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La Dépêche

27 JUILLET 2007

[ No 378 : du 25 juillet 2007]
Crise à la FTF : Le Togo risque d'être suspendu des instances internationales de football

La suspension de l'ancien président de la Fédération Togolaise de Football, Tata Avlessi De Mass de toutes activités liées aux football pendant huit ans crée beaucoup plus de problèmes qu'elle n'en résoud. Le refus de respecter les textes par certains prétendants complique davantage la situation.

En effet, dès l'entrée en vigueur de la sanction infligée par la CAF à Tata Avlessi, le premier vice-président, Gabriel Améyi devrait automatiquement prendre fonction selon l'article 13 alinéa 3 des statuts de la FTF. Malheureusement le président sanctionné, Tata Avlessi, a créé un imbroglio en mettant sur pied un bureau provisoire dirigé par Lawson Gallus se fondant sur les textes non validés par la FIFA.

Face à cette situation, le gouvernement s'est invité dans cette crise pour tenter de sauver les meubles. Il a décidé de suspendre le championnat de première division jusqu'à nouvel ordre et a procédé également à la fermeture du siège de la Fédération. Cette décision a provoqué la démission solidaire des 7 membres du bureau dont le chef de file n'est autre que Lawson Gallus.

Le chef de l'Etat face à la situation met en place une commission interministérielle dirigée par le Secrétaire d' Etat, Gilbert Atsu qui s'est donc rendue au siège de la CAF pour avoir les approches de solution à la crise. La délégation interministérielle est rentrée au pays et est allée rendre compte au chef de l'Etat.

Selon certaines sources proches de la commission, la CAF aurait demandé à la délégation de se référer aux textes de la FTF de 1994 pour régler le problème. Mais la commission interministérielle propose de son côté la mise sur pied d'un comité de crise dirigé par le ministre Walla qui se chargera d'organiser un congrès extraordinaire en vue d'élire un nouveau bureau.

La conséquence de cette décision risque d'être néfaste au football togolais. En effet, selon certaines informations, la mise en veilleuse du bureau de la FTF provoquera automatiquement la suspension du Togo au sein des instances internationales de football notamment la CAF et la FIFA.

Ainsi l'équipe cadette qui est en route pour la coupe du monde Corée 2007 des moins de 17 ans sera renvoyée au bercail. Les éliminatoires comptant pour la CAN Ghana 2008 seront arrêtées. Le match Togo-Mali qui devrait se jouer en septembre prochain n'aura plus lieu.

En clair, le football togolais sera suspendu jusqu'à ce qu'on élise un nouveau bureau. C'est la descente  aux enfers. La proposition du comité interministériel s'avère donc inadmissible parce qu'elle n'arrange rien dans cette crise. La seule issue c'est de recourir aux textes pour régler définitivement ce problème. Il revient à la commission interministérielle de jouer à la médiation et permettre au bureau intérimaire de se retrouver et appliquer scrupuleusement les prescriptions des statuts de la FTF en vigueur. Le premier vice-président Gabriel Améyi devra donc succéder à Tata Avlessi pour relancer les activités du football togolais. M. Lawson Gallus qui s'est autoproclamé président devra se résoudre lui aussi à respecter les statuts de la FTF de 1994. En tirant sa légitimité des textes non validés, M. Gallus sait que ni la CAF ni la FIFA ne reconnaîtra sa légitimité.

Le chef de l'Etat au nom de la non ingérence du gouvernement dans les affaires de la fédération devrait réfuter la mise en place d'un quelconque comité de crise et appeler le reste du bureau actuel à s'entendre pour sauver le football togolais. Une table ronde regroupant tous les membres du bureau autour du président Faure peut éventuellement décanter la situation.

E.D.

 
Maltraitance d'enfants : Pour un beignet d'arachide,  Da Pauline fouette à sang Akpéné

Dans notre parution N° 325 du 28 juin 2006, nous avons publié un article intitulé " SOS pour la petite Akpéné ". Cet article n'était que le cri  d'alarme  du journal La Dépêche pour attirer l'attention des organisations de défense des droits des enfants à venir en aide à cette petite fille de 11 ans environ nommée Akpéné. A l'époque, l'article avait fait du boucan à Sokodé où réside Da Pauline.

Le préfet et le commissaire de police de la localité se sont rendus au chevet de la petite pour l'écouter et voir dans quelle mesure ils pouvaient l'aider. L'ONG PAFED (Programme  d'Appui à la Femme et à l'Enfant Déshérité) a pris à bras le corps ce problème. Suite à cette mobilisation, Da Pauline tout en reconnaissant les sévices qu'elle administrait à Akpéné, avait juré terre et ciel qu'elle  ne recommencerait plus. C'est mal connaître cette dame  qui a la méchanceté dans le sang. Elle vient encore une fois de fouetter la petite jusqu'au sang le 14 juin 2007 pour cause de " coulicouli " (beignet d'arachide).

En effet,  le jeudi 14 juin 2007, la petite Akpéné  qui s'était réveillée tôt pour faire le ménage, a pris un " coulicouli " aux environs de 10 heures parce que n'ayant rien mangé depuis le matin. Da Pauline ayant constaté qu'un beignet manquait, s'est jetée sur la pauvre fille et l'a rouée de coups de fouet. Après la séance de torture,  Da Pauline pousse  sa méchanceté à l'extrême, en refusant  de donner à manger à la petite. Akpéné passe toute la journée sans rien manger. Le lendemain, c'est-à-dire le 15 juin 2007, alors qu'elle est allée se doucher, un voisin profite de l'occasion pour donner quelque chose à manger à la fille. Dès qu'elle est sortie de la salle de bain, la méchante femme constate que Akpéné était en train de manger quelque chose. Furieuse, elle sort devant la maison  et débite des insanités à l'endroit de ses voisins. Akpéné décide de fuir la maison le samedi 16 juin 2007 pendant que le monde entier célébrait la Journée de l'Enfant Africain. Elle  se réfugie d'abord dans son école et ensuite elle est accueillie dans une famille. Elle a été le 17 juin conduite auprès de la directrice de l'ONG PAFED chez qui elle réside provisoirement. La directrice de l'ONG face aux hématomes qui se trouvent sur le corps de la petite, saisit la police qui a dans un premier temps écouté Akpéné,  puis ensuite entendu Da Pauline. Le dossier est auprès du parquet de Sokodé qui décidera du sort d'Akpéné et de son bourreau Da Pauline. Le père d'Akpéné a été également  entendu par la police.

Le comble, c'est que le père d'Akpéné qui réside à Wahalla a séjourné 10 jours durant à Sokodé sans jamais chercher à voir sa fille. L'on se demande si la maltraitance exercée sur Akpéné  par Da Pauline enchante le père.  Ce papa ne souhaite-t-il pas la disparition pure et simple de sa fille qui peut-être l'encombre ?

En tout cas, lorsque nous avons par téléphone demandé à Akpéné si elle voudrait retourner chez sa tutrice Da Pauline, elle a juré qu'elle ne voudrait plus revoir cette méchante dame. " Si jamais, on m'amène là- bas de force, je vais me suicider ",  a-t-elle dit.

Pour l'heure, Akpéné vit tranquillement chez la directrice de l'ONG PAFED. Les ONG RELUTET (Réseau de Lutte contre la Traite des Enfants au Togo) et PAFED ont déposé une plainte contre Mme Pauline Folly dite Da Pauline pour violences volontaires et menaces sur mineure de 11 ans.

E.D.

 
L'Eglise catholique togolaise à la recherche d'un second souffle

Le monde catholique de notre pays souffrirait-il de nos jours d'un certain malaise proche d'une crise d'identité ? L'église semble être à la recherche d'un second souffle pour mieux s'adapter au monde actuel. Tel est certainement le sens qu'il faut donner à la récente visite " ad limina apostolorum " de notre épiscopat à Rome.

Selon un sondage effectué tout récemment en France, 51% des Français - contre 80% il y a vingt ans - se définissent comme catholiques, une moitié seulement jugeant " certain " et " probable " l'existence de Dieu ; quant au retour du Christ sur la terre, certains mettent des doutes. Moins d'un croyant sur dix pratique régulièrement. Extrapolons ces données au Togo. En dehors des pratiques animistes toujours vivaces, 43% des Togolais se déclarent fidèles à la religion catholique qui, du coup, est la plus grande religion pratiquée au Togo,  très loin avant l'Islam (20%) qui continue cependant de progresser lentement et sûrement. Les statistiques religieuses constatent qu'au Togo, les fidèles catholiques prient peu et ne vont pas souvent à la messe. Entre deux temps fort réussis -     Pâques et Noël - les Eglises restent presque vides les dimanches. Ceci est vrai au niveau de quelques paroisses de certains villages qui se disent catholiques. A quoi est dû ce phénomène ?

Le Pape Benoît XVI en exhortant l'épiscopat togolais à mettre l'accent sur l'évangélisation de la population a  mis le doigt sur ce qui crée le malaise au sein de l'Eglise catholique au Togo. Malgré les efforts de ces dernières années,  les fidèles sont souvent abandonnés à eux-mêmes, livrés parfois s'il y en a encore, aux maîtres catéchistes souvent très vieux qui comprennent mal le monde moderne et le problème de la jeunesse.

Un prête de nos jours réconciliant un couple en difficulté est devenu un fait rare.
Le propre des prêtres est d'aider l'Eglise à atteindre à travers la parole de Dieu,  une masse de gens avec lesquels justement les Eglises n'ont pas plus de contact pour les inciter à aller chercher au plus profond d'eux-mêmes quelque chose de plus grand qu'eux : des valeurs qui font consensus. Les conséquences de cette démission de la responsabilité de l'Eglise catholique face au problème d'évangélisation sont là. Beaucoup de gens ne savent pas ce que veut dire être chrétien aujourd'hui dans un monde changeant. Il ne faut pas oublier que  les sectes religieuses américaines au Togo recrutent les adhérents parmi les fidèles de l'Eglise catholique. Ces derniers sont à la recherche d'une certaine vie spirituelle que l'Eglise catholique faute d'évangélisation ou d'argument n'a pas su leur donner. Les pèlerinages effectués çà et là à travers le pays par les fidèles catholiques n'apportent pas grand-chose à la vie chrétienne. Il faut de véritables centres de retrait
e et de prières pouvant aider le chrétien à accroître sa foi en Christ et amener les hommes de l'Eglise à se démarquer de la politique partisane. Il faut reconnaître que sur ce point l'Eglise catholique a échoué.

De plus, on constate que l'Eglise catholique est de nos jours victime de son sentiment d'éternité et  d'invulnérabilité car pendant longtemps elle ne s'est pas rendue compte que le monde changeait. D'autre part, l'Eglise catholique est trop centralisée : on demande toujours à la haute autorité de se prononcer au préalable sur tel  ou tel problème mais sans consultation ni dialogue, et l'on sait  que l'Eglise passe souvent à côté des problèmes qui assaillent la société moderne. L'Eglise condamne par exemple toute contraception autre que naturelle. Il faudrait voir le drame d'un couple stérile pour comprendre que l'on peut facilement encourager la contraception chimique dès que le besoin est nécessaire.

De la même manière, le Saint-Père a salué " particulièrement l'épiscopat togolais pour sa prise de position contre l'avortement " sans rien comprendre de la situation du monde moderne. Ici, l'Eglise catholique est à côté du problème. Le gouvernement togolais a légalisé l'avortement avec condition et sous constat médical.

Lorsque la grossesse est le résultat d'un viol. Lorsque sous menace et en l'absence du mari,  un intrus prend rapport avec une femme mariée et qu'une grossesse intervient, peut-on la laisser aller à terme et  pour quelle raison ? Cet enfant serait-il aimé lorsque non issu des œuvres du mari alors que tous les autres enfants du foyer ressemblent à ce dernier ? Au nom de quoi l'Eglise défend-t-elle une telle conception ? Il s'agit d'une grossesse non désirée et dans la vie quotidienne,  la plupart des enfants de rue sont issus des grossesses non désirées.

Au Togo, l'avortement est autorisé lorsque l'enfant à naître présente déjà des anomalies. C'est le cas par exemple  des enfants monstres à naître. Peut-on laisser ces monstres venir au monde alors que l'on connaît  déjà les difficultés dans lesquelles se débattent  les paralytiques qui font en quelque sorte la honte de leur famille et qui ne peuvent vivre qu'en mendiant ?  Pourquoi l'Eglise voudrait-elle qu'on laisse venir au monde ces enfants alors que l'on sait pertinemment que ce serait des candidats à la souffrance et à la mendicité ?

Il reste le cas des femmes dont la grossesse, si elle était menée à terme mettrait la vie de la mère en danger. Il appartient à la médecine de le prouver. Peut-on donc accepter sacrifier une vie pour une autre ? Au nom de quoi ?  Si la mère mourait en donnant vie à un enfant, rien ne garantit que cet enfant vivrait longtemps. Si cet enfant était  monstre, qu'aurait-on gagné en laissant la mère mourir ? Qui s'occupera de cet enfant difforme ? L'Eglise passe donc à côté des vrais problèmes sociaux. C'est pourquoi l'immense majorité de l'opinion rejette désormais les interventions de l'Eglise dans le domaine privé, lesquelles interventions  semblent être l'origine de la fuite des fidèles.

En fait, l'Eglise prend à rebrousse poil une société confrontée, femmes et jeunes en têtes, aux sirènes de la liberté. Après la condamnation de la contraception, celle de l'avortement et du préservatif, l'Eglise refuse toujours le mariage  des prêtres et l'ordination des femmes. Pourquoi par exemple face à une Eglise qui manque aujourd'hui de prêtres, ne pas ordonner prêtres les  hommes mariés ? La disponibilité n'est pas une raison. On connaît des hommes mariés plus disponibles que les célibataires.

En 1960, Mgr Carbory Evêque de Monze déclarait déjà qu'il faut : " Etudier la possibilité d'instituer un clergé supplémentaire dans lequel entreraient les hommes mariés ". La pénurie des prêtres serait peut
-être résolue en Afrique noire par l'existence d'un clergé marié qui,  proche de la vie familiale se trouverait plus nettement intégré à la communauté. Mgr Hurley,  évêque de Durban,  va plus loin : "Je vois, dit-il,  deux raisons pour abolir le célibat : la première, bien que les jeunes choisissent librement cet état, ils paraissent mal le supporter arrivés à un âge mûr. Ils deviennent renfermés et n'arrivent pas à se donner aussi pleinement aux gens que s'ils avaient  leur propre famille. La deuxième, purement et simplement pour les besoins de l'Eglise, particulièrement en Asie,  en Afrique et en Amérique latine où la pénurie des prêtres sera toujours grande tant qu'il n'y a pas de clergés mariés.

En fait, il est temps que l'Eglise cherche à résoudre plusieurs questions qui se posent à elle. Faut-il par exemple continuer à baptiser les enfants dès leur naissance par tradition. Cela fait de nombre, mais pas des chrétiens - ou attendre qu'ils soient motivés ? Quel sort l'Eglise réserve-t-elle aux divorcés remariés ? Faut-il introduire une cérémonie pour célébrer la rupture du mariage ? C'est dire comme en politique, une réforme est nécessaire, en tout cas, il faut un Vatican III pour reformer l'Eglise catholique  et l'adapter à l'évolution du monde.

Jacques TOM

 
Législatives 2007 ou le scrutin du plus rusé

Avec le lancement du recensement le 16 juillet dernier, le processus électoral est bien enclenché et plus rien ne pourra l'arrêter. C'est ainsi que la timide affluence des premiers jours a cédé la place aux bousculades et à l'agitation dans les centres de recensement.

Dans les états-majors des partis politiques, au sein des associations et ONG des Droits de l'Homme, on ne parle que de ces élections et les lions d'hier spécialisés dans la haine tribale sous toutes ses formes, se sont brusquement  transformés en agneaux donneurs de leçon de morale. Alors que les uns font preuve de bonne foi dans la conduite du processus, les autres plus rusés peaufinent leur plan car pour ces derniers, le scrutin se gagne au recensement et les Accords de Ouaga leur ouvrent  grandement les portes. De quoi s'agit-il ? De sources proches des services de renseignement,  des mouvements inhabituels de populations, s'observent dans la capitale et surtout à nos frontières. En demandant de procéder au  recensement des électeurs sans pièces d'identité en se fondant sur la bonne foi des chefs et des notables, on a ouvert la boîte de pandore.

Au Togo, quand il s'agit de politique, la bonne foi n'existe plus et nos chefs et autres notables ne sont que des caisses de résonance des partis politiques. Personne ne peut le nier. C'est ainsi qu’à Lomé où résident un bon nombre de Ghanéens et de Béninois acquis de tout temps à la cause de l'UFC, se font bonnement recensés sans que personne ne lève le petit doigt. Il ne peut en être autrement car comment peut-on demander au chef de Kodjoviakopé par exemple de dénoncer ses frères qui viennent de l'autre côté de la frontière à l’ouest (Aflao) pour se faire recenser à Lomé ?

De source concordante, le même phénomène se déroule sur toutes nos frontières avec une ampleur accrue dans le sud du pays spécialement dans le Kloto, Moyen Mono, Atakpamé, etc. A cela, il faut ajouter le recensement des enfants de moins de 18 ans. Apparemment, tous les états-majors des partis observent la situation en faisant profil bas pensant en tirer profit le moment venu.  Malheureusement, il y aura des perdants. Et le RPT part perdant car, c'est au Sud que nous avons une forte concentration  de la population.

Il est facile d'aller signer des accords. Sur le terrain, il y a problème. Et l'APG,  en demandant qu'on recense des gens sans pièces d'identité a créé un précédent qui aura de graves conséquences quand on nous dit que c'est le présent recensement qui servira à la présidentielle dans trois ans.

L'UFC en exigeant dare dare le recensement sans pièces d'identité savait à quoi elle jouait. Mais pour faire diversion l’UFC à qui la situation arrange, pond un communiqué pour dénoncer le mauvais recensement. Et le RPT en signant sans garde fou s'est fait prendre au piège.

KAO Victoire

 
Recensement électoral : L'UFC déjà en campagne

Alors que les prochaines élections législatives ne sont pour le moment qu'à la phase du recensement électoral et que les partis politiques sont toujours dans l'expectative, l'UFC semble au contraire n'avoir pas du temps à perdre. Elle est déjà en campagne électorale. L'on voit en effet ça et là les agents de ce parti, hauts parleurs à la main, parcourir les rues de Lomé, invitant la population à aller se faire massivement inscrire si elle veut que l'UFC gagne ces législatives. Dans cette période préélectorale, que penser de la démarche de l'UFC sinon qu'elle est en quelque sorte effectivement en campagne ; elle cherche à gagner du terrain.

Un tel comportement politique venant de l'UFC ne surprend personne. Il faut dire ici que l'on est loin d'un parti politique qui clame souvent être le parti politique le plus populaire au Togo. S'il l'était vraiment, aurait-il encore besoin de gesticuler souvent pareillement à la moindre occasion ? A l'approche de la date du scrutin une certaine peur commence à s'installer au sein du parti, lequel commence aussi à se douter de lui-même et de sa prétendue popularité. En tout cas la popularité, si popularité il y a ne se proclame pas ; elle s'impose d'elle-même et bientôt l'on connaîtra les vrais partis populaires.

" Les élections libres et transparentes " tel est le leitmotiv et en même temps le programme de société de notre très populaire parti. On sait que Gilchrist Olympio a toujours rêvé de diriger le pays ne serait-ce qu'un jour dans sa vie pour venger ses morts. C'est aussitôt dès la création de l'UFC que les responsables de ce parti étaient entrés en campagne électorale et ils en sont là deux décennies après. L'on dit souvent que l'un des mérites du président Eyadéma est d'avoir appris Gilchrist Olympio l'art de savoir se patienter dans la conquête du pouvoir au Togo.

Car aussitôt dès la démocratisation des institutions du pays, on a vu l'homme rentrer précipitamment d'Angleterre où il séjournait depuis longtemps pour se jeter furtivement dans la conquête du pouvoir, un pouvoir qu'il croyait être à terre au Togo. On apprend ces dernier temps que Gilchrist Olympio et ses séides étaient tout récemment à Ouagadougou pour rencontrer le facilitateur Blaise Compaoré. On ne manque pas de s'étonner que l'UFC qui fait la cour au chef de l'Etat burkinabé compte tellement sur ce dernier pour conquérir le pouvoir au Togo. Mais Blaise Compaoré a-t-il cessé d'être aux yeux de l'UFC un françafricain ? Mais pour quelle raison l'UFC est-elle partie à Ouagadougou presque incognito ? Décidément, du côté de l'UFC, l'on s'agite trop.

En tout cas, la campagne dans laquelle ce parti s'est déjà lancé à cor perdu montre bien que l'UFC n'est pas disposé à accepter le verdict des urnes en cas de défaite de ce parti. A en croire certaines personnes, les responsables de ce parti auraient contacté quelques chefs de canton pour leur dire de dénoncer les fraudes au cas où ce parti perdrait les élections. C’est en vue de cette victoire annoncée que le parti des métis bat  le rappel des électeurs en faisant recenser des Ghanéens, des Béninois et des mineurs. Ce qui est étonnant, c'est que l'idée même d'une éventuelle défaite de l'UFC n'effleure pas ses responsables. Si l'UFC essuie un cuisant échec, dit-on dans les milieux proches du parti, cela ne pourrait être que le fait des " fraudes massives orchestrées par ceux qui s'accrochent au pouvoir et refusent les changements ". En revanche, si l'UFC gagne ici on ne parle pas de la victoire de l'opposition ; l'UFC croit être capable de remporter seule tous les sièges !

Faut-il rappeler aux responsables de l'UFC que les autres partis politiques nourrissent la même ambition de remporter à eux seuls tous les sièges et donc ne pensent pas eux aussi à une quelconque défaite. On verra bientôt pour qui roule vraiment le peuple togolais, ce peuple dont le nom est souvent évoqué pour justifier quoi que ce soit mais qui ne se sent nullement concerné par ces jeux politiques.

Jacques Tom

 
France/Afrique : SARKOZY s'accroche au pré-carré

Entre les promesses d'un candidat à une élection présidentielle et ce qu'il fait une fois élu, il y a un grand décalage. Lors d'un de ces périples africains en tant que ministre de la Sécurité, le candidat Sarkozy avait fait entendre que la France n'avait pas besoin de l'Afrique. De quoi faire frémir M. Pascal Chaineau, mon professeur de Relations Internationales à la Sorbonne qui déclarait lors d'un cours sur les relations franco-africaines que la France est une puissance mondiale parce qu'elle est puissance africaine "

En tout cas, le franco-hongrois devenu le 43e président de la République Française se rend compte de l'énormité de sa bourde une fois installé à l'Elysée.

La France ne peut pas se passer de l'Afrique et en particulier de son pré-carré francophone au risque de se voir se reléguer au rang du Portugal au sein de l'UE. Et pour se faire, Sarkozy comme Mitterrand en 1981 se presse de rassurer le noyau dur du dispositif français en Afrique : le Sénégal et le Gabon. Le premier pour son intérêt géopolitique et le second pour son importance économique. Ainsi, Sarkozy sera les 26 et 27 juillet à Dakar et à Libreville.

En choisissant le pré-carré alors qu'il était question au premier abord d'ajouter à la liste deux pays anglophones, Sarkozy vient de céder aux pressions des milieux militaro-industriels français très attachés à l'étroitesse des relations avec ce qui est convenu d'appeler l'Afrique traditionnelle avec laquelle l'Hexagone entretient des relations ambiguës. Dès lors, il n' y aura rien à attendre du premier voyage de Sarkozy en Afrique Noire en tant que président français. Comme l'ont fait tous ses prédécesseurs, Sarkozy arrive en terre conquise pour calmer et rassurer le Françafricain quelque peu inquiété par les discours tapageurs du candidat Sarkozy. Les Africains n'ont rien à attendre du Président Sarkozy. Les relations entre l'Afrique et
la France ne sont pas réformables. Le Niger est bien placé pour témoigner. Pour avoir tenter de diversifier ses partenaires dans l'exploitation d'Uranium, AREVA, le spécialiste français du nucléaire lui a suscité une rébellion touareg dans le Nord. Sarkozy vient en Afrique pour protéger les énormes intérêts de la France mais pas ceux des Africains qui doivent continuer leur combat pour se libérer de la domination sous toutes ses formes.

KAO Victoire

 

 
 
 
 
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