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La
crise politique au Togo perdure et les togolais
semblent l’avoir intériorisé et tous, on se plaint à
voix basse ou pire on fait avec. Il est aujourd’hui
urgent de bâtir le Togo de la nécessité. Il s’agit
de s’organiser non par des mots mais par des faits,
des actes non pour des concerts de tam-tam mais pour
sauver le togo. Que de désordre verbal ! On parle
de développement dans un pays où il existe tout sauf
de développement de progrès là où le déclin est
manifeste et l’on qualifie de courageux un peuple
qui consacre le plus clair de son temps à tirer le
diable par la queue pour survivre ? Comment peut-on
parler de développement et de progrès lorsqu’on
transforme la jeunesse, force vive de la nation, la
relève de demain en une meute de mendiants courant
les rues ou lorsqu’on les embrigade et les
intoxiques de slogans creux ?
Comment peut-on parler de progrès et de
développement lorsqu’on fait des enseignants, les
éducateurs de la cité, les parias de la société ?
Le
Togo apparaît aujourd’hui anémié plus malade que
jamais, une vedette tristement célèbre des
violations des droits de l’homme et des libertés
fondamentales.
Si au lendemain des 40 ans de souveraineté
nationale, le Togo apparaît comme un bébé apprenant
à marcher il est en passe de devenir un paralytique
qui ne marchera pas.
A
qui la faute ? Le Togo est simplement malade de ses
dirigeants et malade de la mauvaise gestion des
affaires de la cité ?
La
terreur et la repression comme principe de
gouvernement conduit au gel des idées ; c’est-à-dire
à celui des initiatives et des intelligences. Si les
dirigeants togolais veulent des citoyens, qu’ils ne
fassent pas de leur peuple des esclaves un peuple
qui vit dans la terreur permanente un peuple
atrophié. Le rôle d’un Etat digne de ce nom n’est
pas d’entretenir la peur.
A
voir aujourd’hui le flou qui entoure le dialogue
inter togolais, le cynisme politique auquel s’offre
les uns et les autres nous donnent l’impression que
le chemin de croix des togolais se poursuivra pour
longtemps. Si la politique est la gestion des
affaires de la cité, la morale ne doit pas lui être
étrangère. La politique après tout doit voir une
dimension éthique
La
démocratie est autant un acte de courage que devoir
de vérité, de transparence de justice. Elle exige de
dominer ses propres pulsions, de vaincre son petit
orgueil pour considérer l’autre et les autres.
Personnes n’a le monopôle de la vérité. La
démocratie implique la notion de la liberté et du
respect. Elle est dépassement de soi. Elle est gage
d’intégrité morale.
C’est toute la classe politique togolaise
d’aujourd’hui qui fait problème : un pouvoir qui
refuse toute reforme ou mieux tout changement, une
opposition menée par des divisions internes et des
règlements de compte permanents.
Dans ces conditions, il ne s’agit pas de changer
d’hommes ou de gouvernement pour changer la société
et promouvoir l’homme togolais nouveau. Il faut que
chaque structure politique, chaque cellule
administrative, chaque cellule sociale éclairée
devienne pédagogue de la démocratie en elle et
autour d’elle avec la finalité d’élaborer un projet
de société qui prenne en compte l’homme et tout
l’homme, qui le place au centre de toutes ses
préoccupations, qui en fasse la raison ultime de
tout acte politique. La classe politique entière du
Togo doit aller à l’école de la démocratie. Les
partis politiques ont failli à leur mission
d’éducation de leurs membres. Les dérives des
militants de tous bords lors des élections en disent
long. La mission d’agrégation des intérêts de la
population est ignoré des partis politiques au point
que le togolais estime que l’homme politique ne se
soucie que de sont ventre. Vrai ou faux ?... Dans
tous les cas les querelles politiciennes ont vidé la
politique de son contenu et de ses projets, la
réduisant au jeu des dimensions internes, des
alliances et des opportunismes.
A
force de ne montrer que les jeux de la politique, on
en oublie les enjeux qui existent pourtant bel et
bien. Le risque est alors grand de couper les
citoyens et surtout les plus jeunes de la réalité
des problèmes sociaux économiques et politiques à
traiter. La politique s’apparente aujourd’hui aux
yeux des togolais comme le domaine des sans
scrupules n’ayant pas d’approbation de l’opinion
nationale.
Il
y a plus de respect dans un match de football qu’en
politique. Si la classe politique ne changeait pas
de voie, il faudrait continuer de se poser la
question : où va le Togo ?
Le
Togo et les togolais ont besoin aujourd’hui d’un
nationaliste, d’un patriote près à mouiller sa
chemise ou sa robe pour la cause nationale même au
péril de sa vie, un dirigeant à l’écoute de peuple.
Loin de nous toute idée de faire un procès de la
classe politique togolaise. Mais notre préoccupation
est de continuer par jouer notre rôle de geôlier de
la cité, de sonner l’alerte avant que le pire
n’arrive.
Georges – Bondoway |