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Dans tous les secteurs de la boîte, on en
parle. Certains – ceux qu’il a piétinés, avec joie, et
d’autres – ceux qu’il a favorisés avec amertume parce
qu’ils ne bénéficieront plus de ses largesses.
Dans tous les cas, celui que certains
appellent affectueusement l’indéboulonnable FARE est
enfin déboulonné.
Il part le 1er mars 2007 pour une
autre fonction à l’UEMOA. Nommé le 20 janvier 2007 selon
le site de l’UEMOA (lire en encadré la décision), par le
Président Mamadou Tandja, Faré remplacera le togolais
Tchaa Kozah Tchalim, Commissaire à l’UEMOA chargé du
Département de l’Aménagement du Territoire
Communautaire, des Infrastructures, des Transports et
des Télécommunications
C’est
lui au titre de la République togolaise, que le musulman
pratiquant Faré va remplacer.
Pour certains observateurs, Faré a eu une
promotion. Mais pour d’autres, il s’agit plutôt d’un
garage. Il aurait été sorti par le haut. Vrai ou faux.
Nous ne saurions le dire.
Qui
est Faré ?
Né en
1952 dans une localité proche de Sokodé, dans le centre
du Togo, Kpandja Ismail Binguitcha-Faré est ingénieur en
génie civil avec une spécialisation en énergie
hydraulique obtenue à l’Université de Lavalan Canada. Il
a fait ses études secondaires au Lycée de Sokodé. A
l’époque, il n’y avait pas beaucoup d’établissements de
ce type au Togo.
Après
son baccalauréat série C (Mathématiques) en 1970, il
obtient une bourse d’études pour le Canada. Six ans plus
tard, il retourne au Togo nanti du diplôme d’ingénieur.
Il entre en 1977 à la Direction de l’hydraulique. Il en
devient par la suite, Directeur Régional puis Chef de
Division.
En
1985, il est nommé directeur de cabinet du ministre de
l’Equipement.
Six
ans plus tard, il entre au gouvernement comme Ministre
de l’Environnement sous le régime de la transition.
Il
sera, par la suite, Ministre du Travail, de l’Emploi et
des Affaires Sociales de 1994 à 1995.
Après
avoir quitté le gouvernement, il est nommé, en janvier
1996, Directeur Général de la Régie Nationale des Eaux
du Togo (RNET).
C’est
donc depuis onze (11) ans que cet homme a géré cette
société d’Etat qui a normalement pour mission principale
d’approvisionner en eau potable les agglomérations
urbaines sur l’ensemble du pays. Elle a également pour
mission de s’occuper normalement des eaux usées.
Cette
société créée le 15 janvier 1964 au capital de 252
millions avait réalisé dans les années 1998, un chiffre
d’affaires de 5 milliards de F CFA.
Au vu
de cette donnée, personne ne pouvait imaginer que la
situation de la trésorerie de cette société pouvait être
aussi sombre aujourd’hui.
Une
gestion chaotique
Au vu du montant de la dette accumulée
aujourd’hui par la Togolaise des Eaux, nombreux sont les
observateurs qui pensent que cette entreprise a été mal
gérée. Il suffit de calculer le nombre de personnes qui
achètent l’eau par jour, le tout multiplié par le coût
d’un mètre cube d’eau (300 F en moyenne) pour s’en
convaincre. La Régie des Eaux doit en fait réaliser un
chiffre d’affaires très faramineux.
Malheureusement, tout porte à croire que
tout est parti à une destination inconnue. Certains
n’hésitent pas à dire que le Directeur Général Faré a
tout mis dans sa poche et qu’il a géré de manière
chaotique et d’une main de fer doublée d’un règlement de
compte la Régie. Vrai ou faux ?
Seul un audit commandité en bonne et due
forme sans complaisance peut nous situer.
Nous savons cependant, avec précision, que
la situation de la trésorerie de la TDE est sombre, très
sombre. Cela a même abouti à des saisies-arrêts des
comptes courant et des comptes spéciaux de la TDE.
Il faut préciser qu’à la veille des saisies
arrêts des comptes de la TDE en décembre dernier, un
mois avant la nomination de Faré à l’UEMOA, tous les
comptes (comptes courants et comptes spéciaux de la TDE)
présentaient des soldes créditeurs. Nous savons
également les mouvements intervenus sur certains comptes
depuis la saisie jusqu’à la main levée.
Une autre précision, c’est que la Direction
Générale des Impôts seule réclame, par Mise en Demeure
émise en décembre 2006, une somme de plus de Huit
Cent Millions (800.000.000) F CFA au titre
d’arriérés d’impôts. Cette Mise en Demeure, selon nos
informations, serait cumulée en décembre dernier en
saisies-arrêts sur tous les comptes bancaires ouverts au
nom de la TDE.
Dans un tout autre registre il nous a été
rapporté que des créanciers dont la CEET ainsi que
d’autres seraient derrière la TDE et son directeur pour
réclamer leur dû. Comment en est-on arrivé là ? Nous
reviendrons dans nos prochaines livraisons sur cet
aspect.
Mais d’ores et déjà, il faut saluer l’action
du Président de la République qui, dans son programme de
gouvernement, avait insisté sur la bonne gouvernance et
une gestion saine de la chose publique.
Dès son arrivée au pouvoir, il a commencé à
dégager progressivement ceux qui ont trop duré à la tête
des sociétés d’Etat en général et surtout ceux qui ont
fait de ces sociétés leur patrimoine familial ou leur
vache à lait.
Après donc Bakali (Douanes), Béléyi (Port
Autonome de Lomé), c’est au tour de Faré de quitter la
TDE.
A priori, on peut conclure qu’il s’agit
d’une promotion. Mais en réalité, il s’agit selon
plusieurs observateurs, d’un moyen subtil utilisé par
les autorités togolaises qui l’ont proposé pour le
sauter finalement et céder sa place à un autre.
L’homme, Faré a fait beaucoup parler de lui
en restant trop longtemps à la tête de la Régie des Eaux
du Togo. 11 ans à la tête d’une société d’Etat, c’est
trop !
Il est désormais temps que des mesures
idoines soient prises pour qu’un Directeur de société ne
reste plus aussi longtemps là où il est nommé. C’est
aussi et surtout ce qu’on appelle la bonne gouvernance.
AMOUZOUVI |