Courant semaine du 15 au 19 Mai 2006, l’affaire des
prisonniers politiques du Togo a connu un
rebondissement avec l’arrivée d’une délégation du
Comité International de la Croix Rouge
Internationale (CICR), venue de Genève, qui a
sillonné certaines prisons du Togo afin de constater
de visu ce qui se passe.
Outre Aného et certaines villes de l’intérieur, le
CICR a rendu visite aux prisonniers de Lomé où les
membres de la délégation auraient interrogé les
détenus politiques incarcérés depuis juillet 2005 à
savoir : l’Adjudant Kpakpo, les Sergents Folly et
Akakpo, le Caporal-chef Amétékpé, M. da Silveira
Hermès Woamédé (leader de l’Alliance des Patriotes
pour l’Unité et l’Action- APUA-), Mr Tudzi Kossi
représentant de l’Union des Forces de Changement (UFC)
à Koussoutou (Kpalimé). On se rappelle que tous
avaient été accusés de « tentative de coup d’Etat
contre Faure Gnassingbé ».
Le second groupe qui aurait été
également interrogé par la délégation du CICR est
composé de : Azonlédji Kossi Djomo, Abbey Anaté
André, Akoumey Koffi Adodo… Tous militants de l’UFC.
Ils sont accusés d’avoir plastiqué le bureau de
poste de Tokoin Habitat à côté du CHU Tokoin.
Un troisième groupe aurait été également
interrogé, c’est celui de M. Gaspard, ce réfugié qui
est revenu au bercail et qui a été arrêté et jeté en
prison.
D’après nos informations, la délégation
du CICR a recueilli toutes les informations depuis
leur arrestation, les traitements inhumains
dégradants subis, la durée de détention et les
traitements que les autorités togolaises et la
justice réservent à ce dossier.
Contrairement aux allégations du
gouvernement qui soutient qu’il n’y a plus de
prisonnier politique au Togo, la délégation du CICR
en a rencontré.
Le CICR ayant l’obligation de réserve
produira un rapport confidentiel qui sera remis aux
autorités de notre pays.
Pour notre part, nous ne voulons pas
rentrer dans des polémiques inutiles. Mais ce qu’il
faut cependant noter, c’est que ce problème devrait,
à notre avis, être depuis longtemps réglé dès lors
que les autorités togolaises ne sont pas parvenues à
fournir les preuves de la culpabilité des prévenus.
Tous les jours sur nos écrans, la police
ou la gendarmerie nous a souvent montré des voleurs,
des auteurs de braquages et autres criminels. La
presse est souvent conviée à cet effet.
Si vraiment les personnes précitées
sont des auteurs de tentative de coup d’Etat,
pourquoi nos autorités refusent-elles de les montrer
à la presse avec les preuves ? Pourquoi depuis leur
arrestation, les autorités togolaises n’en parlent
pas officiellement ? Pourquoi arrêtés depuis juillet
2005, ce n’est qu’en décembre 2005 qu’on les
défère ? Qu’a-t-on fait d’eux dans cet intervalle de
temps ?
D’après nos informations, Monseigneur
Fanoko Philippe Kpodzro, archevêque de Lomé serait
également cité dans ce dossier. Si cette information
est vraie, pourquoi ne l’a-t-on pas arrêté au même
titre que les autres ?
Autant de questions auxquelles nous ne
serions répondre.
Ce qu’il convient de faire, c’est que,
si après près d’un an de détention aucune preuve
n’est établie, les autorités togolaises feraient
mieux de les relâcher purement et simplement. Au cas
contraire, qu’ils soient jugés afin que chacun
connaisse son sort.
Au « Changement », nous ne sommes
pas de ceux qui encouragent les coups d’Etat. De
même nous ne sommes pas de ceux qui encouragent les
détentions arbitraires et les traitements inhumains
et dégradants. La manière dont ce dossier est géré
est malsaine. Il faut donc une fois pour de bon en
finir avec le dossier des prisonniers politiques.
Faure Gnassingbé doit prendre ses responsabilités.
Amouzouvi