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24 mars 2006

Le Changement
[ 15: 23 mars 2006]
Gestion patrimoniale de biens publics et bradage d’une régie financière: La dérive du DG Komou au CNCT

Malgré la suspension de la coopération financière internationale, les bailleurs de fonds coordonnent toujours avec le gouvernement togolais des programmes et des études analytiques visant à renforcer la démocratie et la bonne gouvernance. Pour ces bailleurs de fonds, une très grande priorité doit être accordée à une Etude sur la gestion des Dépenses Publiques ainsi qu’une revue institutionnelle de gouvernance ; la question de gouvernance est tellement chère aux bailleurs de fonds qu’ils avaient eux-mêmes relevé des insuffisances notoires que sont le manque de transparence dans le processus d’élaboration et d’exécution du budget, l’absence de mécanismes de contrôle tels que la cour des comptes, et bien d’autres tares qui affectent l’ensemble des secteurs comme l’indiquent les Evaluations des Politiques et Institutions Nationales. Parmi les agences de l’Etat qui sont en inadéquation ouverte avec les principes de bonne gouvernance, il y en a une que beaucoup de Togolais ne connaissent pas : le Conseil National des Chargeurs du Togo (CNCT). Cette agence avait été citée dans le cadre des enquêtes de la Commission Anti-corruption, mais personne jusqu’alors ne sait par quelle magie ce dossier a été enterré.

Tout ce qu’on peut dire, c’est que certains membres de cette commission sont devenus des alliés du tout puissant responsable de cette agence de l’Etat qui, il y a quelques années, avait racheté à coups de millions, les anciens locaux de la société Mahmoud Tefridj dans la zone portuaire. Le  Conseil National des Chargeurs Togolais est une structure de l’Etat qui a pour tâches essentielles, entre autres la délivrance des bordereaux de suivi des cargaisons importées et exportées du Togo. Pour ce faire, le CNCT perçoit des taxes sur toutes les cargaisons à l’ export comme à l’import. Les deux principales sources de revenus de cette agence de l’Etat sont donc:

- La commission de rémunération qui est de 600 F la tonne pour les produits importés, et de 400 Francs la tonne pour les exportations. Et ce sont les importateurs et les exportateurs qui paient ces taxes au CNCT par l’intermédiaire des consignataires des navires au port.

- la deuxième source de revenus est la taxe des Bordereaux de Suivi des Cargaisons, communément appelée dans le jargon portuaire BSC, et cette seule source représente près de 1 milliard 500 millions de F Cfa par an comme recettes pour le CNCT.

Pour permettre aux opérateurs économiques de régulariser la situation des cargaisons qui quittent l’Europe pour Lomé, un bureau a été ouvert à Anvers en Belgique pour délivrer des Bordereaux de suivi des cargaisons contre payement des taxes. A défaut, l’opérateur se mettra en règle une fois la cargaison arrivée au port de Lomé. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, les recettes faites par le bureau de Belgique ne sont pas virées vers Lomé, mais c’est plutôt le responsable du Conseil National des Chargeurs Togolais qui se déplace en personne, pour aller récupérer l’argent, le plus souvent, accompagné du président du Conseil d’Administration de la structure qui a pratiquement élu domicile dans le bureau de M. Komou au CNCT.

En effet, c’est depuis le 03 Novembre 1992 que M. Komou Maguénani a été parachuté à la tête du CNCT par un arrêté qui l’a nommé Secrétaire Général du Conseil National des Chargeurs Togolais.

Mais très vite, le Secrétaire Général s’autoproclame Directeur Général. Depuis donc 13 ans, M. Komou fait la pluie et le beau temps,  dans « sa » boîte. Il y a quelques années, il a sorti une décision pour suspendre les fonctions de son adjointe, qui a été nommée, par le même arrêté ministériel, comme lui. Après des tractations et des conciliabules, l’adjointe est finalement restée dans ses fonctions, mais elle passe des heures au travail plutôt que de passer des heures de travail. Constamment envoyée en mission, elle n’a droit de regard sur aucun dossier, puisque le Secrétaire Général Komou a fait du Conseil des Chargeurs, une entreprise personnelle où l’on retrouve plusieurs membres de sa famille dont nous taisons les noms pour l’instant

Le Conseil d’Administration du Conseil National des Chargeurs Togolais est pratiquement devenu un Club Privé où des gens qui n’ont plus rien à voir avec la structure continuent par participer aux assemblées générales et à toucher les jetons de présence. En décembre dernier, une Assemblée générale avait eu lieu, et une autre vient de se tenir en février dernier. Le Président du Conseil d’Administration, M. Patassé Kpanlou, ancien D.G de l’OPT devenu IFG est toujours resté Président du Conseil alors qu’il n’est plus à l’IFG. Dans la foulée, la société d’assurances A.C.A. du ministre Kantchati qui s’occupait du CNCT, passe aux mains de la société d’assurances S.G.I.C d’un certain  M. Patassé au 1er étage de l’ancien immeuble Air Burkina à Tokoin Wuiti.

M. SICAO, ancien Directeur de la Marine Marchande continue lui aussi par siéger à l’Assemblée des Administrateurs, alors que c’est le nouveau Directeur général des transports, M. FANTOZOUN Innocent qui assure l’intérim de la direction de la Marine marchande et donc habilité à siéger au nom de la Marine marchande. Plus cocasse encore, M. SICAO était même en mission il y a quelques jours au Mali pour le compte du CNCT en compagnie de l’adjointe au D.G autoproclamé M. Komou.

Laissé à lui-même, et épaulé par un Conseil d’Administration qui donne plutôt l’air d’un Conseil d’amis, M. KOMOU se laisse aller à des exagérations. La gestion des taxes des Bordereaux de suivi des Cargaisons (BSC) vient d’être confiée à un opérateur béninois du nom de M. OSSEINI qui, dans la foulée, crée une société dénommée Trade and Port Management System (TPMS), une manière de dire que ce service a été privatisé puisque la société de M. OSSEINI rafle 51 % des recettes des taxes contre 49% pour la société togolaise CNCT.

Aujourd’hui, le CNCT qui, en réalité, est une régie financière qui devait rapporter des espèces sonnantes et trébuchantes à l’Etat est devenu  une vache laitière qu’un groupe d’individus avec à leur tête le sieur Komou pompe à volonté, créant d’importants manques à gagner à l’Etat.

            A ces quelques exemples cités pêle-mêle et qui ne sont qu’une infime partie de la montagne de magouilles immergée, on peut ajouter le mépris et l’arrogance avec  lesquels le DG autoproclamé traite son personnel.

On reproche au DG autoproclamé de gérer son personnel comme du bétail. Seuls ceux qui lui font allégeance trouveraient grâces à ses yeux. Des promotions fantaisistes et des missions fictives sont opérées régulièrement dans la boîte.

            Dans les milieux proches du CNCT, on parle de plus en plus de libéralités auxquelles se livre le tout puissant « DG » à ses proches et des misères qu’il fait vivre aux autres.

Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

A suivre donc. 
L.C.

 

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