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Le Changement

11 Août 2006

[N° 35: du 10 Août 2006]
Quels critères pour la désignation d’un nouveau  Premier ministre ?  Des manœuvres en cours pour maintenir Edem Kodjo

L’UFC planchera entre autres, à Ouaga sur le mode de scrutin, le recensement électoral, la sécurisation et la formation du gouvernement.

Sur ce dernier point, l’UFC estime que, tirant les conclusions de l’Accord Cadre de Lomé en 2000, il faut nécessairement, mais pas à n’importe quel prix-, aller au gouvernement pour la mise en œuvre en commun des décisions.

Le parti de Gilchrist Olympio estime qu’il ne faut plus laisser le boulevard au pouvoir RPT et ses alliés.

De source proche de cette formation, on estime que l’élection de Faure Gnassingbé à la présidence de la République est illégitime et pour que cela cesse, il faut le partage de pouvoir ; il faut donc que la primature revienne de facto à l’opposition vraie. On doit donc identifier ceux qui peuvent apporter l’adhésion populaire à un tel gouvernement.

Selon l’UFC, le problème du choix du Premier ministre ne se pose pas en terme de service rendu mais en terme des résultats des divers scrutins organisés dans notre pays. Elle déclare par ailleurs que, l’essentiel pour elle, c’est que Faure choisisse le Premier ministre dans l’opposition. L’objectif c’est que le nouveau gouvernement puisse ramener, l’apaisement, la sécurité, la sérénité dans le pays.

Le Togo ayant trop longtemps traversé une crise, il faut désormais éviter les critères de discrimination.

Quelle sera la position de l’UFC si on choisissait le Premier ministre dans les autres formations politiques ? A cette question, elle répond : « L’UFC avisera le moment venu ».

Nous apprenons par ailleurs que tout serait mis en œuvre pour garder M. Edem Kodjo, parce qu’on estime qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Et c’est dans cette perspective qu’il a, en prélude à la rencontre de Ouaga, présenté son bilan.

Attendons de voir.

L. C.

 
Les dessous du refus de l’UFC et de la CDPA de prendre un avion de l’Etat pour Ouaga

Le dialogue inter togolais continue ses travaux à Ouagadougou au Burkina Faso. Cette phase des travaux permettra au facilitateur Blaise Compaoré de rapprocher les positions des différentes Délégations à partir des réserves qu’elles ont exprimées sur l’accord politique de base.

A cet effet, les différentes parties au dialogue ont été invitées dans la capitale Burkinabé pour consultations. Il était prévu au départ, qu’elles se rendent à Ouaga par un vol Commercial. Mais le gouvernement a par la suite mis à leur disposition un avion d’Etat. Deux partis de l’opposition, l’UFC et la CDPA ont refusé de prendre cet avion. Selon Liberté Hebdo du 09/08/06, la CDPA a estimé qu’il est « malsain de cheminer avec son adversaire et a préféré un vol régulier ».

On dirait que ces deux formations politiques font semblant d’ignorer les mutations intervenues dans le comportement du courant radical de l’opposition depuis le décès du Général Eyadema et surtout à la suite du scrutin d’avril 2005. On se rappelle que le Professeur Gnininvi a rencontré le Président Faure en mars 2005 à Ouaga sous l’égide du Président Blaise Compaoré à l’insu de Bob Akitani dont il était directeur de campagne. Il est aujourd’hui de notoriété publique que l’UFC et le RPT se sont rencontrés à plusieurs reprises à Sant’Egidio, à Accra et à Paris. Alors pourquoi ces deux partis cherchent à faire croire aux Togolais qu’il est indigne pour eux de voyager à bord du même avion que le RPT si ce n’est de la pure hypocrisie.

Et pourtant Dieu seul sait à quel point l’hypocrisie politique a causé un immense tort à notre pays. S’il est un domaine où les adversaires sont tenus d’échanger, de surmonter leurs dissensions, c’est bien en politique où la rivalité est naturelle. Et Il revient aux partis politiques d’habituer leurs populations dans l’intérêt de qui ils agissent que les rencontres entre adversaires sont normales et même indispensables. Pendant des années, certaines formations politiques ont malheureusement entraîné les populations à l’idée que toute rencontre entre un leader de l’opposition et les tenants du régime en place relève de la trahison. Notre peuple a suffisamment souffert de clichés mensongers.

L’UFC et la CDPA auraient apporté un témoignage de leur engagement pour un Togo nouveau si elles avaient fait économie de leur dernière hypocrisie. Après s’être battu au cours du dialogue national pour que les médias d’Etat soient ouverts à toutes les organisations politiques et civiles ils auraient ainsi assuré l’accès des avions d’Etat à tous.

Valentin AMEBLE

 
Sous réserve de modification de calendrier  : Gilchrist Olympio conduit l’UFC au Burkina ce jeudi

Comme nous l’annoncions la semaine dernière, la facilitation sous l’égide du Président Blaise Compaoré a commencé à Ouagadougou au Burkina-Faso avec les acteurs du dialogue inter togolais depuis lundi 07 août 2006.

La délégation de l’Union des Forces de Changement (UFC), le parti de Gilchrist Olympio, est attendue à Ouaga ce jour.

De sources proches de ce parti, la délégation de l’UFC, sous réserve de modification de calendrier, sera conduite personnellement par M. Gilchrist Olympio.

Bien avant le début de ce processus amorcé par M. Compaoré, une délégation de l’UFC composée de Jean-Pierre Fabre, de Patrick Lawson et autres, était à la présidence du Faso où elle a conféré avec le N°1 Burkinabé. La délégation est allée remettre, dans le cadre de ses tournées de sensibilisation à l’intérieur du pays tout comme à l’étranger, un document au facilitateur pour réitérer sa position quant aux points de désaccords relevés au cours du dialogue inter togolais à Lomé.

L’UFC, en effet, a examiné la version révisée du projet d’Accord politique proposé par le bureau du dialogue. Elle a donc relevé des points de désaccords relatifs :

- aux attributions, à la composition et aux démembrements de la CENI

- aux conditions d’éligibilité

- au mode de scrutin

- au découpage électoral

- au recensement électoral etc.

Gilchrist Olympio fera personnellement le déplacement de Ouagadougou pour expliquer la position de son parti au Président du Faso.

AMOUZOUVI

 

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