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La Trompette

28 fevrier 2007

[ No 18 : du 26 fevrier 2007]
L’Université de Lomé à la veille du LMD : Le département d’histoire, la partie visible d’un enseignement en deçà des attentes

L’Université de Lomé (UL), autre fois, Université du Bénin (UB) était appréciée dans toute la sous région et même au delà pour la qualité de son enseignement. Tous les départements regorgeaient d'enseignants pétris de talent.

L’U.L se trouve aujourd’hui à une phase importante de son histoire. Elle se trouve très exactement à la veille de l’adoption du système Licence- Masters- Doctorat (LMD). L’année académique en cours constitue une phase d’expérimentation du système de ‘’semestrialisation’’ des cours. Le LMD est très exigeant pour ce qui est de la qualité de l’enseignement. Or, la qualité est la chose la plus rare qui puisse exister depuis quelques années à l’UL. Si on en croit des observateurs avisés des réalités du terrain.

Il n’y aurait pas de comparaison possible entre l’enseignement d’antan et celui dispensé actuellement. Les cours donnés dans la plupart des départements, laissent beaucoup à désirer. La raison à cette situation est toute simple. Des professeurs qui, autrefois faisaient la fierté de cette Université, sont mis à  la retraite. Leur succession n’aurait pas été prise au sérieux. Ceux qui ont pris leur relève n’auraient pas les compétences nécessaires.

Le département d’Histoire et d’Archéologie illustre très bien ce que nous disons. La situation est catastrophique. Des matières importantes sont confiées à des novices, en majorité des doctorants. C’est le cas notamment des « sources orales », spécialité du professeur Gayibor, désormais confiées au pédant ASSIMA Kpatcha. Ce maître assistant cumule d’autres matières.

Certains professeurs autoriseraient leurs étudiants titulaires d’une maîtrise à corriger les copies de leurs camarades en licence. Toute personne qui connaît bien le département d’histoire sait pertinemment qu’un maîtrisard ne peut rien apprendre à un licencié. C’est pourtant ce qu’on reproche au  professeur TCHAM Badjo qu’autoriserait  un des étudiants qu’il a dirigé en maîtrise, d’évaluer  ceux de la troisième année

C’est ici, le lieu de lancer un cri d’alarme aux autorités en charge de l’éducation dans notre pays. Un défit est lancé ainsi à l’actuel ministre de l’enseignement supérieur M. ADUAYOM, lui-même professeur d’histoire. En attendant une action dans le sens de l’amélioration, au département d’histoire, l’enseignement se trouve en deçà des attentes. Dans nos prochaines parutions nous aborderons d’autres aspects relatifs à ce département.

Amandine

 
Mise en œuvre de l’APG : L’UFC traite au menu l’Accord

* Oui aux avantages électoraux de l’Accord
* Non au passif social
Depuis quelques jours, le communiqué de l’UFC lié à la réponse de cette formation politique à la lettre de la Primature, est au centre des débats dans notre pays où de nombreuses personnes expriment des inquiétudes sur les conséquences de cette guerre de communiqués que se livrent les deux poids lourds de l’opposition togolaise au régime RPT : le CAR et l’UFC. De quoi s’agit-il ?

Le 2ème conseil National de l’Union des Forces de Changement qui a tenu ses travaux dans la salle de conférence  Christ Rédempteur de Brother Home à Lomé sous l’égide de son président national Gilchrist Olympio les 3 et 4 février dernier a, au terme de ses travaux, adressé une série de motions et de recommandations à l’endroit des personnalités et des structures nationales et internationales impliqués dans le processus en cours dans notre pays en les félicitant pour leur implication ou en les exhortant a s’impliquer davantage.

            Dans sa recommandation à l’adresse du chef de l’Etat et du gouvernement, le Conseil National exhorte le gouvernement à adresser en bonne et due forme et sans délai, aux partenaires et bailleurs de fonds, les requêtes en assistance technique et financière du processus électorale ; adresser au conseil de l’Union Européenne, une requête en assistance visant à aider les forces armées et de sécurité à s’abstenir de toute ingérence et de toute entrave au processus électoral en cours et de prendre des dispositions nécessaires, pour veiller à une mise en œuvre rigoureuse transparente et consensuelle de l’Accord Politique Global, en impliquant toutes les parties signataires sans exclusive.

            Dans une lettre en date du lundi 19 février 2007, le Directeur de Cabinet M. Georges K. Aïdam écrit à l’UFC, au nom de Me Agboyibo que « le Premier Ministre constate qu’au cours de la rencontre qu’il a eue avec la presse le 4 février 2007 à l’occasion de son récent séjour à Lomé, votre leader M. Gilchrist Olympio a révélé que son parti a préféré s’abstenir de participer au Gouvernement convenu pour l’exécution des tâches incombant collectivement aux neuf parties signataires de l’Accord politique » : qu’il s’agisse des problèmes relatifs à la protection des électeurs au prochain scrutin législatif  ou des questions liées au quotidien des Togolais : eau, électricité, infrastructures routières, lutte contre la pauvreté etc…

            Dans sa réponse l’UFC se demande pourquoi le Premier ministre se préoccupe du passif social  de 40 ans de règne RPT au Togo : « Le propos est lourd de conséquences. Il amène à s’interroger sur ce que l’UFC ferait au pouvoir en cas de victoires aux législatives ? Les rues impraticables, les dispensaires  en délabrement, ce n’est  pas mon problème, je ne m’en occupe pas, je laisse tout en l’état pour que le RPT s’en occupe le jour où  il gagnerait les élections ? C’est ça ? » déclare un observateur de la scène politique togolaise visiblement stupéfié par une telle insinuation. Est-ce à dire que pour l’UFC et malgré sa présence au pouvoir, il laissera intact le délabrement actuel du pays dans le domaine de l’eau, de l’électricité, d’équipements, de l’éducation ?  La réponse c’est manifestement non. Nul doute qu’elle ne pourra pas tourner le dos à ces problèmes ; elle sera obligée de passer par tous les moyens pour les résoudre.  Mais alors pourquoi il fait croire le contraire aux populations? Pour un militant de notre parti de l’opposition la réponse est claire « on a du mal à comprendre ce genre de calcul politicien qui  consiste pour ce parti à s’accrocher jalousement aux avantages à lui conférés par l’APG et a rejeter dans le même temps la contre partie ».

             Bien entendu, il n’est un secret pour personne que dans la perspective des législatives en vue, l’UFC a occupé ses deux places au sein de la CENI. De même, il a désigné ses représentants pour siéger dans les CELI. Par ailleurs, pour ce qui est des bureaux de votes, elle s’emploie à positionner  ses représentants. Réactions d’un député  « s’il n’y avait pas un passif quel intérêt le RPT aurait à vouloir un dialogue ? S’il a accepté la formation d’un gouvernement de large union, la reforme de l’Armée, la modification du code électoral etc, c’est qu’il avait  pris conscience et lâché sur plusieurs points et toute l’opposition a applaudi ces concessions faites par le RPT » Alors, renchérit notre interlocuteur, « comment peut on prendre tout ce qu’on peut appeler actif partiel d’un régime et dire qu’on remet en cause la contrepartie qui est la cogestion du passif de ce régime ? Cela n’a aucun sens ».

            La grande question que tout le monde se pose est de savoir, pourquoi, Gilchrist ne se préoccupe-t-il pas de la souffrance des togolais et ne s’intéresse qu’aux élections ?

            On se rappelle, il n’y a pas longtemps, interrogé sur quand est ce qu’il va rentrer au Togo, Gilchrist Olympio a répondu en se demandant qu’il va chercher quoi au Togo ? Personne n’était dupe on savait qu’au moment des élections, il réapparaîtra de nouveau pour demander les suffrages des électeurs.     « Notre plus grand souci pour les élections à venir, c’est notre protection » nous confie un jeune militant de l’UFC qui précise : « Chaque fois nous sommes confrontés à toute sorte de brimades sur le terrain, mais très souvent, cependant quand nous nous plaignons à la police et à la gendarmerie, la plainte n’est jamais prise au sérieux. Nous avons été soulagés le jour où nous avons appris que dans le gouvernement d’union nationale, notre parti va siéger et prendre part aux conseils des ministres pour faire valoir la réalité des brimades que nous subissons. Mais, déception, nous ne savons plus à quel saint nous vouer.

Francis  ASSAMOAH

 

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