener les autres
formations politiques du pays et comme cela, nous
arriverons à une décision nationale ».
Le leader de l’UFC en est venu à déplorer la divergence
de vue entre le pouvoir et l’opposition à propos du code
électoral avant de fustiger l’attitude du chef de l’Etat
qui a consisté à fixer la date des élections
législatives sans respecter aucun chronogramme.
Concernant le mode de scrutin, M. Gilchrist Olympio a
maintenu sa position qui est favorable au scrutin
uninominal à deux tours et a exprimé son souhait de voir
le RPT adhérer à ce mode après des discussions qui
seraient initiées à cet effet.
Le leader de l’UFC qui a répondu à des
questions touchant à la politique et à l’économie
nationale a donné l’impression au cours de cette
interview, d’un leader charismatique en perte de vitesse
qui verse par endroits dans des propos maladroits ou
malheureux, s’il ne se fourvoie pas carrément dans des
déclarations antinomiques. En lieu et place du leader
frondeur au langage percutant imbu de critiques acerbes
mais constructives, c’est un Gilchrist Olympio
complètement « déconnecté » que nous avons
découvert tout au long de cette interview. A titre
d’illustration, à la question de savoir « si l’UFC
avait occupé le poste de Premier Ministre quelle aurait
été votre action ? » il avait répondu en ces
termes. « C’est très simple. Nous aurions mis en
place, nous avons demandé deux ministères. Un ministre
d’Etat chargé de
la Sécurité, un ministère d’Etat chargé des relations
avec les institutions chargées de faire respecter les
décisions de l’Accord Politique Global. Ils sont en
train de discuter de la loi électorale et nous n’avons
même pas été associés »
Des cafouillages du genre suscitent des
interrogations sur l’état d’âme du leader de l’UFC au
cours de l’interview. Nous sommes dans un processus très
éprouvant qui n’est pas à l’abri de tout rebondissement.
Gilchrist Olympio ne doit pas prêter le flanc à des
attaques de la part des ennemis de la démocratie.
JNT |