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Le Changement

21 avril 2007

[N° 70 : du 19 avril 2007]
L’ancien ministre des finances et les 41 milliards d’emprunt obligataire : Le Ministre Payadowa Boukpessi est-il arrêté ?

La semaine dernière, beaucoup de bruits avaient couru  au sujet d’une éventuelle arrestation de l’ancien ministre Boukpessi limogé pour des raisons non encore élucidées. A-t-il été arrêté ? Où, quand et comment ? En tout cas, la rumeur a fait le tour du monde. Pour certains, il y a eu tentative d’arrestation. Pour d’autres, non.

Pour avoir la certitude, notre rédaction a contacté, par coup de fil, une source proche de la Présidence de la République qui a démenti l’information. Ce dernier qui nous a reçu avec un ton très courtois a déclaré que « Même si Boukpéssi doit être poursuivi pour ses dérives et malversations financières dans le gouvernement, cela n’a pas encore été le cas. Boukpessi est toujours libre. Il était, dans son village natal pour les funérailles de son père… »

Comment en est-on arrivé là ?

Depuis le limogeage du ministre des Finances, du Budget et des Privatisations, M. Payadowa Boukpessi le mercredi 14 mars 2007, aucune explication officielle n’est  encore donnée pour éclairer l’opinion jusqu’à présent. Ce silence coupable des Autorités togolaises donne libre cours à des spéculations sur les raisons qui sous-tendent cette décision.

            Interrogé sur le sujet au cours de sa dernière rencontre avec la presse, le Chef de gouvernement Me Yawovi Agboyibo a été très bref en déclarant : « Je dois vous avouer que j’ai été associé à cette décision. Le Chef de l’Etat m’a consulté. Mais je dois vous dire que, autant au moment de sa nomination je n’ai pas eu d’explication là-dessus, de même, pour son limogeage, je n’ai pas eu d’explication ».

            Au niveau de la Présidence de la République, c’est le silence radio. Personne ne veut en parler officiellement. Mais les spéculations vont bon train. En effet, on raconte que le Ministre Boukpessi qui a été pratiquement un Ministre de carrière avait profité des longues années passées aux affaires, pour tisser de solides relations personnelles avec certains réseaux mafieux d’investisseurs et serait impliqué dans des circuits de corruption. Pour protéger ses intérêts personnels, il aurait essayé de faire entrave à la chasse déclarée aux mauvais payeurs d’impôts.

            L’homme serait très orgueilleux, et très imbu de sa personne.

            Selon certaines indiscrétions, son zèle et son arrogance le poussent la plupart du temps à désobéir aux ordres de ses mentors. Il a été rapporté qu’il refuse des fois de débloquer des fonds de fonctionnement aux Ministres et même au Chef de gouvernement. Le ministre déchu qui se serait toujours comporté comme quelqu’un qui n’a de compte à rendre à personne aurait toujours été très réticent à opérer certaines réformes exigées par le FMI et la Banque mondiale. Payadowa Boukpessi est, bon gré mal gré, devenu un super ministre au détriment des autres qui rampent dès qu’il s’agit de décaisser un peu de fonds pour gérer les départements ministériels.

            Il serait par ailleurs accusé d’avoir «pillé» plus de 40 milliards de F CFA de l’emprunt obligataire.

            A ce sujet, on se rappelle que l’année dernière, l’Etat togolais, compte tenu de ses difficultés, avait lancé un emprunt obligataire pour la construction des routes, et autres infrastructures.

            D’après nos sources, cet appel a eu un écho favorable et l’Etat aurait rassemblé plusieurs dizaines de milliards de nos francs pour la réalisation de ce projets.

            D’après nos informations, ses fonds auraient été mal gérés, très mal gérés. Au centre de toutes les intrigues, le Ministre Payadowa Boukpessi qui, selon toujours les mêmes sources devraient être poursuivi pour détournement de deniers publics avec tous ces complices. « Cela doit rapidement se faire ou dans le cas contraire, un communiqué officiel de la Présidence de la République ou du gouvernement doit situer le contribuable togolais sur les  raisons qui ont motivé le limogeage de M. Boukpessi… » a indiqué notre source. « Car les fonds issus de cet appel public à l’épargne sur le marché financier de l’UEMOA devraient avoir pour finalité principale la relance de l’économie togolaise et la pose de bases durables de la politique du développement économique du Togo. Qu’un seul individu, avec ses complices bien sûrs passifs ou actifs, bousille tout, ne peut que révolter plus d’un et doit pousser l’Etat à agir pour obtenir réparation. Initialement lancé pour un montant de 30 milliards, l’emprunt obligataire  aurait recueilli 41 milliards de nos francs avec un taux d’inscription de 137% du montant initialement recherché grâce à la Société de Gestion et d’Intermédiation du Togo SGI-Togo. Le Togo était à la recherche de financement pour son programme d’investissement dans les infrastructures économiques, dans le domaine de la santé, de l’éducation  et du secteur agricole. Et c’est pour cela que le Patronat avait lancé un appel en direction des opérateurs économiques du Togo pour qu’ils s’engagent à soutenir l’Etat togolais. Ce qui fut fait avec un succès éclatant. Il est inadmissible que les objectifs ne soient pas atteints à cause de la cupidité de certains prédateurs économiques invétérés qui bénéficient d’une complicité passive ou active de l’Etat parce que, placés longtemps à ces postes, ils pensent qu’ils sont indéboulonnables et que tout est permis. Ils doivent rendre comte au peuple » a martelé notre interlocuteur.

            Mais au-delà de tout ce qui précède, beaucoup d’observateurs s’accordent à reconnaître que, même si le Chef de l’Etat a  bien fait de limoger l’ancien Ministre Boukpessi, beaucoup de choses restent encore à faire. Dans un Etat de droit qui se respecte, le peuple doit être bien éclairé de toute décision qui est ainsi prise. Mettre fin aux fonctions d’un ministre dans des conditions tel que cela s’est passé c’est une chose. Mais l’autre chose, c’est que la décision soit motivée et que l’opinion connaisse les raisons. Certes, ce que le Président Faure a fait n’est pas une innovation à la togolaise.  Partout au monde le Président de la République ou le Premier ministre avec le consentement du Président, peuvent mettre fin aux fonctions d’un ministre. Mais, qu’on se garde de motiver la décision, ce n’est pas normal. Le peuple doit savoir ce que le ministre a fait pour qu’à l’avenir, les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets avec son successeur.

            En gardant silence, Faure donne finalement raison à ceux qui pensent que l’acte qu’il a posé est plutôt une manœuvre pour tromper la vigilance du peuple et que contrairement à ce qu’on pense, au RPT, les loups ne se dévorent pas entre eux.

            Pour mettre fin à toutes sortes de spéculations, Faure doit parler. C’est aussi ça la bonne gouvernance.

LC

 
Secrets d’Alcôve : Lâchés par les dieux

Kouma jeta un coup d’œil à sa montre. Il était un peu moins de 16 heures. Il devait encore rouler pendant une heure de temps avant d’arriver au village où l’attendait un chargement de charbon et de maïs. Il rétrograda et relança le moteur. Le lourd camion hurla et prit de la vitesse. Kouma se détendit. L’air frais qui rentrait dans la cabine par la fenêtre lui fit du bien. Il sentit comme un bien-être lui traverser l’esprit lorsqu’il se rappela ce qu’il avait à faire ce soir-là. C’était toujours pour lui, un plaisir d’aller ramener à Lomé, les marchandises qu’achetait Da Pauli. Il aimait beaucoup ce travail à cause des intenses moments de plaisir qu’il lui offrait. Ce soir encore, comme toutes les fois qu’il rencontrait Da Pauli en brousse, il allait s’envoyer en l’air. Ce qui le plaisait le plus dans cette affaire, c’était le côté vicieux de la chose.

L’histoire, leur histoire a un début assez banal. Kouma connaissait Da Pauli depuis longtemps. Ils avaient vécu dans la même maison à Tokoin Gbadago. A l’époque, Da Pauli vendait quelques bricoles pour la cuisine au marché de Hanoukopé. Elle était mariée à un jeune enseignant avec qui elle avait emménagé dans une chambre en location. Quant à Kouma, il vivait chez son oncle maternel, un chauffeur qui était en même temps son patron car Kouma était en apprentissage. Avec son patron, il voyageait beaucoup et leurs voyages les conduisaient parfois en brousse pour charger du bois ou des marchandises diverses.

            Aujourd’hui, Kouma s’est affranchi. Il est devenu lui aussi patron. A la fin de son apprentissage, il a eu une chance formidable, car il n’a pas mis longtemps pour trouver un camion à conduire. Depuis, il faisait la même chose que son oncle. Il allait dans des coins reculés pour transporter sur Lomé, des marchandises qu’achetaient les bonnes femmes. Ces marchandises étaient pour la plupart du temps, des produits vivriers à savoir du maïs, du mil, des ignames etc. Parfois et cela dépendait des localités qu’il desservait, il transportait des fruits ou des planches.

            C’était un travail difficile car les routes ne sont pas toujours en bon état. Parfois, il lui fallait parcourir de longs kilomètres de pistes cahoteuses. Et lorsque venait la saison des pluies, c’était parfois un parcours du combattant. Mais cela passionnait beaucoup Kouma.

            Un jour, alors qu’il était allé au marché d’Anié, Kouma tomba sur Da Pauli. Depuis qu’il avait quitté la maison où il vivait avec son oncle, il n’avait plus revu la jeune dame. Ce fut la joie des retrouvailles. Très vite, ils nouèrent la conversation. Ils se rappelèrent du passé, puis revinrent au présent. Da Pauli aimait beaucoup bavarder. Elle fit comprendre à Kouma qu’elle ne vivait plus à Gbadago et qu’elle habitait maintenant quelque part vers Kégué. Elle lui dit aussi qu’elle avait abandonné son petit commerce pour s’occuper de l’achat et de la revente en gros des produits vivriers. A présent qu’elle savait que Kouma était aussi dans le secteur du transport, ils pouvaient travailler ensemble.

            Ce jour-là, c’était Kouma qui avait ramené à Lomé, les ignames et les sacs de maïs qu’avait achetés Da Pauli au marché d’Anié. Depuis lors, chaque fois qu’elle allait faire son marché, Da Pauli informait Kouma qui, par expérience, savait aussi lui-même, les jours où s’animaient les grands marchés de vivres à l’intérieur du pays.

C’est ainsi que naquit une certaine familiarité entre Da Pauli et Kouma. En brousse et sur les marchés à l’intérieur du pays, ils partageaient les moments difficiles et les rares moments de joie. Il leur arrivait de passer de longs jours en brousse pour diverses raisons. Ils se partageaient et mangeaient ensemble ce qu’ils trouvaient. C’était une situation difficile mais qui, malgré tout, avait aussi son charme.

            A force de partager tout en brousse, la familiarité qui était née entre eux, se transforma en une sorte de complicité. Lorsqu’il leur arrivait de passer la nuit en brousse, ils demandaient l’hospitalité aux villageois auprès de qui Da Pauli s’approvisionnait. Parfois, ils dormaient à la belle étoile pendant que les apprentis de Kouma gardaient le camion.

            Une nuit, alors que Kouma s’était rendu dans un petit village non loin de Kati pour charger du charbon pour Da Pauli, il s’était trouvé dans l’obligation de passer la nuit sur place. Comme d’habitude, les fournisseurs de Da Pauli leur offrirent l’hospitalité. Kouma avait décidé de dormir dehors à la belle étoile. Il étendit à même le sol, une grande natte qu’il transportait toujours dans son camion et s’allongea. Il fut rejoint quelques instants plus tard par Da Pauli qui aussi était venue étendre une natte non loin de la sienne et s’allongea. La nuit était noire. Mais ils ne craignaient rien. Ils en avaient l’habitude. Ils se mirent donc à bavarder et à parler de tout et de rien. Bientôt, Kouma qui ressentait beaucoup de fatigue s’assoupit.

            Alors qu’il était en train de dormir, Kouma sentit à un moment, comme une présence à côté de lui. Il se réveilla et remarqua que Da Pauli avait quitté sa natte pour venir se blottir contre lui. Le sommeil encore dans les yeux, il lui demanda ce qui n’allait pas. Da Pauli lui fit comprendre qu’elle venait de faire un cauchemar et que cela l’avait effrayée. Elle ne pouvait plus dormir seule et avait besoin d’une présence à côté d’elle. Kouma alluma sa torche et passa le faisceau lumineux autour de la petite cour. La maisonnée était plongée dans un silence sépulcral qui indiquait que tout le monde dormait. Il se recoucha et Da Pauli se blottit une fois encore contre lui.

            Quelques minutes passèrent ainsi puis Da Pauli se fit de plus en plus précise dans son blotissement. Elle passa son bras autour du torse robuste de Kouma et se serra contre lui. Le contact du corps de la femme avec le sien donna une agréable sensation à Kouma qui se retourna sur le côté, comme pour permettre à Da Pauli de mieux l’enlacer. Da Pauli qui apparemment n’attendait que ça, se mit à lui passer la main sur la poitrine. Kouma n’avait plus besoin d’un dessin pour comprendre ce qui se passait. Mais il laissa faire la femme. Da Pauli après lui avoir passé la main sur la poitrine s’était arrêtée sur ses tétons dont elle avait commencé à triturer le bout. Kouma ressentit la chose comme une décharge électrique il rentra alors dans le jeu et se mit à son tour à caresser Da Pauli. Il introduisit sa main dans la robe ample que portait la dame et se rendit compte qu’elle ne portait rien en dessous. Ni slip, ni soutien gorge. Tout cela était prémédité et cette histoire de cauchemar n’était que du bluff. Eh bien, puisque c’en est ainsi, Kouma était prêt à lui donner ce qu’elle voulait.

            Délicatement, il saisit un de ses seins et se mit à le malaxer lentement en pinçant de temps à autre, le bout. Cela procurait un plaisir fou à Da Pauli qui tremblait de tout son corps.

            Puis il descendit vers le bas pour enfouillir ses doigts dans les poils du pubis de Da Pauli. Après quelques instants de cette caresse, il se saisit du clito qu’il pinça. Da Pauli frémissait de plaisir Kouma se retourna alors sur lui-même et bascula pour se retrouver sur la dame. Da Pauli la robe retroussée et les jambes écartées l’accueillit. D’une lente poussée, il la pénétra jusqu’à la garde et s’immobilisa comme pour laisser le plaisir s’éterniser. Puis il se mit à pomper lentement en accélérant le rythme au fil des secondes. Maintenant, il défonçait littéralement la jeune dame qui, sous lui, se tortillait comme un ver de terre. Bientôt, ils prirent ensemble leur pied. Kouma se recoucha et sombra dans un sommeil profond. Da Pauli se lèva et regagna sa natte.

            Depuis cette nuit, Kouma et Da Pauli n’ont jamais raté la moindre occasion pour s’envoyer en l’air. Ce soir encore, ils allaient rééditer leur exploit. Kouma y pensait en conduisant son camion. Il ne savait pas que les dieux de l’adultère et de la fornication pouvaient les lâcher. C’était malheureusement pour lui, ce qui l’attendait.

            Cette nuit-là, comme d’habitude, toutes les dispositions avaient été prises pour que Da Pauli le rejoigne. Et elle l’avait même déjà rejoint. Le terrain était préparé. Mais au moment où Kouma allait la pénétrer, Da Pauli sentit une vive brûlure à la fesse. Elle poussa violemment Kouma qui retomba sur la natte à côté d’elle et sentit lui aussi la même brûlure. Il saisit sa torche et l’alluma.         

            Un énorme scorpion était là, sur la natte. Une des espèces les plus dangereuses. Il fallait trouver rapidement un antidote. S’il faut attendre jusqu’au matin ce sera trop tard pour eux. Da Pauli et Kouma se tordaient de douleur. Eux qui étaient partis pour une partie de plaisir, les voilà dans la souffrance. La nuit allait être longue pour eux.

Kayissan

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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