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La Trompette

30 juin 2006

[ 001: du 29 juin 2006]

Les raisons du report du concert de Tiken Jah Fakoly : Interdiction politique et alibi de musiciens s’entremêlent !
 
 
 

Samedi dernier, les adeptes du rastafarisme et les mordus de la musique engagée se préparaient à savourer le concert largement relayé sur les médias de l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly. Une heure juste avant le début du show, on annonce son annulation. Les interrogations se mirent à trotter dans les méninges et à qui mieux mieux, on s’en est soulagé avec un motif, aussi fallacieux soit il. Et pourtant ces rumeurs ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Les spectateurs loméens se sont bousculés d’avant les guichets d’achat de tickets pour le concert de Tiken Jah qui était prévu sur le stade municipal de Lomé. Tout était au point, jusque dans la matinée. Le comité d’organisation nous a confié vers midi que rien ne pouvait empêcher ce concert puisque tous les musiciens et tous les artistes étaient dans la capitale. L’artiste lui-même ne manquait pas de rassurer ses fans sur les médias de l’imminence du concert qui promettait la chaleur, la satisfaction était d’avance sur rendez-vous. Notre équipe de reportage dépêchée sur le lieu du concert était revenue confirmer la tenue de la fête quand brusquement de rumeur en clameur, on entendit l’artiste lui-même annoncer l’annulation du concert.

Il s’exprimait en ces termes : « celui à qui on a confié les sous pour la fourniture des billets aux musiciens s’est barré avec l’argent » En terme clair, il y a eu sabotage à un niveau donné.  L’argent a été détourné par l’un des organisateurs, les contours de ce trafic n’ont point été élucidés. Cette fausse sortie  de Tiken Jah Fakoly a créé un remue ménage dans la population qui n’a rien compris de cette confusion organisée. Des sources concordantes l’arrivée du reggae man ivoirien n’avait point tranquillisé les autorités togolaises. Tout le monde lui connaît le ton de dénonciation de la dictature, des élections volées à urnes trouées ou volées comme au Togo, et les fils du feu Général Eyadéma n’ont sans doute pas oublié l’attaque personnelle qu’il a faite sur les ondes de RFI au moment où le Général régnait encore dans ses gloires de dictateur. A plusieurs reprises, l’artiste a tenté de mettre pied au Togo sans succès.

Maintenant, qu’une occasion à risque lui est permise, il n’a pas comme à l’accoutumée retenu sa langue dans tous ses passages. Il a proclamé au Centre Culturel  Français son style engagé. Il n’a point cessé de crier haro sur les voleurs de la République et les assassins de la nation.

C’est pourquoi pour mettre fin à tout cela, il a été annulé avec des pressions souterraines le concert de Tiken Jah Fakoly.

L’artiste pour sauver sa tête a dû inventer l’alibi et promet les vraies raisons au moment opportun.

Les personnes avisées par les motifs réels de cette annulation ont compris que rien n’a changé au Togo. Le fils ne peut jamais ressembler à toute autre personne que le père et on ne peut qu’accomplir la mission que dans la logique de ce dont on a hérité. Et c’est dommage pour la culture togolaise qui s’illustre brillamment de façon négative sur l’échiquier international.

S. Jennifer

 

 

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