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Le Changement

6 Août 2007

[N° 83 : du 2 Aout 2007]
Gilchrist dévoile enfin son jeu politique : Mobiliser les populations pour empêcher la tenue des prochaines législatives

Depuis le lancement du processus de normalisation de la vie politique togolaise par le dialogue intertogolais, l’opinion nationale et les observateurs avisés n’ont cessé de s’interroger sur ce que veut l’UFC, le parti de Gilchrist Olympio. Cette interrogation est d’autant plus légitime que des exemples abondent qui illustrent que les responsables de l’UFC veulent une chose et son contraire à la fois.

Au lancement du dialogue, l’UFC a fait semblant d’accepter d’y prendre part tout en s’employant à dénigrer les initiatives des acteurs des négociations. De même, après avoir refusé de parapher l’accord politique de base, l’UFC accepte de signer l’APG, alors que cette version de l’Accord a perdu des acquis importants des discussions à Lomé, notamment la carte d’électeur avec photo. On se souvient, qu’avant de réparer ce tort que l’UFC a failli créer à l’application de la feuille de route, la CENI a été paralysée pendant deux mois environ. Ensuite, après s’être battue pour que la pièce maîtresse des accords issus du dialogue soit la formation d’un gouvernement d’union nationale, regroupant les différentes parties prenantes au dialogue, elle a été la seule formation politique à refuser d’y participer sous prétexte que la direction ne lui a pas été confiée, conformément à des accords secrets qu’elle aurait conclu avec le RPT. Gilchrist lui-même confessera au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée dans le cadre du conseil national de l’UFC que son parti a fait le choix de rester en dehors du gouvernement pour mieux critiquer celui-ci. Alors qu’il a été entendu que les différentes parties signataires de l’Accord Politique Global (APG) prennent part au gouvernement pourvu que, au nom du bon sens le Premier Ministre émane des rangs de l’UFC, du CAR ou de la CDPA.

Tout en refusant de prendre part au gouvernement d’union, en considérant que c’est la meilleure position pour critiquer les actions que celui-ci met en œuvre pour réaliser la feuille de route à lui confier par l’Accord, l’UFC a pourtant désigné ses militants pour la représenter au sein du comité de suivi, de la CENI et de tous les démembrements de l’administration électorale.

Le comble du paradoxe c’est que tout en étant co-organisatrice des élections du fait que ses représentants siègent dans toute l’administration électorale, le parti de Gilchrist Olympio passe tout son temps à discréditer tout ce qui se fait dans le sens de la préparation des élections. Au point que tous les observateurs avisés de la politique togolaise ne cessent de poser la question : que veut au juste l’UFC ?

La réponse est aujourd’hui connue à travers le tract par lequel la formation de Gilchrist Olympio s’associe au parti trotskiste de Claude Améganvi, Parti des Travailleurs, pour appeler les populations à descendre dans la rue. Dans le mot de clôture de ce tract, l’UFC appelle en effet la population à « se mobiliser pour empêcher » la tenue des élections en préparation. Ainsi dévoile-t-elle enfin son jeu politique.

Une affaire à suivre...

L. C.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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