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Après plusieurs mois d’interruption, le dialogue intertogolais a
redémarré à l’Hôtel Corinthia 2 Février à Lomé vendredi
dernier. Après l’ouverture solennelle des travaux par le
Premier Ministre Edem Kodjo, les partis au dialogue à
savoir le CAR,
la CPP, la CDPA, le PDR, le RPT, l’UFC appuyés par le GF2D et le REFAMP-Togo deux
organisations de la société civile, se sont retrouvées à
huis clos pour poursuivre les négociations. L’une des
premières épreuves de ce dialogue était la mise sur pied
du directoire du dialogue. Après des débats laborieux, un
bureau a été finalement mis en place. Le Président de ce
directoire choisi sur la base d’un consensus général est
Me Yawovi Agboyibo, Président national du CAR
(opposition). Il sera assisté dans son travail par Mme
Kissem Walla-Tchangaï, vice Présidente (Société civile)
et Gilbert Bawara, rapporteur (RPT/gouvernement).
Le fait que sept parties au dialogue sur neuf aient désigné le
leader du CAR pendant que les deux restants se soient
abstenus sans émettre de réserves formelles autorise à
parler d’un consensus.
Il est certes vrai que
la CDPA parle du rejet du mécanisme de vote, de même que
l’UFC. Mais ce qu’on peut tirer comme leçon, c’est que,
pour la première fois, les parties en présence ont, dans
l’intérêt du peuple, réussi à aplanir leur divergence.
Cet acte est à saluer.
Dans un communiqué daté du
24 avril 2006 et signé de son Premier Vice Président,
Me Gahoun Hegbor, le CAR se félicite que le dialogue
intertogolais ait finalement démarré avec la mise en
place d’un bureau pour diriger les travaux. Aux termes de
ce communiqué, le CAR « se réjouit du fait que les
délégations participantes ont choisi par consensus son
Président national, Me Yawovi Agboyibo pour présider ce
bureau ». Pour le CAR, cette marque de confiance
témoigne de la volonté des uns et des autres à apporter
leur plein soutien à la réussite de ce dialogue national
qui ne peut sortir le Togo de la grave crise qu’il
traverse qu’avec l’appui de l’ensemble des citoyens
togolais quel que soit l’association ou le parti
politique dans lequel ils militent et leur lieu de
résidence.
Il reste donc à souhaiter que les travaux de ce dialogue considéré
par certains comme celui de la dernière chance avancent
pour aboutir à des résultats susceptibles de conduire le
Togo à une sortie de crise.
Lundi dernier, les participants ont pendant quatre heures d’horloge
travaillé sur trois thèmes :
- Il s’agit du règlement intérieur devant régir les travaux,
- de la détermination de l’ordre du jour général,
- et du calendrier des travaux
Hier mardi, dans l’après-midi, ils étaient revenus sur ces points
qu’ils ont approfondis.
Au cours de ce dialogue, d’importantes questions seront abordées
notamment le retour des réfugiés, le cadre électoral,
l’armée, les autres forces de sécurité, le problème de
l’impunité, le financement des partis politiques, les
réformes institutionnelles, l’évaluation des 22
engagements, le règlement du contentieux électoral, la
mise en place d’un cadre de dialogue et de concertation
sur les sujets d’intérêt national, la mise en place d’un
mécanisme de suivi de la bonne application des décisions,
la formation d’un nouveau gouvernement etc. Selon Me
Agboyibo, il n’y aura pas de sujet tabou. (Voir le
communiqué du dialogue politique inter-togolais relatif
aux séances des 24 et
25 avril 2006) Il peut y avoir des divergences de vue le
long du dialogue. « Mais il nous revient ensuite de
faire en sorte qu’il y ait consensus », devait-il
conclure.
De l’avis de plusieurs observateurs, le dialogue tel
que conduit jusqu’à ce jour et avec l’Esprit d’ouverture
des uns et des autres laisse augurer d’un heureux
aboutissement. Mais en tant que Président du directoire
de ce dialogue. Me Agboyibo qui a une obligation de
résultat portera une responsabilité historique dans
l’issue qu’il connaîtra. Nous n’avons pas la prétention
de douter de la capacité de l’homme à conduire les
travaux d’une aussi grande portée et d’une délicatesse
aussi poussée. Me Agboyibo a fait ses preuves par le
passé. Dès les premières heures du processus
démocratiques dont il a participé à l’inauguration, il
était à l’avant-garde de la lutte. Il était l’un des
principaux protagonistes au temps de gloire de
l’opposition démocratique et avait joué les premiers
rôles dans le FOD, le FAR et tous les grands mouvements
qui avaient conduit à
la Conférence Nationale
Souveraine. Aujourd’hui, l’homme ne peut qu’avoir acquis
beaucoup plus d’expériences. On ne peut que lui souhaiter
bonne chance dans cette mission dont l’heureux
aboutissement sera la victoire de tous les Togolais.
Aujourd’hui, le problème togolais dépasse le cadre des
micros partis et se pose en terme d’intérêt national. Me
Agboyibo, son directoire et tout le dialogue méritent
d’être soutenus et accompagnés afin que pour une fois, le
Togo triomphe de la crise qui le mine et le ruine depuis
plus d’une décennie.
Laurent Zankli |