AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
Le Changement

14 fevrier 2007

[N° 60 : du 8  fev. 2007]
Le prix du zèle et de l’arrogance : Un ancien Ministre de la Communication chassé devant le caveau familial des Gnassingbé à Pya

Lors du discours du Président de la République Faure Gnassingbé, au dernier congrès du RPT, il avait fait allusion à certains barons qui l’entourent et qui, aux yeux de plusieurs observateurs ne pouvaient pas lui laisser la main libre pour gérer ce pays selon sa vision. Il est vrai qu’il n’avait pas nommément cité ces barons mais les actes que certains posent autour de lui sont une preuve patente que Faure a de sérieuses difficultés à gérer ces vieux loups insatiables.

Parmi eux, un ancien Ministre de la Communication et de la Formation civique. Ce dernier fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. Bien qu’il soit déjà admis à la retraite, il veut toujours être aux affaires et voudrait se comporter comme au bon vieux temps de feu Président Eyadéma où il était écouté malgré ses dérives. L’homme, pour ceux qui le connaissent a toujours nourri une haine viscérale contre ceux qui n’ont pas la même vision politique que lui. Considéré à tort ou à raison comme l’un des fidèles collaborateurs de feu Président Eyadéma, ce Ministre a toujours abusé de la confiance placée en lui pour écraser les autres surtout ses confrères journalistes.

            Aujourd’hui, après la nomination de l’actuel Directeur de la TVT, M. Kouessan Yovodévi, il ne cesse de multiplier les tracts dans les boîtes des confrères de la presse privée pour salir celui qu’il considère comme opposant. L’objectif est de faire sauter Yovodévi de la TVT. Il n’a jamais digéré que celui qu’il appelle opposant prenne les rênes d’une boîte aussi sensible que la TVT. Nous ne saurions dire si le Président Faure Gnassingbé est au courant de ces coups bas et des difficultés qu’il crée aux autres. Des informations qui circulent autour de cet ancien Ministre de la Communication, il ressort que les jours de Yovodévi sont comptés à la tête de la TVT. Pour en savoir plus, nous avons tenté, en vain, de joindre l’intéressé. Mais ce qui est cependant vrai, ces tracts circulent et sont destinés à le détruire.

L’incident de Kara

            Oubliant que Eyadéma est mort et que, avec le fils (Faure), c’est une nouvelle ère, cet ancien Ministre de la Communication aurait voulu dicter aux forces de l’ordre à Pya son veto. Mal lui en prit. Nos frères en treillis ne se sont laissés influencer.

            Le Ministre aurait été remis à sa place et renvoyé comme un vulgaire imposteur alors qu’il refusait d’entendre raison. C’était le 05 février dernier, lors du 2e anniversaire de la mort d’Eyadéma, à Pya. Que s’était-il passé ?

            En effet, juste après la messe, les autorités et une partie de la famille Gnassingbé se sont retirées pour visiter le caveau familial où se trouvait le corps de l’illustre disparu. Même toute la famille Gnassingbé n’était pas autorisée à envahir les lieux. Des ordres formels et des consignes stricts ont été donnés à l’entrée pour mettre fin à tout désordre et filtrer les visiteurs. Mais c’est alors que cet ancien Ministre de la Communication et de la Formation Civique qui n’était pas sur la liste, arriva sur les lieux et voudrait s’imposer, « Vous ne me connaissez pas ? Je suis Ministre et membre de la famille. Vous voudriez bien me laisser passer ? » aurait-il déclaré.

            Malgré toutes les explications qui lui auraient été fournies, celui-ci ne voulait rien comprendre. Sur les entrefaits, il a été repoussé et jeté dehors. Voilà contée la mésaventure d’un Ministre trop zélé qui se croit toujours au temps d’Eyadéma et qui veut continuer à tout briser sur son passage.

            Il convient de rappeler que d’après nos sources, il n’a jamais digéré son départ du Ministère de la Communication et le sort à lui réservé par les fils du « vieux » qui traite plutôt avec les jeunes que les barons qui ont toujours pris leur père en otage.

            Ancien Ministre de la Communication, il veut revenir à la TVT. Qui est-il ? Imagiez vous-mêmes.

AMOUZOUVI

 
Pourquoi Me Agboyibo était à Pya

Le deuxième anniversaire de feu Président Eyadema, celui qui a présidé aux destinées du Togo pendant 38 ans et qui a marqué le pays de son sceau, a été célébré à Pya, son village natal (localité située à plus de 400 Km au Nord du Togo) sans grand protocole. La messe qui constitue l’élément clé de la manifestation à laquelle ont pris part les autorités administratives, militaires, religieuses et toute la population a été dite dans un temps raisonnable, ce qui a permis à la plupart des invités de repartir le même jour et de rejoindre leur lieu de travail, le lendemain.

La présence du Premier Ministre AGBOYIBO

Comme on pouvait s’y attendre, la présence de Me Yawovi AGBOYIBO, Premier Ministre issu de l’Accord Politique Global, à cette célébration, est diversement appréciée.

            Pour certains, M. AGBOYIBO qui avait refusé de prendre part à la célébration du 13 janvier dernier ne devrait pas participer à l’anniversaire marquant la mort d’Eyadema. Ceux-ci soutiennent que, du moment où il avait refusé de prendre part aux cérémonies marquant les obsèques du Président défunt en 2005 à Lomé et à Kara, Me AGBOYIBO ne devrait pas aller à son anniversaire. Me AGBOYIBO se contredit dans ses prises de position » ont déclaré ceux qui soutiennent cet avis. Certains même ont trouvé du mil à moudre et se proposent dans les jours à venir, d’entreprendre une campagne de dénigrement contre le Premier Ministre, avant et pendant les prochaines élections législatives de juin 2007. Les Etats majors de certains partis politiques se préparent activement pour détruire celui qui, à leurs yeux, ne méritait pas la primature. Me AGBOYIBO ne devrait donc pas être surpris de voir certains individus en mission commandée dans les fermes et hameaux, pour faire des commentaires tendancieux sur son parti. Des thèmes de campagne comme « Me AGBOYIBO, un traître ; pourquoi Me AGBOYIBO ne méritait pas la Primature ; Me AGBOYIBO, c’est le RPT. Me AGBOYIBO a fait une alliance avec le RPT… » sont entre autres, des thèmes de campagne en perspective contre le CAR et son Président. Des tracts confectionnés par ses détracteurs circulent déjà à Lomé et à l’intérieur du pays.

            Face à ces propos, la question reste de savoir si la présence de Me AGBOYIBO, à la célébration de l’anniversaire de feu Président Eyadéma est justifiée ou non.

            Pour certains observateurs, la célébration du 13 janvier et l’anniversaire de feu Président Eyadéma ne sont pas les mêmes. Il s’agit selon eux, de deux anniversaires, l’un aux antipodes de l’autre : le premier est au centre de toutes les controverses et est une fête qui a toujours divisé les Togolais alors que pour le second- la mort du Président Eyadéma – le bon sens voudrait que si on a un adversaire politique en face qu’on combat, le jour où il meurt, on lui rende hommage. Ceux qui défendent cette philosophie soutiennent qu’il faut faire une différence entre adversaire et ennemi. L’opposition togolaise est un adversaire politique du RPT. L’opposition togolaise a donc le droit de rendre hommage au Président défunt du RPT qui a quitté, pour toujours, le monde des vivants. C’est en cela que l’acte posé par le Professeur Gnininvi leader de la CDPA le jour des obsèques de feu Président Eyadéma a été compris. Il est vrai que Me AGBOYIBO, leader du CAR ne l’avait pas fait. Mais, si aujourd’hui Me AGBOYIBO, Premier Ministre de tous les Togolais, après examen de conscience, trouve qu’il faut répondre à l’invitation qui lui a été adressée au sujet de l’anniversaire de la mort d’Eyadéma, personne ne doit s’en offusquer. Pour l’apaisement, et pour des raisons d’éthique, Me AGBOYIBO serait mal compris s’il déclinait cette invitation.

            La gestion d’un pays est aussi et avant tout, une question de confiance. AGBOYIBO n’a pas démérité en allant à la célébration du 2ème anniversaire de son adversaire politique, feu Président Eyadéma. Seuls ses détracteurs qui n’ont rien à faire peuvent trouver matière à le diaboliser. Mais en démocratie, chacun est libre de dire ce qu’il pense. Le débat contradictoire n’est pas interdit. Nous osons croire qu’aujourd’hui, AGBOYIBO doit rompre avec la politique du « qu’en dira-t-on » pour agir plutôt selon sa conscience, sa philosophie politique. Il doit faire des choix et les assumer, dans le sens de la recherche de voies et moyens pour sortir le pays de la crise.

            Il est permis au chien d’aboyer. Mais au même moment la caravane doit passer.

AMOUZOUVI

 
 
 

 

Job.com

 
 
 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved