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Depuis la nomination du colonel ADEGNON à la tête du
Port Autonome de Lomé en remplacement de l’intendant
militaire Awa Béléyi, des informations de plus en plus
concordantes font état de ce que le nouveau locataire de
la Direction Générale du port serait instruit à
réhabiliter ceux qui ont été arbitrairement licenciés
avant sa prise de fonction.
Informée, notre rédaction a vainement tenté de le
joindre pour en savoir plus. Plusieurs fois, son
secrétariat particulier nous a signifié qu’il est soit
en séance de travail, ou carrément absent.
Selon nos sources, il est instruit d’étudier cas par
cas, les problèmes de licenciements arbitraires et de
voir dans quelle mesure, la réintégration pourra se
faire. Et c’est fort de ces recommandations des
Autorités de l’Etat que certains hauts cadres
arbitrairement licenciés en 2001 ont eu une séance de
travail avec le Colonel ADEGNON quelques semaines après
sa prise de fonction. L’entretien a duré des heures et
il aurait été convenu que les victimes seraient
rappelées pour un autre rendez-vous.
Seulement voilà ! Depuis lors, rien. Et on se demande si
cette démarche fort louable initiée est faite à dessein
pour tromper l’opinion. Qu’est-ce qui peut être à la
base de cette lenteur qui donne raison à ceux qui
pensent que Faure Gnassingbé n’a en réalité, aucune
volonté de réhabiliter ceux qui hier, étaient remerciés
en monnaie de singe parce que, soupçonnés d’appartenir à
l’opposition démocratique.
Dans cette affaire, on se souvient comment des hauts
cadres du port étaient mis à la porte en 2001 comme de
vulgaires bandits. Et pour cause, les griefs portés
contre eux n’avaient aucun fondement juridique. Ainsi,
entre autres cas, il y avait
1- Monsieur ADJA Komlan, Chef de services Statistiques
et Etudes Economiques à la Direction Commerciale. Il est
licencié de ses fonctions pour indiscipline
caractérisée, injure grossière publique à l’encontre de
l’employeur, atteinte à l’Autorité de l’employeur et
incitation au trouble et à la révolte au sein du
personnel du Port Autonome de Lomé.
2- Monsieur NENE Kwame Touman Will, Chef de Service du
développement Social à la direction du Centre
Médico-social est licencié de ses fonctions pour
indiscipline caractérisée, injure grossière publique,
atteinte à l’honneur et à l’autorité de l’employeur, et
incitation au trouble et à la révolte au sein du
personnel du Port Autonome de Lomé.
3- Monsieur VIAGBO Kokouda, Chef de service Gestion des
Ressources Domaniales à la Direction Commerciale
« licencié pour indiscipline caractérisée, injure
grossière publique à l’encontre de l’employeur, atteinte
à l’autorité de l’employeur, et incitation au trouble et
à la révolte au sein du personnel du Port Autonome de
Lomé.
4- Monsieur KUDZU Kwami Agbénoxévi, Conseiller Technique
du Directeur des Opérations Portuaires, licencié pour
atteinte à l’honneur et à l’autorité de l’employeur,
incitation à la haine ethnique et aux troubles au sein
du personnel de l’entreprise.
5- Monsieur Tomety Ekoué Mawulé « paix à son âme »,
Directeur du Centre Médico-social, licencié pour
indiscipline caractérisée, atteinte à l’honneur et à
l’autorité de l’employeur et incitation au trouble au
sein du personnel du Port Autonome de Lomé.
6- Monsieur SAIBOU Zarifou, Comptable à la Direction
financière et comptable du Port Autonome de Lomé est
licencié sans préavis ni indemnités pour violation du
secret professionnel du fait de la soustraction
frauduleuse, en tout cas sans l’autorisation du chef de
l’Entreprise, de documents comptables ou renseignements
sur la gestion du Port Autonome de Lomé, et de la
publication de ces documents et renseignements.
7- Monsieur Ayassou Kossi Agbolou, Aide Comptable à la
Direction financière et Comptable du Port Autonome de
Lomé est licencié, sans préavis ni indemnités pour
violation du secret professionnel du fait de la
soustraction frauduleuse, en tout cas sans
l’autorisation du chef de l’Entreprise, de documents
comptables ou renseignements sur la gestion du Port
Autonome de Lomé, et de la publication de ces documents
et renseignements.
8- Monsieur TETSHIE Kondé Koffi, chef de Division
Analyse financière et Trésorerie à la Direction
financière et Comptable du Port Autonome de Lomé est
licencié, sans préavis ni indemnités pour violation du
secret professionnel du fait de la soustraction
frauduleuse, en tout cas sans l’autorisation du chef de
l’Entreprise, de documents comptables ou renseignements
sur la gestion du Port Autonome de Lomé, et de la
publication de ces documents et renseignements.
La décision du licenciement des cinq premiers date du
même jour c’est-à-dire le vendredi 18 mai 2001. Après
avoir signifié cette décision aux intéressés avec les
mêmes motifs, ils avaient été conduits manu militari,
chacun dans son bureau, afin qu’ils ramassent leurs
effets personnels avant que les militaires ne ferment
les portes. La même nuit, le Colonel Béléyi avait
ordonné qu’on change toutes les serrures des cinq
bureaux. Comme cela ne suffisait pas, il leur intima
l’ordre d’évacuer les villas sises dans la cité du Port
où ils étaient logés.
Ils ont été licenciés parce qu’ils avaient osé dénoncer,
lors d’un séminaire organisé par le port à l’intention
des agents, cadres et personnels de ladite institution,
à l’hôtel Mercure Sarakawa, du 20 au 25 avril 2001, la
mauvaise gestion du port par le Colonel Béléyi. Le
séminaire, en fait, était organisé pour « se
familiariser avec les valeurs morales dans le cadre de
la corruption et le sabotage économique ».
Contrairement à l’objectif qui sous-tendait ce
séminaire, c’était plutôt un piège pour écarter ceux
qui gênaient le Colonel Béléyi qui gérait le port comme
un patrimoine familial. Une source proche de Béléyi ne
disait-elle pas qu’il peut nourrir toute une préfecture
par jour avec ce qu’il a frauduleusement ramassé au
port ?
Malheureusement, c’est pour avoir dénoncé la mauvaise
gestion de cette institution que les hauts cadres
avaient été virés. Le Colonel Béléyi, dans sa réplique,
avait rétorqué que ses collaborateurs avaient transformé
le séminaire à une « conférence nationale bis ».
Qui plus est, les hauts cadres étaient présentés à feu
Président Eyadema comme des opposants et pire, des
hommes proches de l’ancien premier ministre Messan
Agbéyomé Kodjo qui, avant de fuir le pays, avait publié
son brûlot contre le régime
Une autre remarque s’impose, c’est que, comme on pouvait
le constater, les trois autres cas de licenciement que
nous venons de publier contiennent les mêmes motifs à
savoir licenciement sans préavis ni indemnité pour
violation du secret professionnel. « Des chefs
d’accusations qui ne tiennent pas débout selon un
responsable de la main d’œuvre et du travail qui trouve
ridicule ces licenciements. »
Certes, entre temps, certains hauts cadres, ont dû
faire un « faux vrai mea culpa » pour pouvoir
reprendre leur place. Mais, certains ont résisté au
chantage et à l’humiliation et ont refusé de
«gambader». Jusqu’à ce jour, ces derniers sont
toujours à la maison.
C’est au vu de cette injustice flagrante que les
nouvelles Autorités du pays ont instruit le nouveau
Directeur Général, le Colonel Adégnon de prendre des
contacts avec les victimes en vue de leur
réhabilitation. Contre toute attente, la réhabilitation
piétine.
Pour l’heure, nous ne saurions dire ce qui explique le
blocage de cette démarche. S’il advenait que ceux-ci
sont réhabilités, ce serait un pas positif vers la
réconciliation et l’apaisement.
Dans un tout autre registre, le nouveau pouvoir doit
démontrer sa bonne foi aux Togolais. Ou il décide de
faire quelque chose de sérieux et il prend les mesures
qui s’imposent pour que les décisions soient exécutées.
Ou il reste dans la logique du passé avec les
conséquences fâcheuses. Il est malsain de donner
l’impression qu’on veut changer les choses alors qu’on
ne le veut pas. Faure Gnassingbé doit désormais prendre
ses responsabilités. Car les victimes de licenciements
arbitraires sont très nombreuses. Comme au Port Autonome
de Lomé, on en voit aussi dans les autres secteurs de la
vie socioprofessionnelle. Vivement, que le cas des
cadres du port soit résolu pour que les autres emboîtent
le pas.
AMOUZOUVI |