A quelques semaines du démarrage de la phase finale
de la coupe du monde, édition 2006 en Allemagne à
laquelle prennent part les Eperviers, du Togo notre
équipe nationale se trouve confrontée à un problème
de primes qui l’oppose aux officiels de la
Fédération Togolaise de Football.
D’après des sources bien informées, les poulains
d’Otto Pfister avaient, depuis le 24 avril 2006,
clairement annoncé les couleurs : près de 102
millions de F CFA par joueur pour prime de
participation, 20 millions de FCFA en cas de
victoire et 10 millions en cas de match nul.
Les mêmes sources indiquent que la Fédération
Togolaise de Football qui n’entendait pas les
choses de cette oreille avait envoyé à Wangen une
mission composée du conseiller principal du
président de la Fédération, M. Kossivi Reinhardt et
du trésorier adjoint, M. Pania Gagnon.
Les émissaires de Rock Gnassingbé avaient pour
mission, de discuter avec les Eperviers dans le sens
d’obtenir une révision à la baisse du montant des
primes. Manifestement, la FTF ne verrait pas d’un
mauvais œil la barre descendre en deçà de la moitié
des exigences des joueurs. Mais le porte-parole des
Eperviers Nibombé Daré qui n’est pas homme à faire
quartier affaires maintient la position de l’équipe
et rappelle qu’au 31 mai 2006 les débats seront clos
sur les primes de match. « On ne serait plus à
la disposition de l’entraîneur » a-t-il laissé
entendre avant de préciser tout de même que les
portes de négociations ne sont pas pour autant
fermées. En clair, si un accord n’est pas intervenu
au sujet des primes entre la Fédération et les
joueurs au plus tard hier, on peut ne plus compter
sur la participation de tout ou partie des Eperviers
à la phase finale de la coupe du monde.
Face à la gravité de la situation, le président Rock
de la Fédération a pris sur lui-même de se rendre en
Allemagne à la tête d’une délégation pour prendre
langue avec les Eperviers. La délégation a quitté
Lomé le lundi 29 mai dernier au soir.
Pour nous, il n’est pas question de nous prononcer
sur la cherté ou non du montant exigé par les
joueurs. Mais, il importe de savoir si, en empochant
les 102 millions comme prime de participation, on
peut avoir la garantie que les Eperviers feront
amende honorable au cours de la compétition ? Est-ce
le prix à payer pour éviter la réédition du naufrage
collectif de la CAN 2006 en Egypte ?
Ces préoccupations sont d’autant plus
importantes que les Togolais massivement mobilisés
pour soutenir les Eperviers ne supporteront plus de
voir leur équipe arborer un profil bas en Allemagne.
Il s’agira donc pour Abalo Dosseh et ses camarades,
de mettre tout en œuvre pour éviter quelle que soit
l’issue des concertations avec le président de la
Fédération, la honte à notre pays.
Quant à la Fédération, elle doit tenir
compte du travail abattu par les Eperviers pour
accéder à ce niveau élevé de la plus haute
compétition de football qui soit. C’est en
considération de tous ces facteurs qu’elle doit
fixer le montant des primes à proposer aux joueurs.
Elle doit également tenir compte de sa situation
financière actuelle qu’elle est seule à savoir dans
la réalité.
Puisque jusqu’aujourd’hui nous ne
faisons nos calculs qu’en termes des chiffres que la
Fédération a bien voulu communiquer comme rentrée de
fonds. Or aux lendemains de la double qualification
des Eperviers à la CAN/Mondial 2006, on a fait cas
d’une somme de 4 milliards environ qui devrait
tomber de la FIFA dans la caisse de la FTF. A ce
jour, personne ne sait si le magot a été entièrement
encaissé ou non par la Fédération Togolaise. Ce que
nous savons par contre, c’est l’information que la
Fédération a bien voulu porter à la connaissance des
Togolais portant sur une somme d’un milliard et
poussière de nos francs que la FIFA lui aurait
envoyée.
Notre souhait aujourd’hui est de voir la
Fédération et les joueurs parvenir à un accord sur
le problème des primes de match. Aux uns et autres
de faire preuve de patriotisme pour éviter que le
Togo fasse de la figuration en Allemagne. Nous en
faisons une question d’honneur. Le président Rock
Gnassingbé doit s’impliquer à fond pour cela.
JNT