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Le Changement

6 Août 2007

[N° 83 : du 2 Aout 2007]
Affaire de corruption d’arbitre : Tata Avlessi verse de nouveaux éléments au dossier, le jury d’Appel reporte sa décision

Comme nous l’écrivions dans notre dernière livraison, le Président de la FTF, Tata Adaglo Avlessi a comparu mardi dernier devant le jury d’Appel de la CAF. On se souvient en effet que suite à une première comparution le 05 juillet dernier où il devait répondre de fait de tentative de corruption d’arbitre lors de la dernière CAN U-17 à Lomé, le jury disciplinaire a fait parvenir à la FTF le 10 juillet, une décision par laquelle, il décidait une suspension de huit ans contre Tata de Mass. Pendant ces 8 ans, il lui est formellement interdit de mener des activités relatives au football. Le Président de la FTF a relevé appel contre cette décision comme le lui autorisait la CAF. C’est donc dans le cadre de ce recours que Tata de Mass était au Caire mardi dernier.

Devant le Jury d’appel, le Président de la FTF a plaidé non coupable et clamé son innocence. Il était pour la circonstance entouré d’un collectif d’Avocats togolais et français. Pour lui, il s’agit d’une affaire montée en épingle, une véritable cabale pour le discréditer. Le Président de l’Union Sportive de Masseda qui estime que l’honneur et la dignité n’ont pas de prix, entend tout mettre en œuvre pour faire triompher la vérité dans cette affaire. C’est pourquoi lors de l’audition de mardi dernier, il a versé au dossier de nouveaux éléments d’appréciation. Conséquence, le jury d’appel qui devait se prononcer a dû reporter sine die sa décision, afin de disposer du temps nécessaire pour cerner les contours des nouveaux éléments.

            Dans les milieux proches de Tata de Mass, on affiche un certain optimisme. L’arbitre gambien Pa Abdou Sarr dont on dit qu’il a reçu l’argent a témoigné par écrit sur l’honneur n’avoir jamais eu de contact ni de près ni de loin avec Tata Avlessi. De son côté, l’arbitre togolais, Attivi Cessi qui aurait servi d’intermédiaire entre les deux hommes et qui aurait remis l’enveloppe à son homologue gambien se brouille et s’embrouille dans des déclarations contradictoires.

            Face à la situation ainsi créée, le jury d’Appel devra jouer de vigilance pour éviter le piège de l’erreur judiciaire. Il est vrai que la corruption est foncièrement contraire à l’éthique du sport et que quiconque s’en rend coupable doit subir les rigueurs de la loi. Mais il est aussi vrai que pour l’éthique de la justice et de l’équité, on ne doit sanctionner que celui qui se sera effectivement rendu coupable des faits incriminés. Dès lors que des déclarations contradictoires et de témoignages apportent des doutes, il devient important de prendre tout le temps nécessaire pour démêler l’écheveau et séparer le vrai du faux.

            Dans l’esprit de nombreux Togolais, si ces rebondissements ne suffisent pas pour blanchir tout simplement Tata de Mass, ils constituent au moins des arguments solides pour lui permettre de bénéficier de circonstances atténuantes. A qui profitera-t-il par exemple que Tata Avlessi soit interdit de toute activité ayant trait au football pendant huit ans ? Ce serait un véritable gâchis pour le Togo. Certains pourront se frotter les mains, mais ce serait une perte incommensurable pour la jeunesse et le football togolais. Car l’homme n’aime pas seulement le football. Il y investit. Nous n’en voulons pour preuve que le chantier de construction d’un stade moderne de 10.000 places qu’il a ouvert à Masseda. Un autre projet qui lui tient à cœur est l’ouverture d’une école de football. Il s’agit là de projets qui, indubitablement profiteront au football togolais qui manque actuellement d’infrastructures. La mise à la touche de Tata de Mass est considérée dans plusieurs milieux comme la paralysie d’un mécène dans un environnement où le sponsoring n’existe pas.

            Ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui l’affaire Tata Avlessi doit être analysée avec beaucoup de sérénité en gardant à l’esprit toutes les implications qu’elle pourrait avoir pour notre pays. Car c’est un dossier qui, au finish, dépasse les ambitions individuelles des pêcheurs en eau trouble.

            Si le jury d’appel vient à disculper Tata Avlessi, son honneur et sa dignité seront sauvés. Ce qui peut lui arriver de mieux. S’il lui trouve des circonstances atténuantes, ce ne sera pas rien. Le football togolais n’aura quand même pas tout perdu. Si au contraire, il enfonce le clou en s’alignant sur la décision du jury disciplinaire, ce serait dommage. Mais dans un cas comme dans l’autre, Tata Avlessi aura tiré une leçon. Il aura appris à découvrir le vrai visage des Togolais qu’il n’a pas bien appris à connaître avant de s’engager dans l’aventure de la FTF.

L.Z.

 
Violences au Togo  Plus jamais ça ! Faure Gnassingbé se lance un défi

Il est de notoriété publique que l’un des éléments fondamentaux qui ont aggravé la situation sociopolitique togolaise sont les violences d’avril 2005. Tous les signataires de l’Accord Politique Global conscients de cette réalité avaient appelé toutes les forces vives du pays, en particulier les partis politiques et les organisations de la société civile, à œuvrer activement pour son éradication. Ceci, afin de créer les conditions maximales pour un climat social apaisé, nécessaire à la réconciliation et au pardon surtout pour les prochaines échéances électorales.

Samedi dernier, le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé est revenu sur le sujet à savoir le problème de violence au Togo. C’était à l’occasion de la fête traditionnelle Odon-Tsu (fête des ignames) à laquelle il a pris part à Atakpamé, un symbole caricatural de la violence de 2005. Il est vrai que ce n’est pas seule dans cette localité où on a enregistré les actes de violences ayant entraîné plusieurs blessés, des morts et des départs massifs. Mais la zone du tout puisant major Kouloum est un cas entièrement à part.

A l’occasion, le Chef de l’Etat a prononcé un discours dans lequel il a lancé un appel pour que les Togolais renoncent à jamais à toutes sortes de violences.

Eloigner le spectre de la violence au Togo
Ce n’est pas un fait de hasard si le Chef de l’Etat a prononcé ce discours que certains qualifient de rappel à l’ordre. C’est pour éradiquer à jamais toute forme de violence sur notre territoire avant, pendant et après toute élection.

Le Président Faure après avoir déploré les violences que certaines préfectures du Togo à l’instar de celle de l’Ogou ont connues lors de l’élection présidentielle d’avril 2005 a déclaré qu’il ne peut pas rester indifférent face à la récurrence des violences et des troubles politiques, face aux attentats et aux tentatives de déstabilisation, face aux exactions et aux destructions ainsi qu’à la transgression des principes humanitaires qui engendrent des atteintes aux Droits de l’Homme et aux libertés fondamentales :

« Les événements malheureux que certaines préfectures dont la vôtre et son chef-lieu ont vécus pendant les périodes électorales et particulièrement celle de 2005 sont encore dans nos mémoires… Ces méfaits ont transmis un héritage de haine et de peur de vengeance et d’intolérance politique. Cette situation doit interpeller, engager et mobiliser chacun, à son niveau, afin que nous ayons désormais des comportements dignes qui répondent aux nobles idéaux et valeurs de
la République. Chaque Togolaise et chaque Togolais doit porter en lui cette part de rêve et d’audace qui féconde le progrès des sociétés humaines », a souligné le Président de la République. Il a invité tous les acteurs politiques et tout le peuple togolais à jouer pleinement le rôle de sentinelles sur les vertus de paix et de la non-violence, de la tolérance et du respect des droits de l’homme. Le Chef de l’Etat a présenté sa compassion et sa solidarité renouvelée aux victimes des violences des exactions et autres troubles politiques particulièrement ceux liées aux processus électoraux.

Le Président Faure a  mis l’accent sur la ville d’Atakpamé et a solennellement déclaré qu’il ne veut plus ni voir ni entendre parler de violence dans cette localité.

Mise en garde de Faure (Extrait)

De cette ville d’Atakpamé, je tiens à proclamer haut et fort :

- plus jamais ça, plus jamais ça sur la Terre de nos Aïeux !

- plus jamais de vagues d’attentats, de troubles et de violences insensés, ponctués d’actes inciviques, de vandalisme et de dégradations d’édifices publics !

- plus jamais de velléités et de tentatives de déstabilisation de l’Etat et de ses institutions !

- plus jamais de pertes gratuites de vies humaines !

- plus jamais d’exode des populations à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières ! Non plus jamais cela !

Nous devons nous atteler à proscrire la violence politique et à combattre résolument l’impunité.

Le combat contre la violence politique et l’impunité doit être mené avec détermination, sérénité et discernement.

C’est pourquoi, face à la gravité et à la complexité de la problématique de l’impunité, il nous était apparu nécessaire de procéder par une gestion prudente pour ne pas ébranler les bases fragilisées de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Nous avons plutôt recherché les meilleures voies d’apaisement et de justice ainsi que de restauration du sens de la communauté et de l’esprit d’harmonie entre toutes les filles et tous les fils de la nation.

A cet effet, il nous fallait trouver un juste équilibre entre les exigences de justice, de stabilité, de paix civile et de réconciliation.

Il fallait également établir la vérité et assurer la justice sans toutefois susciter d’autres écueils.

Des poursuites judiciaires initiées dans un climat de vive tension et dans un contexte où la justice est suspectée de partialité et d’être instrumentalisée, soulèveraient certainement d’autres problèmes encore plus complexes.

Cependant, la vérité doit être établie et la justice assurée.

Il faudra donc du temps et de la patience, pour établir la vérité, rendre justice, apaiser les cœurs et les esprits.

Pour moi, il ne fait aucun doute que « la vérité est la mère de la justice ». Il convient, de prime abord, de créer des conditions préalables en vue de sa manifestation. Car, le vrai devoir de justice ne peut se concevoir que dans un Etat de droit où les acquis démocratiques ont cimenté le socle de l’Etat et de la nation.

Pour l’heure, il est impératif que nous puissions trouver ensemble un consensus national pour la manifestation de cette vérité que nous appelons de tous nos vœux. C’est dans cette optique que le dialogue politique inter togolais a débattu des actes de violences à caractères politiques commis par le passé, de même que la question de l’impunité. Ce dialogue a balisé la voie et défini les orientations qui guident aujourd’hui les actions du gouvernement en la matière.

Pour traduire notre détermination à construire une société démocratique apaisée, je rappelle que les deux Commissions prévues par l’Accord Politique Global à savoir la Commission chargée de­ faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique commis par le passé et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes ainsi que celle chargée de proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale, seront mises en place au lendemain des législatives.

Je souhaite vivement que de larges consultations soient initiées, en direction des mouvements associatifs des autorités religieuses, des chefs traditionnels et autres entités parmi les forces vives de la nation en vue de les impliquer activement dans cette entreprise.

L’essentiel est donc de nous occuper effectivement de notre passé pour réussir l’édification d’une nation plus harmonieuse, tolérante et réconciliée avec elle-même.

La question est alors de savoir quelle est la meilleure façon d’aborder ce passé.

C’est pourquoi, aux lendemains de l’élection présidentielle de 2005, soucieux de concilier la quête de la vérité et de la justice avec les impératifs de l’unité nationale, de la paix civile et de la reconstruction de la société, nous avons mis sur pied la Commission Nationale Spéciale d’Enquête Indépendante et accueilli la Mission d’établissement des faits initiés par les Nations Unies. Et c’est avec un intérêt particulier que le gouvernement a pris note des conclusions et des recommandations que nous avons signé, en juillet, un Protocole d’Accord permettant l’installation dans notre pays d’un Bureau de Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

Je me réjouis que ce Bureau, dans le cadre du processus électoral en cours s’associe à la vaste campagne de lutte contre la violence politique et l’impunité, que nous allons lancer solennellement ce jour.

Je voudrais, à cette occasion, l’assurer de mon soutien et de celui du gouvernement dans les actions qu’elle mène aux côtés du peuple togolais.

Par ailleurs, il est établi que « l’histoire est mère de grands enseignements ».

Sur la question brûlante de l’impunité, la jeune histoire du droit pénal international nous enseigne que la voie de la vérité et celle de la justice peuvent être semées d’embûches.

L’enseignement de cette histoire nous démontre que chaque vérité a son temps et que chaque justice a également le sien.

Je veillerai, personnel­lement, à l’aboutissement du travail entrepris par le gouvernement à propos des violences politiques et de l’impunité.

Depuis le 16 juillet dernier, le recensement électoral dans la perspective du prochain scrutin législatif a démarré. Il se poursuit dans le calme, la sérénité et la paix.

Je voudrais, avec force, réitérer ma ferme détermination à conduire à son terme le processus électoral qui constitue un événement marquant et un tournant décisif de l’Histoire de notre pays.

J’invite une fois encore chaque Togolaise et chaque Togolais en âge de voter à aller se faire recenser.

L’élection n’est pas une épreuve mortelle ni une occasion d’affrontement physique et ethnique. Elle est un moment de délibérations démocratiques.

Il incombe aux acteurs politiques de mobiliser leurs militants autour des valeurs républicaines et démocratiques.

Les partis politiques et les militants ont le droit de défendre leurs idées, leurs projets, leurs programmes dans les meilleures conditions de sécurité et de liberté. Mais ils doivent le faire dans le respect mutuel, dans la tolérance et la sérénité. Ils doivent le faire dans le respect de la loi.

Nous avons un énorme défi et un pari à relever. Il s’agit de démontrer à la face du monde notre capacité à organiser des élections régulières, sincères et démocratiques, dans le respect des normes et des standards internationalement admis.

Face à ces enjeux déterminants pour notre avenir commun, je voudrais de cette ville d’Atakpamé, lancer un appel patriotique et pressant aux filles et aux fils de notre pays, pour qu’ils renoncent, à jamais, au sectarisme, à la haine, à l’intolérance et à la défense aveugle des intérêts partisans.

Je veux espérer qu’en ce jour de la célébration de « Odon-Tsou édition 2007», fête de retrouvailles, d’amour, de fraternité, de solidarité, et de partage, Atakpamé marque un nouveau départ dans notre désir ardent de vivre ensemble, d’édifier une nation davantage unie et forte, désireuse de mobiliser ses énergies pour amorcer une nouvelle marche vers le développement, la prospérité, et le bien-être du peuple togolais tout entier.

De cette coquette ville d’Atakpamé, je repartirai le cœur apaisé et l’esprit serein. Je repartirai convaincu que vous serez d’intrépides et infatigables soldats de la paix ! Daigne l’Eternel, le Tout-Puissant dans sa bonté, faire que s’accomplisse notre rêve de faire du Togo une nation prospère, forte et unie.

Nous osons croire ce message n’est pas tombé dans les oreilles de sourd et que ceux que d’aucuns à tort ou à raison appellent des « zulu » d’Atakpamé vont maintenant enterrer leurs haches de guerre.      

            On se rappelle que la semaine dernière, les délégations de la cellule de communication de l’APG mises en place par le gouvernement ont bouclé leur tournée de sensibilisation des masses sur l’importance des échéances électorales à venir. On notait dans la délégation entre autres plusieurs ministres mais surtout le Ministre de la Sécurité Atcha Titikpina. Si ce Ministre s’est déplacé, c’est que les gouvernants savent que dans tout processus électoral, l’armée à un grand rôle à jouer. Dans celui d’avril 2005, tout le monde sait le rôle négatif que certains ont joué. Conséquences : il y a eu beaucoup de pertes en vies humaines, des blessés et un grand nombre de nos frères et sœurs qui se sont retrouvés au-delà des frontières.

            Le but de cette sensibilisation, c’est faire renaître dans les cœurs, l’espoir et la confiance d’un Togo qui doit sortir de sa crise ; c’est faire disparaître la méfiance ; c’est faire en sorte que l’armée et la population deviennent une seule et même entité indivisible.

            S’agissant de la sécurité, les populations ont été rassurées que tout le processus électoral sera sécurisé par les seuls gendarmes et policiers qui ont vu leur nombre augmenter. « Ces deux corps ont été formés et recyclés pour assumer professionnellement leur travail. Du reste, il ne faut pas les provoquer en tenant des propos injurieux à leur égard.

            Nous devons apprendre à nous faire confiance et à nous pardonner réciproquement », ont confié les membres de la cellule de la communication au cours de leur tournée.

            Il est vrai que ce message de paix est lancé à juste titre et au moment opportun. Mais au-delà de ce message d’apaisement, les uns et les autres doivent savoir que les Togolais entre eux ne sont pas en guerre pour qu’une partie prenne les armes contre l’autre. En le faisant, on met la République en danger et delà, le fauteuil du Chef de l’Etat. L’armée, c’est les ordres. Faure Gnassingbé étant le Chef suprême des armées, il lui revient de prendre ses responsabilités pour que, l’histoire d’Avril 2005 ne se répète pas.

            Le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme par sa représentante au Togo, Mme Ige Olatokumbo a, comme le Chef de l’Etat, également tiré la sonnette d’alarme le samedi dernier à Atakpamé au cours de la manifestation qui a réuni les natifs de la préfecture de l’Ogou. Comme quoi, plus jamais de violences au Togo.

Amouzouvi

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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