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La fin
du délestage n’est pas pour demain. C’est hélas, ce qu’on
peut retenir essentiellement de la conférence de presse
animée le lundi 24 janvier dans la salle de conférence
de
la
Compagnie Electrique du Bénin (CEB) par le Ministre des
Mines, Energie et Eau, M. Kokou S. Agbémadon, le
Directeur Général de la CEB M. Cyr Mpo Kouagou et le
Directeur Général de la CEET, M. Damipi Noupokou.
Cette
rencontre qui, d’après les organisateurs, avait pour
objectif, d’apporter des éclairages sur les perturbations
importantes relevées dans le système électrique au Togo
et au Bénin depuis quelques jours, a permis au parterre
de journalistes des médias publics et privés de
s’informer sur l’état des lieux, la situation actuelle du
système électrique, les perturbations, les mesures qui
s’imposent etc…
Au
niveau de l’état des lieux, le Ministre Agbémadon a
indiqué que le système d’approvisionnement qui nous
alimente en énergie électrique, est composé de réseaux
haute-tension reliant la Cote d’Ivoire, le Ghana, le Togo
et le Bénin. Il comporte des importations provenant de la
Compagnie Ivoirienne
de l’Electricité (CIE), de
la
Volta River Authority (VRA), de la société Béninoise de
l’Energie Electrique (SBEE) et de la Compagnie Energie
Electrique du Togo (CEET). Quant aux unités de
production, elles sont composées de centrales hydro
électriques importantes et d’unités thermiques alimentées
avec du gaz oil ou du pétrole Jet A1.
La CEB,
la VRA et la CIE sont liées entre elles par des contrats
d’importation de l’énergie électrique.
Pour ce
qui est de la situation actuelle du système électrique
d’après le ministre, la mauvaise hydrologie qui frappe
cette année les barrages de la Côte d’Ivoire (Kossou et
Taabo) a conduit à :
· une
diminution des capacités globales tant en puissance qu’en
énergie,
· une
vidange précoce des lacs de retenues d’eau de barrages,
· la
limitation intransigeante de la fourniture de la VRA à la
CEB qui s’est vue contrainte de vidanger précocement le
lac de Nangbéto pour suppléer le déficit. Conséquence :
la capacité actuelle de Nangbéto est quasi nulle alors
qu’en temps normal, c’est en début de saison des pluies
que cela devrait se produire, d’où des perturbations au
niveau de la distribution.
La
première série de perturbations des importations, à en
croire l’orateur, était due à des incidents survenus sur
la ligne de la VRA puis de la CIE.
La deuxième série celle de la semaine
dernière, devait-il- ajouter, était provoquée par la
limitation de la puissance et de l’énergie de la VRA par
la CIE qui a enregistré cette année, en dehors de la
mauvaise hydrologie, des pannes sur les groupes
thermiques et une demande intérieure plus élevée que
prévue. Voilà la raison pour laquelle la VRA s’est
retrouvée dans l’obligation de limiter à son tour,
l’approvisionnement de la CEB. Le pire c’est qu’aucun des
moyens de production interne du système CEB-CEET-SBEE
n’est aujourd’hui à même de compenser le déficit total
des importations dû à ces limitations. Pour normaliser la
situation des mesures rigoureuses s’imposent.
La
première envisagée est l’envoi au Ghana d’une mission des
Directeurs Généraux de
la CEB,
de
la CEET
et de la SBEE dans le sens de trouver des mesures
alternatives à la situation. Ensuite, des efforts sont
menés pour la remise en marche des installations de la
CTL. Enfin il est évoqué la mise en service à la fin de
l’année d’une interconnexion avec le Nigeria. Elle
permettra de sécuriser nos importations et de réduire
notre dépendance en diversifiant nos sources
d’approvisionnement et nos partenaires.
Dans le même registre, l’orateur a également
fait cas de l’arrivée prochaine du gaz par le biais du
GAZODUC de l’Afrique de l’Ouest devant offrir des
opportunités de production d’électricité à coût
intéressant et en qualité.
Les
interventions des Directeurs généraux de la CEB et de la
CEET ont été une illustration en détails techniques et en
chiffres de l’essentiel des explications fournies par le
ministre sur la question.
Commentaires
Il
apparaît au regard des explications fournies par les
responsables compétents, que le délestage que nous
déplorons tant, a de beaux jours devant lui. Nous en
voulons pour preuve les mesures envisagées pour pallier
la situation, qui n’ont rien de rassurant. Les abonnés à
la CEET doivent tirer toutes les conséquences de cette
fâcheuse situation en prenant toutes les dispositions de
protection des appareils électroménagers pour éviter des
dégâts éventuels que la CEET ne semble pas prête de
réparer.
Au cours de la conférence, à la question
posée de savoir pourquoi les abonnés n’étaient-ils pas
avertis préalablement et est ce que les responsables de
la CEET sont prêts à réparer les préjudices causés par
ces délestages, le ministre, les DG de la CEET et de la
CEB ont tout simplement choisi de ne pas y répondre.
La fin du délestage ne semble pas être pour
demain. Ce n’est pas en nous assurant (comme l’a fait le
ministre Agbémadon) que toutes les mesures seront prises
pour juguler au plus vite ces perturbations, que nous
serons convaincus du contraire. Les explications obtenues
sont assez claires sur le sujet.
Nous y reviendrons.
JNT |