Comme prévu, la plénière initiée par le bureau du
dialogue a eu lieu le
25 juillet 2006.
Au cours de cette rencontre, les parties au dialogue
ont pu dégager le facilitateur, en la personne de Mr
Blaise Compaoré, Président du Burkina-Faso. Comment
en est-on arrivé là ?
En effet, le lundi
24 juillet 2006,
les parties au dialogue ont reçu, chacune, une
invitation, les conviant à une plénière qui devrait
avoir lieu le mardi
25 juillet 2006
à
15h
à la salle Evala 2 Février.
Au cours de cette séance, il a été
soumis aux participants un ordre du jour établit
comme suit :
1- Rapport de synthèse de la 21e séance
du jeudi
06 juillet 2006
2- Désignation du ou des facilitateurs
3- Divers.
Après la présentation de la synthèse, un
débat de fond s’est instauré à savoir, si oui ou
non, la séance du 06 juillet était une plénière.
Vint ensuite le second point relatif au
choix des facilitateurs. A ce sujet, il convient de
souligner que seules l’Union des Forces de
Changement (UFC) et
la Convention Démocratique
des Peuples Africains (CDPA) ont fait des
propositions de noms.
En ce qui concerne les noms proposés par
l’UFC, il y a lieu de rappeler que c’est de la
lettre adressée, en son temps, à Faure Gnassingbé
par le parti de Gilchrist Olympio, lui demandant de
faire diriger le futur dialogue par un médiateur que
les noms ont été extraits.
La CDPA
du Professeur Léopold Gnininvi a, quant à lui, fait
sa proposition. Parmi les noms proposés, se trouve
Blaise Compaoré auteur duquel l’unanimité a été
faite. Au moins deux tours de table ont été faites
avant ce choix.
Tous craignaient, qu’on aille, de
nouveau, vers une impasse. C’est le RPT, surtout lui
qui aurait, le premier, donné le nom du Président du
pays des hommes intègres. Et présentant cette
proposition, les représentants du RPT et le
gouvernement ont voulu faire croire que le RPT
venait, une fois encore, de faire une grande
concession.
Seulement voilà ! Le consensus se
faisant autour de M Blaise Compaoré, il faut
désormais s’assurer que l’intéressé sera disponible
pour présider cette mission que le dialogue lui
confie. Pour prévoir un éventuel désistement de
Blaise Compaoré, l’UFC aurait proposé qu’on
choisisse une seconde, voire une troisième
personnalité étrangère de poids, à l’instar de
Lakdhar Brahimi ou Marti Atissani ou Abdou Diouf. La
proposition a été rejetée.
Pour certains, on n’a pas besoin de prévoir un autre
nom dès lors qu’on n’a pas encore touché Blaise en
personne. Pour ceux-ci, c’est lorsque le Président
du Faso refusera de s’acquitter de cette mission
qu’on pensera à un autre choix au cours d’une autre
plénière. L’UFC est allée plus loin en demandant
qu’on spécifie la mission de Compaoré c’est-à-dire
que sa mission sera assumée intuiti personae. Suite
à cette proposition, des réactions à fleur de peau
ne se sont pas faites attendre. Surtout de la part
du RPT et du gouvernement qui auraient même menacé
de retirer leur adhésion à cette proposition. Car,
de l’avis de ceux-ci, ils ont fait trop de sacrifice
en acceptant Blaise Compaoré.
Suite à ce choix, notre rédaction a approché
certains responsables de l’opposition qui ont donné
leur avis. Pour l’UFC, « à l’impossible, nul
n’est tenu. Notre souhait est que nous trouvons un
dénouement à la crise togolaise. Le président
Compaoré a un atout fondamental : celui de connaître
tous les acteurs et d’entretenir des rapports pas
trop mauvais avec la quasi-totalité des leaders de
ces groupes. Il lui appartient désormais de savoir
l’utiliser à bon escient pour rapprocher les
propositions et donner une issue heureuse à ce
dialogue. La raison d’Etat et les relations
personnelles ne doivent nuire à sa mission. », a
souligné les responsables de l’UFC.
Pour notre part, l’essentiel est que, l’opposition
cesse les querelles de clochers pour arriver, cette
fois-ci, à contrecarrer les tours de passe-passe du
pouvoir en place.
Notre opposition n’a aucun intérêt à encore opter
pour le boycott. Le faire comme en 1999, c’est
laisser le boulevard au RPT et ses alliés qui vont
tout prendre. Notre opposition doit pousser, le RPT
et Faure Gnassingbé jusqu’au bout pour obtenir
l’essentiel.
« Le Changement »
fait partie de ceux qui pensent que la politique de
tout ou rien, n’a toujours pas payé surtout dans le
contexte togolais. Nous saluons donc la dynamique
qui a prévalu entre les pairs de l’opposition au
cours de la dernière séance. Le peuple attend
beaucoup de la classe politique.
AMOUZOUVI