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Le Changement

1er mars 2007

[N° 61 : du 1er mars 2007]
L’agresseur du ministre Barqué devant le Cour d’Assises lundi prochain

La première session de la Cour d’assises s’ouvre à Lomé le lundi prochain, 5 mars 2007. La première affaire inscrite au rôle de cette session est celle de la tentative de meurtre dont l’ancien ministre, Conseiller du Chef de l’Etat, Barry Moussa Barqué a été victime en 2003.

Le neveu de l’ancien ministre le sieur Barry Altine dit Yambadjoa accusé principal qui avait pris la fuite au lendemain des évènements avant d’être arrêté par la suite comparaît avec trois autres personnes, à  savoir Yongue Minkinamé, Kanny Langbatibe et Bedjra Afi. Ils répondront des infractions de « tentatives d’homicide volontaire, complicité de tentative d’homicide volontaire et non dénonciation de criminels ». Leur défense sera assurée par Me Aquéréburu.

En l’espèce, il est reproché au sieur Altine Barry, neveu de l’ancien ministre, employé à l’IFG dont Barqué est le président du Conseil d’Administration, de s’être introduit au domicile et dans la chambre de son oncle qu’il a tenté d’assassiner. L’ancien ministre poignardé avait été sauvé de justesse alors que le présumé agresseur avait pris la fuite. Des recherches actives avaient finalement permis de le rattraper au Ghana, d’où il a été extradé vers le Togo.

            Nous y reviendrons.

            L. Z.

 
Ça va mal, très mal dans le Yoto Une affaire de près de 34 millions divise les hauts cadres : L’ancien ministre Agbémadon et le Préfet de Yoto, M. Kponblékou, dans l’œil du cyclone

Une affaire de la gestion des ristournes d’une bagatelle de près de trente quatre millions (34 000 000) de FCFA représentant la quote-part du montant de l’exploitation des parcelles de teck dans la localité de Togodo-Sud, préfecture de Yoto, divise les natifs de cette préfecture à savoir : les membres du comité de gestion des ristournes, le préfet de Yoto, Kpomblékou l’ancien ministre Agbémadon et autres hauts cadres de la préfecture. L’affaire défraie la chronique ces derniers temps avec les pressions tous azimuts exercées par M. Agbémadon et une certaine Jarkie qui, de par leurs relations avec la haute hiérarchie, exercent des pressions sur le préfet pour céder le marché à l’entrepreneur de leur choix.

Au centre des débats, la construction d’un lycée dans Togodo-Sud. Ce travail, selon les clauses, devrait être confié à un entrepreneur natif de la localité.

            Mais à la dernière minute, la construction de ce bâtiment est finalement confiée à un entrepreneur non natif du milieu. Ce dernier, selon les membres du comité de gestion, serait l’homme de main du ministre Agbémadon. La cérémonie de la pose de la première pierre de ce lycée a eu lieu le 19 Février dernier.

            Ce jeudi 1er mars 2007, sous réserve de modification de calendrier, le Ministre de l’Administration territoriale recevra une délégation des membres du comité de gestion devant bénéficier des ristournes sur l’exploitation des parcelles de tecks mises à la disposition des populations riveraines de Togodo par l’Office de Développement et d’Exploitation des Forêts (ODEF).

Genèse

            Par lettre N°00238/2006/ODEF datée du 20 Novembre 2006, le Directeur Général de l’ODEF a informé le préfet que les populations de Yoto ont bénéficié auprès de l’Office de Développement et d’Exploitation des Forêts (ODEF), de la somme de trente un millions deux cent trente neuf mille six cent (31 239 600) au titre de 15% des ristournes sur l’exploitation des parcelles de teck.

            Le montant total du contrat d’exploitation signé avec la société ANT & DEV se chiffre à deux cent huit millions deux cent soixante quatre mille (208 264 000) francs CFA à la facturation, suite à un ajout de volume.

            Ces fonds sont destinés à la réalisation des œuvres communautaires dans la préfecture de Yoto. Pour ce faire, le Directeur Général de l’ODEF avait demandé aux populations bénéficiaires, l’élaboration d’un projet à concurrence de ce montant (31 239 000) servant de ristourne pour le déblocage de ces fonds.

            Or, entre temps, il y a également eu le déblocage d’une autre ristourne d’un montant de 1 million neuf cent soixante dix-sept mille six cent quarante cinq (1 977 645) francs CFA. Ajouté aux 31 239 000, ce qui fait un total d’environ 34 000 000.

            Lorsque le magot est tombé, tout le monde s’agita autour, et de réunions en réunions, on est parvenu au projet de la construction d’un lycée.

            Ce lycée, selon nos informations, devrait bénéficier aux populations riveraines de la forêt classée de Togodo-Sud à savoir : Zouvi, Tométy-kondji, Sendomé, Donomadé, Kodohoé, Honyon Kondji etc.

            Après plusieurs réunions des différents membres du comité de gestion mis en place pour gérer les ristournes, ils sont parvenus à la décision unanime d’utiliser ces fonds pour la construction d’un lycée public sur un terrain choisi entre Sendomé et Tométy-Kondji, les villages riverains de Tométy-Kondji.

            Pour l’exécution des travaux, le comité de gestion aurait décidé de la confier à quelqu’un de la localité à savoir à l’entreprise EGIEB-TP dont le fondateur est Togbui Noviabu KLOLLY 1er, Chef traditionnel de Zouvi, l’un des villages riverains de la forêt classée de Togodo.

            L’entreprise EGIEB-TP connue déjà par les hauts cadres de la préfecture de Yoto pour son sérieux, fait partie des entreprises ayant exécuté les travaux de construction de plusieurs bâtiments publics et privés. C’est cette entreprise qui a exécuté les travaux de construction des bornes de la délimitation de la forêt classée de Togodo-Sud.

            Le comité de gestion aurait même décidé, pour la transparence de la gestion des fonds alloués à la construction de ce lycée, de prendre un superviseur de la direction générale de la planification et de l’éducation qui établira le plan pour un contrôle technique suivant les normes des bâtiments scolaires.

            Le 08 janvier dernier, le Préfet de Yoto convoqua une réunion au cours de laquelle il a échangé avec les Chefs des cantons riverains sur le choix du site où on devrait construire ce lycée. La réunion aurait planché sur la personne physique et morale de la préfecture à qui on devrait confier les travaux. Le choix était porté sur l’entreprise EGIEB-TP

            Mais très tôt, l’affaire connaît un revirement de situation et tourne plutôt à l’avantage d’un entrepreneur non natif de la localité, un certain Gnamé. Le Chef traditionnel de Zouvi cite nommément le ministre Agbémadon d’être à l’origine de ces manœuvres. On cite aussi le préfet de Yoto accusé d’avoir exigé de l’entrepreneur qui devrait avoir le marché, une commission de deux millions (2 000 000) sur la bagatelle de plus de trente millions. Contacté, M.  Kponblékou, préfet de Yoto ne reconnaît pas les faits. « Je sais qu’il s’agit des manœuvres de la part de mes détracteurs qui, par tous les moyens, veulent me détruire et prendre ma place… » rétorque-t-il.

            Courageusement, le préfet a reconnu cependant, qu’ « en réalité, il devrait y avoir un appel d’offre. Mais, cela n’a pas été le cas. En lieu et place, deux grandes autorités sont venues chez moi au bureau pour m’imposer l’entrepreneur qui n’est pas originaire de la préfecture ». M. Kpomblékou a confirmé que selon les réunions qu’il a eues avec les chefs cantons concernés et le comité de gestion, c’est un entrepreneur natif de la préfecture qui devrait prendre le marché. Qu’il a donc cédé sous la pression. Au niveau du comité de gestion le Ministre Agbémadon est nommément indexé d’être au centre de toutes les intrigues.

            Comme on peut le constater donc, cet argent divise le comité de gestion des ristournes, des cadres de la préfecture et le préfet. Ce dernier est, à tort ou à raison, accusé d’avoir rempli ses poches avec l’argent devant servir la préfecture. Enseignant de son état, on pense que depuis qu’il est nommé à ce poste, il fait des réalisations inimaginables qui dépassent ses revenus.

            Pour la sauvegarde de la paix sociale et pour éviter tout débordement, le Ministre de l’Administration territoriale, M. Ahoomey-Zunu doit prendre ses responsabilités.

            De sources bien informées, le nouvel entrepreneur GNAME imposé par l’ancien Ministre Agbémadon et son acolyte Jackie, ne vient jamais sur les sites devant abriter le lycée depuis qu’on lui a remis une avance de 14 millions. Comme pour confirmer cette information, le Préfet nous a confié hier mercredi 28 février 2007 que même pour la pose de la première pierre, il a fallu que lui-même (Kpomblékou) sorte des sous de sa poche pour payer les matériaux pour cette cérémonie. A quel titre M. Agbémadon s’impose t-il aux autres ?

            Il s’agit d’un dossier à rebondissement qui promet des révélations. M. Agbémadon, Kpomblékou et la dame Jarkie se trouvent dans l’oeil du cyclone. Des gens se proposent d’ouvrir les vannes afin que l’opinion sache qui est qui, et qui fait quoi dans un Yoto laissé pour compte malgré les centaines de millions de FCFA de ristournes de WACEM alloués chaque année à la préfecture.

Dossier à suivre ...

AMOUZOUVI

 
Vague de démissions : La GTA-C2A se vide de ses cadres

Le « mariage » annoncé et célébré à grands renforts de publicité il y a quelques années entre le Groupement Togolais d’Assurance (GTA) et la Compagnie Africaine d’Assurance (C2A) a du plomb dans l’aile. Pour des raisons évidentes, on camoufle les difficultés. On fait comme si tout allait bien mais dans les faits et dans la réalité, le malaise est perceptible.

 Depuis quelque temps, on enregistre des vagues de démission. Tout avait commencé il y a quelque temps avec le départ de l’ex-DG de la C2A, le sieur José Symenouh réputé pour sa compétence. Son départ sera suivi par celui de nombreux autres cadres qui, comme par hasard, se retrouvent dans une nouvelle Compagnie d’Assurance de la place.

            Selon nos informations, cette situation s’explique par la déception de la partie C2A qui, dit-on, n’aurait pas vu ses attentes comblées par la fusion. En réalité, au moment de cette opération, plusieurs observateurs s’étaient interrogés sur les chances de durabilité de cette union. Certains ont parlé du mariage entre la carpe et le lièvre. Certes, les deux compagnies opèrent dans le même secteur d’activité. Mais compte tenu du statut de l’une et de l’autre, les méthodes de travail divergent. A la C2A, une compagnie privée, on observe une certaine rigueur. Le recrutement des agents se fait uniquement sur la base de la compétence pour des raisons de rentabilité.

            Ce qui n’est pas forcément le cas au GTA, une compagnie qui subit beaucoup l’influence du secteur public et des pesanteurs politiques pas toujours de nature à favoriser l’essor d’une société financier. Selon certaines sources, la nature juridique de cette société lui fait souffrir des mêmes maux que ceux qui gangrènent l’administration publique et qui ont pour nom le népotisme, le favoritisme etc. Il se pose alors forcément un problème d’efficacité. Pour redresser la situation, on a déjà changé plus d’une fois les premiers responsables de la Compagnie. Mais apparemment, le problème n’est pas encore réglé.

            Les mêmes sources indiquent que des démissions sont encore enregistrées ces derniers temps. Jusqu’à quand laissera t-on cette compagnie qui, naguère, faisait la fierté des Togolais, se vider au profit de ses concurrentes ? Il est temps de rectifier le tir et de sauver la compagnie.

            Nous y reviendrons

L.C

 

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