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La Trompette

7 juin 2007

[ No 27 : du 2 juin 2007]
Réforme de la Cour Constitutionnelle Que cache la désignation de Me Beby Olympio par le Chef de l’Etat ?

Par décret présidentiel signé le 1er juin 2007, sont désignés membres de la Cour Constitutionnelle, Mlle Ablavi Mewa Mohoueto, M. Lucien Bebi Olympio et le Chef Adoboli Yao Gassou IV de Notsè. Cette désignation du Chef de l’Etat aux lendemains de celle opérée par l’Assemblée RPT se situe dans le cadre de la réforme de la Cour Constitutionnelle, recommandée par l’Accord Politique Global du 30 août 2006.

Si 3 des 6 membres désignés par le Parlement sont contestés par l’Union des Forces de Changement l’UFC de Gilchrist Olympio au motif qu’ils ne répondent pas aux critères de professionnalisme, de crédibilité et d’indépendance d’une part, et si le GF2D dénonce entre autre, l’absence de femmes au sein des membres désignés par l’Assemblée les trois membres désignés par le Chef de l’Etat semblent à priori répondre aux aspirations des uns et des autres puisque tenant compte du genre féminin en nommant une femme sur 3 membres et en faisant l’effort d’éviter que les deux autres membres soient des personnalités à controverse. Autrement aucun des membres désignés par le Chef de l’Etat ne traîne de casseroles. Pour ce qui est du Chef Adoboli Yao Gassou  personne ne se fait d’illusion sur son appartenance politique.

            Mais là où le bât blesse, c’est le choix porté par le Chef de l’Etat sur Me Beby Olympio qui est perçu à tort  ou à raison comme une manœuvre tendant à mettre en mal celui qui passe pour le principal opposant au régime RPT, Me Gilchrist Olympio.

            D’abord Me Olympio Beby passe pour un membre influence de l’UFC, ensuite il serait le conseil de la famille de Gilchrist Olympio enfin cette désignation intervient à un moment où l’UFC s’emploi à contester un certains membres de décisions liées à la mise en œuvre de l’Accord Politique Global.

            Que pourra Me Lucien Beby Olympio contre les affidés du RPT dont regorge le groupe des six désignés par l’Assemblée nationale et qui ont fait par le passé leur preuve dans la validation des résultats frauduleux ? Le Président Faure Olympio, ne va-t-il pas au finish instrumentaliser Me Lucien Beby Olympio comme son papa feu président Eyadema avait utilisé Harry Olympio ? Avec toutes ses facultés intellectuelles morales sa conviction politique et la vision qu’il se fait de la lutte pour le changement aura-t-il les seins assez solides pour assumer sans parti pris la mission qui lui est dévolue ? Telles sont les questions qui alimentent les débats dans les milieux politiques depuis la désignation des trois membres devant siéger à la Cour Constitutionnelle par le Chef de l’Etat.

            D’aucuns voient à travers l’acte du Chef de l’Etat, un désir d’ouverture politique dans le but d’accompagner la dynamique du changement en branle dans notre pays depuis quelques temps. Pour d’autres, Faure Gnassingbé essaie tout simplement de se moquer de l’opposition, entendu que par sa désignation, le Parlement a déjà placé les boys scouts dont le RPT a besoin pour ses ménages. Ceux-ci fondent leur position sur le fait que les jeux sont déjà faits au niveau de la Cour Constitutionnelle et que les Togolais ne doivent pas attendre des miracles de ce côté-là.

            Pour l’heure, les réactions des partis politiques et des organisations de la société civile qui ne sont pas encore enregistrées et ne tarderont pas à fuser de tous côtés. Et les regards sont tournés en direction de l’UFC qui ne manquera pas de donner son appréciation des choses. De toute évidence, le président Faure Gnassingbé vient de manifester un signe fort d’apaisement du jeu politique à travers sa désignation. Mais force est de constater que la crise demeure et au sein de l’opinion la question reste posée : que cache la désignation par le Chef de l’Etat de Me Lucien Beby Olympio ? L’avocat d’après des propos recueillis, serait désigné par l’Assemblée nationale et cela ne susciterait pas tant d’interrogations 

Francis

 
Affaire Moevi - Martial – Akakpo : L’Apôtre de bonne gouvernance s’en prend aux journalistes

Parmi les sujets qui défraient la chronique, il y a incontestablement cette rocambolesque affaire de gros sous, pétrie de boue juridique et politique qui oppose Me Martial Akakpo, Avocat à la Cour de Lomé et Rémi Moèvi, Employé à la Société SAGA à Paris. C’est d’abord cette retentissante gifle assenée à Rémi Moèvi par Me Martial Akakpo à son Cabinet sis au quartier des Etoiles voici quelques semaines, qui lève le voile sur cette affaire, vieille de trois ans, qui initialement oppose l’Avocat à un certain Olivier Sokpoh.

L’affaire selon Me Akakpo
Nous sommes en 2004, M. Olivier Sokpoh, Directeur d’une société de location de voiture au Burkina Faso a approché Me Akakpo alors qu’il lui revenait d’offrir ses services pour l’organisation au sommet de l Francophonie. La société « NALISKA » avait pour tâche le transport des participants au Sommet.

            Olivier Sokpoh sollicite donc non seulement ses services pour la couverture juridique de ce marché qu’il venait de remporter, mais également son appui financier.

            Il s’agissait à l’origine d’acheter 1,2,3,….400 voitures Peugeot 607 auprès du fabricant, mais finalement 255 voitures seulement avaient pu être achetées et mises à la disposition de NALISKA par sa redoutable concurrente de plusieurs années, FADHOUL, ceci après de vaines tractations auprès d’Institutions bancaires en France, en Italie entre autre pour pouvoir exécuter le projet.

            C’est donc ici que serait intervenu Rémi Moèvi, agissant pour le compte de Olivier Sokpoh pour « mettre en relation la Société NALISKA et la concurrente FADHOUL financièrement puissante et considérée comme le dernier rempart » selon les dires de l’Avocat.

            Cette affaire comme convenue entre l’Avocat et Rémi Moèvi devrait rapporter plusieurs millions à chaque partie (on parle de 127 millions et plus) puisqu’il s’agit de revendre les voitures après le sommet.

            Nombre de journalistes présents au point de presse tenu au cabinet de l’Avocat, ont trouvé que cette affaire ressemblait à un labyrinthe, tant l’exposé de Me Akakpo les embrouillait. Certains ont même dit qu’il s’agissait d’une tentative de lavage de mémoire des journalistes.

            Selon Me Akakpo, Rémi Moèvi n’agissant qu’en tant que « Médiateur » entre Olivier Sokpoh et le groupe FADHOUL et qu’il n’avait ni de près ni de loin rien à discuter avec lui.

            De sa version des faits, Rémi Moèvi lui aurait réclamé les comptes du deal et l’avait ensuite traité d’escroc. Et c’est alors que partit la gifle.

Olivier Sokpoh, témoin
Selon Olivier Sokpoh, témoin de l’affaire au cabinet, « ….les discussions ont été vives essentiellement entre Me Akakpo et M. Moèvi, entraînant des insultes, d’abord de Me Akakpo – Mes efforts pour ramener le calme ont été vains » Devant le blocage manifeste et l’intransigeance de Me Akakpo de faire la moindre concession sur les comptes qu’il nous a présentés et qui renferment de nombreuses erreurs qu’il a reconnues, M. Moèvi a commencé par ranger ses affaires en déclarant à Me Akakpo qu’il n’incarnait pas des principes de « probité » et qu’il avait un comportement d’escroc. « Qui es-tu pour me parler ainsi » aurait rétorqué l’Avocat, lui demandant dans la foulé de respecter ce qu’il venait de dire. Ce que Rémi Moèvi n’aurait pas hésité à faire. Me Akakpo s’est précipité pour asséner des coups à M. Moèvi » a conclu M. Olivier Sokpoh.

De la reconnaissance d’un acte de violence à un Méa culpa avec réserves
Exposant les faits à la presse vendredi à Lomé, Me Martial Akakpo a déclaré ceci : « Je reconnais avoir administré une gifle à M. Moèvi et qu’il ait été blessé. Je présente mes excuses à ceux qui ont été déçus par la perte de mon sang froid ».

            Mais croyez-moi, ajoute-t-il, j’assume complètement la responsabilité de ma gifle et je la défendrai jusqu’au bout.

            Pour lui, « cette réponse est en Droit une excuse absolutoire » mais de l’Avis de nombreux journalistes présents sur place « Me Akakpo manque d’humilité ». Certains observateurs suggéreront par la suite qu’il soit entendu par un Tribunal comme tout citoyen.

Me Martial Akakpo bientôt à la barre
Présumé coupable de violences volontaires, Me Akakpo tombe sous le coup de l’Article 46 du Code Pénal, lequel article stipule : « Quiconque exerce volontairement des violences sur autrui sera puni de deux  mois à deux ans d’emprisonnement si ces violences ont entraîné pour la victime une incapacité de travail personnel comprise entre dix jours et trois mois ».

Les plus hautes autorités judiciaires saisies de l’affaire.
Le Procureur de la république, lui, aurait demandé aux deux parties de régler le contentieux à l’amiable. Selon certaines sources, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats Alexis Aquérébourou  aurait confié l’affaire au Tribunal pour étude. D’autres sources indiquent cependant qu’aucune  procédure n’est enclenchée.

            Quelle suite sera donnée à cette affaire ? Quelles sont les chances pour M. Moèvi de remporter ce procès qui l’oppose à un avocat et peut-être, qui sait encore, à un collège d’Avocats ?

Me Martial Akakpo a-t-il la bénédiction  des siens ?
L’histoire de la Cour de Lomé a toujours démontré que des Avocats s’unissent pour la défense de la cause d’un des leurs. En témoigne l’Affaire Agbéyomé-Agboyibo et celle qui a opposé Agboyibo à Harry Olympio.

            Cependant, dans le cas d’espèce où il s’agit d’une violence exercée par un Avocat sur un tiers, nombre de collègues et confrères de Martial Akakpo « trouvent regrettable son acte et indigne d’un membre de la corporation ».

            Quoi qu’il en soit, comme les deux précédents célèbres cas qu’a connus le Tribunal de Lomé, la présente ne manque pas de « manifestations politiques ». C’est du moins Me Martial Akakpo lui-même qui l’affirme.

            « Beaucoup savent que je serai candidat dans les Lacs pour les prochaines législatives et des coups de ce genre sont montés contre moi pour me salir. Je connais ajoute-t-il les instigateurs », sans pour autant citer de nom.

Qui en veut à Me Martial Akakpo et pourquoi donc ?
 Si Me Martial Akakpo voit son parcours politique fourché d’épines et de peaux de bananes, son Cabinet d’Avocats serait également la cible de personnes qu’il considère comme « jaloux de ses acquis » et auxquelles il dit être décidé à infliger une sévère correction juridique.

            Dans son collimateur, des politiques et confrères Avocats dont il n’évoque pas les noms, mais surtout des journalistes qui ont fait et qui feront de son affaire leurs choux gras ajoute-t-il.

Martial Akakpo et ses menaces
Les mises en garde de Me Martial Akakpo ont été ressenties au sein de la Corporation des journalistes comme des menaces directes. Ce qui annonce le début d’un sérieux bras de fer entre l’Avocat et ceux qu’il considère comme ses « détracteurs ».


Si nombre d’observateurs voient en cette affaire une importation et une représentation du scénario du célèbre feuilleton brésilien « Cercle de Feu » avec Renatto Villar, nombreux sont ces commentateurs également qui considèrent tout simplement qu’il s’agit d’une « affaire sale, une affaire pourrie ».

Où est passé l’estime de Me Akakpo ?
De sa profession d’Avocat à celle de businessman en passant par ses entreprises politiques et son projet de bonne gouvernance controversé, c’est toute la réputation de Me Martial Akakpo qui se trouve de facto perdue auprès de ses clients.

 En dernière actualité, nous apprenons que suite à la conférence de presse Me Akakpo a été arrêté par la brigade anti gang le vendredi 1er juin sur la base d’un soit transmis délivré par le procureur Bakaï Robert qui brandit une fiche médicale délivrée par la victime Moèvi qui a été giflé. A la première interpellation, l’ITT présentait une incapacité de cinq jours. Mais, curieusement le Procureur lui end une autre fiche médicale (ITT) de dix jours signée par le même médecin et présenté par le même plaignant. Ce qui fait penser au faux et usage de faux.

Dans la journée de vendredi, a lieu une réunion entre le doyen des juges d’instruction M. Wiyao, ministre de la Justice, M. Polo et le Procureur de la République Bakaï pour statuer sur son sort. Il a été déféré à la prison civile de Lomé puis relâché sur pression le dimanche.

Nous reviendrons sur ce dossier en dessous de table et en crocs en jambe destinés à salir la réputation d’un avocat qui lutte contre la mauvaise gouvernance.

La Trompette

 
 
 
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