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La semaine dernière cette sanction, sous la pression du
public, a été finalement levée. Beaucoup d’observateurs
avaient noté la réticence avec laquelle l’homme de
Masséda avait levé cette sanction. Visiblement, il
l’avait fait à contre cœur ; tant les démarches que les
uns et les autres ont faites pour aboutir à ce résultat
sont la preuve que le nouveau Président de la Fédération
n’avait pas la volonté de revenir sur sa décision.
Conséquence : malgré cette levée, les trois joueurs,
très solidaires, boudent les entraînements dans le cadre
des préparatifs du match du dimanche prochain entre le
Togo et la Sierra Leone comptant pour la 4e journée
des éliminatoires de la Coupe d’Afrique Ghana 2008. Bien
que la majorité des joueurs soient en vacances à Lomé,
ils n’ont pas encore participé aux entraînements entamés
avec les joueurs locaux depuis lundi dernier au stade de
Kégué.
Certains joueurs professionnels bien qu’ils
ne soient pas sanctionnés ont, par solidarité, à leurs
camarades, refusé de participer aux entraînements.
Mais au-delà de cet esprit de solidarité, la
vraie raison qui fait que nos professionnels ont boudé
les entraînements est le fait que le Président de la
Fédération, Tata Avlessi n’aurait pas saisi en bonne et
due forme les clubs de ces joueurs.
Emmanuel Adébayor dans une interview
accordée à RFI et reprise par certains médias nationaux,
s’est expliqué sur les raisons de son absence. En effet,
il a déclaré qu’il a entendu comme tout le monde la
levée de cette sanction. « … J’ai entendu comme tous.
J’ai lu sur internet comme quoi, ils ont levé la
sanction. Mais comme je n’ai pas une lettre qui me
prouve qu’ils ont levé la sanction, je ne peux pas
jouer. Ça fait une semaine que je suis à Lomé mais je
n’ai eu qui que ce soit au téléphone. Ni le Président,
ni le vice, ni le secrétaire, ni le trésorier… »,
a-t-il martelé.
Faux, rétorquent les proches de Tata qui
affirment avoir fait les démarches en direction
d’Emmanuel Adébayor qui les aurait refoulés à son
domicile à Lomé.
De son côté, le sélectionneur national, le
Nigérian Stephen Keshi a confié avoir discuté avec les
joueurs après la levée des sanctions. « Toute
l’après-midi de samedi, j’étais avec Daré, Shéyi lui
était au Ghana. Bien avant, il est venu chez moi et on a
discuté entre entraîneur et capitaine. L’essentiel a été
fait, c’est-à-dire la levée de la sanction. Maintenant,
tout dépend des joueurs. S’ils veulent venir jouer pour
leurs pays, c’est à eux de décider. Moi, je respecterai
leur décision », a souligné Keshi.
Ces déclarations les uns aux antipodes des
autres suscitent pour notre part plusieurs
interrogations:
1- On sait qu’à la suite de cette sanction
prise à l’encontre de ces joueurs, ceux-ci avaient subi,
dans les clubs auxquels ils évoluent, des préjudices
moraux et même financiers. Pour Adébayor par exemple,
cette sanction lui aurait coûté 25 millions au sein de
son club.
2- Copies des sanctions avaient été envoyées
aux joueurs et à leurs clubs respectifs à l’étranger
lorsque Tata a pris la sanction.
Que fait la Fédération et son Président en
direction de ces clubs pour calmer les esprits ?
3- Nous apprenons que les joueurs et les
différents clubs dans lesquels ils évoluent sont tous en
congé .Quand on sait qu’administrativement, il y a des
démarches à suivre avant que ces joueurs ne rejoignent
leur équipe nationale, on se demande si Tata Avlessi,
après avoir levé la sanction, a respecté effectivement
ces démarches.
Le respect du parallélisme des formes
s’impose sur le plan administratif et voudrait que si
Tata Avlessi a signifié la sanction aux trois joueurs et
à leurs clubs, il doit également respecter la même
démarche lorsqu’il a pris la décision de lever la
sanction. En clair, à travers une note, tous ceux qui
ont été saisis ou informés officiellement de la sanction
doivent l’être également au moment où il lève cette
sanction. Ne pas le faire signifierait une
méconnaissance notoire des règles administratives
élémentaires en matière de football auquel il pense
mieux diriger.
A tort, nous avions pensé que l’homme
pouvait mieux réorganiser notre football. Mais à
l’allure où vont les choses, on finira par donner raison
à ceux qui pensent que nous avions vendu le voleur pour
acheter le sorcier en remplaçant Rock Gnassingbé par
Tata Avlessi.
Aujourd’hui, avec Tata, les choses vont de
mal en pis et c’est toujours l’image de notre pays qui
est ternie. D’ores et déjà, beaucoup d’observateurs
pensent que Tata Avlessi gère mal, très mal la
Fédération Togolaise de Football.
Le manque d’expérience en matière de la
gestion de football, le manque de sagesse pour diriger
un groupe associatif, l’immaturité
politico-administrative, … et le manque d’humilité du
nouveau Président a aujourd’hui pour conséquence cette
défaillance que nous observons dans notre fédération.
Pour rehausser l’éclat de notre sport roi,
Tata Avlessi doit changer de comportement. C’est à ce
seul prix qu’il peut réussir là où son prédécesseur a
échoué.
AMOUZOUVI |