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Le Changement

28 juillet 2006

[N° 33: du 27 juillet 2006]
Dialogue intertogolais : Enfin, le facilitateur désigné ! Tout sur la désignation de Blaise Compaoré lors de la dernière séance
 
 

Comme prévu, la plénière initiée par le bureau du dialogue a eu lieu le 25 juillet 2006. Au cours de cette rencontre, les parties au dialogue ont pu dégager le facilitateur, en la personne de Mr Blaise Compaoré, Président du Burkina-Faso. Comment en est-on arrivé là ?

            En effet, le lundi 24 juillet 2006, les parties au dialogue ont reçu, chacune, une invitation, les conviant à une plénière qui devrait avoir lieu le mardi 25 juillet 2006 à 15h à la salle Evala 2 Février.

            Au cours de cette séance, il a été soumis aux participants un ordre du jour établit comme suit :

1- Rapport de synthèse de la 21e séance du jeudi 06 juillet 2006

2- Désignation du ou des facilitateurs

3- Divers.

            Après la présentation de la synthèse, un débat de fond s’est instauré à savoir, si oui ou non, la séance du 06 juillet était une plénière.

            Vint ensuite le second point relatif au choix des facilitateurs. A ce sujet, il convient de souligner que seules l’Union des Forces de Changement (UFC) et la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) ont fait des propositions de noms.

            En ce qui concerne les noms proposés par l’UFC, il y a lieu de rappeler que c’est de la lettre adressée, en son temps, à Faure Gnassingbé par le parti de Gilchrist Olympio, lui demandant de faire diriger le futur dialogue par un médiateur que les noms ont été extraits.

            La CDPA du Professeur Léopold Gnininvi a, quant à lui, fait sa proposition. Parmi les noms proposés, se trouve Blaise Compaoré auteur duquel l’unanimité a été faite. Au moins deux tours de table ont été faites avant ce choix.

            Tous craignaient, qu’on aille, de nouveau, vers une impasse. C’est le RPT, surtout lui qui aurait, le premier, donné le nom du Président du pays des hommes intègres. Et présentant cette proposition, les représentants du RPT et le gouvernement ont voulu faire croire que le RPT venait, une fois encore, de faire une grande concession.

            Seulement voilà ! Le consensus se faisant autour de M Blaise Compaoré, il faut désormais s’assurer que l’intéressé sera disponible pour présider cette mission que le dialogue lui confie. Pour prévoir un éventuel désistement de Blaise Compaoré, l’UFC aurait proposé qu’on choisisse une seconde, voire une troisième personnalité étrangère de poids, à l’instar de Lakdhar Brahimi ou Marti Atissani ou Abdou Diouf. La proposition a été rejetée.

Pour certains, on n’a pas besoin de prévoir un autre nom dès lors qu’on n’a pas encore touché Blaise en personne. Pour ceux-ci, c’est lorsque le Président du Faso refusera de s’acquitter de cette mission qu’on pensera à un autre choix au cours d’une autre plénière. L’UFC est allée plus loin en demandant qu’on spécifie la mission de Compaoré c’est-à-dire que sa mission sera assumée intuiti personae. Suite à cette proposition, des réactions à fleur de peau ne se sont pas faites attendre. Surtout de la part du RPT et du gouvernement qui auraient même menacé de retirer leur adhésion à cette proposition. Car, de l’avis de ceux-ci, ils ont fait trop de sacrifice en acceptant Blaise Compaoré.

Suite à ce choix, notre rédaction a approché certains responsables de l’opposition qui ont donné leur avis. Pour l’UFC, « à l’impossible, nul n’est tenu. Notre souhait est que nous trouvons un dénouement à la crise togolaise. Le président Compaoré a un atout fondamental : celui de connaître tous les acteurs et d’entretenir des rapports pas trop mauvais avec la quasi-totalité des leaders de ces groupes. Il lui appartient désormais de savoir l’utiliser à bon escient pour rapprocher les propositions et donner une issue heureuse à ce dialogue. La raison d’Etat et les relations personnelles ne doivent nuire à sa mission. », a souligné les responsables de l’UFC.

Pour notre part, l’essentiel est que, l’opposition cesse les querelles de clochers pour arriver, cette fois-ci, à contrecarrer les tours de passe-passe du pouvoir en place.

Notre opposition n’a aucun intérêt à encore opter pour le boycott. Le faire comme en 1999, c’est laisser le boulevard au RPT et ses alliés qui vont tout prendre. Notre opposition doit pousser, le RPT et Faure Gnassingbé jusqu’au bout pour obtenir l’essentiel. « Le Changement » fait partie de ceux qui pensent que la politique de tout ou rien, n’a toujours pas payé surtout dans le contexte togolais. Nous saluons donc la dynamique qui a prévalu entre les pairs de l’opposition au cours de la dernière séance. Le peuple attend beaucoup de la classe politique.

AMOUZOUVI

 

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