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Malgré la suspension de la coopération financière
internationale, les bailleurs de fonds coordonnent
toujours avec le gouvernement togolais des programmes et
des études analytiques visant à renforcer la démocratie
et la bonne gouvernance. Pour ces bailleurs de fonds, une
très grande priorité doit être accordée à une Etude sur
la gestion des Dépenses Publiques ainsi qu’une revue
institutionnelle de gouvernance ; la question de
gouvernance est tellement chère aux bailleurs de fonds
qu’ils avaient eux-mêmes relevé des insuffisances
notoires que sont le manque de transparence dans le
processus d’élaboration et d’exécution du budget,
l’absence de mécanismes de contrôle tels que la cour des
comptes, et bien d’autres tares qui affectent l’ensemble
des secteurs comme l’indiquent les Evaluations des
Politiques et Institutions Nationales. Parmi les agences
de l’Etat qui sont en inadéquation ouverte avec les
principes de bonne gouvernance, il y en a une que
beaucoup de Togolais ne connaissent pas : le Conseil
National des Chargeurs du Togo (CNCT). Cette agence avait
été citée dans le cadre des enquêtes de la Commission
Anti-corruption, mais personne jusqu’alors ne sait par
quelle magie ce dossier a été enterré.
Tout ce qu’on peut dire, c’est que certains membres de
cette commission sont devenus des alliés du tout puissant
responsable de cette agence de l’Etat qui, il y a
quelques années, avait racheté à coups de millions, les
anciens locaux de la société Mahmoud Tefridj dans la zone
portuaire. Le Conseil National des Chargeurs Togolais
est
une structure de l’Etat qui a pour tâches essentielles,
entre autres la délivrance des bordereaux de suivi des
cargaisons importées et exportées du Togo. Pour ce faire,
le CNCT perçoit des taxes sur toutes les cargaisons à l’
export comme à l’import. Les deux principales sources de
revenus de cette agence de l’Etat sont donc:
- La commission de rémunération qui est de 600 F la tonne
pour les produits importés, et de 400 Francs la tonne
pour les exportations. Et ce sont les importateurs et les
exportateurs qui paient ces taxes au CNCT par
l’intermédiaire des consignataires des navires au port.
- la deuxième source de revenus est la taxe des
Bordereaux de Suivi des Cargaisons, communément appelée
dans le jargon portuaire BSC, et cette seule source
représente près de 1 milliard 500 millions de F Cfa par
an comme recettes pour le CNCT.
Pour permettre aux opérateurs économiques de régulariser
la situation des cargaisons qui quittent l’Europe pour
Lomé, un bureau a été ouvert à Anvers en Belgique pour
délivrer des Bordereaux de suivi des cargaisons contre
payement des taxes. A défaut, l’opérateur se mettra en
règle une fois la cargaison arrivée au port de Lomé. Mais
aussi curieux que cela puisse paraître, les recettes
faites par le bureau de Belgique ne sont pas virées vers
Lomé, mais c’est plutôt le responsable du Conseil
National des Chargeurs Togolais qui se déplace en
personne, pour aller récupérer l’argent, le plus souvent,
accompagné du président du Conseil d’Administration de la
structure qui a pratiquement élu domicile dans le bureau
de M. Komou au CNCT.
En effet, c’est depuis le 03 Novembre 1992 que M. Komou
Maguénani a été parachuté à la tête du CNCT par un arrêté
qui l’a nommé Secrétaire Général du Conseil National des
Chargeurs Togolais.
Mais très vite, le Secrétaire Général s’autoproclame
Directeur Général. Depuis donc 13 ans, M. Komou fait la
pluie et le beau temps, dans « sa » boîte. Il y a
quelques années, il a sorti une décision pour suspendre
les fonctions de son adjointe, qui a été nommée, par le
même arrêté ministériel, comme lui. Après des tractations
et des conciliabules, l’adjointe est finalement restée
dans ses fonctions, mais elle passe des heures au travail
plutôt que de passer des heures de travail. Constamment
envoyée en mission, elle n’a droit de regard sur aucun
dossier, puisque le Secrétaire Général Komou a fait du
Conseil des Chargeurs, une entreprise personnelle où l’on
retrouve plusieurs membres de sa famille dont nous
taisons les noms pour l’instant
Le Conseil d’Administration du Conseil National des
Chargeurs Togolais est pratiquement devenu un Club Privé
où des gens qui n’ont plus rien à voir avec la structure
continuent par participer aux assemblées générales et à
toucher les jetons de présence. En décembre dernier, une
Assemblée générale avait eu lieu, et une autre vient de
se tenir en février dernier. Le Président du Conseil
d’Administration, M. Patassé Kpanlou, ancien D.G de l’OPT
devenu IFG est toujours resté Président du Conseil alors
qu’il n’est plus à l’IFG. Dans la foulée, la
société d’assurances A.C.A. du ministre Kantchati qui
s’occupait du CNCT, passe aux mains de la société
d’assurances S.G.I.C d’un certain M. Patassé au 1er
étage de l’ancien immeuble Air Burkina à Tokoin Wuiti.
M. SICAO, ancien Directeur de la Marine Marchande
continue lui aussi par siéger à l’Assemblée des
Administrateurs, alors que c’est le nouveau Directeur
général des transports, M. FANTOZOUN Innocent qui assure
l’intérim de la direction de la Marine marchande et donc
habilité à siéger au nom de la Marine marchande. Plus
cocasse encore, M. SICAO était même en mission il y a
quelques jours au Mali pour le compte du CNCT en
compagnie de l’adjointe au D.G autoproclamé M. Komou.
Laissé à lui-même, et épaulé par un Conseil
d’Administration qui donne plutôt l’air d’un Conseil
d’amis, M. KOMOU se laisse aller à des exagérations. La
gestion des taxes des Bordereaux de suivi des Cargaisons
(BSC) vient d’être confiée à un opérateur béninois du nom
de M. OSSEINI qui, dans la foulée, crée une société
dénommée Trade and Port Management System (TPMS), une
manière de dire que ce service a été privatisé puisque la
société de M. OSSEINI rafle 51 % des recettes des taxes
contre 49% pour la société togolaise CNCT.
Aujourd’hui, le CNCT qui, en réalité, est une régie
financière qui devait rapporter des espèces sonnantes et
trébuchantes à l’Etat est devenu une vache laitière
qu’un groupe d’individus avec à leur tête le sieur Komou
pompe à volonté, créant d’importants manques à gagner à
l’Etat.
A ces quelques exemples cités pêle-mêle et
qui ne sont qu’une infime partie de la montagne de
magouilles immergée, on peut ajouter le mépris et
l’arrogance avec lesquels le DG autoproclamé traite son
personnel.
On reproche au DG autoproclamé de gérer son personnel
comme du bétail. Seuls ceux qui lui font allégeance
trouveraient grâces à ses yeux. Des promotions
fantaisistes et des missions fictives sont opérées
régulièrement dans la boîte.
Dans les milieux proches du CNCT, on parle de
plus en plus de libéralités auxquelles se livre le tout
puissant « DG » à ses proches et des misères qu’il
fait vivre aux autres.
Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
A suivre donc.
L.C. |