|
De cette ville d’Atakpamé, je tiens à proclamer haut
et fort :
- plus jamais ça, plus jamais ça sur la Terre de nos
Aïeux !
- plus jamais de vagues d’attentats, de troubles et de
violences insensés, ponctués d’actes inciviques, de
vandalisme et de dégradations d’édifices publics !
- plus jamais de velléités et de tentatives de
déstabilisation de l’Etat et de ses institutions !
- plus jamais de pertes gratuites de vies humaines !
- plus jamais d’exode des populations à l’intérieur et à
l’extérieur de nos frontières ! Non plus jamais cela !
Nous devons nous atteler à proscrire la violence
politique et à combattre résolument l’impunité.
Le combat contre la violence politique et l’impunité
doit être mené avec détermination, sérénité et
discernement.
C’est pourquoi, face à la gravité et à la complexité de
la problématique de l’impunité, il nous était apparu
nécessaire de procéder par une gestion prudente pour ne
pas ébranler les bases fragilisées de l’unité nationale
et de la cohésion sociale.
Nous avons plutôt recherché les meilleures voies
d’apaisement et de justice ainsi que de restauration du
sens de la communauté et de l’esprit d’harmonie entre
toutes les filles et tous les fils de la nation.
A cet effet, il nous fallait trouver un juste équilibre
entre les exigences de justice, de stabilité, de paix
civile et de réconciliation.
Il fallait également établir la vérité et assurer la
justice sans toutefois susciter d’autres écueils.
Des poursuites judiciaires initiées dans un climat de
vive tension et dans un contexte où la justice est
suspectée de partialité et d’être instrumentalisée,
soulèveraient certainement d’autres problèmes encore
plus complexes.
Cependant, la vérité doit être établie et la justice
assurée.
Il faudra donc du temps et de la patience, pour établir
la vérité, rendre justice, apaiser les cœurs et les
esprits.
Pour moi, il ne fait aucun doute que « la vérité est la
mère de la justice ». Il convient, de prime abord, de
créer des conditions préalables en vue de sa
manifestation. Car, le vrai devoir de justice ne peut se
concevoir que dans un Etat de droit où les acquis
démocratiques ont cimenté le socle de l’Etat et de la
nation.
Pour l’heure, il est impératif que nous puissions
trouver ensemble un consensus national pour la
manifestation de cette vérité que nous appelons de tous
nos vœux. C’est dans cette optique que le dialogue
politique inter togolais a débattu des actes de
violences à caractères politiques commis par le passé,
de même que la question de l’impunité. Ce dialogue a
balisé la voie et défini les orientations qui guident
aujourd’hui les actions du gouvernement en la matière.
Pour traduire notre détermination à construire une
société démocratique apaisée, je rappelle que les deux
Commissions prévues par l’Accord Politique Global à
savoir la Commission chargée de faire la lumière sur
les actes de violence à caractère politique commis par
le passé et d’étudier les modalités d’apaisement des
victimes ainsi que celle chargée de proposer des mesures
susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation
nationale, seront mises en place au lendemain des
législatives.
Je souhaite vivement que de larges consultations soient
initiées, en direction des mouvements associatifs des
autorités religieuses, des chefs traditionnels et autres
entités parmi les forces vives de la nation en vue de
les impliquer activement dans cette entreprise.
L’essentiel est donc de nous occuper effectivement de
notre passé pour réussir l’édification d’une nation plus
harmonieuse, tolérante et réconciliée avec elle-même.
La question est alors de savoir quelle est la meilleure
façon d’aborder ce passé.
C’est pourquoi, aux lendemains de l’élection
présidentielle de 2005, soucieux de concilier la quête
de la vérité et de la justice avec les impératifs de
l’unité nationale, de la paix civile et de la
reconstruction de la société, nous avons mis sur pied la
Commission Nationale Spéciale d’Enquête Indépendante et
accueilli la Mission d’établissement des faits initiés
par les Nations Unies. Et c’est avec un intérêt
particulier que le gouvernement a pris note des
conclusions et des recommandations que nous avons signé,
en juillet, un Protocole d’Accord permettant
l’installation dans notre pays d’un Bureau de Haut
Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme.
Je me réjouis que ce Bureau, dans le cadre du processus
électoral en cours s’associe à la vaste campagne de
lutte contre la violence politique et l’impunité, que
nous allons lancer solennellement ce jour.
Je voudrais, à cette occasion, l’assurer de mon soutien
et de celui du gouvernement dans les actions qu’elle
mène aux côtés du peuple togolais.
Par ailleurs, il est établi que « l’histoire est mère de
grands enseignements ».
Sur la question brûlante de l’impunité, la jeune
histoire du droit pénal international nous enseigne que
la voie de la vérité et celle de la justice peuvent être
semées d’embûches.
L’enseignement de cette histoire nous démontre que
chaque vérité a son temps et que chaque justice a
également le sien.
Je veillerai, personnellement, à l’aboutissement du
travail entrepris par le gouvernement à propos des
violences politiques et de l’impunité.
Depuis le 16 juillet dernier, le recensement électoral
dans la perspective du prochain scrutin législatif a
démarré. Il se poursuit dans le calme, la sérénité et la
paix.
Je voudrais, avec force, réitérer ma ferme détermination
à conduire à son terme le processus électoral qui
constitue un événement marquant et un tournant décisif
de l’Histoire de notre pays.
J’invite une fois encore chaque Togolaise et chaque
Togolais en âge de voter à aller se faire recenser.
L’élection n’est pas une épreuve mortelle ni une
occasion d’affrontement physique et ethnique. Elle est
un moment de délibérations démocratiques.
Il incombe aux acteurs politiques de mobiliser leurs
militants autour des valeurs républicaines et
démocratiques.
Les partis politiques et les militants ont le droit de
défendre leurs idées, leurs projets, leurs programmes
dans les meilleures conditions de sécurité et de
liberté. Mais ils doivent le faire dans le respect
mutuel, dans la tolérance et la sérénité. Ils doivent le
faire dans le respect de la loi.
Nous avons un énorme défi et un pari à relever. Il
s’agit de démontrer à la face du monde notre capacité à
organiser des élections régulières, sincères et
démocratiques, dans le respect des normes et des
standards internationalement admis.
Face à ces enjeux déterminants pour notre avenir commun,
je voudrais de cette ville d’Atakpamé, lancer un appel
patriotique et pressant aux filles et aux fils de notre
pays, pour qu’ils renoncent, à jamais, au sectarisme, à
la haine, à l’intolérance et à la défense aveugle des
intérêts partisans.
Je veux espérer qu’en ce jour de la célébration de «
Odon-Tsou édition 2007», fête de retrouvailles, d’amour,
de fraternité, de solidarité, et de partage, Atakpamé
marque un nouveau départ dans notre désir ardent de
vivre ensemble, d’édifier une nation davantage unie et
forte, désireuse de mobiliser ses énergies pour amorcer
une nouvelle marche vers le développement, la
prospérité, et le bien-être du peuple togolais tout
entier.
De cette coquette ville d’Atakpamé, je repartirai le
cœur apaisé et l’esprit serein. Je repartirai convaincu
que vous serez d’intrépides et infatigables soldats de
la paix ! Daigne l’Eternel, le Tout-Puissant dans sa
bonté, faire que s’accomplisse notre rêve de faire du
Togo une nation prospère, forte et unie. |