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30  juin 2006

Le Changement
[N° 29: du 29 juin 2006]

Le staff de l’UFC au Ghana  Patrick Lawson révèle tout sur la rencontre d’Accra

Le week-end dernier, le staff de l’Union  des Forces de Changement (UFC) a fait le  déplacement d’Accra où les membres du bureau à savoir  Patrick Lawson, Jean-Pierre FABRE, Amah Gnassingbé et autres, ont rencontré M. Gilchrist Olympio. Ce dernier était arrivé dans la capitale ghanéenne dans le cadre de ses activités professionnelles. Le bureau de l’UFC a fait du déplacement  d’Accra  deux coups :

 
 

-d’abord, rendre compte du déroulement du dialogue intertogolais à leur Président.
-ensuite envisager les perspectives d’avenir pour une sortie de crise.

Mais suite à ce déplacement, les rumeurs les plus folles ont circulé à Lomé. Pour certains, l’UFC est partie à Accra en catimini avec des responsables du RPT pour une négociation secrète en marge du dialogue intertogolais et surtout de ses alliés (CAR, CDPA).

Pour d’autres, l’UFC est partie à Accra pour négocier la primature en présence des autorités ghanéennes. Certains sont allés jusqu’à dire que c’est M. Patrick Lawson  qui est pressenti Premier Ministre.

Autant de rumeurs qui nous ont poussé à aller vers les intéressés pour en savoir plus.

C’est ainsi que hier mercredi
28 juin 2006, la rédaction du « Changement » a rencontré M. Patrick Lawson, 3e vice-président de l’UFC.

Ce dernier a réfuté point par point, toutes les rumeurs colportées au sujet de leur déplacement d’Accra.

Pour Patrick Lawson, chaque parti qui est créé doit  nécessairement avoir une ambition. Mais, a-t-il ajouté, pas à n’importe quel prix. Selon lui, ce qui se passe aujourd’hui ne peut pas se résumer en la bataille pour le poste de la primature. L’essentiel est là. Il faut d’abord lever certains obstacles et autres préalables susceptibles de freiner l’élan du processus démocratique au Togo. La primature ne viendra qu’en appoint. Ceux qui se pressent pour la primature n’ont qu’à garder leur patience. Mais pour l’UFC, en ce qui la concerne, c’est les obstacles à lever. Le moment viendra où on parlera  aussi de la primature a martelé le 3e  vice-président de l’UFC qui rassure ceux qui s’affolent.

Il a catégoriquement démenti l’information relative au fait que l’UFC se soit rendue à Accra avec le RPT. Sur ce point précis, il a fait savoir que c’est à son retour d’Accra que les militants du parti sont venus lui rapporter l’information. Et c’est avec grand étonnement qu’il apprit cette fausse information.

Patrick Lawson parle de sa rencontre avec Gilchrist à Accra le week-end dernier

            « C’est exact. Nous étions à Accra le week-end passé pour une journée où certains ont fait l’aller-retour, où d’autres sont revenus le lendemain. Ont fait le déplacement d’Accra entre autres, des membres du bureau, Jean Pierre Fabre, Amah Gnassingbé et Patrick Lawson.

            L’objet de notre déplacement était de profiter d’un déplacement d’ordre professionnel qui a conduit notre président national Gilchrist Olympio de Paris à Accra, pour faire le point de la situation.

            Après avoir fait le constat des difficultés que rencontre actuellement le dialogue, nous avons tenté d’esquisser des solutions parmi lesquelles :

1- Mieux informer la communauté internationale sur les raisons d’enlisement du dialogue

2- Susciter auprès des autres parties au dialogue l’appréciation de la justesse de recourir dans les circonstances actuelles à un médiateur impartial susceptible de nous aider à sortir de cette crise et à être notre avocat auprès des bailleurs de fonds une fois le dialogue terminé.

3- Pour ce faire, nous sommes parvenus à constater que la méthode utilisée jusqu’alors par le Bureau et qui consiste à demander à chaque délégation si elle a évolué dans ses positions antérieures n’est pas efficace. Car, pour faire des concessions, un interlocuteur doit savoir ce que son vis-à-vis c’est-à-dire son adversaire est prêt à lui concéder. Et dans le cas d’espèce, cela est d’autant plus nécessaire qu’il s’agit de l’avenir de tout un peuple où il est interdit d’aller brader des positions juste pour éviter d’être traité d’intransigeant. Ainsi donc, dès que nous aurions l’occasion, l’UFC proposera que le bureau du dialogue suscite des échanges bilatéraux entre les protagonistes.

            Mais d’ores et déjà, notre bureau national nous a donné mandat de commencer à prendre contact avec un certain nombre de formations politiques et d’associations de la société civile dans le but de faire la promotion de cette idée novatrice qui, bien que n’étant pas une panacée, pourrait aider également le dialogue dans une certaine mesure pour avancer.

            C’est vous dire que, quand le moment viendra, ces contacts se feront en toute transparence et les résultats seront soumis à l’appréciation de l’ensemble du dialogue.

            En fait, ce que recherche l’UFC, c’est l’heureux aboutissement de ce dialogue.

            Des ambitions politiques pour notre parti l’UFC ? Nous en avons certes tout comme les autres formations politiques d’ailleurs. Mais, la toute première ambition que doit nourrir tout patriote aujourd’hui, est celle qui concerne exclusivement les intérêts de nos populations : des conclusions consensuelles d’un dialogue réussi parce que susceptible de baliser la voie de sortie de crise pour un mieux-être de nos populations.

            Pour les autres ambitions, taisons-les pour le moment pour être plus lucide dans la défense de la première.

            L’UFC, pour sa part, fait le vœu que ces ambitions secondaires ne se réaliseront jamais contre ses partenaires politiques. C’est pourquoi l’UFC souhaite qu’il en soit également ainsi chez ses derniers. Le reste, pour l’heure, n’est que supputation, arrière-pensée et procès d’intention».

Commentaire

            Depuis un certain temps, la désignation probable d’un éventuel nouveau locataire de la primature devient l’un des sujets de préoccupation de beaucoup de Togolais alors que le dialogue n’est même pas encore à son terme. A ce sujet, le moindre geste de tel ou tel leader de l’opposition (CAR, UFC, CDPA) est interprété comme un lobbying envers Faure Gnassingbé. Et au lieu que les leaders eux-mêmes taisent leurs divergences pour ramener le bas peuple à la raison, ils profitent au contraire des coups bas et tirent parti de la délation de leurs militants en mission commandée. Quel intérêt ont les leaders politiques à se livrer à ce jeu quand on sait qu’un Premier ministre venant du CAR, de l’UFC ou de la CDPA rassure plus qu’un Premier venant de la CPP ou du PDR qui ont déjà fait leur preuve ?

            Vivement, les uns et les autres doivent désormais taire leur ambition démesurée et faire face à l’essentiel qui est un consensus pour le projet d’accord global pour le dialogue en cours.

Amouzouvi

 

 

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