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Le Changement

31 juillet 2006

[N° 33: du 27 juillet 2006]
Que cache l’idée d’un referendum  constitutionnel au Togo ?
 
 

Face à l’attitude des partis d’opposition qui dans la salle Evala réclament sans cesse le retour au mode de scrutin à deux tours, des voix s’élèvent de plus en plus depuis quelque temps, de la mouvance présidentielle pour envisager une nouvelle constitution à faire adopter par référendum dans la perspective des échéances électorales en vue.

Il faut rappeler que lorsqu’en octobre 1992, feu Gal Eyadema, promulguait la constitution de la IVe République massivement adoptée par referendum par les Togolais en septembre de la même année, des observateurs avaient susurré que le chef de l’Etat s’exécutait à son corps défendant. D’aucuns étaient même allés jusqu’à lui prêter (peut être) la fausse intention de jouer sur la psychologie des togolais pour obtenir le rejet du projet de
la Loi Fondamentale. Et pour cause : aux lendemains de la conférence nationale souveraine, la tendance populaire était pour le rejet en bloc de toute initiative proposée ou encouragée par le RPT, voire même supposée telle.

En d’autres termes, pour voir les Togolais rejeter massivement ce projet de constitution, Eyadema n’avait dans ce contexte qu’à inviter à voter massivement pour. Ce qu’il fit solennellement sous les feux des cameras lors de la campagne organisée à cet effet, bien sûr au mépris de l’avis de certains de ces conseillers qui ne voyaient pas les choses de la même façon. La suite on la connaît : les togolais dans la majorité acquis à la cause du changement votèrent massivement pour cette constitution qui leur offrait pour la première fois après des décennies de parti unique, des espaces de liberté de religion, d’opinion et d’expression et en même temps des garanties liées au respect des Droits de l’Homme et des libertés publiques et individuelles.

Mais les toutes premières consultations en l’occurrence les législatives de 1994 organisées sur la base d’un code électoral inspiré par la constitution se soldèrent au niveau des résultats par une victoire de l’opposition susceptible de rafler la majorité des sièges à l’Assemblée. Si le RPT avait pu limiter les dégâts, comme il avait été donné de le constater par la suite, c’était à la faveur de la « Real politik ».

Echaudé par cette amère expérience de 1994, et désenchanté par sa victoire contestée au présidentiel de juin 1998, le parti d’Eyadema s’était décidé à vider de cette constitution quelques substances indésirables à ses yeux et d’introduire quelques dispositions ciblées.

Cette opération pompeusement dénommée « toilettage de la constitution » fut réalisée par l’assemblée RPT qui avait envahi l’hémicycle après les élections législatives d’octobre 2002 boycottée par les partis d’opposition.

D’aucuns pensent aujourd’hui que le RPT ne pouvait pas disposer de la majorité qualifier pour toucher à cette constitution si l’opposition elle-même ne lui en avait pas donné l’occasion en choisissant de boycotter ces consultations. C’est un autre débat. Ce qu’on peut retenir est qu’au Togo rien n’empêche le RPT a aller au bout de sa détermination s’il faut frauder les élections.

Aujourd’hui face à l’exigence de l’opposition qui demande le retour au mode de scrutin à deux tours, une agitation se fait perceptible dans les rangs du RPT où des réactions des plus épidermiques s’enregistrent.

La grande question qui se pose est de savoir si au regard de la constitution, il sera possible d’organiser avant les échéances électorales prochaines un referendum pour adopter une nouvelle Loi Fondamentale pour notre pays.

Toute Constitution on le sait est perfectible et évolue avec le temps. Mais en ces moments sensibles ou les énergies sont focalisées sur les travaux du dialogue national, est-il indiqué de divertir l’opinion par l’initiative d’un projet de constitution à faire adopter par referendum ? Que cache cette idée ?

Jacqueline Nyarley Tarsi

 
Palais de Justice de Lomé : Le procès de Dupuydauby contre « Le Changement » a commencé

Contrairement aux termes d’un communiqué de presse rendu public par l’Association Togolaise des Patrons de Presse (ATOPAP), l’affaire Dupuydauby contre l’hebdomadaire togolais « Le Changement » est bel   et bien inscrite au rôle de la Chambre Correctionnelle du 26 juillet 2006. Et pour cause, le plaignant n’a jamais retiré sa plainte comme on nous l’a fait croire. Le cabinet Me Tchalim qui défend les intérêts la partie civile n’a reçu aucune consigne dans ce sens.

Hier mercredi 26 juillet donc,
la Chambre Correctionnelle du Tribunal de Première Instance de Lomé avait retenu le dossier et l’a cité  au cours de son audience.

Pour en connaître, les débats étaient dirigés par le magistrat Ayim et le fauteuil du ministère public était occupé par le substitut du Procureur Komlagan Guy.

La partie civile était représentée par le cabinet Me Tchalim.

La défense des prévenus à savoir, le Directeur de Publication « Le Changement »,  M. Amouzouvi Kouamivi et son Directeur de
la Rédaction M. Laurent Zankli  qui étaient à la barre, est assurée par un collectif d’avocats composé entre autres de Mes Yawovi Agboyibo, Jonas Sopkoh, Doe Bruce, Devotsou…

Avant d’aller au fond du dossier, le Président du tribunal de céans, le magistrat Ayim a donné la parole au substitut du Procureur de
la République pour la fixation de la caution à verser par la partie civile. Caution que ce dernier a fixé à 50.000 FCFA sans aucun commentaire. Après des observations faites par les avocats sur le montant de la caution, le Président  Ayim a statué et  l’a fixée à 75.000 FCFA  pour ensuite renvoyer le procès au 16 Août prochain.

Il faut rappeler qu’il est reproché à l’hebdomadaire togolais
« Le Changement » d’avoir écrit et publié dans sa parution N°29 du 29 juin 2006 un article intitulé : « Port Autonome de Lomé : Les non-dits d’une inauguration. Beaucoup de bruits pour de vieilles grues ». Un article qui n’a pas été du goût du Président-directeur des sociétés SE2M-Togo et SE3M-Togo qui a cité directement « Le Changement » par devant le tribunal de Première Instance de Lomé. Cette plainte a suscité des réactions de part et d’autres, qui ont appelé  à la mobilisation de tous les journalistes pour soutenir « Le Changement » dans ce bras de fer qui l’oppose à Jacques Dupuydauby qui n’a pas cherché a épuiser les voies de recours en matière de délit de presse avant d’opter pour la solution extrême.

Le lundi 24 juillet, soit deux jours avant l’ouverture du procès et alors que des journalistes de bonne volonté se mobilisaient pour apporter leur soutien à leurs confrères victimes d’intimidation, l’Association Togolaise des Patrons de Presse avait sorti un communiqué dans lequel elle affirme que « rapidement, les Patrons de Presse se sont saisis du dossier et après moult tractations, une solution à l’amiable a été trouvée conduisant au retrait pur et simple de la plainte ». Ce qui s’était finalement révélé un véritable canular. La question  se pose désormais de savoir pourquoi l’ATOPAP a fait prendre pour vrai ce qui ne l’était pas.

Pour plusieurs observateurs, la démarche de cette association que Dupuydauby avait déjà mis à contribution pour publier un démenti déguisé en communiqué injurieux ne visait qu’à démobiliser tous ceux qui, comme un seul homme, avaient pris le parti du « Changement », et en profite pour se faire de la publicité. Comment peut-on comprendre autrement par exemple que, au moment où les responsables de l’hebdomadaire « Le Changement » étaient à la barre, on retrouve à la « une » des journaux proches de cette association des titres du genre « Affaire Dupuydauby / Le Changement : L’ATOPAP délivre
« Le Changement » des mains de la justice ». Quelle crédibilité cette association peut-elle encore revendiquer aux yeux des journalistes togolais ?

D
e  deux choses l’une : ou bien les membres de l’ATOPAP en toute connaissance de cause avaient joué le jeu pour empêcher les prévenus de se présenter à la justice, ce qui pourrait leur créer d’autres pépins, ou bien, comme ils savent si bien le faire, ils avaient été tournés en bourriques par Dupuydauby et les siens.

Pour en revenir à cet homme, il est de notoriété publique qu’il s’emploie à instrumentaliser la justice togolaise et à ridiculiser nos institutions. Dans une affaire qui l’oppose en ce moment même à son ancien patron Bolloré, il a avoué avoir détourné des actions, à son détriment. Mais auparavant, il avait reconnu dans un document de communication entre autres

- que le groupe Bolloré est financièrement à l’origine des activités de Progosa Espagne
- que le groupe Bolloré est bien propriétaire de Progosa Espagne
- qu’il a été employé et régulièrement rémunéré dans le cadre d’un contrat qui le liait au Groupe Bolloré
- que Bolloré est le seul et unique propriétaire de Progosa Investment (actionnaire unique de PII Espagne actionnaire majoritaire de SE2M et SE3M).

« Le Changement » a toujours dénoncé les dérives de Jacques Dupuydauby qui se comporte chez nous  comme en territoire conquis. Si c’est pour cela qu’il est aujourd’hui considéré comme un ennemi à abattre, chiche ! Cela ne nous empêchera pas d’être et de rester du côté de la VERITE et du Droit.

Le procès qui vient de s’ouvrir s’annonce comme une suite de révélations à venir. Un procès qui sera celui de Dupuydauby lui-même. Au « Changement », nous prendrons le temps de faire chaque chose dans les règles de l’art et au moment propice, sans perdre la moindre plume.

Rendez-vous donc le 16 août prochain pour la suite de ce dossier qui réserve des surprises insoupçonnées.

 A suivre 

 
Le Changement

 
Lutte contre les marchands ambulants de médicaments Mme Suzanne Aho met la charrue devant les bœufs

Après avoir perdu la bataille contre les cabinets de santé et autres cliniques qui poussent dans nos villes comme des champignons et qui fonctionneraient en dehors des normes requises, le ministre togolais de la santé Mme Suzanne Aho part en guerre contre les pharmaciens ambulants qui inondent nos marchés et nos trottoirs des médicaments provenant du Ghana, du Nigeria, de l’Indonésie etc. et qui, dans plusieurs cas sont vendus aux malades sans prescriptions médicales.

Dans la journée du jeudi 13 juillet 2006 une rencontre de concertation s’est tenue entre le ministre de la santé, des responsables de pharmacie, des agents des douanes et de la police.

D’après nos informations, la rencontre avait pour objectif de convenir de l’élaboration d’un plan d’action qui prenne en compte l’information des populations sur le danger que représentent ces produits, la sensibilisation des vendeurs et des forces de l’ordre.

Si l’intention du ministre à travers cette initiative est à saluer  compte tenu des risques de danger réel qu’entretient ce phénomène, la manière de procéder, semble discutable. Ces produits nigérians, indonésiens etc. vendus aujourd’hui comme de petits pains, n’ont pas fait leur apparition sur nos marchés du jour au lendemain. C’est face à la démission de l’Etat togolais de mettre à la disposition des populations, des médicaments à des prix abordables que ce phénomène a fini par se développer dans notre pays.

Ce n’est un secret pour personne qu’au Togo où la cherté de la vie est écrasante, les gens  ont fini par perdre le chemin des pharmacies où d’habitude, les prix des produits sont fixés au mépris du pouvoir d’achat du Togolais. Aujourd’hui, rien de concret n’est mis en œuvre par l’Etat pour redresser la situation. Cet aspect de la question curieusement, semble
échapper à Mme Suzanne Aho qui, visiblement, se fourvoie en conjectures lorsqu’elle déclare que ces produits au Togo entraînent non seulement des décès mais aussi constituent une source de malformation. Le ministre a bien fait de ne pas donner des chiffres et des statistiques qui fondent cette allégation qui peut être valable pour les produits vendus régulièrement dans nos officines s’il faut en croire la rumeur qui court depuis quelques temps sur la qualité de certains de ces produits qui nous coûtent les yeux de la tête et certaines pratiques peu orthodoxe en vigueur dans ces pharmacies. Tout simplement parce que des chiffres ou statistiques sérieux n’existent pas. Du moins pour le moment.

Compte tenu de tout ce qui précède, le ministre togolais de la santé ferait mieux de rechercher des solutions à la cause du mal avant de jeter son dévolu sur les pauvres marchands ambulants des médicaments. Le mal dans cette histoire, c’est qu’avant la prise de toute décision, des informations alarmistes à propos de la descente des hommes en tenue à Hédjrenawoé pour arnaquer ces marchands ambulants commencent par fuser de toute part.

Mme Suzanne Aho doit faire preuve de responsabilité pour éviter que cette bataille n’ouvre la voie à des dérapages. Ce qui est sûr c’est qu’en s’attaquant aux vraies causes du mal, le ministre de la santé n’aura plus besoin de douaniers ni des agents de la police pour mettre fin à ce phénomène au Togo. Mme Suzanne Aho doit éviter de mettre la charrue devant les bœufs.

Jacqueline Nyarley Tarsi

 

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