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Il y a quelque temps, M. KOMOU Secrétaire Général,
autoproclamé Directeur Général du CNCT a été invité par
les services de la Primature qui voulaient s’enquérir des
recettes et du montant du budget de cette structure. On
leur a donné un chiffre deux ou trois fois en deçà des
milliards que récolte le Conseil National des Chargeurs
Togolais. Les statistiques du Port Autonome de Lomé
démontrent clairement les rentrées de fonds au CNCT même
si on a vu dans le bureau du chef comptable GUETOU une
machine à broyer les papiers peut-être compromettants, et
que le Secrétaire général M. KOMOU garde lui aussi une
autre broyeuse de papier dans son bureau.
Ces témoignages peuvent paraître excessifs. Mais il faut
éplucher les statistiques et analyser les fichiers depuis
Anvers à Lomé pour comprendre ce qui se passe dans la
dilapidation des recettes du CNCT. Des missions fictives
à l’intérieur du pays comme à l’extérieur sont
constamment créées. Le Conseil National des Chargeurs
Togolais n’a aucune relation de travail avec la Suisse,
ni aucune représentation dans ce pays. Mais en 2004, le
comptable GUETOU y est allé en mission pour, selon
certaines sources ouvrir un compte.
De même, en août 2005, il est parti en mission pour huit
jours à Paris. On apprendra plus tard que c’était pour
des raisons purement familiales et privées.
Le parc automobile du conseil est la propriété privée de
M. KOMOU qui vient de s’acheter, malgré la crise, deux
nouvelles voitures de plus de 20 millions chacune chez le
concessionnaire CICA-TOYOTA avec l’argent des chargeurs
Togolais. Une Peugeot 406 est laissée à la disposition de
sa femme avec un chauffeur engagé par le CNCT. Une Toyota
bâchée est affectée au transport de charbon, d’ignames,
de planches et de matériaux de construction pour les
chantiers du S.G, et pour le transport d’articles et de
marchandises diverses pour un magasin qu’on dit
appartenir à sa fille.
Chaque année, les locaux du CNCT sont badigeonnés. Des
témoignages signalent à l’occasion, d’autres travaux
fictifs et le détournement de tonnes de ciment, de sable,
de graviers, de peintures consciemment achetées à
l’excès.
Pour se rendre compte du pillage du CNCT, il suffirait
aux autorités de commanditer un audit tout juste sur un
exemple, à savoir la construction de l’aire de
stationnement des cargaisons à Kpéwa qui aurait coûté
plus de trois cent millions de francs CFA.
Depuis trois ans, l’adjointe du secrétaire Général est
exclue de l’Assemblée générale du Conseil
d’Administration, et est remplacée par le chef comptable,
dont nul n’ignore la parenté avec le patron. Un autre
frère du DG autoproclamé est bombardé au secrétariat
particulier et a été envoyé récemment à un séminaire à
Cotonou pour deux semaines, alors que la secrétaire
particulière du Conseil est la personne indiquée pour
cette formation.
Les autorités togolaises doivent rassurer les bailleurs
de fonds qui assistent impuissants et étonnés aux
dilapidations des biens de l’Etat au moment où ce même
Etat tend les mains pour des aides et des dons. Le
Conseil d’Administration, la Commission Nationale de
Lutte contre le Sabotage Economique et la Corruption et
certains ministres qui ont eu à gérer ce dossier n’ont
pas pu aller loin. Et pour cause. Il semble que là-bas,
on sait fermer la bouche aux gens avec des espèces
sonnants et trébuchants
Les étudiants qui arrivent au Conseil des Chargeurs
Togolais pour leur mémoire de BTS de secrétariat
Bureautique ou de Comptabilité sont carrément envoyés au
service des dépouillements où ils passent des heures, des
jours et des semaines à compter les conteneurs et les
tonnages sans réellement avoir accès aux pièces et
documents administratifs alors que le CNCT est une
structure de l’Etat dont les dossiers doivent être
accessibles à tout citoyen désireux de les consulter.
Lorsque le CNCT finalise par exemple un budget annuel
pour 15 millions de recettes, et qu’il se retrouve avec
75 millions de revenus en l’espace d’un seul trimestre,
le bon sens recommanderait qu’on viabilise cette
structure en commandant une étude analytique.
Un ancien ministre de tutelle du CNCT avait même
recommandé une enquête de moralité sur la direction du
Conseil des Chargeurs Togolais. Malheureusement, cette
enquête avait été fermée avant même d’être ouverte. C’est
pourquoi, il urge qu’en cette période où l’Etat togolais
mendie plus qu’il ne demande, certaines sociétés soient
auditées courageusement sur leur gestion. Et que les
autorités togolaises donnent les raisons qui ont motivé
la privatisation des Bordereaux de Suivi des Cargaisons à
une société dite Béninoise, alors que c’est le CNCT qui
paie encore le salaire des employés de cette fausse
société.
L’inspection d’Etat et la Commission Anti-Corruption qui
ont eu à connaître un peu de ce dossier savent de quoi il
en retourne, et il est malheureux que des comportements
de ce genre continuent. S’il suffisait de dire, comme on
le fait au CNCT, qu’on est ami personnel du Chef de l’Etat
et qu’on a battu campagne pour lui, donc qu’on peut
gaspiller les recettes et biens de l’Etat sans avoir
honte ni peur, alors là le pays court à la catastrophe.
Qu’on se glorifie d’avoir la Commission Anti-Corruption
dans sa poche, et qu’elle ne trouvera rien, c’est déjà un
aveu de culpabilité.
Il est aujourd’hui urgent que les autorités togolaises
prennent leurs responsabilités pour se concentrer sur
l’indentification des problèmes clés dans la gestion des
biens publics, la faisabilité politique des réformes
suggérées par les bailleurs de fonds et l’engagement
sincère et courageux de mettre fin à l’impunité vis-à-vis
des fossoyeurs de l’économie de l’Etat qui se cachent
sous le militantisme et la servitude au parti au pouvoir
pour s’enrichir plus que l’Etat même. Il y va de la
crédibilité du nouveau pouvoir et de ses chances pour
asseoir une légitimité saine et dépourvue de tout
jugement de valeur inapproprié.
L.C. |