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Le Changement

26 Août 2007

[N° 86 : du 23 Aout 2007]

Mise en œuvre de l’APG : Enfin ! Le leader de l’UFC a compris et jette des fleurs aux acteurs du processus électoral
*Gilchrist Olympio bientôt reçu par le Président Faure

Depuis le samedi 18 août 2007, le leader charismatique de l’Union des Forces de Changement (UFC) M. Gilchrist Olympio est dans nos murs. Arrivé à Lomé par la frontière d’Aflao, Togo-Ghana en provenance d’Accra où il a une résidence, l’opposant » au régime RPT s’est rendu le même jour a Devikinmé, une localité de la Préfecture des Lacs, située à une trentaine de kilomètres à l’Est de Lomé pour se faire inscrire. La liste électorale a été définitivement fermée le lendemain dimanche 19 août 2007.

Livrant ses impressions, à la presse pour ce qui est du processus en cours M. Gilchrist Olympio a jugé « d’encourageant » le travail abattu par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) : « Compte tenu des moyens qui sont mis à leur disposition, je crois qu’ils font un travail qui n’est pas trop mauvais : …. Ce que j’ai appris ne me parait pas trop mauvais, c’est encourageant ».

Cette déclaration qui est un satisfecit au processus en cours, venant d’un leader connu pour ses critiques acerbes à l’encontre du même processus, suscite des interrogation au sein des populations.

« Comment Gilchrist Olympio qui s’est mis en marge du processus avec l’intention qu’il n’aboutira pas puisse  aujourd’hui faire volte face et afficher une position contraire ?

Qu’est ce qui peut expliquer ce virage à 180° du leader de l’UFC après avoir boudé et tenté d’arrêter le processus ?

Voilà les questions qui alimentent les débats depuis qu’il a fait cette sortie.

En effet, il n’est un secret pour personne que le président de l’UFC n’a jamais été tendre envers le processus en cours au point que certains observateurs en soient venus à se demander si l’UFC n’a pas signé l’Accord Politique Global (APG) à contre coeur c’est-à-dire sous la pression de la communauté internationale. La question mérite d’être posée quand on sait que cet opposant togolais avait, à l’époque, assimilé le dialogue national et ses dérivées à « une bouillabaisse indigeste ».

Après la nomination du Premier Ministre chargé de mettre en œuvre la feuille de route issue de l’Accord Politique Global, le même personnage est monté au créneau pour traiter, au vitriol, les partis d’opposition entrés au gouvernement d’Union nationale, les mêmes qui ont soutenu le candidat UFC Bob Emmanuel Akitani lors du scrutin présidentiel d’avril 2005, de partis satellites au RPT.

Pour ce qui est du début de la mise en œuvre proprement dit de la feuille de route de l’accord dévolue au gouvernement d’Union nationale, les togolais ont encore eu mémoire la hargue avec laquelle Gilchrist Olympio et ses plus proches collaborateurs, en l’occurrence le 3ème vice président Lawson Patrick et le Secrétaire général Jean-Pierre Favre se sont acharnés contre le chef du gouvernement, ce qui, on s’en rappelle, a améné la primature à dire que « l’UFC voit tout en noir. »

Aux yeux des togolais, l’élément qui, le plus, met en cause l’UFC et son président de vouloir torpiller le processus réside dans la marche pacifique appelée sur le samedi 4 août pour protester contre l’impunité, la dégradation du Togo et un processus électoral bâclé et biaisé. Les tracts distribués à l’occasion pour mobiliser les populations autour de la manifestation et qui réclamaient ceci pour des raisons obscures, l’arrêt du processus, en disent long sur l’intention des responsables de l’UFC parvenus à associer deux partis politiques et une demi dizaine d’organisations de la société civile à la chose.

Pire, lorsqu’on considère que cette manifestation était programmé pour finir dans un bain de sang à la manière du carnage du Jardin Freau en 1993, il ne fait plus de doute que dans la tête des organisateurs, il était temps d’en finir par tous les moyens avec le processus.

Si aujourd’hui, Gilchrist Olympio donne l’impression à travers sa déclaration, de changer son fusil d’épaule en voulant s’accommoder de la « bouillabaisse  indigeste » c’est qu’il a, sans doute, pris conscience de ce qu’on peut appeler l’amère réalité du terrain. Celle qui, s’exprime par l’adhésion des togolais au processus en se faisant massivement recenser, ce qui évidemment, ne manque pas de retentir comme un désaveu cinglant des togolais ayant ainsi refusé de le suivre dans son orientation qui vise à torpiller le processus.

D’après des indiscrétions, si le leader de l’UFC a attendu la veille de la clôture des opérations de recensement pour se faire inscrire, c’est juste pour prendre le pouls de la populations en âge de voter fait montre d’une adhésion sans commune mesure au processus.

Au vu de ce qui précède, il y a lieu de se demander si le satisfecit de Gilchrist Olympio au processus qu’il a vainement cherché à torpiller ne doit pas être pris avec des pincettes parce que relevant du bluff ?

La Rédaction

 
Quel bilan après douze mois de l’Accord Politique Global ?

Conformément aux 22 engagements souscrits par le gouvernement togolais dans le cadre des consultations ouvertes entre la République togolaise et l’Union Européenne, le RPT (au pouvoir) et cinq partis de l’opposition (CAR, CDPA, CPP, PDR, UFC), le gouvernement ainsi que deux organisations de la société civile (GF2D et REFAMP-Togo) se sont retrouvés pour un dialogue national, placé sous  la facilitation du Chef de l’Etat burkinabé Blaise Compaoré. Après plusieurs mois d’un travail laborieux, le dialogue dirigé par un Praesidium présidé par Me Agboyibo a fini par accoucher le 20 août 2006 à Lomé, d’un Accord Politique Global dont la mise en œuvre devra conduire entre autres, à l’organisation d’élections législatives transparentes, condition posée par l’UE pour la reprise pleine et entière de sa coopération avec le Togo.

Pour en arriver là, le chemin a été long et le parcours difficultueux. Chaque partie prenante étant aux négociations avec ses priorités, ses intérêts et sa vision politique qui ne sont pas forcément ceux des autres, les débats ont été souvent houleux. Et il a fallu bien de fois que Me Agboyibo associe sagesse, tact et finesse pour faire avancer les choses.

La signature de l’Accord Politique Global que de nombreux observateurs considèrent comme symbole de la volonté de la classe politique d’avancer vers la sortie de crise au Togo et que beaucoup inscrivent à l’actif du leader du CAR  a été accueillie avec une grande satisfaction aussi bien au Togo que sur le plan international. Au sein de tous les Etats-majors politiques, l’aboutissement du dialogue a été célébré. Mais tout le monde était unanime pour dire qu’une chose était de signer un accord et qu’une autre était de mettre en œuvre les termes de l’accord signé. Aujourd’hui, douze (12) mois jour pour jour après la signature de l’APG qui avait fait renaître l’espoir dans le cœur de tous les Togolais, il est pour le moins indiqué de dresser un bilan du chemin parcouru. Qu’est-ce qui a pu être fait pendant ces douze mois et que reste-t-il à faire ? L’APG a-t-il tenu ses promesses ?

Un résultat largement positif
L’appréciation qu’on fait de la mise en œuvre de l’APG varie selon qu’on est de telle ou telle tendance politique. Si pour un parti comme l’UFC, l’APG, dans sa mise en œuvre reste loin d’avoir comblé les attentes, pour d’autres, il aura permis de faire un pas très important vers la porte de sortie de crise. Mais de l’avis général, l’opinion qui se dégage auprès des populations qui refusent de s’embarrasser de considérations politiciennes, c’est que le résultat d’une année de mise en œuvre de l’APG est largement positif. Certes, on reconnaît que tout n’a pas été fait et que beaucoup de chemin reste à parcourir. Mais on ne peut pas tout faire en même temps et en un seul jour.

Dans un document élaboré par la CDPA, ce parti fait une lecture de la mise en œuvre de l’APG. Ce document à le mérite entre autre de relever d’une façon générale les actions réalisées dans la mise en œuvre de l’APG et celles qui restent à réaliser. Compte-tenu de l’intérêt qu’il revêt et de son caractère objectif, nous le publions en intégralité.

L’évaluation de la CDPA

A - Actions réalisées 
1. Du gouvernement d’union nationale

- Nomination du Premier Ministre au sein de l’opposition et formation d’un gouvernement national. Participation au gouvernement de l’ensemble des parties prenantes à l’APG sauf l’UFC

2. Du cadre électoral
- Création de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)
- Choix du mode de scrutin (Scrutin de liste avec forte moyenne)
- Choix du type de carte électoral (carte électorale avec photo)
- Attribution et composition de la CENI et de ces démembrements
- Conditions d’éligibilité
- Adoption du Code électoral
- Recensement et confection du fichier électoral
- Distribution des cartes d’électeurs
- Règlement du contentieux électoral

3. Mesures relatives à la sécurité, aux droits humains, aux réfugiés et aux personnes déplacées
- Mise en place d’un mécanisme d’alerte en matière d’application des mesures de sécurisation des activités des partis politiques et des processus électoraux

4. Poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance

- Nomination de nouveaux membres de la Cour Constitutionnelle.

5. Dispositions finales 
Création d’un Comité de suivi de l’accord.

B - Actions non réalisées
- Programme de délivrance de cartes d’identités nationales
- Création d’un cadre permanent de dialogue et de concertation sur les sujets d’intérêt national
- Création d’une commission chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique commis par le passé et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes

Création d’une commission qui propose des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale
- Etude des questions relatives à la réforme de l’armée
- Renforcement des moyens d’action de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication

C – Observations
Toute la crédibilité du processus électoral en cours procède de la mise en œuvre des dispositions prévues à ce niveau. La CDPA prend acte du discours fait par le Président de la République à Atakpamé condamnant toutes les formes de violences en période électorale et promettant la création prochaine d’une commission pour faire la lumière sur les violences politiques au Togo.

La CDPA constate que ces questions relatives à la réforme de l’armée et au renforcement de la HAAC ne sont pas encore inscrites dans les préoccupations.

La CDPA déplore les conditions dans lesquelles s’est déroulé le choix par l’Assemblée nationale des membres de la cour constitutionnelle.

La CDPA rend hommage à la facilitation et salue l’esprit qui caractérise le travail dudit comité.

La position de l’UFC
Le parti de Gilchrist Olympio n’a publié aucun document pour se prononcer sur la mise en œuvre de l’APG. Cependant, un confrère qui voulait avoir l’opinion de l’UFC a été renvoyé à un mémorandum daté du 07 juin 2007 et remis en son temps, à une mission électorale de la Commission Européenne arrivée au Togo. A travers ce document, l’UFC émettait de sérieuses réserves sur la mise en œuvre de l’APG. Ces réserves portaient notamment sur le non-respect du code de bonne conduite par certains proches du RPT, la présidence ès qualité des CELI par les magistrats, le présence d’un magistrat à la CENI au titre du RPT, la réduction du délai de réclamation après le recensement, le changement des Préfets, le montant du cautionnement, l’impunité, le retour des réfugiés, la sécurisation des élections, la désignation des membres de la Cour Constitutionnelle etc.

Commentaires
De tous les partis signataires de l’APG, l’UFC parait celui qui apprécie le plus sévèrement sa mise en œuvre. Si ce parti ne va pas jusqu’à dire que rien n’a été fait depuis le 20 août 2006 jusqu’à ce jour, il ne s’embarrasse pas de retenue pour soutenir à qui veut l’entendre que pas grand-chose n’a été fait.

L’UFC est un parti politique responsable qui a le droit d’avoir ses opinions. Cependant ce parti à du mal à convaincre les populations qui comprennent difficilement ses prises de position. En effet, depuis qu’elle s’était engagée dans le dialogue, l’UFC avait clairement exprimé son option pour la négociation comme voie à explorer pour sortir le pays de la crise. L’APG ne fait que couronner tout le processus de dialogue. La question que se posent plusieurs observateurs reste de savoir ce que fait concrètement l’UFC pour faciliter la mise en œuvre pleine et entière de l’APG. Car on ne doit pas perdre de vue que pour aller à la signature de l’APG, il a fallu livrer un combat et qu’un autre combat s’avère nécessaire pour sa mise en œuvre.

Depuis le lendemain de la signature de l’APG, l’UFC s’est malheureusement illustrée comme le passager d’un véhicule qui déclare à qui veut l’entendre être pressé d’arriver à destination mais qui, dans le même temps, fait tout pour empêcher le véhicule de démarrer.

La première décision de l’APG à mettre en œuvre était la nomination d’un Premier ministre et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec pour mission, de conduire aux législatives. Toutes les parties prenantes au dialogue ainsi que d’autres formations sont représentées au sein de ce gouvernement. Seul l’UFC a fait des difficultés et refusé de participer. Pour justifier ce choix, le leader du parti a déclaré vouloir être dehors pour pouvoir mieux critiquer ce qui se fera à l’intérieur. Plusieurs observateurs, au regard de cette prise de position avaient conclu que, soit l’UFC voulait quelque chose et son contraire à la fois, soit ce parti ne savait tout simplement pas ce qu’il voulait.

De l’avis de plusieurs Togolais la critique pour la critique n’a plus sa place dans la nouvelle dynamique induite par l’APG. Au lieu de verser dans des diabribes et de « tout voir en noir », on gagnerait plutôt à apporter des contribution concrètes pour pousser vers la perfection, les actions menées.

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’APG, beaucoup de décisions se prennent au niveau du Gouvernement. Comment l’UFC pourrait-elle faire valoir ses opinions alors qu’elle a délibérément choisi de rester hors du gouvernement ? Pire, au cours de certains débats précédant la prise de décision, l’absence de ce parti pénalise fortement les autres qui se retrouvent en minorité face au RPT et ses alliés. Tout se passe donc comme si l’UFC œuvre à rendre difficile la mise en œuvre de l’APG afin d’en tirer des arguments pour critiquer.

La plus grande préoccupation des Togolais aujourd’hui c’est de voir la situation se normaliser dans le pays. C’est pourquoi ils adhèrent massivement à l’action du Gouvernement Agboyibo. Tout ce qui ne s’inscrira pas dans cette logique n’est plus à leurs yeux que distraction et diversion.

C’est une vérité que tout n’a pas été parfait dans la mise en œuvre de l’APG. Mais il est aussi vrai qu’on aurait su mieux faire si tout le monde y avait mis de la bonne volonté et apporté sa contribution. Puissent les jours à venir inspirer positivement tous nos hommes politiques pour que ce qui reste à faire, soit fait pour le meilleur des Togolais.

L.C.

 
Gilchrist Olympio bientôt chez Faure Gnassingbé ?

Le leader de l’Union des Forces de Changement Gilchrist Olympio a, au cours de son dernier retour à Lomé, rendu une visite de courtoisie aux chefs de la communauté Bè. On se rappelle que ceux-ci s’étaient opposés à la dernière marche initiée par le groupe à Claude Améganvi.

         De sources généralement bien informées, au cours de l’entretien, les garants des US et coutumes auraient cherché à savoir si le leader de l’UFC était de retour pour accompagner le processus ou s’il avait un plan de contestation de tout ce qui est déjà accompli.

            Les Chefs traditionnels lui auraient fait remarquer que le Togo a besoin d’un processus apaisé pour sortir définitivement de la crise. Ils lui auraient également demandé s’il est sincère dans ses déclarations sur le bon déroulement du recensement et son intention proclamée, d’accompagner le processus de sortie de crise et d’apporter son soutien au Gouvernement en place.

            Ils auraient ensuite dit à Gilchrist que, s’il veut faire preuve de hauteur d’esprit et de bonne foi, de rendre une visite de courtoisie aux Autorités publiques, notamment au Président Faure et d’en profiter pour discuter de l’avenir de ce pays. Il aurait donné son accord de principe.

            Mais au niveau de l’Etat major de l’UFC, les avis seraient partagés. Le groupe des extrémistes serait contre la démarche alors que les plus réalistes considèrent que cette proposition des Chefs peut contribuer au dénouement de la crise. Pour l’heure, des réflexions sont en cours pour voir l’exécution de projet.

L.C.

 
Signes avant-coureurs : Des scènes de violence entre forces de l’ordre et riverains du site Togo 2000

Dans la nuit de mardi 21Août 2007, une vive altercation a eu lieu entre les nouvelles recrues logées sur le site de la foire Togo 2000 et les populations riveraines.

Les nouvelles recrues pour les raisons non encore élucidées se sont mis à tabasser tout ce qui bougeait (passants, motocyclistes, taxi motos et autres).

Les premières informations ont fait état d’une patrouille nocturnes et que tous les nons-détenteurs de pièces d’identité jugés suspects étaient « corrigés »  cette version est rapidement battue en brèche par les populations riveraines et certaines victimes qui parlent plutôt d’abus d’autorité.

Selon certaines victimes, il y a, à l’origine, une affaire sentimentale entre une jeune recrue et une demoiselle. Cette dernière, à la suite d’une dispute entre « son copain en Kaki » et elle, a finalement décidé de l’abandonner au profit d’un autre résidant dans le quartier.

Mais la nouvelle recrue ne voudrait rien entendre de son oreille et aurait juré d’en découdre avec quiconque voudrait « usurper » sa copine. De tout temps, il aurait jugé le comportement de sa copine et de l’autre « rival » très provocateur. La suite on la connaît.

Et c’est dans cette atmosphère confuse que, la nuit de mardi 21 Août, l’incident s’était produit. Le chef de quartier de Togo 2000 qui a confirmé le déploiement des forces de l’ordre dans la localité a déclaré que, pour l’heure, il ne maîtrise rien de l’affaire.

Les associations de défense de droit de l’Homme ainsi que la Commission Nationale des Droits de l’Homme ont été saisies de l’affaire.

Une version officielle de la police lue au journal de 20 h hier à la TVT confirme l’information. Selon elle des cas de blessés sont enregistrés. En attendant de tirer cette affaire au clair, le gouvernement doit prendre des mesures pour mettre fin à ces genres de dérives qui ont toujours terni l’image de notre pays. La population pour sa part, doit, vis-à-vis des hommes en uniforme, adopter un comportement citoyen.

Les auteurs de cet acte inhumain et dégradant doivent être recherchés et punis conformément à la loi.

A quelques jours des prochaines législatives nous devons proscrire de nos rangs, tout comportement de nature à donner l’impression, qu’il y a en perspective, des scènes de violence et que, ce qui s’est passé sur le site Togo 2000 n’est qu’un signe avant-coureur.

Faure Gnassingbé, Yawovi AGBOYIBO, Titikpina et Kpatcha Gnassingbé qui, depuis le début de ce processus, se battent pour une élection apaisée sont interpellés. Leur silence tracerait, aux fossoyeurs de la démocratie, le boulevard à la violence.

Amouzouvi

 
Crime crapuleux à Aképé (Préfecture de l’Avé) : Un individu retrouvé mort, décapité

Le 03 Août 2007, un cultivateur a été retrouvé mort décapité et abandonné dans un champ de cultures de maniocs à Aképé, localité située à environ 40 km au nord-ouest de Lomé dans la préfecture de l’Avé.   

            La victime, un certain Lomégnon Boyi, 42 ans, nationalité togolaise, originaire d’Aképé, était en train de sarcler son champ lorsque, furtivement, le meurtrier le décapita.

            L’assassin, un certain Adandé Eké, 51 ans, cultivateur, originaire de Tohoun résidant à Zanguéra est connu dans le milieu comme l’un des individus ayant toujours semé la terreur et la désolation dans la population.

            Arrêté plusieurs fois pour vols, il a toujours juré d’en découdre avec ceux qui l’ont dénoncé. Il aurait même établi une liste de ceux qu’il appelle « ses » ennemis. Parmi eux, le regretté Lomégnon Boyi, une femme originaire d’Aképé et un cultivateur que notre rédaction a rencontrés au cours de son enquête.

            Nous avions recueillis leur témoignage mais ils ont préféré garder l’anonymat (lire la transcription).

            Le crime de Lomégnon Boyi a été commis le 03 Août mais ce n’est que le 05 Août 2007 que la population et la gendarmerie de Noépé en ont été informées.

            Immédiatement, l’enquête a été diligentée.

            Dans la recherche de l’auteur du crime, Adandé Eké a été arrêté et déféré à la prison civile de Lomé où il se trouve actuellement.

            Dans son interrogatoire, il a reconnu avoir tué la victime pour se venger. A l’origine, il évoque tantôt une affaire de terrain, tantôt une affaire de dénonciation calomnieuse de la part de celui qu’il a décapité.

            Rappelons que l’assassin Adandé Eké après avoir tué la victime, a abandonné le corps sur les lieux mais a transporté la tête à quelques mètres avant de l’enterrer.

            Il a fallu le concours de la gendarmerie pour qu’on retrouve les corps en décomposition.

            D’après nos sources, Adandé Eké n’est pas seul. Il aurait un réseau.

Interpellé le 05 août 2007 par la gendarmerie, les autres auraient pris la clé des champs.

            D’après toujours nos enquêtes, c’est la 3e fois que ce genre de crime est perpétré à Aképé depuis que le groupe de criminels est arrivé dans le milieu.

            Avant que la Cour d’assise de Lomé ne statue sur le cas Adandé, ce dernier doit parler pour que après son verdict, les mêmes causes ne produisent plus les mêmes effets.

AMOUZOUVI

 

Témoignage

Au petit matin du vendredi la victime, le nommé Boyi Lomenyon s’est rendue au champ où il travaille pour le compte du Forestier Alofa Komlan dont le champ est limitrophe au notre.

            Le meurtrier Adandé est celui qui travaillait pour le forestier avant d’être renvoyé par celui-ci suite à un problème. C’est ainsi que Boyi Lomenyon a été engagé au service du Forestier.

            Le vendredi donc quand Boyi s’était rendu au champ. Alofa était venu demander d’après lui auprès d’un certain Kodjo Sakplé. Il avait également cherché à savoir si M. Midawo était allé au champ. Il lui avait été répondu que ce dernier n’y était pas allé. S’étant rendu au domicile de Midawo il apprit que ce dernier était sorti. Il serait revenu une deuxième fois encore mais Midawo n’etait toujours pas là. A en croire les habitants de Sakplekopé Alofa était encore repassé par là une troisième fois en compagnie de deux individus se dirigeant vers le champ.

            Mais dans la soirée au retour du champ ils n’étaient plus que deux à regagner le village. Etant donné que Boyi n’habitait pas ensemble avec eux, personne ne sut que ce dernier n’était pas rentré ce vendredi soir. Il a fallu que la femme de Midawo se rendit au champ à la recherche des bois morts pour découvrir le cadavre de Boyi en début de putrefaction. Alerté le chef du village envoya sur les lieux des gens pour constater le fait : le cadavre étêté de Boyi gisait effectivement dans le champs du forestier Alofa Komla. Sur ordre des éléments de la Gendarmerie qui s’étaient transportés sur les lieux pour le constat, le macchabée fut inhumé. Le mardi suivant Adandé le grand frère du forestier Alofa Komlan fut interpellé. Dans un premier temps il nia les faits avant de passer aux aveux. Il aurait agi en complicité avec un ami charlatan résidant à Mission Tové dans la préfecture de Zio auprès de qui se trouverait la tête de la victime. Une perquisition menée nuitamment au domicile du charlatan à Mission Tové, en l’absence du charlatan  n’aurait pas permis de retrouver la tête de la victime. Finalement, il serait revenu sur sa déclaration pour dire que la tête était enterrée dans le champ qu’il cultive à Akepé et qui appartient à Awou Kokou Adetsu. C’était donc à cet en droit précis que la tête fut effectivement déterrée. Après les formalités d’usage, Atagan fut amené à la gendarmerie où il est gardé.

            Il faut avouer que cet événement qui est pour le moins inhabituel dans la contrée ne finit pas de scandaliser les populations. L’an dernier le corps sans vie d’une dame nommée Nwaku était retrouvé au même endroit. La victime revenait du marché ou elle avait acheté des légumes et du poisson pour le repas du soir. Le meurtrier jusqu’à ce jour n’est pas connu. Avant le meurtre de cette dame, le corps d’un homme dont les attributs sexuels avaient été arrachés fut découvert. Maintenant tout le monde suspecte le sieur Adandé d’être l’auteur de la mort de ces personnes.

            Le meurtrier qui est originaire de Tohoun s’est par le passé illustré dans le vol de volailles et dans des délits mineurs qui l’ont une fois conduit en prison. Mais pour ce qui est du meurtre de Boyi la première remarque qui s’impose après l’observation du cadavre, est que ce dernier est vidé de son sang. Nous espérons que cet aspect de la chose n’a pas échappé aux gendarmes et permettra aux enquêteurs de découvrir a quoi le sang de la victime a servi.

Propos transcrits par La Rédaction

 
Secrets d’alcôve Expédition punitive

Assis sur la banquette au fond du minibus, Thomas ne décolérait pas. Sa position était très inconfortable. Il était pratiquement coincé entre la carrosserie du véhicule et une grosse femme qui visiblement, revenait du marché d’Anié. Le minibus qui est conçu pour prendre neuf personnes était surchargé. Le chauffeur pour empocher le maximum d’argent possible avait embarqué une quinzaine de passagers. Thomas ankylosé étouffait littéralement. Il sortit sa tête par la fenêtre et respira une bouffée d’air frais.

Le vent qui lui balaya le visage lui fit du bien. Il ne comprenait pas pourquoi les transporteurs avaient tous cette manie de surcharger leurs véhicules. Il réfléchit à la chose un instant puis sa pensée fut détournée par un sujet autrement plus sérieux pour lui. S’il était obligé de se faire malmener ainsi dans un minibus, c’est parce qu’il se rendait à Lomé. Et s’il se rendait à Lomé alors qu’il n’était pas en congé ou en vacance, c’est bien  pour aller régler un problème qui pressait. Il fit un bref tour d’horizon du sujet et se demanda si jamais il pouvait s’en sortir. Depuis qu’il avait pris fonction dans cette petite localité voisine d’Atakpamé, il n’avait jamais eu le moindre problème jusqu’à tout dernièrement, lors de la visite de Kanlé sa femme. Lui qui passait pratiquement inaperçu et que certains considéraient comme un modèle même si lui-même savait qu’il n’en était pas un, a été démythifié par sa femme qui l’a livré en spectacle au quartier.

Thomas, tout en réfléchissant, essaya de se redresser un peu pour soulager son dos qui lui faisait mal. Ses débuts avec Kanlé se mirent à défiler devant ses yeux. C’était il y a plusieurs années déjà. A l’époque, il était encore à l’Université alors que Kanlé était en fin d’apprentissage dans un atelier de couture à Adéwui. Un soir, alors qu’il prenait un verre avec ses camarades de villa, il vit passer la jeune fille et l’invita à prendre un pot. Ce qu’elle accepta avec plaisir. Le reste était allé très vite. On était en effet à une époque où être étudiant était encore quelque chose.

Une année  après leur rencontre, Kanlé qui avait réussi entre-temps à son examen de fin d’apprentissage reçut sa libération et s’installa à son propre compte. Avec l’aide de Dieu, elle ne mit pas long à avoir de la clientèle. En un laps de temps relativement court, elle avait réussi à asseoir un grand atelier avec beaucoup d’apprenties.

Mais si les choses marchaient bien pour Kanlé, il n’en était pas de même pour Thomas qui avait commencé à avoir de sérieuses difficultés avec les études. Tant et si bien qu’il finit par perdre sa bourse. Or, il lui restait une licence et une maîtrise à préparer. Une vie de galère commença pour lui. N’ayant plus de bourse et donc plus de place à la villa CNOU, il dût regagner la maison familiale.

Pendant de longs mois de galère Kanlé était devenue son seul soutien. La jeune fille qui tenait beaucoup à lui, faisait tout pour le rendre heureux. C’était à présent elle qui lui mettait de l’argent en poche pour tous ses besoins. Lorsqu’elle allait le voir à la maison, elle lui apportait tout ce qu’il fallait pour lui faciliter l’existence. Et Thomas n’hésitait pas à lui mentir pour lui soutirer de petits sous. Dès qu’il en avait le temps, il allait la voir à l’atelier où il était traité comme un prince. Lorsque, finalement, Thomas avait réussi à sa maîtrise et devait soutenir son mémoire, c’était encore Kanlé qui s’était tuée pour tout faire. Depuis le financement du traitement document jusqu’à la réception d’après soutenance, elle avait tout pris en charge. Chaque fois qu’on la mettait en garde contre ces étudiants qui, une fois rentrés dans la vie active oubliaient leurs amours des temps difficiles, Kanlé qui était sûre de ce qu’elle faisait ne disait rien. Elle était confiante et pouvait croire en son Thomas chéri.

Une fois les études terminées, Thomas n’avait pas eu la chance d’avoir un boulot. Il avait continué à vivre aux crochets de Kanlé avec qui, il avait maintenant un enfant. C’était la jeune femme qui se battait pour faire vivre l’enfant et le père. La situation dura plus d’une année avant que Thomas, par la grâce de Dieu finisse par trouver un poste dans l’enseignement. Suite à un concours, il avait réussi à se faire engager comme enseignant auxiliaire. Ce n’était pas le top, mais c’était mieux que rien, même si cela n’avait pas changé grand-chose à sa situation compte tenu de l’irrégularité dans le paiement des salaires.

Thomas et Kanlé avaient deux enfants lorsque, le jeune homme reçut une affectation pour une localité non loin d’Atakpamé. En tant qu’enseignant, il était appelé à servir partout où besoin sera. Il était psychologiquement préparé et pouvait regagner son poste. Le problème ne pouvait se poser qu’au niveau de Kanlé. Pourrait-elle quitter Lomé, abandonnant atelier et apprenties pour le suivre dans son déplacement ? En principe oui. Mais aura-t-elle autant de chance en recommençant à zéro dans ce petit coin où il n’est pas évident qu’on ait une certaine préoccupation pour la mode et les effets vestimentaires ? Toute la question était là.

Après bien de réflexions, Thomas et Kanlé finirent par prendre une décision. Ce n’était pas la peine de sacrifier l’atelier qui, quoi qu’on dise, continuait à les aider beaucoup. Atakpamé n’était pas l’autre bout du monde. Et le couple peut se voir chaque fois que le besoin se fera sentir.

C’est  ainsi que Thomas était allé s’installer dans cette petite localité. Il n’eut aucune difficulté à s’intégrer. Le coin était tranquille et reposant. Il vivait dans une chambre-salon que lui avait cédé le collègue qu’il venait remplacer. A part quelques fois où il pensait à Kanlé et à ses enfants, Thomas n’avait aucun problème. Et puis la question de sa femme et de ses enfants ne se posait pas avec trop d’acuité. Il trouvait le moyen de revenir les voir à Lomé une fois par mois.

En effet, dans les premiers mois qui avaient suivi le départ de Thomas pour son nouveau poste, il revenait à Lomé une fois par mois et profitait aussi des week-ends prolongés pour voir sa petite famille. Mais au fil du temps, et prétextant de nombreuses charges, il commença à rarefier ses retours. Pendant les congés de Pâques, il n’avait même pas daigné venir voir les siens. Le prétexte était toujours le même : il avait des cours de rattrapage sur le dos. Le plus curieux, c’est que chaque fois, lorsqu’au téléphone, Kanlé  proposait de venir le voir elle-même, il trouvait des arguments pour l’en dissuader.

La jeune femme, une fois, avait trouvé la chose bizarre. Mais très vite, elle chassa de la tête, toute idée qui pouvait faire croire que son Thomas chéri la trompait. Mais était-ce suffisant pour qu’elle laissât passer toute une année sans visiter une seule fois son mari que le travail avait éloigné d’elle ? Après mûre réflexion, Kanlé décida de se rendre chez Thomas. Avant d’y aller, elle ne lui dit rien du tout. Elle voulait lui faire une surprise. Elle n’y allait pas pour longtemps. Elle voulait juste voir là où vivait son mari et parler un instant avec lui. Elle y passerait une seule nuit. Le lendemain elle retournerait à Lomé pour retrouver son travail et ses enfants.

Il sonnait 19 h quand le zémidjan qu’elle avait pris à Atakpamé déposa Kanlé devant l’établissement où enseignait son mari. Elle n’eut aucune difficulté à se faire indiquer la maison où vivait Thomas. Un jeune garçon tout disponible s’était même offert pour l’y conduire. Il prit le lourd sac contenant les articles que Kanlé avait achetés au grand marché de Lomé pour son mari et devança la jeune femme. Quelques minutes plus tard, ils étaient arrivés. Kanlé déchargea le jeune garçon de son lourd fardeau, lui donna un jeton et se dirigea vers la porte qu’il lui avait indiquée comme étant celle du logement de Thomas. Elle frappe à la porte entre baillée d’où filtrait une lumière et n’attendit pas une réponse avant d’entrer. L’ameublement était sommaire. Un canapé de trois places était posé le long du mur. Dans un coin, se trouvait une table en plastique entourée de quatre fauteuils également en plastique. Dans un autre coin, se trouvait une table en bois avec une chaise. C’était la table de travail de Thomas qui y avait disposé un poste téléviseur et des documents.

Sur la table en plastique se trouvaient des restes de nourriture. Kanlé n’eut pas besoin d’un dessin pour comprendre qu’on venait de manger du riz à la sauce d’arachide. Mais ce qui attira le plus son attention, c’était un pagne qui était négligemment posé dans le canapé et la présence d’une paire de chaussures de femme au pied du même meuble. Thomas serait-il en train de la tromper avec une autre femme ? Son sang fit un tour. Et en quelques fractions de secondes, elle essaya de faire le point de la situation.

C’était malheureusement cela la vérité. Au moment où Kanlé était en route, Thomas lui, prenait du bon temps, avec Tanty, une jeune femme dont il avait fait la connaissance quelques mois après son arrivée dans la localité. Maintenant, elle venait passer de longs moments avec lui. Ce jour-là, elle était arrivée peu après midi. Thomas l’avait emmenée à Atakpamé où ils avaient mangé du bon fufu. Elle en avait profité pour faire des emplettes pour le repas du soir. Thomas était particulièrement content ce jour-là. Et visiblement, il avait follement envie de « fruit fendu ». D’ailleurs, il ne le cachait pas. Ils avaient à peine fini de manger ce soir-là qu’il entraîna Tanty dans sa chambre à coucher. Une fois sur place, il se colla à elle pour bien sentir son corps contre le sien, pendant qu’au même moment, il lui enlevait son jupe-pagne et son corsage. Après avoir déshabillé la jeune fille, Thomas la poussa vers le lit, s’allongea et l’attira à lui. Tanty se laissa faire. La séance de caresses se poursuivit encore un instant puis Thomas décida de passer à des choses sérieuses. Allongé sur le dos, il dressa son bazooka verticalement. Tanty écarta les jambes et posa ses genoux de part et d’autre de sa taille, se cambra et s’empala jusqu’à la garde en position assise. Thomas adorait cette position qui lui permettait de pouvoir profiter des seins, au moment où, telle une toupie, Tanty se chargeait de son bazooka.

C’est dans cette posture que Kanlé les retrouva. Elle n’eut qu’un réflexe. Elle attrapa la chaise en bois et l’assena sur la tête de Tanty. Les cris de douleur ameutèrent la maisonnée et le voisinage. Thomas sauta du lit sans savoir que faire exactement. Il reçut à la volée, un grand coup sur le dos. Bientôt, du monde grouillait dans la cour pendant que Kanlé avait fondu dans la nature.

Voilà l’affaire qui ramenait Thomas à Lomé. Au fur et à mesure que le minibus roulait, il se demandait si jamais il s’en sortira.    

   Kayissan

 
 
 

 
 
 
 
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