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Samedi
dernier, les adeptes du rastafarisme et les mordus
de la musique engagée se préparaient à savourer le
concert largement relayé sur les médias de l’artiste
ivoirien Tiken Jah Fakoly. Une heure juste avant le
début du show, on annonce son annulation. Les
interrogations se mirent à trotter dans les méninges
et à qui mieux mieux, on s’en est soulagé avec un
motif, aussi fallacieux soit il. Et pourtant ces
rumeurs ne sont que la partie visible de l’iceberg.
Les
spectateurs loméens se sont bousculés d’avant les
guichets d’achat de tickets pour le concert de Tiken
Jah qui était prévu sur le stade municipal de Lomé.
Tout était au point, jusque dans la matinée. Le
comité d’organisation nous a confié vers midi que
rien ne pouvait empêcher ce concert puisque tous les
musiciens et tous les artistes étaient dans la
capitale. L’artiste lui-même ne manquait pas de
rassurer ses fans sur les médias de l’imminence du
concert qui promettait la chaleur, la satisfaction
était d’avance sur rendez-vous. Notre équipe de
reportage dépêchée sur le lieu du concert était
revenue confirmer la tenue de la fête quand
brusquement de rumeur en clameur, on entendit
l’artiste lui-même annoncer l’annulation du concert.
Il
s’exprimait en ces termes : « celui à qui on a
confié les sous pour la fourniture des billets aux
musiciens s’est barré avec l’argent » En
terme clair, il y a eu sabotage à un niveau donné.
L’argent a été détourné par l’un des organisateurs,
les contours de ce trafic n’ont point été élucidés.
Cette fausse sortie de Tiken Jah Fakoly a créé un
remue ménage dans la population qui n’a rien compris
de cette confusion organisée. Des sources
concordantes l’arrivée du reggae man ivoirien
n’avait point tranquillisé les autorités togolaises.
Tout le monde lui connaît le ton de dénonciation de
la dictature, des élections volées à urnes trouées
ou volées comme au Togo, et les fils du feu Général
Eyadéma n’ont sans doute pas oublié l’attaque
personnelle qu’il a faite sur les ondes de RFI au
moment où le Général régnait encore dans ses gloires
de dictateur. A plusieurs reprises, l’artiste a
tenté de mettre pied au Togo sans succès.
Maintenant, qu’une occasion à risque lui est
permise, il n’a pas comme à l’accoutumée retenu sa
langue dans tous ses passages. Il a proclamé au
Centre Culturel Français son style engagé. Il n’a
point cessé de crier haro sur les voleurs de la
République et les assassins de la nation.
C’est pourquoi pour mettre fin à tout cela, il a été
annulé avec des pressions souterraines le concert de
Tiken Jah Fakoly.
L’artiste pour sauver sa tête a dû inventer l’alibi
et promet les vraies raisons au moment opportun.
Les personnes avisées par les motifs réels de cette
annulation ont compris que rien n’a changé au Togo.
Le fils ne peut jamais ressembler à toute autre
personne que le père et on ne peut qu’accomplir la
mission que dans la logique de ce dont on a hérité.
Et c’est dommage pour la culture togolaise qui
s’illustre brillamment de façon négative sur
l’échiquier international.
S. Jennifer |