|
|
|
|
[ No 378 : du 25 juillet 2007]
|
|
Crise à la FTF : Le Togo risque d'être
suspendu des instances internationales
de football |
|
La suspension de l'ancien président de
la Fédération Togolaise de Football,
Tata Avlessi De Mass de toutes
activités liées aux football pendant
huit ans crée beaucoup plus de
problèmes qu'elle n'en résoud. Le
refus de respecter les textes par
certains prétendants complique
davantage la situation. |
|
En effet, dès l'entrée en vigueur de
la sanction infligée par la CAF à Tata
Avlessi, le premier vice-président,
Gabriel Améyi devrait automatiquement
prendre fonction selon l'article 13
alinéa 3 des statuts de la FTF.
Malheureusement
le président sanctionné, Tata Avlessi,
a créé un imbroglio en mettant sur
pied un bureau provisoire dirigé par
Lawson Gallus se fondant sur les
textes non validés par la FIFA.
Face à cette situation, le
gouvernement s'est invité dans cette
crise pour tenter de sauver les
meubles. Il a décidé de suspendre le
championnat de première division
jusqu'à nouvel ordre et a procédé
également à la fermeture du siège de
la Fédération. Cette décision a
provoqué la démission solidaire des 7
membres du bureau dont le chef de file
n'est autre que Lawson Gallus.
Le chef
de l'Etat face à la situation met en
place une commission
interministérielle dirigée par le
Secrétaire d' Etat, Gilbert Atsu qui
s'est donc rendue au siège de la CAF
pour avoir les approches de solution à
la crise. La délégation
interministérielle est rentrée au pays
et est allée rendre compte au chef de
l'Etat.
Selon certaines sources
proches de la commission, la CAF
aurait demandé à la délégation de se
référer aux textes de la FTF de 1994
pour régler le problème. Mais la
commission interministérielle propose
de son côté la mise sur pied d'un
comité de crise dirigé par le ministre
Walla qui se chargera d'organiser un
congrès extraordinaire en vue d'élire
un nouveau bureau.
La conséquence de cette décision
risque d'être néfaste au football
togolais. En effet, selon certaines
informations, la mise en veilleuse du
bureau de la FTF provoquera
automatiquement la suspension du Togo
au sein des instances internationales
de football notamment la CAF et la
FIFA.
Ainsi l'équipe cadette qui est
en route pour la coupe du monde Corée
2007 des moins de 17 ans sera renvoyée
au bercail. Les éliminatoires comptant
pour la CAN Ghana 2008 seront
arrêtées. Le match Togo-Mali qui
devrait se jouer en septembre prochain
n'aura plus lieu.
En clair, le
football togolais sera suspendu
jusqu'à ce qu'on élise un nouveau
bureau. C'est la descente aux enfers.
La proposition du comité
interministériel s'avère donc
inadmissible parce qu'elle n'arrange
rien dans cette crise. La seule issue
c'est de recourir aux textes pour
régler définitivement ce problème. Il
revient à la commission
interministérielle de jouer à la
médiation et permettre au bureau
intérimaire de se retrouver et
appliquer scrupuleusement les
prescriptions des statuts de la FTF en
vigueur. Le premier vice-président
Gabriel Améyi devra donc succéder à
Tata Avlessi pour relancer les
activités du football togolais. M.
Lawson Gallus qui s'est autoproclamé
président devra se résoudre lui aussi
à respecter les statuts de la FTF de
1994. En tirant sa légitimité des
textes non validés, M. Gallus sait que
ni la CAF ni la FIFA ne reconnaîtra sa
légitimité.
Le chef de l'Etat au nom de la non
ingérence du gouvernement dans les
affaires de la fédération devrait
réfuter la mise en place d'un
quelconque comité de crise et appeler
le reste du bureau actuel à s'entendre
pour sauver le football togolais. Une
table ronde regroupant tous les
membres du bureau autour du président
Faure peut éventuellement décanter la
situation.
E.D. |
|
|
|
Maltraitance d'enfants : Pour un
beignet d'arachide, Da Pauline
fouette à sang Akpéné |
|
Dans notre parution N° 325 du 28 juin
2006, nous avons publié un article
intitulé " SOS pour la petite Akpéné
". Cet article n'était que le cri
d'alarme du journal La Dépêche pour
attirer l'attention des organisations
de défense des droits des enfants à
venir en aide à cette petite fille de
11 ans environ nommée Akpéné. A
l'époque, l'article avait fait du
boucan à Sokodé où réside Da Pauline. |
|
Le préfet et le commissaire de police de
la localité se sont rendus au chevet de la
petite pour l'écouter et voir dans quelle
mesure ils pouvaient l'aider. L'ONG PAFED
(Programme d'Appui à la Femme et à
l'Enfant Déshérité) a pris à bras le corps
ce problème. Suite à cette mobilisation,
Da Pauline tout en reconnaissant les
sévices qu'elle administrait à Akpéné,
avait juré terre et ciel qu'elle ne
recommencerait plus. C'est mal connaître
cette dame qui a la méchanceté dans le
sang. Elle vient encore une fois de
fouetter la petite jusqu'au sang le 14
juin 2007 pour cause de " coulicouli "
(beignet d'arachide).
En effet, le jeudi 14 juin 2007, la
petite Akpéné qui s'était réveillée tôt
pour faire le ménage, a pris un "
coulicouli " aux environs de 10 heures
parce que n'ayant rien mangé depuis le
matin. Da Pauline ayant constaté qu'un
beignet manquait, s'est jetée sur la
pauvre fille et l'a rouée de coups de
fouet. Après la séance de torture, Da
Pauline pousse sa méchanceté à l'extrême,
en refusant de donner à manger à la
petite. Akpéné passe toute la journée sans
rien manger. Le lendemain, c'est-à-dire le
15 juin 2007, alors qu'elle est allée se
doucher, un voisin profite de l'occasion
pour donner quelque chose à manger à la
fille. Dès qu'elle est sortie de la salle
de bain, la méchante femme constate que
Akpéné était en train de manger quelque
chose. Furieuse, elle sort devant la
maison et débite des insanités à
l'endroit de ses voisins. Akpéné décide de
fuir la maison le samedi 16 juin 2007
pendant que le monde entier célébrait la
Journée de l'Enfant Africain. Elle se
réfugie d'abord dans son école et ensuite
elle est accueillie dans une famille. Elle
a été le 17 juin conduite auprès de la
directrice de l'ONG PAFED chez qui elle
réside provisoirement. La directrice de
l'ONG face aux hématomes qui se trouvent
sur le corps de la petite, saisit la
police qui a dans un premier temps écouté
Akpéné, puis ensuite entendu Da Pauline.
Le dossier est auprès du parquet de Sokodé
qui décidera du sort d'Akpéné et de son
bourreau Da Pauline. Le père d'Akpéné a
été également entendu par la police.
Le comble, c'est que le père d'Akpéné qui
réside à Wahalla a séjourné 10 jours
durant à Sokodé sans jamais chercher à
voir sa fille. L'on se demande si la
maltraitance exercée sur Akpéné par Da
Pauline enchante le père. Ce papa ne
souhaite-t-il pas la disparition pure et
simple de sa fille qui peut-être
l'encombre ?
En tout cas, lorsque nous avons par
téléphone demandé à Akpéné si elle
voudrait retourner chez sa tutrice Da
Pauline, elle a juré qu'elle ne voudrait
plus revoir cette méchante dame. " Si
jamais, on m'amène là- bas de force, je
vais me suicider ", a-t-elle dit.
Pour l'heure, Akpéné vit tranquillement
chez la directrice de l'ONG PAFED. Les ONG
RELUTET (Réseau de Lutte contre
la Traite des Enfants au Togo) et PAFED
ont déposé une plainte contre Mme Pauline
Folly dite Da Pauline pour violences
volontaires et menaces sur mineure de 11
ans.
E.D. |
|
|
|
L'Eglise catholique togolaise à la
recherche d'un second souffle |
|
Le monde catholique de notre pays
souffrirait-il
de nos jours d'un
certain malaise proche d'une crise
d'identité ? L'église semble être à la
recherche d'un second souffle pour
mieux s'adapter au monde actuel. Tel
est certainement le sens qu'il faut
donner à la récente visite " ad limina apostolorum " de notre épiscopat à
Rome. |
|
Selon un sondage effectué tout
récemment en France, 51% des Français
- contre 80% il y a vingt ans - se
définissent comme catholiques, une
moitié seulement jugeant " certain "
et " probable " l'existence de Dieu ;
quant au retour du Christ sur la
terre, certains mettent des doutes.
Moins d'un croyant sur dix pratique
régulièrement. Extrapolons ces données
au Togo. En dehors des pratiques
animistes toujours vivaces, 43% des
Togolais se déclarent fidèles à la
religion catholique qui, du coup, est
la plus grande religion pratiquée au
Togo, très loin avant l'Islam (20%)
qui continue cependant de progresser
lentement et sûrement. Les
statistiques religieuses constatent
qu'au Togo, les fidèles catholiques
prient peu et ne vont pas souvent à la
messe. Entre deux temps fort réussis
- Pâques et Noël - les Eglises
restent presque vides les dimanches.
Ceci est vrai au niveau de quelques
paroisses de certains villages qui se
disent catholiques. A quoi est dû ce
phénomène ?
Le Pape Benoît XVI en exhortant
l'épiscopat togolais à mettre l'accent
sur l'évangélisation de la population
a mis le doigt sur ce qui crée le
malaise au sein de l'Eglise catholique
au Togo. Malgré les efforts de ces
dernières années, les fidèles sont
souvent abandonnés à eux-mêmes, livrés
parfois s'il y en a encore, aux
maîtres catéchistes souvent très vieux
qui comprennent mal le monde moderne
et le problème de la jeunesse.
Un prête de nos jours réconciliant
un couple en difficulté est devenu un
fait rare.
Le propre des prêtres est d'aider
l'Eglise à atteindre à travers la
parole de Dieu, une masse de gens
avec lesquels justement les Eglises
n'ont pas plus de contact pour les
inciter à aller chercher au plus
profond d'eux-mêmes quelque chose de
plus grand qu'eux : des valeurs qui
font consensus. Les conséquences de
cette démission de la responsabilité
de l'Eglise catholique face au
problème d'évangélisation sont là.
Beaucoup de gens ne savent pas ce que
veut dire être chrétien aujourd'hui
dans un monde changeant. Il ne faut
pas oublier que les sectes
religieuses américaines au Togo
recrutent les adhérents parmi les
fidèles de l'Eglise catholique. Ces
derniers sont à la recherche d'une
certaine vie spirituelle que l'Eglise
catholique faute d'évangélisation ou
d'argument n'a pas su leur donner.
Les pèlerinages effectués çà et là à
travers le pays par les fidèles
catholiques n'apportent pas
grand-chose à la vie chrétienne. Il
faut de véritables centres de retraite
et de prières pouvant aider le
chrétien à accroître sa foi en Christ
et amener les hommes de l'Eglise à se
démarquer de la politique partisane.
Il faut reconnaître que sur ce point
l'Eglise catholique a échoué.
De plus, on constate que l'Eglise
catholique est de nos jours victime de
son sentiment d'éternité et
d'invulnérabilité car pendant
longtemps elle ne s'est pas rendue
compte que le monde changeait. D'autre
part, l'Eglise catholique est trop
centralisée : on demande toujours à la
haute autorité de se prononcer au
préalable sur tel ou tel problème
mais sans consultation ni dialogue, et
l'on sait que l'Eglise passe souvent
à côté des problèmes qui assaillent la
société moderne. L'Eglise condamne par
exemple toute contraception autre que
naturelle. Il faudrait voir le drame
d'un couple stérile pour comprendre
que l'on peut facilement encourager la
contraception chimique dès que le
besoin est nécessaire.
De la même manière, le Saint-Père a
salué " particulièrement l'épiscopat
togolais pour sa prise de position
contre l'avortement " sans rien
comprendre de la situation du monde
moderne. Ici, l'Eglise catholique est
à côté du problème. Le gouvernement
togolais a légalisé l'avortement avec
condition et sous constat médical.
Lorsque la grossesse est le résultat
d'un viol. Lorsque sous menace et en
l'absence du mari, un intrus prend
rapport avec une femme mariée et
qu'une grossesse intervient, peut-on
la laisser aller à terme et pour
quelle raison ? Cet enfant serait-il
aimé lorsque non issu des œuvres du
mari alors que tous les autres enfants
du foyer ressemblent à ce dernier ? Au
nom de quoi l'Eglise défend-t-elle une
telle conception ? Il s'agit d'une
grossesse non désirée et dans la vie
quotidienne, la plupart des enfants
de rue sont issus des grossesses non
désirées.
Au Togo, l'avortement est autorisé
lorsque l'enfant à naître présente
déjà des anomalies. C'est le cas par
exemple des enfants monstres à
naître. Peut-on laisser ces monstres
venir au monde alors que l'on connaît
déjà les difficultés dans lesquelles
se débattent les paralytiques qui
font en quelque sorte la honte de leur
famille et qui ne peuvent vivre qu'en
mendiant ? Pourquoi l'Eglise
voudrait-elle qu'on laisse venir au
monde ces enfants alors que l'on sait
pertinemment que ce serait des
candidats à la souffrance et à la
mendicité ?
Il reste le cas des femmes dont la
grossesse, si elle était menée à terme
mettrait la vie de la mère en danger.
Il appartient à la médecine de le
prouver. Peut-on donc accepter
sacrifier une vie pour une autre ? Au
nom de quoi ? Si la mère mourait en
donnant vie à un enfant, rien ne
garantit que cet enfant vivrait
longtemps. Si cet enfant était
monstre, qu'aurait-on gagné en
laissant la mère mourir ? Qui
s'occupera de cet enfant difforme ? L'Eglise
passe donc à côté des vrais problèmes
sociaux. C'est pourquoi l'immense
majorité de l'opinion rejette
désormais les interventions de
l'Eglise dans le domaine privé,
lesquelles interventions semblent
être l'origine de la fuite des
fidèles.
En fait, l'Eglise prend à rebrousse
poil une société confrontée, femmes et
jeunes en têtes, aux sirènes de la
liberté. Après la condamnation de la
contraception, celle de l'avortement
et du préservatif, l'Eglise refuse
toujours le mariage des prêtres et
l'ordination des femmes. Pourquoi par
exemple face à une Eglise qui manque
aujourd'hui de prêtres, ne pas
ordonner prêtres les hommes mariés ?
La disponibilité n'est pas une raison.
On connaît des hommes mariés plus
disponibles que les célibataires.
En 1960, Mgr Carbory Evêque de Monze
déclarait déjà qu'il faut : " Etudier
la possibilité d'instituer un clergé
supplémentaire dans lequel entreraient
les hommes mariés ". La pénurie des
prêtres serait peut-être résolue en
Afrique noire par l'existence d'un
clergé marié qui, proche de la vie
familiale se trouverait plus nettement
intégré à la communauté. Mgr Hurley,
évêque de Durban, va plus loin : "Je
vois, dit-il, deux raisons pour
abolir le célibat : la première, bien
que les jeunes choisissent librement
cet état, ils paraissent mal le
supporter arrivés à un âge mûr. Ils
deviennent renfermés et n'arrivent pas
à se donner aussi pleinement aux gens
que s'ils avaient leur propre
famille. La deuxième, purement et
simplement pour les besoins de
l'Eglise, particulièrement en Asie,
en Afrique et en Amérique latine où la
pénurie des prêtres sera toujours
grande tant qu'il n'y a pas de clergés
mariés.
En fait, il est temps que l'Eglise
cherche à résoudre plusieurs questions
qui se posent à elle. Faut-il par
exemple continuer à baptiser les
enfants dès leur naissance par
tradition. Cela fait de nombre, mais
pas des chrétiens - ou attendre qu'ils
soient motivés ? Quel sort l'Eglise
réserve-t-elle aux divorcés remariés ?
Faut-il introduire une cérémonie pour
célébrer la rupture du mariage ? C'est
dire comme en politique, une réforme
est nécessaire, en tout cas, il faut
un Vatican III pour reformer l'Eglise
catholique et l'adapter à l'évolution
du monde.
Jacques TOM |
|
|
|
Législatives 2007 ou le scrutin du plus rusé |
|
Avec le lancement du recensement le 16 juillet
dernier, le processus électoral est bien enclenché
et plus rien ne pourra l'arrêter. C'est ainsi que la
timide affluence des premiers jours a cédé la place
aux bousculades et à l'agitation dans les centres de
recensement. |
|
Dans les états-majors des partis politiques, au sein
des associations et ONG des Droits de l'Homme, on ne
parle que de ces élections et les lions d'hier
spécialisés dans la haine tribale sous toutes ses
formes, se sont brusquement transformés en agneaux
donneurs de leçon de morale. Alors que les uns font
preuve de bonne foi dans la conduite du processus,
les autres plus rusés peaufinent leur plan car pour
ces derniers, le scrutin se gagne au recensement et
les Accords de Ouaga leur ouvrent grandement les
portes. De quoi s'agit-il ? De sources proches des
services de renseignement, des mouvements
inhabituels de populations, s'observent dans la
capitale et surtout à nos frontières. En demandant
de procéder au recensement des électeurs sans
pièces d'identité en se fondant sur la bonne foi des
chefs et des notables, on a ouvert la boîte de
pandore.
Au Togo, quand il s'agit de politique, la bonne foi
n'existe plus et nos chefs et autres notables ne
sont que des caisses de résonance des partis
politiques. Personne ne peut le nier. C'est ainsi
qu’à Lomé où résident un bon nombre de Ghanéens et
de Béninois acquis de tout temps à la cause de l'UFC,
se font bonnement recensés sans que personne ne lève
le petit doigt. Il ne peut en être autrement car
comment peut-on demander au chef de Kodjoviakopé par
exemple de dénoncer ses frères qui viennent de
l'autre côté de la frontière à l’ouest (Aflao) pour
se faire recenser à Lomé ?
De source concordante, le même phénomène se déroule
sur toutes nos frontières avec une ampleur accrue
dans le sud du pays spécialement dans le Kloto,
Moyen Mono, Atakpamé, etc. A cela, il faut ajouter
le recensement des enfants de moins de 18 ans.
Apparemment, tous les états-majors des partis
observent la situation en faisant profil bas pensant
en tirer profit le moment venu. Malheureusement, il
y aura des perdants. Et le RPT part perdant car,
c'est au Sud que nous avons une forte concentration
de la population.
Il est facile d'aller signer des accords. Sur le
terrain, il y a problème. Et l'APG, en demandant
qu'on recense des gens sans pièces d'identité a créé
un précédent qui aura de graves conséquences quand
on nous dit que c'est le présent recensement qui
servira à la présidentielle dans trois ans.
L'UFC en exigeant dare dare le recensement sans
pièces d'identité savait à quoi elle jouait. Mais
pour faire diversion l’UFC à qui la situation
arrange, pond un communiqué pour dénoncer le mauvais
recensement. Et le RPT en signant sans garde fou
s'est fait prendre au piège.
KAO Victoire |
|
|
|
Recensement électoral : L'UFC déjà en
campagne |
|
Alors que les prochaines élections législatives ne
sont pour le moment qu'à la phase du recensement
électoral et que les partis politiques sont toujours
dans l'expectative, l'UFC semble au contraire
n'avoir pas du temps à perdre. Elle est déjà en
campagne électorale. L'on voit en effet ça et là les
agents de ce parti, hauts parleurs à la main,
parcourir les rues de Lomé, invitant la population à
aller se faire massivement inscrire si elle veut que
l'UFC gagne ces législatives. Dans cette période
préélectorale, que penser de la démarche de l'UFC
sinon qu'elle est en quelque sorte effectivement en
campagne ; elle cherche à gagner du terrain. |
|
Un
tel comportement politique venant de l'UFC ne
surprend personne. Il faut dire ici que l'on est
loin d'un parti politique qui clame souvent être le
parti politique le plus populaire au Togo. S'il
l'était vraiment, aurait-il encore besoin de
gesticuler souvent pareillement à la moindre
occasion ? A l'approche de la date du scrutin une
certaine peur commence à s'installer au sein du
parti, lequel commence aussi à se douter de lui-même
et de sa prétendue popularité. En tout cas la
popularité, si popularité il y a ne se proclame pas
; elle s'impose d'elle-même et bientôt l'on
connaîtra les vrais partis populaires.
" Les élections libres et transparentes " tel est le
leitmotiv et en même temps le programme de société
de notre très populaire parti. On sait que Gilchrist
Olympio a toujours rêvé de diriger le pays ne
serait-ce qu'un jour dans sa vie pour venger ses
morts. C'est aussitôt dès la création de l'UFC que
les responsables de ce parti étaient entrés en
campagne électorale et ils en sont là deux décennies
après. L'on dit souvent que l'un des mérites du
président Eyadéma est d'avoir appris Gilchrist
Olympio l'art de savoir se patienter dans la
conquête du pouvoir au Togo.
Car aussitôt dès la démocratisation des institutions
du pays, on a vu l'homme rentrer précipitamment
d'Angleterre où il séjournait depuis longtemps pour
se jeter furtivement dans la conquête du pouvoir, un
pouvoir qu'il croyait être à terre au Togo. On
apprend ces dernier temps que Gilchrist Olympio et
ses séides étaient tout récemment à Ouagadougou pour
rencontrer le facilitateur Blaise Compaoré. On ne
manque pas de s'étonner que l'UFC qui fait la cour
au chef de l'Etat burkinabé compte tellement sur ce
dernier pour conquérir le pouvoir au Togo. Mais
Blaise Compaoré a-t-il cessé d'être aux yeux de l'UFC
un françafricain ? Mais pour quelle raison l'UFC
est-elle partie à Ouagadougou presque incognito ?
Décidément, du côté de l'UFC, l'on s'agite trop.
En tout cas, la campagne dans laquelle ce parti
s'est déjà lancé à cor perdu montre bien que l'UFC
n'est pas disposé à accepter le verdict des urnes en
cas de défaite de ce parti. A en croire certaines
personnes, les responsables de ce parti auraient
contacté quelques chefs de canton pour leur dire de
dénoncer les fraudes au cas où ce parti perdrait les
élections. C’est en vue de cette victoire annoncée
que le parti des métis bat le rappel des électeurs
en faisant recenser des Ghanéens, des Béninois et
des mineurs. Ce qui est étonnant, c'est que l'idée
même d'une éventuelle défaite de l'UFC n'effleure
pas ses responsables. Si l'UFC essuie un cuisant
échec, dit-on dans les milieux proches du parti,
cela ne pourrait être que le fait des " fraudes
massives orchestrées par ceux qui s'accrochent au
pouvoir et refusent les changements ". En revanche,
si l'UFC gagne ici on ne parle pas de la victoire de
l'opposition ; l'UFC croit être capable de remporter
seule tous les sièges !
Faut-il rappeler aux responsables de l'UFC que les
autres partis politiques nourrissent la même
ambition de remporter à eux seuls tous les sièges et
donc ne pensent pas eux aussi à une quelconque
défaite. On verra bientôt pour qui roule vraiment le
peuple togolais, ce peuple dont le nom est souvent
évoqué pour justifier quoi que ce soit mais qui ne
se sent nullement concerné par ces jeux politiques.
Jacques Tom |
|
|
|
France/Afrique :
SARKOZY s'accroche au pré-carré |
|
Entre les promesses d'un candidat à une élection
présidentielle et ce qu'il fait une fois élu, il y a
un grand décalage. Lors d'un de ces périples
africains en tant que ministre de la Sécurité, le
candidat Sarkozy avait fait entendre que la France
n'avait pas besoin de l'Afrique. De quoi faire
frémir M. Pascal Chaineau, mon professeur de
Relations Internationales à la Sorbonne qui
déclarait lors d'un cours sur les relations
franco-africaines que la France est une puissance
mondiale parce qu'elle est puissance africaine " |
|
En
tout cas, le franco-hongrois devenu le 43e président
de la République Française
se rend compte de l'énormité de sa bourde une fois
installé à l'Elysée.
La France ne peut pas se passer de l'Afrique et en
particulier de son pré-carré francophone au risque
de se voir se reléguer au rang du Portugal au sein
de l'UE. Et pour se faire, Sarkozy comme Mitterrand
en 1981 se presse de rassurer le noyau dur du
dispositif français en Afrique : le Sénégal et le
Gabon. Le premier pour son intérêt géopolitique et
le second pour son importance économique. Ainsi,
Sarkozy sera les 26 et 27 juillet à Dakar et à
Libreville.
En choisissant le pré-carré alors qu'il était
question au premier abord d'ajouter à la liste deux
pays anglophones, Sarkozy vient de céder aux
pressions des milieux militaro-industriels français
très attachés à l'étroitesse des relations avec ce
qui est convenu d'appeler l'Afrique traditionnelle
avec laquelle l'Hexagone entretient des relations
ambiguës. Dès lors, il n' y aura rien à attendre du
premier voyage de Sarkozy en Afrique Noire en tant
que président français. Comme l'ont fait tous ses
prédécesseurs, Sarkozy arrive en terre conquise pour
calmer et rassurer le Françafricain quelque peu
inquiété par les discours tapageurs du candidat
Sarkozy. Les Africains n'ont rien à attendre du
Président Sarkozy. Les relations entre l'Afrique et
la
France ne sont pas réformables. Le Niger est bien
placé pour témoigner. Pour avoir tenter de
diversifier ses partenaires dans l'exploitation
d'Uranium, AREVA, le spécialiste français du
nucléaire lui a suscité une rébellion touareg dans
le Nord. Sarkozy vient en Afrique pour protéger les
énormes intérêts de la France mais pas ceux des
Africains qui doivent continuer leur combat pour se
libérer de la domination sous toutes ses formes.
KAO Victoire |
|
|
|
 |
|
|
|