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La Dépêche

11 Août 20066

[ No 329: du 09 Août 2006]
Conférence de Presse Bilan du Premier Ministre EDEM KODJO

*Le choix résolu de la modernité et de la Refondation de notre vie politique
*La société togolaise change.

Le premier ministre EDEM KODJO s’est adressé le 3 août 2006 à l’Hôtel 2 Février à la presse nationale et internationale. C’était l’occasion pour notre Premier ministre de faire le bilan d’une année passée à la Primature. Dans une longue déclaration liminaire qui a fait l’objet d’un déluge de questions, le Premier Ministre Edem KODJO a passé en revue toutes les questions qui assaillent la nation. De la réconciliation aux problèmes de sécurité en passant par les problèmes de réfugiés, de la justice, de la reforme de l’armée, de l’emploi de jeunes, de l’éducation, de la santé, les 22 engagements et les questions socio-économique, etc. Un exercice délicat mais réussi.

 
 

La réconciliation, le cheval de bataille
Dans sa déclaration générale, le Premier Ministre a rappelé la situation post électorale avec son lot de détresse, de désolation et de climat de peur. Un climat de terreur que le chef de l’Etat et le  premier ministre sont parvenus à réduire à travers une politique de réconciliation savamment orchestrée. Celle-ci s’est traduite par une politique d’apaisement associant des syndicats, les autorités religieuses, chefs traditionnels et organismes de défenses des Droits de l’homme. Ce qui a créé des conditions favorables au retour des milliers de réfugiés du Bénin et du Ghana. Ainsi sur 17 000 de nos compatriotes réfugiés au Ghana, 9500 sont rentrés  alors que sur 26500 réfugiés au Bénin, il ne reste que 9980.

Ce retour massif de réfugiés s’est accompagné de réinstallation des déplacés internes.
Le premier ministre assure que le problème de réfugiés sera définitivement réglé avec la signature prochaine d’un accord entre le Togo, le HCR et le Bénin d’une part et le Togo, le HCR et le Ghana de l’autre. Pour dissuader les hésitants, un comité national d’accueil de réfugiés sera prochainement mis en place. Il s’est félicité du climat de paix en si peu de temps qui tient du miracle selon ses expressions. Il a salué les résultats des rapports des commissions de Mgr Dosseh, de Koffigoh et de l’ONU et rassure que des engagements seront pris pour que de tels événements ne se répètent plus. C’est pour mieux veiller sur le respect des droits de l’homme que les textes de la CNDH viennent d’être restructurés avec la nomination de nouveaux membres pour la hisser aux standards internationaux.

Une justice réformée
Un vaste chantier de rénovation des bâtiments et de renforcement des capacités des ressources humaines est ouvert. Coût du chantier, 10 milliards de FCFA. Une commission nationale de modernisation  de la justice est créée pour trouver des solutions aux dysfonctionnements.

Le juge d’application des peines, des libertés et le juge de mise en l’état sont installés avec pour objectif de mettre fin aux lenteurs judiciaires. Le citoyen recouvre désormais tous ses droits avec le démarrage effectif des tribunaux administratifs.

La réforme de la justice va de pair avec l’amélioration des conditions de détention. Les détenus ont désormais leur droit avec la sensibilisation des forces de police et de gendarmerie. Celles-ci sont renforcées en nombre et en équipement pour mieux faire face au grand banditisme qui menace notre société. Quant à l’armée, elle connaîtra de nouveaux statuts et d’un code  de conduite dans le cadre de la restructuration des textes.


Un ambitieux Projet
de décentralisation
Ici également un grand chantier est en cours. Des collectivités décentralisées seront créées et dotées de moyens financiers et humains. Il s’agit d’une décentralisation intégrale qui transformera tout le pays en communes (330).

De l’emploi pour les jeunes
Le gouvernement est très sensible au chômage qui frappe une frange importante de la jeunesse. Pour y faire face, un fonds d’appui aux jeunes, une sorte de garantie est créée pour donner la chance aux jeunes diplômés de conduire leurs projets en accédant au crédit bancaire.

Tous les 22 engagements respectés
L’expression est de notre premier ministre. Le dialogue engagé est remarquable a souligné le premier ministre Edem KODJO.  Tous les sujets et mêmes ceux tabous sont inscrits au dialogue. Le médiateur est nommé consensuellement. A charge à ce dernier de transformer les divergences persistantes en espoir pour le peuple. 

l’image du Togo
L
e premier ministre s’est attardé sur la restauration de l’image de notre pays suite aux déplacements du chef de l’Etat. Ces déplacements ont permis de tisser un faisceau de relations fraternelles. Le Togo se positionne avec la signature des commissions mixtes entre notre pays avec l’Iran, le Cuba et la Tunisie.

Comme meilleure illustration de la restauration de notre image, il a cité le renforcement des relations entre Bruxelles et Lomé avec le décaissement en mai-juin du Fonds Stabex de plus de 35 milliards 600 millions (Que disent les ennemis de la nation ?) Ils ont honte !

en perspective Signe que notre pays est sur la bonne voie, le Togo est en train de virer du rouge au vert. Avec un budget de relance social de près de 240 milliards, nous nous acheminons a dit le Premier ministre vers un redressement économique avec le renforcement des collectes des recettes douanières et fiscales.

Ce sera bientôt le bout du tunnel avec une croissance attendue de plus de 2% l’année prochaine.


Cette  embellie économique s’est accompagnée de mesures sociales conséquentes : plus de 8200 enseignants intégrés en janvier dernier, versement presque régulier des salaires des fonctionnaires, recrutement de 1700 nouveaux enseignants, création de 13 nouveaux lycées, etc.


Cette relance économique a aussi permis la mise en place de programme de grands travaux : assainissement en cours de la ville de Lomé et les travaux d’infrastructures sur l’ensemble du pays. Il s’agit d’un choix résolu de la modernité et de la refondation de notre vie politique, a-t-il souligné.


Priorité à l’agriculture

A entendre le premier ministre, le secteur agricole retient l’attention. Du déficit alimentaire de l’année passée, le Togo est excédentaire aujourd’hui avec un stock de sécurité alimentaire de 8000 tonnes. Pour permettre à notre agriculture d’amorcer sa modernisation, 160 tracteurs y seront injectés avec l’appui de l’Inde. Quant à la modernité totale de notre agriculture,  nous pouvons compter sur la Chine pour produire des semences de qualité. L’on ne peut moderniser le monde rural sans accès à l’eau potable. Le gouvernement est conscient  et a décidé la réhabilitation de 1200 anciens points d’eau sur l’ensemble du territoire. Des sujets non moins importants comme l’éducation, le sport, l’enfant et les personnes  âgées, la santé avec la pandémie du VIH/SIDA et autres maladies diarrhéiques ont été abordées.


Un débat franc

La déclaration du premier Ministre a donné lieu à un long débat au cours duquel Edem KODJO a répondu aux questions des journalistes.


Celles-ci ont porté entre autres sur l’impunité, la corruption dans la justice, sur les rapports du Togo avec les Institutions de Brettons Woods, sur l’insécurité, sur la dette intérieure, les nouvelles Technologie de l’information et de la Communication, les rapports avec les média, le coût des télécommunications, la crise à la FTF etc. Sur toutes les préoccupations des confrères, le premier ministre a apporté des réponses convaincantes. 


En conclusion, il s’est agi d’un exercice délicat.  Un  examen  auquel le PM est sorti victorieux. Qui peut aujourd’hui dire que le bilan d’une année à la primature n’est pas positif? Ce bilan positif a été possible grâce à une cohabitation fraternelle entre le Premier Ministre et le Président de la République. C’est un aspect à ne pas négliger dans les bouleversements à venir.
Kao Victoire

 
Dialogue intertogolais : Blaise Compaoré reçoit les partis prenants au dialogue

La deuxième phase du dialogue vient de démarrer depuis lundi à Ouagadougou sous l’égide du Président Blaise Compaoré. Certaines délégations ont été déjà reçues en l’occurrence le CAR, le PDR, le RPT, la CPP, la CDPA et le REFAMPT par le facilitateur Blaise Compaoré. L’UFC et le GF2D seront également reçus aujourd’hui. Ces différentes audiences que le Président Blaise accorde aux différentes parties prenantes au dialogue inter togolais lui permettra de prendre le pool des positions des uns et des autres avant d’aller dans le vif du débat qui s’annonce d’ores et déjà très difficile.

Lorsque l’on parcourt les points de désaccords soumis au facilitateur l’on se demande par quel miracle celui-ci arrivera à concilier les positions pour arriver à un compromis qui satisfasse tous les protagonistes. Tout porte à croire que la rencontre de Ouaga IV se présente comme celle de la dernière chance. Tous les regards des Togolais sont tournés vers le pays des hommes intègres dont le Président Blaise a l’obligation des résultats c’est-à-dire trouver une solution définitive à la crise togolaise. La position extrémiste de l’UFC qui réclame le retour à la constitution de 92  et celle du CAR  et de la CDPA
qui exige le mode du scrutin à deux tours sont de nature à donner du fil à retorde au facilitateur. Il serait très difficile au Président Blaise Compaoré d’accepter la modification de la constitution alors qu’il l’avait refusé lors du décès du Père de la Nation. A l’époque le Président de Faso et ses pairs de la CEDEAO avaient exigé le retour à la légalité constitutionnelle.

Aujourd’hui il serait ubuesque pour le facilitateur de cautionner une quelconque modification de la loi fondamentale de la République en foulant au pied les règles qui la régisse. C’est un point d’honneur pour le RPT. D’où la nécessité d’aller aux législatives anticipées à l’issue desquelles sortira une nouvelle Assemblée Nationale pluraliste qui seule sera habileté à procéder à d’éventuelle modification de la constitution. Le parti de Gilchrist Olympio doit véritablement mettre de l’eau dans son vin pour faciliter la tâche au Président Blaise Compaoré.


La politique de tout ou rien de l’UFC ne doit plus prévaloir à Ouagadougou au risque de faire échouer ces pourparlers. Il y va de l’intérêt de tout le monde.

ED

 
Lomé/Paris : Les timides réchauffements de «Libération»

Les relations entre le Togo et la France étaient-elles mauvaises au point de connaître un réchauffement ? C’est par l’affirmative et c’est notre confrère de Gauche « Libération » qui nous l’apprend.

Pour le quotidien français  en date du 14 juillet 2006, les relations amicales entre Chirac et feu Eyadema ont cessé de l’être au décès de ce dernier. Et le confrère de citer le point de friction : la présence au Togo de Charles Debbasch sans plus. C’est aussi curieux que la tiédeur  des relations franco-togolaises tienne seulement à la présence de Debbasch au Togo. Ces relations étaient  excellentes quand Debbasch était déjà au Togo. Ce que le confrère parisien ne dit pas c’est que les relations franco-togolaises se sont refroidies à cause des questions économiques et financières. Paris reprochant au jeune Président Togolais de vouloir prendre ses distances de l’Hexagone  au profit de l’Asie et du Moyen Orient.
Dans la guerre franco-française qui se déroule au port de Lomé, Paris reproche aussi au gouvernement togolais de sévir contre Bolloré proche de la Droite française au profit de Progosa. C’est à croire qu’on n’était pas loin des problèmes qui étaient à la base de la déstabilisation de GBAGBO en Côte-d’Ivoire.  

La fronde du commandant félon ne s’explique pas autrement. C’ est parce qu’on accuse à tort Faure de vouloir « négliger les intérêts français » qu’on a déroulé le tapis rouge pour un officier en mal de sensation pour surfer sur le Togo lors des conférences de presse incendiaires dans les salons parisiens et sur RFI. Il faut aussi rappeler cette humiliation infligée à trois officiers togolais en juin dernier par un policier français à Roissy. Ces officiers qui étaient en transit avec des papiers officiels ont été malmenés et rudoyés sans justification. Face à ces manoeuvres, le gouvernement togolais n’a levé aucun doigt de protestation. Petits et faibles que nous sommes, nous connaissons les méthodes des grandes puissances quand leurs intérêts sont en cause. Si aujourd’hui Paris veut changer son attitude envers notre gouvernement on ne peut que s’en réjouir avec la visite programmée de Faure à Paris le 07 septembre prochain. La France et le Togo ont  des liens étroits que ne peuvent effacer les contingences économiques et politiques

KV

 

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