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Le Changement

11 Août 2006

[N° 35: du 10 Août 2006]
Gendarmerie nationale : Le gendarme TILIWA s’est suicidé mardi dernier au camp
·Sa femme Olobi Adjovi  succomba, à son tour, par balle
Voir aussi :
Drame à la Gendarmerie nationale : Une balle de pistolet élimine le couple TILEWA

De sources proches de la gendarmerie nationale, le gendarme TILIWA Pinabelé, Maréchal de Logis, plus de la trentaine, s’est suicidé à l’aide de son arme le mardi 08 août 2006 aux environs de 9h30, en plein jour, à l’Etat-major de la gendarmerie nationale à Lomé.

Selon nos informations, la balle aurait transpercé son corps puis aurait atteint sa femme Olobi Adjovi qui, à son tour, succomba.

Le drame se serait produit au domicile de TILIWA Pinabelé au camp de la gendarmerie où la famille est logée.

Qu’est-ce qui est à l’origine de ce drame ? Nous ne saurions le dire exactement. Puisque les versions varient d’une source à l’autre.

Concernant par exemple la mort de sa femme, une source avait indiqué que c’est après avoir tué sa femme que TILIWA s’est lui-même suicidé. Si cette information est vraie, qu’est-ce qui serait donc à l’origine de cet assassinat ?

Une autre source indique plutôt que c’est le gendarme qui s’est suicidé, et que, lorsqu’il voudrait se donner la mort sa femme voudrait s’interposer. Dans la foulée, la femme aurait, par mégarde reçu la balle…

Une troisième source parle d’une altercation entre TILIWA et sa femme. Autant de versions imprécises.

Ce qui est cependant sûr, c’est qu’il y a eu au camp de la gendarmerie nationale, le mardi
08 août 2006, un homicide.

Qu’est-ce qui est à l’origine ?

Nous y reviendrons dès que nous aurons tous les éléments d’appréciation.

« Le Changement »
présente ses condoléances à la famille éplorée et au corps de la gendarmerie nationale.

On se rappelle qu’il y a quelques semaines, un événement similaire s’est produit au camp de la gendarmerie à Lomé où le fils du Commandant ATTI s’est suicidé à l’aide du pistolet de son père.

Jusqu’à ce jour, nous ne saurions dire exactement ce qui était à l’origine de ce drame.

Nous osons croire cette fois-ci, que toute la lumière sera faite sur ces événements tragiques à répétition afin de situer les responsabilités.

AMOUZOUVI

 
Bilan d’une année de gouvernement : Edem KODJO s’est moqué des Togolais

Un an après son passage devant l’Assemblée RPT pour son discours programme, le PM Edem Kodjo s’était le 03 août dernier, retrouvé face à la presse nationale et internationale pour dresser le bilan d’une année de gouvernement conduite « sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé ». Bilan somme toute discutable qui, à l’analyse,  donne aux Togolais, l’amer sentiment que le chef de l’Etat et son PM se sont  donné le mot pour servir des couleuvres à avaler au peuple.

Sur le plan politique
A entendre le PM Edem Kodjo marteler « Le gouvernement  a fait de la réconciliation nationale, son cheval de bataille », on a envie de sourire puisque, un an après les exactions qu’a connues notre pays, les affres  de la division sont toujours vécus par les togolais qui vivent dans la hantise d’une réédition des événements d’avril 2005 au cours des élections en perspective. Cette crainte se fonde sur l’indifférence avec laquelle le gouvernement semble traiter le Rapport de la Commission Nationale Spéciale d’Enquête Indépendante sur les actes de violences et de vandalisme commis avant, pendant et après la dernière élection présidentielle. Conséquence : les auteurs présumés ou avérés figurant sur la fameuse liste annexée au Rapport de la Commission Koffigoh, imbus de l’impunité que leur garantit le gouvernement se comportent dans le pays comme des souverains indépendants sur un territoire conquis. Ce qui donne l’impression aux victimes et à leurs familles, qu’au Togo il y a deux catégories de citoyens : ceux qui sont au-dessus de la loi et ceux condamnés à la subir.

Par ailleurs des compatriotes continuent par croupir en prison pour avoir manifesté contre le coup d’Etat politique perpétré au lendemain du décès du président Eyadema ou pour avoir manifesté contre la fraude organisée par le RPT et la Grande muette pour voler la victoire à l’opposition. Malgré les appels sans cesse renouvelés par les organisations internationales dans le sens de leur libération, les autorités de Lomé qui prétendent pourtant œuvrer pour la réconciliation, demeurent impassibles.

Voilà les raisons fondamentales qui expliquent pourquoi, malgré les réunions entre le gouvernement togolais et le système des Nations Unis (PNUD, FAO, UNICEF, OMS) dès juin 2005, des nombreuses visites effectuées au Ghana, au Bénin pour rencontrer les réfugiés et le représentant régional du HCR, le problème des réfugiés demeure pratiquement entier et ce ne sont pas les chiffres du Haut Commissariat des Nations Unis que brandit cyniquement Edem  Kodjo pour se donner un satisfecit qui nous divertiront de l’essentiel sur ce point. Dans ce pays, les autorités nous ont habitués à ne jamais croire aux chiffres et aux statistiques liés aux événements politiques survenus au Togo et rapportés par des Institutions non officielles, Internationales. Les cas des morts de la lagune de Bè, des trucidés du Jardin Fréau, des cadavres d’Amnesty International etc., demeurent encore frais dans nos mémoires. Le seul acte posé dans ce domaine par l’Etat, c’est d’avoir réussi un spot publicitaire radio télévisé incitant les réfugiés à retourner au bercail. Mais là où le bat blesse, ce spot que nos médias publics passent fréquemment n’a jamais été diffusé dans les pays d’accueil de nos réfugiés. Edem Kodjo peut sabler le champagne parce que le nombre des réfugiés a baissé. Mais pour les Togolais, un seul réfugié n’est que de trop.

Pour ce qui est du travail de
la Commission de Réflexion pour la Réhabilitation de l’Histoire de notre pays, le PM Edem Kodjo aurait dû se taire. Autrement, en criant sur les toits comme il le fait si pitoyablement que c’est dans le cadre des recommandations de cette commission que le gouvernement a organisé le 13 janvier 2006, un office en mémoire du feu Président Olympio Sylvanus et qu’un éclat particulier a été donné aux cérémonies du 27 avril, le chef du gouvernement ne fait que se ridiculiser. Il donne en effet ce faisant, l’impression d’un individu qui, un jour crie dans la rue : « Grâce aux recommandations du comité des sages que j’ai mis en place, à partir d’aujourd’hui, je me lave 3 fois par jour ». Si le régime RPT se décide enfin après des décennies de règne à se débarrasser de certains attributs d’un régime voyou, a-t-on réellement besoin de le crier sur les toits ?

Au niveau de la sécurité, le renforcement des effectifs de la police et de la gendarmerie, la création d’une Compagnie d’Intervention de Proximité (CIP) la création d’une inspection générale des services de sécurité et la nomination d’un Inspecteur Général dont se targue le PM ne serviront à rien si l’Etat ne dote pas la police et la gendarmerie de moyens de travail requis. En matière de sécurité les ressources humaines sont une chose et les moyens de travail (matériel roulant, de communication etc.) en sont une autre. C’est la combinaison des deux qui, sur le terrain, aboutit à des résultats palpable. La preuve, malgré ces réalisations égrenées par le PM, l’insécurité demeure à Lomé et au Togo la chose la mieux partagée.

Sur le plan social et économique
à en croire Edem Kodjo, les réformes en profondeur en cours d’informatisation complète de la douane et des impôts, création d’un guichet unique, effort intense de recouvrement de recettes de l’Etat. Ces réformes sont perçues comme un devenir, et nos appréciations seront fonction de ce qu’on aura vu.

Dans le domaine de l’Education, la réintégration dans la Fonction Publique de 8212 enseignants auxiliaires de l’Enseignement général et technique et le recrutement de 1700 nouveaux enseignants peuvent être salués mais la procédure a été pour le moins discutable. Aujourd’hui, la situation de ces enseignants réintégrés, et recrutés n’est pas à la mesure des attentes. Le gouvernement togolais ne devrait pas faire les choses à moitié. Un enseignant qu’il soit réintégré ou engagé a des droits.

Par ailleurs, on peut reprocher au PM Edem Kodjo de ne s’être pas occupé du problème du chômage qui gangrène la jeunesse et la population active de notre pays. On peut nous opposer que le PM a fait état de recrutement des policiers et des enseignants. Mais force est de constater que le marché de travail au Togo ne se limite pas qu’à la police et à l’enseignement. L’armée des chômeurs qui traînent leur bosse dans les rues, regorge des spécialités autres que ces deux secteurs.

On peut multiplier des points contenus dans le bilan du PM, qui ont un décalage par rapport à la réalité. Mais nous ne voudrions pas donner l’impression de pourfendre un Premier Ministre qui se bat pour être reconduit à la tête du prochain gouvernement de transition.

Mais ce contre lequel on peut s’insurger c’est cette attitude de ne pas présenter au peuple, un bilan juste. Il est inutile de se cacher dernière des formules comme « certes il reste encore beaucoup a faire mais nous y par viendrons ».

Nombreux étaient ceux qui avaient vu dans la conférence de presse et dans le bilan que brandissait le Premier ministre, une façon de se moquer des Togolais qui sont loin de savoir qu’ils vivent dans un paradis.

JNT

 
 
 

 

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