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La Dépêche

11 Août 20066

[ No 329: du 09 Août 2006]
Normalisation de la Coopération UE-TOGO :  L’UFC perd son dernier cheval de bataille
 
 

M. Gilchrist Olympio, père de l’opposition historique togolaise semble ne rien comprendre du dialogue national tel qu’il se déroule actuellement avec ces histoires de facilitateur ou de médiateur. Ce dialogue était en quelque sorte la dernière chance pour Gilchrist Olympio. Il ne comprend plus vraiment ce qui se passe réellement au Togo puisqu’on lui dit que l’accord politique de base issu du dialogue a été paraphé par sept des neuf parties au dialogue alors que les engagements souscrits à Bruxelles parlaient d’unanimité dans les prises de décisions.

Gilchrist Olympio ne comprend pas pourquoi il a passé son temps à empêcher toute reprise de la coopération européenne tant qu’il n’est pas encore au pouvoir et maintenant on lui annonce que l’Union européenne sur laquelle il comptait ardemment dans sa stratégie du pourrissement de la situation politique et de prise du pouvoir au Togo, vient de débloquer 10 milliards pour notre pays au titre du Stabex du 7e FED. Ne serait-il pas au hasard l’objet d’un vaste complot ?  Sa cause serait entendue.

Enfin, le père de l’opposition historique togolaise ne comprend pas surtout pourquoi après tant d’années de lutte et d’acharnement contre le régime, il n’est pas encore jusqu’ici arrivé au pouvoir. Il comptait ardemment sur le dialogue pour mener un véritable plaidoyer prodomo mais il se rend aujourd’hui compte que ses chances d’accéder un jour au pouvoir paraissent de plus en plus minimes. Tout semble se liguer contre lui et l’empêcher d’atteindre son objectif. Ne tire-t-il pas finalement les marrons du feu ?


Il y a bien longtemps que Gilchrist Olympio devrait tirer les leçons de ses échecs successifs, mais il préfère seulement chercher partout les boucs émissaires qui font son malheur et celui de son parti politique. Hier c’était le président Eyadema qu’il accusait d’être responsable de tous les maux de son parti. Aujourd’hui sa bête noire, c’est Me Agboyibo qui fait le malheur de l’UFC. Celui-ci  est accusé d’avoir dévoyé le dialogue. Mais qu’attendaient les responsables de l’UFC du dialogue ? Peut-être pensaient-ils que les parties au dialogue constituaient une assemblée constituante ? Ils doivent désenchanter. Ni le président de la République ni les partis politiques n’ont de compétence pour modifier la constitution  et  l’UFC le sait bien. Me Agboyibo n’était pas à la tête du bureau du dialogue pour faire la politique de l’opposition radicale, mais pour aider le pays à sortir de la crise. C’est à son actif. Il faut le lui rendre. Il devait le comprendre depuis.

En fait, on comprend pourquoi les responsables de l’UFC ont tendance à s’en prendre à tout au Togo. Ils s’en prennent à l’armée, à la HAAC, à la CENI, à la Cour constitutionnelle. Ils s’en prennent aussi à Louis Michel commissaire de l’UE.  Cela  a permis à l’UE de comprendre la haine dont font preuve nos frères de l’autre terre. On accuse Louis Michel d’être un françafricain. Bref, ils s’en prennent à tout ce qui peut leur faire obstacle sur la route du pouvoir.
Notre constitution fixe au moins un an de résidence continue au Togo pour tout citoyen candidat à la présidence de la République. En Tunisie, tout candidat doit être citoyen tunisien né des parents eux-mêmes tunisiens de souche. Ce qui écarte de nombreux Juifs tunisiens pourtant très dynamiques dans le pays.  Aux Etats-Unis, tout candidat doit être né sur le sol américain. C’est  pour cette raison qu’un éminent homme comme Henry Kissinger n’a pas pu être candidat puisqu’il vient directement en 1933 avec ses parents d’Allemagne qui fuyaient alors les persécutions nazies. Au Congo sous Patrice Lissouba, il faut avoir vécu dix ans consécutifs au pays pour pouvoir faire acte de candidature.

Notre texte fondamental, avons-nous dit, est très libéral et permet à n’importe qui de faire acte de candidature à la présidence de
la République ; il suffit que Nicéphore Dieudonné Soglo vive un an au Togo pour qu’il fasse acte de candidature s’il veut être président de la république au Togo, notre constitution reconnaissant les mêmes droits à tous ceux qui sont nés d’une mère togolaise.

Rien n’empêche donc Gilchrist Olympio de vivre un an seulement au Togo de manière continue. Que fait-il au juste à l’étranger ? Est-il là bas au service de l’Etat ? Quel bénéfice pour le pays lorsqu’il passe son temps entre Paris, Londres et  Accra alors qu’il veut être un jour président de
la République au Togo ? Si jusqu’à présent il n’est pas candidat, il n’a qu’à s’en prendre à sa suffisance et à son arrogance qui ne lui permette  pas de s’adapter aux réalités de son pays.

L’homme cherche à être traité autrement au Togo et passe son temps à médiatiser à chaque fois son retour au pays, une manière de se prendre pour un leader plus populaire que les autres. Il se targue d’être l’homme politique qui n’a pas jusqu’ici serré la main du Président Eyadema. Pourquoi a-t-il serré la main au fils ? Qu’a-t-il gagné en se prenant pour celui qui n’a jamais accepté de négocier avec le président Eyadema et pense-t-il que c’est l’unique voie pour accéder au pouvoir ? On a vu d’autres leaders plus radicaux de par le monde qui finalement n’ont rien gagné dans leur intransigeance.

Gaston Rosigna

 
Journée de la femme africaine : Du bon usage de la polygamie

Faut-il supprimer la polygamie ? La réponse devrait être certainement affirmative si on posait cette question à une jeune fille. Avant tout, il faut rappeler que l’on emploie ici le mot polygamie au sens de polygynie, mariage d’un homme avec plusieurs femmes. En Afrique par exemple, on l’emploie le plus souvent dans ce sens car on n’y connaît pas la polyandrie ou mariage d’une femme avec plusieurs hommes simultanément.

Si un jour, on réussissait à supprimer la polygamie par quoi faudrait-il la remplacer ? Un auteur déclarait tout récemment que « toutes les sciences de l’homme peuvent être mises à contribution pour trouver les raisons d’un système dans lequel l’homme estime qu’une seule femme ne suffit pas à ses sens et que plusieurs sont nécessaires à son bonheur ». Nous y sommes. La polygamie permet à l’homme de se sentir vraiment homme : « Un homme comme Gorgui Mbodj, descendant d’une lignée aussi illustre devrait avoir honte d’être monogame. Il a le devoir de perpétuer son sang par une progéniture convenable», dit un personnage de Cheik Aliou N’Dao. La polygamie fait en quelque sorte «  la valeur d’un homme » et l’on sait que plus un homme possède un nombre impressionnant de femmes, plus il est mieux respecté, du moins mieux craint.

Cela dit, toutes les sociétés humaines reconnaissent en leur sein d’une manière ou d’une autre la pratique de la polygamie. En Europe par exemple, les rapides divorces qui interviennent et quelque temps seulement après le mariage, les fréquents remariages après ces divorces ne sont en réalité, (en tout cas, vus de l’Afrique) que la pratique de la polygamie sous une autre forme. Dans les sociétés occidentales comme partout ailleurs, les princes et les grands seigneurs ont des favorites ; le nanti entretient aussi des maîtresses.

En Afrique, l’on ne fait pas de différence entre une femme dite légitime et une maîtresse. Elles sont toutes les femmes de l’homme qui les entretient. Cela veut dire que si la femme européenne veut sauver son foyer, elle doit faire comme sa sœur africaine qu’elle a parfois tendance à railler ; elle doit en effet fermer chaque fois les yeux sur l’instinct sexuel de l’homme et l’on sait que dès que l’homme sent qu’il commence à tout perdre chez la maîtresse, il devient vite lucide, l’abandonne et rejoint tranquillement le foyer conjugal. Le « principe » du retour de l’enfant prodigue s’applique bien ici.

La polygamie est vouée aux gémonies par les femmes qui la considèrent de nos jours comme un avatar de la société qu’il faut réparer. « J’ai vingt ans. Jamais je ne partagerai mon mari avec une autre femme. Plutôt divorcer… » (Sembene Ousmane  dans Zola). Un polygame raillerait facilement la prétention de cette héroïne. En tout cas dans la société africaine, lorsqu’une femme quitte son mari à cause de l’arrivée d’une rivale, on la laisse partir sans autre forme de procès. On sait qu’elle deviendra d’un moment à l’autre la maîtresse d’un autre homme marié ou si elle a la chance, elle va rencontrer un veuf et derrière la façade de mariage, elle ne devient en réalité que la gardienne d’enfants de son nouveau mari. C’est cela tomber de Scylla en Charybde.


Les débats sur la polygamie semblent être en quelque sorte un tabou, un tabou que les mouvements des femmes les plus virulents et les hommes qui se disent souvent révolutionnaires n’osent jamais aborder du moins publiquement de peur de provoquer çà et là des hilarités condescendantes. « Ah ! entend-on répondre avec un sourire narquois lorsque quelqu’un aborde le sujet en prétendant de surcroît être contre la polygamie. « Avec ces histoires de monogamie, vous n’avez qu’une seule intention : accéder au statut des Européens qui n’hésitent pas une fois en Afrique à faire comme les Africains. On a vu par exemple un Bob Denard devenir musulman aux Comores uniquement pour épouser les femmes qu’il aimait… la Bible ne reconnaît elle pas aussi la pratique de la polygamie ? Elle apprend en effet que le patriarche Abraham avait deux épouses : la mère d’Isaac et celle d’Ismaël. Jacob s’était contenté de deux femmes. (Léa et la belle Rebecca) tandis que Salomon avait battu le record avec ses 300 femmes. Que dire de David, qui ne dédaignait pas chanter des psaumes à Dieu…Avec vos histoires de monogamie vous serez vite déchanté… »

Ainsi comprise, la polygamie  telle qu’on la pratique en Afrique a encore de beaux jours devant elle. Notre fameux code des personnes et de la Famille le reconnaît d’ailleurs d’une manière laconique dans son article 42 : « La loi reconnaît la polygamie et la monogamie. L’option est déclarée par les époux dans les conditions fixées par l’article 52 ». Mais que dit à son tour l’article 52 ?

« La déclaration d’option de monogamie ou de polygamie est souscrite par les futurs époux devant l’officier d’Etat civil au moment de la célébration du mariage… ». Je me demande avec les temps qui courent sur l’infidélité des femmes qu’on constate çà et là, quel l’homme qui serait assez sot pour souscrire une option en faveur de la monogamie, déclare un chauffeur de taxi. Plus on a deux femmes, plus on a toutes chances de ne pas être trompés.

La monogamie n’insiste pas au travail. Dans nos villages par exemple, les champs des polygames sans doute conscients de leurs charges et responsabilités sont souvent bien cultivés tandis qu’on a vu des femmes monogames se plaindre de leur mari paresseux qui passe son temps à boire au lieu d’aller aux champs. D’ailleurs, si les religions occidentales sont en train d’échouer dans leur rôle d’évangélisation en Afrique c’est en partie à cause du problème de la polygamie qu’elles ont essayé de combattre au lieu de comprendre. Une secte religieuse comme Christianisme Céleste a vite compris cette erreur et légalise l’union de toutes les femmes qu’un membre peut en avoir. Cette secte attire donc beaucoup de candidats à la polygamie parmi lesquels on trouve même les intellectuels.

Bref la polygamie est nécessaire pour sauver certaines femmes de célibat il faut reconnaître qu’il n’y a pas de  « vilain garçon » pour une femme. Il suffit seulement que ce vilain garçon lui donne à manger et arrive à lui faire des enfants ; la femme ne demande rien. Qu’un homme choisisse plusieurs femmes, cela est reconnu souhaitable sinon beau nombre de représentantes de beau sexe se seraient morfondues dans le célibat qu’elles n’avaient pas choisi. Théoriquement il y a en principe une femme possible pour chaque homme, en fait cet équilibre sexuel n’est pas assuré.

En premier lieu parce que toutes les femmes ne sont pas également désirables, il y a les laides, les vieilles et les infirmes. En second lieu parce qu’elles n’ont toutes les valeurs économiques (elles sont plus ou moins efficaces). Un auteur constate « que le marché des femmes ressemble à celui du pétrole en temps de guerre. C’est en permanence un marché de produits raréfiés. Il tend donc à se constituer une sorte de régime capitaliste, un petit nombre d’individus accaparant un grand nombre de belles femmes. C’est cela la polygamie. Plus on est riche, plus on peut acheter les femmes en droit et en fait. La polygamie est l’aspect sexuel d’un certain capitalisme. »


Jacques Tom

 
CNDH : Peut-on vraiment changer quelque chose ?
La Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) l’une de nos institutions chargée de défendre nos droits va-t-elle se réveiller  un jour du coma dans lequel elle est depuis longtemps tombée? Elle  vient tout récemment de faire peau neuve.

Le 31 juillet en effet l’Assemblée nationale en session extraordinaire a procédé à l’élection de nouveaux membres devant siéger dorénavant à la CNDH.  A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale avait précisé que «  l’acte posé par les députés est très significatif et va contribuer à court terme à la consolidation de l’Etat de droit par la défense et la protection des Droits de l’Homme sur le territoire national.
Certes le mandat des membres sortant est bien arrivé à terme, mais on peut toutefois se demander si l’Assemblée nationale n’a pas elle-même des griefs contre cette institution et surtout contre les anciens membres. En tout cas, aucun d’eux n’a été reconduit. Il s’agit, à notre avis, d’une sanction très sévère contre une institution qui semble avoir effectivement demeuré en marge de ses activités. On l’a souvent utilisée à des fins politiques par le pouvoir comme par l’opposition

C’est Me Robert Dovi qui a, le premier dévoyé notre institution humanitaire et l’a vidée de sa substance. Me Robert Dovi ne dira rien lorsque Endoch Bonin tire mortellement sur le jeune Awadé Evariste avant de prendre la fuite et se réfugier quelque part au Ghana. Evidement le jeune Evariste abattu est Kabyè et Me Dovi n’a rien trouvé à dire. De la même manière notre sinistre avocat fermera les yeux sur les massacres des ressortissants du Nord dans la partie sud du pays (Bodjé et Médjé).


Les 17 nouveaux membres élus vont-ils réussir à faire  évoluer la CNDH vers sa vrai  mission « Vous devez donner un souffle nouveau à la CNDH conseille El Hadj Abass Bonfoh aux  récipiendaires. Vous devez faire comprendre aux citoyens, et à l’Etat leurs droits et devoirs, deux valeurs fondamentales et importantes pour notre jeune démocratie » Si tout le monde comprenait ainsi le sens de la raison de la création de la CNDH…

Jacques Tom
 
Lomé/Paris : Les timides réchauffements de «Libération»

Les relations entre le Togo et la France étaient-elles mauvaises au point de connaître un réchauffement ? C’est par l’affirmative et c’est notre confrère de Gauche « Libération » qui nous l’apprend.

Pour le quotidien français  en date du
14 juillet 2006, les relations amicales entre Chirac et feu Eyadema ont cessé de l’être au décès de ce dernier. Et le confrère de citer le point de friction : la présence au Togo de Charles Debbasch sans plus. C’est aussi curieux que la tiédeur  des relations franco-togolaises tienne seulement à la présence de Debbasch au Togo. Ces relations étaient  excellentes quand Debbasch était déjà au Togo. Ce que le confrère parisien ne dit pas c’est que les relations franco-togolaises se sont refroidies à cause des questions économiques et financières. Paris reprochant au jeune Président Togolais de vouloir prendre ses distances de l’Hexagone  au profit de l’Asie et du Moyen Orient.

Dans la guerre franco-française qui se déroule au port de Lomé, Paris reproche aussi au gouvernement togolais de sévir contre Bolloré proche de
la Droite française au profit de Progosa. C’est à croire qu’on n’était pas loin des problèmes qui étaient à la base de la déstabilisation de GBAGBO en Côte-d’Ivoire.

La fronde du commandant félon ne s’explique pas autrement. C’ est parce qu’on accuse à tort Faure de vouloir « négliger les intérêts français » qu’on a déroulé le tapis rouge pour un officier en mal de sensation pour surfer sur le Togo lors des conférences de presse incendiaires dans les salons parisiens et sur RFI. Il faut aussi rappeler cette humiliation infligée à trois officiers togolais en juin dernier par un policier français à Roissy. Ces officiers qui étaient en transit avec des papiers officiels ont été malmenés et rudoyés sans justification. Face à ces manoeuvres, le gouvernement togolais n’a levé aucun doigt de protestation. Petits et faibles que nous sommes, nous connaissons les méthodes des grandes puissances quand leurs intérêts sont en cause. Si aujourd’hui Paris veut changer son attitude envers notre gouvernement on ne peut que s’en réjouir avec la visite programmée de Faure à Paris le 07 septembre prochain.
La France et le Togo ont  des liens étroits que ne peuvent effacer les contingences économiques et politiques

KV

 

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