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L’histoire, leur histoire a un début assez banal. Kouma
connaissait Da Pauli depuis longtemps. Ils avaient vécu
dans la même maison à Tokoin Gbadago. A l’époque, Da
Pauli vendait quelques bricoles pour la cuisine au
marché de Hanoukopé. Elle était mariée à un jeune
enseignant avec qui elle avait emménagé dans une chambre
en location. Quant à Kouma, il vivait chez son oncle
maternel, un chauffeur qui était en même temps son
patron car Kouma était en apprentissage. Avec son
patron, il voyageait beaucoup et leurs voyages les
conduisaient parfois en brousse pour charger du bois ou
des marchandises diverses.
Aujourd’hui, Kouma s’est affranchi. Il est
devenu lui aussi patron. A la fin de son apprentissage,
il a eu une chance formidable, car il n’a pas mis
longtemps pour trouver un camion à conduire. Depuis, il
faisait la même chose que son oncle. Il allait dans des
coins reculés pour transporter sur Lomé, des
marchandises qu’achetaient les bonnes femmes. Ces
marchandises étaient pour la plupart du temps, des
produits vivriers à savoir du maïs, du mil, des ignames
etc. Parfois et cela dépendait des localités qu’il
desservait, il transportait des fruits ou des planches.
C’était un travail difficile car les routes
ne sont pas toujours en bon état. Parfois, il lui
fallait parcourir de longs kilomètres de pistes
cahoteuses. Et lorsque venait la saison des pluies,
c’était parfois un parcours du combattant. Mais cela
passionnait beaucoup Kouma.
Un jour, alors qu’il était allé au marché d’Anié,
Kouma tomba sur Da Pauli. Depuis qu’il avait quitté la
maison où il vivait avec son oncle, il n’avait plus revu
la jeune dame. Ce fut la joie des retrouvailles. Très
vite, ils nouèrent la conversation. Ils se rappelèrent
du passé, puis revinrent au présent. Da Pauli aimait
beaucoup bavarder. Elle fit comprendre à Kouma qu’elle
ne vivait plus à Gbadago et qu’elle habitait maintenant
quelque part vers Kégué. Elle lui dit aussi qu’elle
avait abandonné son petit commerce pour s’occuper de
l’achat et de la revente en gros des produits vivriers.
A présent qu’elle savait que Kouma était aussi dans le
secteur du transport, ils pouvaient travailler ensemble.
Ce jour-là, c’était Kouma qui avait ramené à
Lomé, les ignames et les sacs de maïs qu’avait achetés
Da Pauli au marché d’Anié. Depuis lors, chaque fois
qu’elle allait faire son marché, Da Pauli informait
Kouma qui, par expérience, savait aussi lui-même, les
jours où s’animaient les grands marchés de vivres à
l’intérieur du pays.
C’est
ainsi que naquit une certaine familiarité entre Da Pauli
et Kouma. En brousse et sur les marchés à l’intérieur du
pays, ils partageaient les moments difficiles et les
rares moments de joie. Il leur arrivait de passer de
longs jours en brousse pour diverses raisons. Ils se
partageaient et mangeaient ensemble ce qu’ils
trouvaient. C’était une situation difficile mais qui,
malgré tout, avait aussi son charme.
A force de partager tout en brousse, la
familiarité qui était née entre eux, se transforma en
une sorte de complicité. Lorsqu’il leur arrivait de
passer la nuit en brousse, ils demandaient l’hospitalité
aux villageois auprès de qui Da Pauli s’approvisionnait.
Parfois, ils dormaient à la belle étoile pendant que les
apprentis de Kouma gardaient le camion.
Une nuit, alors que Kouma s’était rendu dans
un petit village non loin de Kati pour charger du
charbon pour Da Pauli, il s’était trouvé dans
l’obligation de passer la nuit sur place. Comme
d’habitude, les fournisseurs de Da Pauli leur offrirent
l’hospitalité. Kouma avait décidé de dormir dehors à la
belle étoile. Il étendit à même le sol, une grande natte
qu’il transportait toujours dans son camion et
s’allongea. Il fut rejoint quelques instants plus tard
par Da Pauli qui aussi était venue étendre une natte non
loin de la sienne et s’allongea. La nuit était noire.
Mais ils ne craignaient rien. Ils en avaient l’habitude.
Ils se mirent donc à bavarder et à parler de tout et de
rien. Bientôt, Kouma qui ressentait beaucoup de fatigue
s’assoupit.
Alors qu’il était en train de dormir, Kouma
sentit à un moment, comme une présence à côté de lui. Il
se réveilla et remarqua que Da Pauli avait quitté sa
natte pour venir se blottir contre lui. Le sommeil
encore dans les yeux, il lui demanda ce qui n’allait
pas. Da Pauli lui fit comprendre qu’elle venait de faire
un cauchemar et que cela l’avait effrayée. Elle ne
pouvait plus dormir seule et avait besoin d’une présence
à côté d’elle. Kouma alluma sa torche et passa le
faisceau lumineux autour de la petite cour. La maisonnée
était plongée dans un silence sépulcral qui indiquait
que tout le monde dormait. Il se recoucha et Da Pauli se
blottit une fois encore contre lui.
Quelques minutes passèrent ainsi puis Da
Pauli se fit de plus en plus précise dans son
blotissement. Elle passa son bras autour du torse
robuste de Kouma et se serra contre lui. Le contact du
corps de la femme avec le sien donna une agréable
sensation à Kouma qui se retourna sur le côté, comme
pour permettre à Da Pauli de mieux l’enlacer. Da Pauli
qui apparemment n’attendait que ça, se mit à lui passer
la main sur la poitrine. Kouma n’avait plus besoin d’un
dessin pour comprendre ce qui se passait. Mais il laissa
faire la femme. Da Pauli après lui avoir passé la main
sur la poitrine s’était arrêtée sur ses tétons dont elle
avait commencé à triturer le bout. Kouma ressentit la
chose comme une décharge électrique il rentra alors dans
le jeu et se mit à son tour à caresser Da Pauli. Il
introduisit sa main dans la robe ample que portait la
dame et se rendit compte qu’elle ne portait rien en
dessous. Ni slip, ni soutien gorge. Tout cela était
prémédité et cette histoire de cauchemar n’était que du
bluff. Eh bien, puisque c’en est ainsi, Kouma était prêt
à lui donner ce qu’elle voulait.
Délicatement, il saisit un de ses seins et
se mit à le malaxer lentement en pinçant de temps à
autre, le bout. Cela procurait un plaisir fou à Da Pauli
qui tremblait de tout son corps.
Puis il descendit vers le bas pour
enfouillir ses doigts dans les poils du pubis de Da
Pauli. Après quelques instants de cette caresse, il se
saisit du clito qu’il pinça. Da Pauli frémissait de
plaisir Kouma se retourna alors sur lui-même et bascula
pour se retrouver sur la dame. Da Pauli la robe
retroussée et les jambes écartées l’accueillit. D’une
lente poussée, il la pénétra jusqu’à la garde et
s’immobilisa comme pour laisser le plaisir s’éterniser.
Puis il se mit à pomper lentement en accélérant le
rythme au fil des secondes. Maintenant, il défonçait
littéralement la jeune dame qui, sous lui, se tortillait
comme un ver de terre. Bientôt, ils prirent ensemble
leur pied. Kouma se recoucha et sombra dans un sommeil
profond. Da Pauli se lèva et regagna sa natte.
Depuis cette nuit, Kouma et Da Pauli n’ont
jamais raté la moindre occasion pour s’envoyer en l’air.
Ce soir encore, ils allaient rééditer leur exploit.
Kouma y pensait en conduisant son camion. Il ne savait
pas que les dieux de l’adultère et de la fornication
pouvaient les lâcher. C’était malheureusement pour lui,
ce qui l’attendait.
Cette nuit-là, comme d’habitude, toutes les
dispositions avaient été prises pour que Da Pauli le
rejoigne. Et elle l’avait même déjà rejoint. Le terrain
était préparé. Mais au moment où Kouma allait la
pénétrer, Da Pauli sentit une vive brûlure à la fesse.
Elle poussa violemment Kouma qui retomba sur la natte à
côté d’elle et sentit lui aussi la même brûlure. Il
saisit sa torche et l’alluma.
Un énorme scorpion était là, sur la natte.
Une des espèces les plus dangereuses. Il fallait trouver
rapidement un antidote. S’il faut attendre jusqu’au
matin ce sera trop tard pour eux. Da Pauli et Kouma se
tordaient de douleur. Eux qui étaient partis pour une
partie de plaisir, les voilà dans la souffrance. La nuit
allait être longue pour eux.
Kayissan |