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Le Changement

28 Oct 2006

[N° 46: du 26 Oct 2006]
Présidence de la CENI : Toujours pas de terrain d’entente. Vers un recours à la facilitation ?

Incroyable mais vrai. Le consensus en vue de la désignation du Président de la CENI n’est toujours pas trouvé. Chaque camp, l’Union des Forces de Changement (UFC), le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et le Parti des Démocrates  pour le Renouveau (PDR) campe sur sa position. Aucun candidat de ces trois partis ne veut se désister en faveur de l’autre.

            Or, les textes de l’Accord Politique Global prévoient le consensus. Les parties prenantes au dialogue ont convenu que la CENI adoptera son règlement intérieur dans un esprit consensuel.

            Elles conviennent également que ce règlement intérieur destiné à régir le fonctionnement de la CENI privilégiera le consensus dans la prise de décisions.

             Les textes prévoient par ailleurs que le représentant du gouvernement est sans voix délibérative. Bref, pour élire le Président de la CENI, il faut nécessairement le consensus. A défaut il faut faire appel à la facilitation.

            Il faut rappeler que les difficultés ont commencé depuis le vendredi 20 octobre 2006, date à laquelle les 19 membres de la CENI se sont  réunis pour élire leur président.

En tout, il y avait quatre (4) candidats à savoir :
1.   M. Délava Jean-Claude Codjo (UFC)
2.   Dr Amaglo James (CAR)
3.   M. Henri Kolani (PDR)
4.   M. Abalo Pétchélébia (RPT)

            A la surprise générale, c’est plutôt le candidat du RPT qui s’est désisté pour permettre aux uns et aux autres d’en faire autant afin que, dans les plus brefs délais, le consensus puisse être dégagé. Surtout que le chrono joue contre les membres de cette institution qui ont l’obligation de résultat devant le peuple togolais et devant l’Union Européenne qui a subordonné la notification du 9e FED  à la fixation de la date des élections législatives. L’Union Européenne a également subordonné la reprise de la coopération pleine et entière à une élection libre, démocratique et transparente.

            Le vendredi dernier, n’ayant pas trouvé de terrain d’entente, les membres de la CENI se sont séparés afin de permettre à chaque partie de consulter sa base. « Vous avez le week-end et la journée de lundi 23 octobre 2006, journée de  ramadan, pour revoir votre position » aurait déclaré la doyenne d’âge de la CENI, Mme Kouévi qui a convié chacun à faire preuve de responsabilité.

            Comme prévu, ils se sont retrouvés le mardi 23, mais il n’y a toujours pas eu de désistement. Ce qui rend très difficile le consensus. Des calculs politiciens ont pris le pas sur l’intérêt national.

            Les dix neuf (19) membres se sont, une fois de plus, séparés sans rien arrêter. Ils se retrouveront le vendredi 27 octobre 2006 dans la matinée.

            La question reste de savoir comment pourront-ils s’en sortir au cas où, demain, toutes les parties campent toujours sur leur position ? Tendons-nous vers un recours à la facilitation ?

            A l’UFC, on considère que le CAR a déjà eu la primature et que, de facto, la présidence de la CENI doit leur revenir. L’UFC ne veut entendre aucune concession en faveur du CAR, encore moins du PDR.

            Au CAR, on considère qu’on est en politique et que chacun doit jouer sa carte.

            Le PDR pense que les deux parties (UFC, CAR) n’ont aucune considération pour lui et qu’à ce titre, il ne voit pas l’intérêt qu’il aura à céder en faveur de quelqu’un qui a du mépris pour lui.

            Il s’agit donc d’une situation très difficile empreinte de petits calculs politiciens. Face à cette situation, que font les leaders des partis politiques M. Gilchrist Olympio, Me Agboyibo et M. Ayéva ?

            Pourquoi les membres de la CENI qui avaient juré de remplir fidèlement et en toute impartialité leurs fonctions dans le respect de la Constitution et du code électoral n’arrivent-ils pas à honorer leur engagement ?

            Rappelons que les dix-neuf (19) membres de la Commission Nationale Indépendante (CENI) ont été investis dans leur fonction le 18 octobre dernier au siège de la Cour Constitutionnelle au cours d’une cérémonie de prestation de serment. Ils ont été nommés le 13 par l’Assemblé Nationale.

            Dans l’après-midi du 18 octobre 2006, ils ont mis en place un bureau provisoire dirigé par la doyenne d’âge, Mme Amédjogbé Kouévi Henriette Olivia (61 ans).

AMOUZOUVI

 
Election du président de la CENI  Tout sauf Kolani Les dangers d’une marginalisation de l’UFC
 

Qui occupera le fauteuil du président de la CENI ? La question devient de plus en plus récurrente depuis quelques jours. En effet, depuis la nomination des membres de l’institution le 13 Octobre dernier, et leur prestation de serment, les nombreuses séances de travail n’ont pas encore permis de mettre en place un bureau définitif. Les séances convoquées par le bureau provisoire pour ce faire se sont toujours terminées sans succès.

            La Commission Electorale Nationale Indépendante dans sa version issue de l’Accord Politique Global signé à Lomé le 20 Août 2006 a la charge d’organiser les législatives prochaines. De fait, la présidence de l’institution qui revêt un caractère  politique hautement stratégique se retrouve au centre de toutes les convoitises. Au total quatre candidats s’étaient présentés à l’élection :

-     Abalo Petchélébia (RPT)
-     Dr James Amaglo (CAR)
-     Henri Kolani (PDR) et
-     Délava Jean Claude Codjo (UFC).

Dès les premiers jours, le RPT a retiré son candidat de la course. M. Abalo Petchélébia avait déjà eu à présider dans un passé récent, une CENI qui n’avait réussi qu’à compliquer la situation déjà difficile qui était celle du Togo. Et puis, sa position de magistrat, Président de la Cour d’Appel de Lomé risque d’influer sur le travail des CELI qui seront présidées par des magistrats au niveau des préfectures.

            Reste donc désormais en lice, les trois autres candidats dont deux issus de l’opposition démocratique et un du PDR, un parti devenu depuis peu, un allié objectif du RPT. Ces trois candidats se démènent comme des beaux diables pour accéder à la présidence de la CENI. Aucun d’entre eux n’a, du reste pour l’heure, manifesté une quelconque volonté de désistement.  Et la situation semble d’autant plus complexe que le mode de décision au sein de la CENI est le consensus et non le vote. Cependant, la nouvelle configuration du landerneau politique togolais permet d’envisager des probables cas de figure.

Un risque de marginalisation de l’UFC

            Depuis quelque temps, l’état des relations entre le parti de Gilchrist Olympio et ses pairs de l’opposition s’est considérablement dégradé. Le CAR qui avait soutenu avec toute son énergie le choix de Akitani Bob de l’UFC comme candidat unique de la Coalition lors de l’élection présidentielle d’Avril 2005 n’avait pas bénéficié de la mobilisation qu’elle se croyait en droit d’attendre de l’UFC lors du choix du Premier ministre. Finalement, Me Agboyibo qui était pressenti pour occuper la primature au lendemain de l’élection d’Avril 2005 a vu passer le poste, à son nez et à sa barbe, dans l’escarcelle de Edem Kodjo, un politicien atypique et aux ambitions démesurées qu’il faut oublier.

            Ayant tiré leçon de cette expérience, le parti de Me Agboyibo semble avoir décidé (sans le dire), de ne plus compter que sur lui-même. Aussi, lorsque vint l’ouverture du dialogue intertogolais, Me Agboyibo et les siens ont opéré des choix qu’ils ont assumés.

            De son côté, l’UFC qui, en sa qualité de parti créé pour accéder au pouvoir, avait sa stratégie qu’elle appliquait dans son propre intérêt. Au moment du choix du Président du Directoire du dialogue, poste auquel Me Agboyibo s’était positionné, l’UFC était de ceux qui, une fois encore, avaient refusé de le soutenir.

            Dès lors, il était clair que l’esprit de solidarité qui devait exister entre ces deux partis de l’opposition était ruiné.  La situation tournera à l’antagonisme avec la nomination de Me Agboyibo au poste de Premier ministre le 16 septembre dernier. Suite à cette nomination, Gilchrist Olympio était monté au créneau pour annoncer sa décision de boycotter le gouvernement de Me Agboyibo dont il avait traité, au passage, le parti de « satellite » du RPT.

            Cette réaction a soulevé un tollé général au sein de l’opinion nationale. La prise de position du leader de l’UFC contre Me Agboyibo a été considérée surtout à la base du CAR comme un divorce entre les deux partis. Il est donc peu probable dans ces conditions, à moins d’un revirement, que le CAR fasse un cadeau à l’UFC en sortant en sa faveur son candidat de la course à la présidence de la CENI.

            Si l’UFC ne peut pas compter sur son allié naturel le CAR, ce n’est certainement pas sur le PDR qu’elle pourra compter, Zarifou Ayéva et son parti ayant de fait, rejoint le RPT avec armes et bagages.

            L’UFC, malgré les compétences intrinsèques de son candidat risque de se retrouver marginalisée et le jeu, de se jouer entre le CAR et le PDR.

Un danger certain

            Une éventuelle mise à la touche de l’UFC ne pourrait que réjouir ses adversaires politiques. Mais la situation, si elle se présentait, ne serait pas forcément pour désavantager le RPT. En effet, ce parti qui aura réussi ainsi le tour de force de renvoyer dos à dos ses vrais challengers  pourrait tirer son épingle du jeu en faisant introniser Henri Kolani du PDR qu’il présentera aux yeux de l’opinion comme issu de l’opposition alors que tout le monde sait qu’il n’en est rien. Dans le même temps, le RPT peut avoir avec Kolani, ce qu’il pourrait attendre de Petchélébia.

            Un tel cas de figure qui ne se fonde que sur la division de l’opposition ne profitera qu’au RPT. Eau trouble pêche claire. Avant la rencontre de demain, rencontre au cours de laquelle le Président de la CENI sera désigné, il importe que la balle soit mise à terre et que la réflexion soit mûrie afin que les élections s’annoncent sous de bons auspices pour tous. Dans tous les cas, le sort du Togo doit être joué entre Amaglo (CAR) et Codjo (UFC). Tout sauf Kolani.

L.C

 

Un cas de cannibalisme avéré à Vogan Akoumapé ; La présumée coupable entre les mains de la justice
Le bruit court depuis plusieurs jours qu’une dame résidant et domiciliée à Akoumakpé, localité située à une vingtaine de kilomètres  au Sud Ouest de Vogan, accusée de cannibalisme, a été arrêté  et remise aux autorités  judiciaires de la préfecture de Vo.

            Il lui serait reproché d’avoir dépecé son propre enfant et préparé de la sauce avec. Au niveau des autorités préfectorales,  sur cette affaire, le mutisme est total. Aucune déclaration officielle n’est publiée pour éclairer les esprits. Cependant, il ressort de  nos investigations que tout était parti d’une odeur bizarre qui s’élevait de la cuisine  de la dame  appréhendée. Les curieux drainés sur les lieux par cette drôle d’odeur auraient découvert que les morceaux  de viande qui brouillaient dans la casserole étaient d’une autre facture. Pour beaucoup entre eux, il s’agirait d’une claire humaine.

            Pour l’heure,  nous n’avons aucun élément sur les circonstances de l’arrestation et de la reconduction de cette dame sur Vogan où elle se trouverait en détention préventive. Le temps pour la justice de débrouiller ce cas  de cannibalisme avéré dans une localité où les pratiques du genres n’ont jamais été en registrées.

            Dans la foulée, une foule de questions vient à l’esprit. Est-il vrai que  cette dame ait pu dépecer son propre enfant pour le bouillir dans la casserole ? Dans quelle circonstance le pauvre enfant a-t-il trouvé la mort ? Y –a-t-il des complices autour de cette affaire ?

            Cette dame qui passe désormais pour une cannibale, d’après nos informations, serait née d’un père Ibo (une ethnie du nord Nigeria) et d’une mère originaire d’Akoumapé, localité qu’elle aurait regagnée après un séjour à l’étranger.

            Nous y reviendrons plus amplement.

J.N.T

 

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