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« … L’impunité est demeurée totale au
Togo », déclare dans une conférence de
presse, une délégation d’Amnesty
International après une visite d’une
semaine effectuée chez nous. Mais de
quoi parle-t-on au juste lorsqu’on
évoque fréquemment le problème de
l’impunité au Togo ? Au reste qui
veut-on qu’on punisse au Togo afin que
le pays puisse avoir les faveurs de
cet organisme humanitaire
international pour bénéficier la
fameuse étiquette de l’Etat de droit ?
« … Si le gouvernement commence par
traduire en justice certaines
personnes qui ont commis des violences
dans le pays, ajoute un certain
Salvador Saguès, membre de la
délégation, ce serait un signal fort
et préviendrait contre d’autres actes
de violence » Fort bien mais à
condition que les membres de cette
délégation aident le pays à identifier
clairement les personnes qu’ils
considèrent comme ayant « commis des
violences dans le pays » et non se
laisser dire ce que l’opposition
togolaise veut entendre de cette
délégation. En d’autres termes dans
leur fameuse conférence, on entend que
l’écho des déclarations de notre
opposition à telle enseigne qu’on a
l’impression que cette délégation
n’était venue au Togo que pour
apporter son soutien à notre
opposition.
Cela dit, c’est dans l’optique de
punir « les personnes qui ont commis
des violences dans le pays » que le
gouvernement avait procédé à
l’interpellation de quelques militants
de l’opposition, responsables des
troubles et des actes de violences
après l’élection présidentielle
d’avril 2005 ; ce sont bien des
criminels, que Amnesty International
s’est empressé de considérer comme
des prisonniers politiques. Or le
gouvernement les considère comme ceux
qui ont tué et égorgé des étrangers
au Togo.
Lorsqu’on parle de l’impunité au Togo,
ce sont toujours l’armée et les
services de l’ordre qui sont visés.
Demander par exemple à notre confrère
Lucien Messan pour voir qui sont ceux
qui ont détruit sa maison quelque
part dans son village natal à Avévé.
Ce ne sont pas les services de
l’ordre. Ce sont les voyous militants
de l’opposition en l’occurrence les
militants de l’UFC. On reproche
certainement à notre confrère Lucien
Messan d’avoir été l’ami du président
Eyadema. C’est interdit à notre
confrère d’avoir un ami (de surcroît
un président de la République sans leur accord).
De la même manière, le président Jacques
Chirac a été traité de tous les noms
d’oiseaux lorsqu’au décès du président
Eyadema, le président français avait
présenté celui-ci comme son ami
personnel (Aie ! un crime) et un ami
de la France (un autre crime). Demander à Kodjo
Maurille Agbobli pour voir ceux qui
ont détruit sa maison à Kpélè-Adeta
son village natal. Ici encore ce ne
sont pas les fameux militaires mais
bien ces drogués de militants
appartenant à l’opposition dite
radicale. Le tort de M. Agbobli est
d’avoir été longtemps ministre du
président Eyadema. Que dire de tout
cela ? Mais pour qui roule Amnesty
International au Togo ? Aux yeux de
cet organisme international, les
membres de l’opposition togolaise
peuvent se permettre librement toutes
sortes d’exactions au Togo à condition
seulement que le sang ne coule pas et
si le sang coule c’est faute aux
militaires. N’est-ce pas absurde ?
L’armée ne devrait pas intervenir si
les militants de l’opposition
n’avaient pas commencé à s’en prendre
à la population en « voulant faire
comme à Madagascar » ce qui devrait
permettre à Gilchrist Olympio de
prendre le pouvoir qui était à terre.
Ce sont ces individus, conscients des
actes criminels qu’ils ont commis qui
se sont réfugiés dans les pays
limitrophes et que Amnesty
International considère comme des
prisonniers politiques. Alors qui
veut-on punir au Togo ?
En tout cas, lorsqu’il s’agit de la
situation politique de notre pays,
Amnesty International et ses suppôts
se livrent à des mensonges. Qui peut
aujourd’hui croire encore comme
l’avait procédé à des tapages
médiatiques une Amnesty International
en mal de sensation qu’après
l’élection présidentielle de 1998 que
l’armée a massacré une partie des
membres de l’opposition ; elle aurait
alors jeté les corps en haute mer,
corps que les vagues ont ramené
jonchés les côtes béninoises en
feignant les côtes togolaises et les
côtes des autres pays. A qui
profitaient ces mensonges ? On voit
déjà le parti pris d’une organisation
qui se veut neutre dans la défense des
droits de l’homme : aider à tout pris
l’opposition togolaise.
Sinon comment comprendre le but du
récent séjour de la délégation d’Amnesty
International au Togo alors qu’aucune
nécessité ne l’exige. Du coup cette
délégation fait siennes les
déclarations de l’opposition sur le
problème de l’impunité. De plus on
connaît mal les raisons du séjour de
cette délégation au Togo alors que
Amnesty International n’a levé aucun
doigt pour intervenir en faveur des
victimes des massacres de Bodjé Médjé
en 1991 dont les commanditaires sont
bien les membres de l’opposition ceux
que cette délégation est venue
soutenir. Y a-t-il deux poids deux
mesures dans la défense des droits de
l’homme de la part d’Amnesty
International ? Que signifie une telle
attitude ?
Par son parti pris délibéré en faveur
de l’opposition dite radicale, son
silence sur certains évènements
douloureux tels que les massacres
perpétrés en 1991 sur des
ressortissants du Nord dans la partie
Sud du pays, Amnesty International
contribue à envenimer les tensions
ethniques au Togo et à renforcer la
division Nord-Sud du pays.
Gaston Rosignac |