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30  juin 2006

Le Changement
[N° 29: du 29 juin 2006]

Les non dits d’une inauguration  : Beaucoup de bruits pour de vieilles grues
 
 

Lorsque, à propos du contentieux Groupe Bolloré / Jacques Dupuydauby, un observateur de la scène politique togolaise déclarait que cette affaire est purement affective et que le Président de la République togolaise ne peut pas, du coup, lâcher Dupuydauby, ami personnel de son père feu Président Eyadema, les journalistes présents à ce toast offert par l’Ambassade de France ne voulaient rien comprendre.

            Mais, aujourd’hui, les faits commencent à donner raison à cet observateur lorsque, à la surprise générale, nous avons vu, Faure Gnassingbé, le gouvernement dans son ensemble et toutes les autorités politiques à l’occasion de la cérémonie d’inauguration des grues mobiles au Port Autonome de Lomé le 22 juin dernier.

            Au journal « Le Changement », nous sommes de ceux qui, dès les premières heures, avaient compris que M. Jacques Dupuydauby est un grand manipulateur et qu’il est le symbole de l’homme qui se sert toujours de l’opinion et surtout des autorités pour amuser la galerie. C’est pourquoi, pour nous, la présence de Faure Gnassingbé à la cérémonie d’inauguration de ces grues n’est plus un événement. On s’y attendait. Disons plutôt que c’est le contraire c’est-à-dire l’absence des différentes autorités togolaises qui nous étonnerait.

            S’il est vrai que beaucoup avaient critiqué la présence du Président Faure à cette cérémonie, il faut aussi reconnaître que l’actuel Président, Faure Gnassingbé, veut tout simplement honorer la mémoire de son père feu Président Eyadema qui, selon les propos de Jacques Dupuydauby, l’avait soutenu et lui avait donné toutes les garanties pour « usurper » les actions de son employeur, le Groupe Bolloré.

            Sur le plan juridique, Dupuydauby n’a aucune raison, puisque lui-même a reconnu dans un document de service de communication, intitulé « l’historique et les points clefs du conflit Progosa/Bolloré » que le Groupe Bolloré est financièrement à l’origine des activités de Progosa Investment (Progrosa Espagne) et que le Groupe est bien le propriétaire de Progosa Espagne (actionnaire unique de PII Espagne, actionnaire majoritaire de SE2M et SE3M). Il a reconnu en outre qu’il a été rémunéré par le Groupe Bolloré dans le cadre d’un contrat avec le Groupe. On parle de 240 millions de FCFA par an hors frais. Bref, Jacques Dupuydauby reconnaît que SE2M et SE3M sont créées avec les capitaux du Groupe Bolloré.

            Sur le plan politique, Faure Gnassingbé qui a besoin des investisseurs pour relancer l’économie de notre pays ne peut pas décliner cette invitation au motif qu’il y a un litige qui oppose Dupuydauby au Groupe Bolloré. Nous savons que cette affaire est devenue pour l’actuel chef de l’Etat, une arête dans la gorge. Est-ce une raison suffisante pour refuser d’y aller. La question reste posée. Pour certains observateurs, en attendant que ce problème soit tranché par les tribunaux, Faure Gnassingbé a l’obligation de résultat : faire en sorte que le Port Autonome de Lomé se développe et accueille tous les investisseurs de bonne foi.

            Et c’est là que se pose un autre problème. En effet, selon plusieurs observateurs, Jacques Dupuydauby se serait une fois encore moqué des Togolais car les grues pompeusement inaugurées ne sont que  de vieilles machines de seconde main, à qui on a essayé de refaire une toilette et de rechemiser. Vrai ou faux ? Les jours à venir nous éclairerons. Pour l’heure, sur le plan purement technique, les deux géants d’aciers qui dominent les quais au Port de Lomé posent un certain nombre de problèmes comme le révèle cet article de notre confrère « Le Combat du Peuple » (N° 554 du 16 juin 2006)

 
Port Autonome de Lomé : Une conspiration contre le DG de DEC-TOGO

Depuis un certain temps, la société DEc-Togo, spécialisée dans la délivrance d’un document de transport dénommé visa-contrôle est au centre de toutes les controverses malgré ses bonnes prestations : coups bas, délations, propos calomnieux, injures et attaques contre le Directeur général, M. MAOUIGNON Soudéwou, on en voit de toutes les couleurs.

            Au centre de toutes les intrigues, la propension de certains transitaires véreux et hommes d’affaires sans scrupules désireux de faire du port Autonome de Lomé leur vache à lait. Pour ceux-ci, il faut abattre MAOUIGNON pour se faire une virginité.

Qu’en est-il exactement ?

Pour connaître véritablement de cette affaire, il convient de remonter à l’origine de la création de la société DEC-Togo.

En effet, spécialisée dans la délivrance du visa-contrôle institué par la République du Niger, la société DEC a son siège domicilié dans l’enceinte du Port Autonome de Lomé. Et c’est vu l’inapplicabilité d’un arrêté ministériel du Niger dans notre pays dont le port dessert les pays enclavés que DEC-Togo a été diligentée pour l’application de l’arrêté ministériel. C’est également à cause des impayés de charges locatives à devoir à la direction générale du Port Autonome de Lomé et pour minimiser les coûts afférents que DEC-Togo a déménagé de la direction générale du Port de Lomé au parc de vente voiture dénommé Société Africaine de Commerce et de Représentation (SAFCOR-Togo).

Les travaux ayant démarré, il fallait passer par tous les moyens pour faire appliquer les arrêtés ministériels vu les clauses de l’OHADA qui lient les pays de la sous-région. L’application de ces arrêtés ministériels n’a pas été facile vu les contestations qui fusaient de partout :

1) Les premiers contestataires ont été les Nigériens importateurs de véhicules 

2) Les seconds, c’est les déclarants en douane en l’occurrence le Collectif des Syndicats des transitaires informels.

            DEC-TOGO a alors adressé un courrier à un organe arbitral, la Direction Générale du Port Autonome de Lomé pour porter, dans les détails, l’affaire à sa connaissance. Les échanges de correspondances ont finalement abouti à un consensus grâce à DEC-TOGO qui œuvre pour une bonne image du Port de Lomé.

En définitive, de négociation en négociation, la chose est devenue faisable c’est-à-dire que le Niger a dû envoyer un autre arrêté ministériel reconfirmant l’existence du visa-contrôle.

Après l’autorisation redonnée par le Port Autonome de Lomé d’appliquer les arrêtés ministériels antérieurs qui ne sont pas des tous caducs, des démarches ont été faites par DEC-TOGO entre le Togo et le Bénin pour l’application de ce nouvel arrêté. Et c’est suite à cela que, derrière le responsable de DEC-TOGO, M. MAOUIGNON et lors de ses déplacements entre COTONOU et Lomé, des personnes qu’il ne connaissait pas sont passées pour procéder à un déménagement musclé des immobilisations de DEC-TOGO qu’ils ont installées dans l’enceinte du Conseil Nigérien des Utilisateurs du Transport Public (CNUT) conformément à l’arrêté et ordonnance arrivés du Niger.

De retour de Cotonou, le responsable de DEC-TOGO ayant constaté les faits, a fait diligence sur CNUT pour se rendre à l’évidence : On constate que tout le matériel de DEC-TOGO était en place au CNUT. Bref, on ne sait pas par quelle baguette magique DEC-TOGO est devenu ATB.

C’est dans ces conditions que le responsable de DEC-TOGO a reçu les contestations de ses collaborateurs.

Les différents courriers ont été transmis à qui de droit à Cotonou par le biais de ATB. Lomé qui a son guichet unique implanté dans l’enceinte du CNUT.

Suite aux pétitions à l’excès des collaborateurs revendicateurs, le ministre de la Sécurité le Col Laokpessi a adressé une convocation au responsable incriminé de DEC-TOGO qui a répondu présent. 

Là, une solution à l’amiable a été trouvée. Il aurait été entendu que ATB doit dédommager les contestataires.

Il faut aussi rappeler que, contrairement aux rumeurs qui ont circulé, aucun haut dignitaire de l’Assemblée nationale n’est mêlé à cette affaire.

Au contraire. Elles auraient plutôt contribué à un heureux aboutissement de l’application des arrêtés ministériels émanant de la République du Niger et à l’aboutissement heureux des revendications des contestataires.

Affaire à suivre…

La Rédaction

 

 

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