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Le Changement

1er juin 2007

[N° 75 : du 31 mai  2007]
Dilapidation des deniers publics au sommet de l’Etat : Un très proche collaborateur de Faure Gnassingbé verse près de 15 000 000 F CFA pour une dot

Des informations persistantes et concordantes mettent en cause un collaborateur très écouté du président Faure Gnassingbé d’avoir, il y a moins d’un mois, doté une jeune femme d’origine étrangère d’une somme de près de 15 millions de nos francs.

Les mêmes sources indiquent qu’en plus de cette somme faramineuse, la belle enturbannée bénéficierait  d’une somptueuse villa et d’un véhicule digne de la classe de l’époux. Des proches de la famille de ce débonnaire  s’en plaignent parce que, vivant à côté dans la misère pendant que leur frère couvre les «femelles» de privilèges substantiels.

Dans un pays arabe où les pétrodollars sont brassés par milliards à tour de bras et à tout bout de champs par des émirs et autres dignitaires qui courent les rues, la chose passerait pour un non événement puisque c’est très courant de voir des soupirants offrir dix à quinze fois plus d’argent et de biens matériels afin de pouvoir jouir toute une vie des charmes d’une âme sœur.

Mais au Togo où nous ployons sous le poids splendide d’une misère indicible, le fait est inadmissible pour plusieurs raisons :

- d’abord un simple fonctionnaire qui a rang de ministre et qui se permet de débourser 15 millions de francs CFA pour doter une femme à laquelle il offre deux somptueuses villas à Lomé donne la preuve qu’au sommet de l’Etat la dilapidation des fonds et la mal gouvernance sont la règle et le respect de la chose publique l’exception. Surtout qu’il est donné de constater que ce monsieur a été nommé il y n’y a pas longtemps même si  sous d’autres cieux, il a traîné sa bosse dans les méandres de la diplomatie togolaise en d’autre temps.

- ensuite tout porte à croire que l’image que donne les autorités de l’économie togolaise est fausse. Autrement, comment un collaborateur du chef de l’Etat peut il s’offrir un tel luxe dans une économie délabrée qui est le cas de notre pays ? Aujourd’hui, le gouvernement togolais compte une trentaine de membres. Que se passerait-il si tous se mettaient à jeter de la sorte, l’argent du contribuable par la fenêtre ?

- enfin le gouvernement n’a de cesse de crier que les caisses de l’Etat sont vides lorsqu’il s’agit de prendre des engagements qui puissent profiter dans une large mesure aux togolais. Mais à côté, certains collaborateurs du chef de l’Etat font étalage de leur fortune que ne saurait procurer légalement leur maigre traitement mensuel. C’est scandaleux. Au Togo, nous savons combien gagne un ministre, nous avons une idée de ses indemnités et autres avantages liés à ses fonctions.

Le président Faure doit prendre la mesure de la misère qui frappe les togolais pour emmener ses collaborateurs à faire preuve de décence. Plus que jamais il devient nécessaire qu’avant d’occuper certains postes dans l’administration ou dans le gouvernement, on déclare ses biens. 15 000 000 de F CFA pour une dote au Togo ? Il faut être un très proche collaborateur de Faure pour le faire.

Au temps du feu Président Eyadema, même ceux qui avaient maladroitement brassé des milliards ne se faisaient pas voir comme c’est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, avec Faure, certains de ses collaborateurs se comportent comme s’ils n’ont de compte à rendre à personne. On remarque un laisser-aller autour de lui comme des souris qui « s’amusent » et courent dans tous les sens en l’absence du chat.

Le Président Faure doit mettre de l’ordre dans sa cour. Quel que soit son âge, il demeure le Président de tous les Togolais. Cette situation lamentable qu’on relève à la Présidence de la République finira par donner raison à ceux qui pensent que le Président s’est trop entouré de ses frères ethniques et amis de la même génération et de la même promotion que lui.

Dans notre prochaine livraison, nous nous ferons le devoir de faire une autopsie des cas avérés de ses jeunes gens, qui, au nom du « mindèfrèrisme », sont à la tête des grandes sociétés et foutent le bordel sans être inquiétés.

AMOUZOUVI

 

Elections législatives : Potopéré lui-même relève les difficultés
L’UFC parle des manquements techniques avérés
La nouvelle date des élections législatives fixée au 05 août 2007 continue de défrayer la chronique. En effet, alors que la CENI (l’institution chargée d’organiser et de superviser les consultations électorales et référendaires en liaison avec le ministère de l’intérieur) continue à rassurer la population sur la tenue de cette échéance à la nouvelle date, des observateurs les plus avisés continuent d’exprimer leur inquiétude.

Pour ces derniers, rien ne presse ; il faut prendre tout le temps nécessaire pour bien préparer cette élection pour qu’elle soit véritablement transparente, démocratique, libre et équitable et qu’elle ne débouche pas sur des violences.

            On se rappelle en effet que c’est à la sortie de l’audience que le Chef de l’Etat français Jacques Chirac lui avait accordée que le président Faure, visiblement acculé, avait annoncé la tenue des  élections législatives en juin 2007. Le bureau provisoire de la CENI alors même qu’il n’était pas investi de pouvoir avait retenu la date du 24 juin 2007. Certains partis politiques avaient en leur temps dénoncé cette sortie médiatique du président et relevé l’impossibilité qu’il y a de tenir des élections libres, transparentes à la date du 24 juin.

            Aujourd’hui, ces partis politiques à l’instar de l’UFC constatent également que la date du 05 août 2007 ne correspond pas d’avancement des travaux.

            Me Isabelle Améganvi, Secrétaire Générale Adjointe de l’UFC a relevé le dimanche au cours de l’émission « Plateau de la Semaine » certains manquements. Selon elle :

1.   Les kits sont là mais les informations de plus en plus persistantes font état de ce que certains sont en mauvais état.

2.   Que les kits sont en nombre insuffisants, par rapport au nombre de bureaux de vote

3.   Tout dernièrement, il y avait aurait eu des vols de batteries. On n’était en fin mai lorsque tout cela se passe.

4.   Jusqu’à présent, il n’est rendu public que le chronogramme du recensement électoral en lieu et place du chronogramme général.

            Ce chronogramme de recensement électoral rendu public par la CENI, prévoit le démarrage des opérations de recensement le 08 juin 2007.

            Or a-t-elle relevé, il est reconnu que le matériel informatique qui est nécessaire pour ce recensement a été commandé par les Nations Unis le 15 mai avec un délai de  livraison d’un mois. Ce qui nous amène, à dire à travers un simple calcul que ce matériel n’arriverait dans notre pays que le 15 juin. A l’arrivée de ce matériel le 15 juin, on aura besoin de quelques jours pour le dispatcher dans les préfectures et dans toutes les Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI). Ça prendra au moins 5 jours. Ce qui nous amènera probablement au 20 juin 2007. Compte tenu de tous ces paramètres, la question reste de savoir si le recensement pourrait véritablement commencer le 08 juin et si ces opérations peuvent se tenir dans les délais surtout quand on sait que les kits ne peuvent être dispatchés sur toute l’étendue du territoire national que le 20 juin.

            Des éléments qui font dire à l’UFC qu’elle reste un peu perplexe devant la nouvelle date et que, toute proportion gardée, il y aura encore un report.

            Il faut rappeler qu’en présentant, le 14 mai dernier à Ouagadougou, à la sixième session du Comité de Suivi de l’Accord Politique Global, le chronogramme des opérations électorales, le Président de cette institution, Potopéré Tozim a relevé des contraintes techniques, logistiques, financières et humaines pour la bonne exécution du processus électoral. Le Comité de Suivi avait à cet effet,  invité le Gouvernement et ses partenaires à mettre à la disposition de la CENI, sans délai, ces moyens nécessaires au respect du chronogramme.

            Au vu des manquements relevés par l’UFC ajoutés aux difficultés auxquelles la CENI elle-même est confrontée, la question reste de savoir si ces élections peuvent avoir lieu le 05 août comme la CENI le prévoit.

            Dans tous les cas, tout le monde attend de voir la suite. Ce qui sera cependant malheureux pour cette institution qui se veut crédible aux yeux de plusieurs observateurs, c’est qu’elle aille malheureusement de report en report. C’est vrai que pour la première fois, les Togolais attendent de cette institution composée des membres de l’opposition et du pouvoir, une élection crédible. Mais ce n’est pas une raison nécessaire pour qu’on le fasse de manière bâclée dans la précipitation. La fin du mandat de l’actuelle assemblée nationale étant prévue fin octobre, on a encore du temps pour bien faire dans le délai cette élection.

AMOUZOUVI

 
Le bras de fer continue entre Tata Avlessi et les joueurs : Joueront ou joueront pas? Les dernières précisions d’Adebayor Sheyi 

La sanction prise dans la précipitation et sans aucun calcul préalable par le nouveau Président de la Fédération Togolaise de Football, Tata Avlessi, à l’encontre du capitaine des Eperviers Adébayor Shéyi et ses coéquipiers Nibombé Daré et Cougbadja Kader continue de défrayer la chronique.

La semaine dernière cette sanction, sous la pression du public, a été finalement levée. Beaucoup d’observateurs avaient noté la réticence avec laquelle l’homme de Masséda avait levé cette sanction. Visiblement, il l’avait fait à contre cœur ; tant les démarches que les uns et les autres ont faites pour aboutir à ce résultat sont la preuve que le nouveau Président de la Fédération n’avait pas la volonté de revenir sur sa décision. Conséquence : malgré cette levée, les trois joueurs, très solidaires, boudent les entraînements dans le cadre des préparatifs du match du dimanche prochain entre le Togo et la Sierra Leone comptant pour la 4e journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique Ghana 2008. Bien que la majorité des joueurs soient en vacances à Lomé, ils n’ont pas encore participé aux entraînements entamés avec les joueurs locaux depuis lundi dernier au stade de Kégué.

            Certains joueurs professionnels bien qu’ils ne soient pas sanctionnés ont, par solidarité, à leurs camarades, refusé de participer aux entraînements.

            Mais au-delà de cet esprit de solidarité, la vraie raison qui fait que nos professionnels ont boudé les entraînements est le fait que le Président de la Fédération, Tata Avlessi n’aurait pas saisi en bonne et due forme les clubs de ces joueurs.

            Emmanuel Adébayor dans une interview accordée à RFI et reprise par certains médias nationaux, s’est expliqué sur les raisons de son absence. En effet, il a déclaré qu’il a entendu comme tout le monde la levée de cette sanction. « … J’ai entendu comme tous. J’ai lu sur internet comme quoi, ils ont levé la sanction. Mais comme je n’ai pas une lettre qui me prouve qu’ils ont levé la sanction, je ne peux pas jouer. Ça fait une semaine que je suis à Lomé mais je n’ai eu qui que ce soit au téléphone. Ni le Président, ni le vice, ni le secrétaire, ni le trésorier… », a-t-il martelé.

            Faux, rétorquent les proches de Tata qui affirment avoir fait les démarches en direction d’Emmanuel Adébayor qui les aurait refoulés  à son domicile à Lomé.

            De son côté, le sélectionneur national, le Nigérian Stephen Keshi a confié avoir discuté avec les joueurs après la levée des sanctions. « Toute l’après-midi de samedi, j’étais avec Daré, Shéyi lui était au Ghana. Bien avant, il est venu chez moi et on a discuté entre entraîneur et capitaine. L’essentiel a été fait, c’est-à-dire la levée de la sanction. Maintenant, tout dépend des joueurs. S’ils veulent venir jouer pour leurs pays, c’est à eux de décider. Moi, je respecterai leur décision », a souligné Keshi.

            Ces déclarations les uns aux antipodes des autres suscitent pour notre part plusieurs interrogations:

            1- On sait qu’à la suite de cette sanction prise à l’encontre de ces joueurs, ceux-ci avaient subi, dans les clubs auxquels ils évoluent, des préjudices moraux et même financiers. Pour Adébayor par exemple, cette sanction lui aurait coûté 25 millions au sein de son club.

            2- Copies des sanctions avaient été envoyées aux joueurs et à leurs clubs respectifs à l’étranger lorsque Tata a pris la sanction.

            Que fait la Fédération et son Président en direction de ces clubs pour calmer les esprits ?

            3- Nous apprenons que les joueurs et les différents clubs dans lesquels ils évoluent sont tous en congé .Quand on sait qu’administrativement, il y a des démarches à  suivre avant que ces joueurs ne rejoignent leur équipe nationale, on se demande si Tata Avlessi, après avoir levé la sanction, a respecté effectivement ces démarches.

            Le respect du parallélisme des formes s’impose sur le plan administratif et voudrait que si Tata Avlessi a signifié la sanction aux trois joueurs et à leurs clubs, il doit également respecter la même démarche lorsqu’il a pris la décision de lever la sanction. En clair, à travers une note, tous ceux qui ont été saisis ou informés officiellement de la sanction doivent l’être également au moment où il lève cette sanction. Ne pas le faire signifierait une méconnaissance notoire des règles administratives élémentaires en matière de football auquel il pense mieux diriger.

            A tort, nous avions pensé que l’homme pouvait mieux réorganiser notre football. Mais à l’allure où vont les choses, on finira par donner raison à ceux qui pensent que nous avions vendu le voleur pour acheter  le sorcier en remplaçant Rock Gnassingbé par Tata Avlessi.

            Aujourd’hui, avec Tata, les choses vont de mal en pis et c’est toujours l’image de notre pays qui est ternie. D’ores et déjà, beaucoup d’observateurs pensent que Tata Avlessi gère mal, très mal la Fédération Togolaise de Football.

            Le manque d’expérience en matière de la gestion de football, le manque de sagesse pour diriger un groupe associatif, l’immaturité politico-administrative, … et le manque d’humilité du nouveau Président a aujourd’hui pour conséquence cette défaillance que nous observons dans notre fédération.

            Pour rehausser l’éclat de notre sport roi, Tata Avlessi doit changer de comportement. C’est à ce seul prix qu’il peut réussir là où son prédécesseur a échoué.

AMOUZOUVI

 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
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