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Le Changement

8 Déc 2006

[N° 52 : du 7 décembre 2006]
Au secours CENI : la carte d’électeur numérisée et sécurisée avec photo toujours au centre des débats

Dans notre livraison N° 51 du 30 novembre 2006, nous avions écrit au passage un article sous le titre « Blocage à la CENI : la CPP, le RPT, le PDR et la REFAMPT refusent la carte d’électeur numérisée et sécurisée avec photo ». Les quatre parties auraient proposé que l’on maintienne l’option qui a toujours cours par le passé pendant les élections tout en soulignant qu’il faut établir des cartes d’électeurs infalsifiables.

Mais, un second courant qui tient à la transparence de cette élection comme le proclament le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé et la Communauté Internationale a émis le vœu que ces cartes d’électeurs soient numérisées et sécurisées avec photo.

            Ces deux propositions l’une aux antipodes de l’autre ont provoqué une véritable levée de boucliers au sein de la CENI. Et constitue un point de blocage.

            Or, au cours du dialogue intertogolais à Lomé, toutes les parties, sauf l’Union des Forces de Changement (UFC) le parti de Gilchrist Olympio et la CDPA, avaient paraphé le document politique de base. Et dans ce document, le passage relatif à l’établissement de la carte d’électeur numérisée avec photo y figurait. En clair, si l’UFC et la CDPA avaient accepté de parapher aussi ce document, on peut conclure que ce problème était déjà réglé à Lomé. Le problème d’établissement de la carte d’électeur numérisée et sécurisée avec photo ne devrait plus être à l’ordre du jour au Burkina-Faso devant le facilitateur Blaise Compaoré. Ce serait définitivement réglé à Lomé.

            Selon nos informations, c’est finalement au Burkina que ce passage serait enlevé si bien qu’à Lomé, le jour de la signature de l’APG, le passage en question n’y figurait pas. On a tout simplement consigné dans l’APG, à propos des cartes d’électeurs infalsifiables, ce qui suit : « les parties prenantes au Dialogue conviennent d’instituer une carte d’électeur infalsifiable et sécurisée ».

            L’erreur, c’est que le texte n’a pas précisé comment peut-on sécuriser cette carte d’électeur infalsifiable.

            Certaines parties qui se sont finalement rendues compte que le passage de l’Accord paraphé à Lomé relatif à la sécurisation de la carte d’électeur ne leur permettra pas de frauder les prochaines élections ont carrément refusé, lors des discussions au sein de la CENI, qu’on retienne le terme « carte numérisée et sécurisée avec photo ».

            Suite à ce blocage, une délégation de la CENI conduite par son Président M. Potopéré Tozim, a été reçue le jeudi 30 novembre 2006 par le chef de gouvernement Me Yawovi Agboyibo. Un communiqué de presse a été rendu public à cet effet (voir encadré ledit communiqué).

            Le Premier Ministre après avoir fait des propositions concrètes de sortie de crise, a exhorté les membres de la CENI à tout mettre en œuvre pour faire aboutir, dans un esprit de consensus, le processus électoral conformément aux conditions de transparence et d’équité prescrits par l’APG.

            La question reste de savoir si la CENI peut arriver à trouver une solution à ces problèmes qui retardent le processus électoral.  A quand donc cette solution ? Même si le facilitateur venait au secours, qu’est-ce qu’il aura encore à dire puisque c’est sous ses auspices que le passage a été amputée lors des discussions dans son pays.

AMOUZOUVI

Le leader de l’UFC sur TV5 : Gilchrist Olympio doit éviter de prêter le flanc

L’interview accordée dimanche dernier par le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC) à la chaîne de télévision internationale TV5 a permis à Gilchrist Olympio de se prononcer sur l’évolution de la situation politique togolaise quelques quatre mois après la signature le l’Accord Politique Global intervenue entre le gouvernement, quatre partis politiques dont l’UFC, et deux organisations de la société civile.

Cet accord qui prévoit la constitution d’un gouvernement d’union nationale chargé d’organiser des élections législatives, transparentes acceptables par tous, n’engage pas tout a fait aux yeux du leader de l’UFC le Togo sur la voie de la réconciliation « Parce que j’ai été rejeté catégoriquement par le gouvernement… qui n’est pas tout à fait ce qui avait été prévu à l’époque ». Or a-t-il précisé «… à tort ou à raison, nous nous considérons comme le principal parti de l’opposition ».

            A la question de savoir si cet accord qui, selon lui, n’est qu’un protocole, va lui permettre aujourd’hui de tempérer ses critiques à l’égard du régime togolais, le leader de l’UFC s’est plutôt montré évasif. Ignorant la question, il s’est contenté de mettre l’accent sur la nécessité où se trouvaient les Togolais, d’aller au dialogue avant de confier : « A la fin des discussions, nous sommes arrivés à cet accord qui nous dit, à partir de maintenant, on va renvoyer tout au Gouvernement d’Union Nationale ». Un gouvernement auquel finalement son parti ne participe pas au motif qu’on ne donne pas à l’UFC une position qui lui permette de faire entendre sa voix. Or, de l’avis de Gilchrist Olympio, une fois que le RPT coiffe l’Exécutif, contrôle l’Armée, la police, le système judiciaire et le parlement à 100%, il devrait réserver une place de choix au parti principal d’opposition qui est l’UFC. « C’est le père de Faure lui-même qui nous a dit », a indiqué Gilchrist Olympio, « au cours des scrutins qu’on a eus que notre parti a obtenu entre 35% et 40% des voix et a donné beaucoup moins aux autres formations politiques de l’opposition ».

            « Le deuxième points », a-t-il poursuivie, « …quand Faure nous a invité à Rome, et plus tard à Ouaga, il nous a dit » : « Je vous invite parce que vous êtes la formation la plus importante dans le pays après nous. Lorsque nous nous serons mis d’accord, c’est-à-dire le RPT et l’UFC, nous allons servir de locomotive pour ramener les autres formations politiques du pays et comme cela, nous arriverons à une décision nationale ».

Le leader de l’UFC en est venu à déplorer la divergence de vue entre le pouvoir et l’opposition à propos du code électoral avant de fustiger l’attitude du chef de l’Etat qui a consisté à fixer la date des élections législatives sans respecter aucun chronogramme.

Concernant le mode de scrutin, M. Gilchrist Olympio a maintenu sa position qui est favorable au scrutin uninominal à deux tours et a exprimé son souhait de voir le RPT adhérer à ce mode après des discussions qui seraient initiées à cet effet.

            Le leader de l’UFC qui a répondu à des questions touchant à la politique et à l’économie nationale a donné l’impression au cours de cette interview, d’un leader charismatique en perte de vitesse qui verse par endroits dans des propos maladroits ou malheureux, s’il ne se fourvoie pas carrément dans des déclarations antinomiques. En lieu et place du leader frondeur au langage percutant imbu de critiques acerbes mais constructives, c’est un Gilchrist Olympio complètement « déconnecté » que nous avons découvert tout au long de cette interview. A titre d’illustration, à la question de savoir « si l’UFC avait occupé le poste de Premier Ministre quelle aurait été votre action ? » il avait répondu en ces termes. « C’est très simple.  Nous aurions mis en place, nous avons demandé deux ministères. Un ministre d’Etat chargé de la Sécurité, un ministère d’Etat chargé des relations avec les institutions chargées de faire respecter les décisions de l’Accord Politique Global. Ils sont en train de discuter de la loi électorale et nous n’avons même pas été associés »

            Des cafouillages du genre suscitent des interrogations sur l’état d’âme du leader de l’UFC au cours de l’interview. Nous sommes dans un processus très éprouvant qui n’est pas à l’abri de tout rebondissement. Gilchrist Olympio ne doit pas prêter le flanc à des attaques de la part des ennemis de la démocratie.

JNT

 
 
 

 

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