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La Trompette

30 juin 2006

[ 001: du 29 juin 2006]

Persistance de la crise togolaise : Quelle politique pour le Togo et quels hommes politiques pour les togolais ?
 
 
 

La crise politique au Togo perdure et les togolais semblent l’avoir intériorisé et tous, on se plaint à voix basse ou pire on fait avec. Il est aujourd’hui urgent de bâtir le Togo de la nécessité. Il s’agit de s’organiser non par des mots mais par des faits, des actes non pour des concerts de tam-tam mais pour sauver le togo. Que de désordre  verbal ! On parle de développement dans un pays où il existe tout sauf de développement de progrès là où le déclin est manifeste et l’on qualifie de courageux un peuple qui consacre le plus clair de son temps à tirer le diable par la queue pour survivre ?  Comment peut-on parler de développement et de progrès lorsqu’on transforme la jeunesse, force vive de la nation, la relève de demain en une meute de mendiants courant les rues ou lorsqu’on les embrigade et les intoxiques de slogans creux ?

Comment peut-on parler de progrès et de développement lorsqu’on fait des enseignants, les éducateurs de la cité, les parias de la société ?

Le Togo apparaît aujourd’hui anémié plus malade que jamais, une vedette tristement célèbre des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

 Si au lendemain des 40 ans de souveraineté nationale, le Togo apparaît comme un bébé apprenant à marcher il est en passe de devenir un paralytique qui ne marchera pas.

A qui la faute ? Le Togo est simplement malade de ses dirigeants et malade de la mauvaise gestion des affaires de la cité ?

La terreur et la repression comme principe de gouvernement conduit au gel des idées ; c’est-à-dire à celui des initiatives et des intelligences. Si les dirigeants togolais veulent des citoyens, qu’ils ne fassent pas de leur peuple des esclaves un peuple qui vit dans la terreur permanente un peuple atrophié. Le rôle d’un Etat digne de ce nom n’est pas d’entretenir la peur.

A voir aujourd’hui le flou qui entoure le dialogue inter togolais, le cynisme politique auquel s’offre les uns et les autres nous donnent l’impression que le chemin de croix des togolais se poursuivra pour longtemps. Si la politique est la gestion des affaires de la cité, la morale ne doit pas lui être étrangère. La politique après tout doit voir une dimension éthique

La démocratie est autant un acte de courage que devoir de vérité, de transparence de justice. Elle exige de dominer ses propres pulsions, de vaincre son petit orgueil pour considérer l’autre et les autres. Personnes n’a le monopôle de la vérité. La démocratie implique la notion de la liberté et du respect. Elle est dépassement de soi. Elle est gage d’intégrité morale.

C’est toute la classe politique togolaise d’aujourd’hui qui fait problème : un pouvoir qui refuse toute reforme ou mieux tout changement, une opposition menée par des divisions internes et des règlements de compte permanents.

Dans ces conditions, il ne s’agit pas de changer d’hommes ou de gouvernement pour changer la société et promouvoir l’homme togolais nouveau. Il faut que chaque structure politique, chaque cellule administrative, chaque cellule sociale éclairée devienne pédagogue de la démocratie en elle et autour d’elle avec la finalité d’élaborer un projet de société qui prenne en compte l’homme et tout l’homme, qui le place au centre de toutes ses préoccupations, qui en fasse la raison ultime de tout acte politique. La classe politique entière du Togo doit aller à l’école de la démocratie. Les partis politiques ont failli à leur mission d’éducation de leurs membres. Les dérives des militants de tous bords lors des élections en disent long. La mission d’agrégation des intérêts de la population est ignoré des partis politiques au point que le togolais estime que l’homme politique ne se soucie que de sont ventre. Vrai ou faux ?... Dans tous les cas les querelles politiciennes ont vidé la politique de son contenu et de ses projets, la réduisant au jeu des dimensions internes, des alliances et des opportunismes.

A force de ne montrer que les jeux de la politique, on en oublie les enjeux qui existent pourtant bel et bien. Le risque est alors grand de couper les citoyens et surtout les plus jeunes de la réalité des problèmes sociaux économiques et politiques à traiter. La politique s’apparente aujourd’hui aux yeux des togolais comme le domaine des sans scrupules n’ayant pas d’approbation de l’opinion nationale.

Il y a plus de respect dans  un match de football qu’en politique. Si la classe politique ne changeait pas de voie, il faudrait continuer de se poser la question : où va le Togo ?

Le Togo et les togolais ont besoin aujourd’hui d’un nationaliste, d’un patriote près à mouiller sa chemise ou sa robe pour la cause nationale même au péril de sa vie, un dirigeant à l’écoute de peuple. Loin de nous toute idée de faire un procès de la classe politique togolaise. Mais notre préoccupation est de continuer par jouer notre rôle de geôlier de la cité, de sonner l’alerte avant que le pire n’arrive.

Georges – Bondoway

 

 

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