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La Dépêche

27 juillet 2006

[ No 329: du 26 juillet 2006]
Pour qui roule Amnesty au Togo
 
 

« … L’impunité est demeurée totale au Togo », déclare dans une conférence de presse, une délégation d’Amnesty International après une visite d’une semaine effectuée chez nous. Mais de quoi parle-t-on au juste lorsqu’on évoque fréquemment le problème de l’impunité au Togo ? Au reste qui veut-on qu’on punisse au Togo afin que le pays puisse avoir les faveurs de cet organisme humanitaire international pour bénéficier la fameuse étiquette de l’Etat de droit ?

« … Si le gouvernement commence par traduire en justice certaines personnes qui ont commis des violences dans le pays, ajoute un certain Salvador Saguès, membre de la délégation,  ce serait un signal fort et préviendrait contre d’autres actes de violence » Fort bien mais à condition que les membres de cette délégation aident le pays à identifier clairement les personnes qu’ils considèrent comme ayant « commis des violences dans le pays » et non se laisser dire ce que l’opposition togolaise veut entendre de cette délégation. En d’autres termes dans leur fameuse conférence, on entend que l’écho des déclarations de notre opposition à telle enseigne qu’on a l’impression que cette délégation n’était venue au Togo que pour apporter son soutien à notre opposition.

Cela dit, c’est dans l’optique de punir « les personnes qui ont commis des violences dans le pays » que le gouvernement avait procédé à l’interpellation de quelques militants de l’opposition, responsables des troubles et des actes de violences après l’élection présidentielle d’avril 2005 ; ce sont bien des criminels, que Amnesty International  s’est empressé de  considérer comme des prisonniers politiques. Or le gouvernement les considère comme  ceux qui ont tué et égorgé des étrangers  au Togo.

Lorsqu’on parle de l’impunité au Togo, ce sont toujours l’armée et les services de l’ordre qui sont visés. Demander par exemple à notre confrère Lucien Messan pour voir qui sont ceux qui  ont détruit sa maison quelque part dans son village natal à Avévé. Ce ne sont pas les services de l’ordre. Ce sont les voyous militants de l’opposition en l’occurrence les militants de l’UFC. On reproche certainement à notre confrère Lucien Messan d’avoir été l’ami du président Eyadema. C’est interdit à notre confrère  d’avoir un ami (de surcroît un président de la République sans leur accord).

De la même manière, le président Jacques Chirac a été traité de tous les noms d’oiseaux lorsqu’au décès du président Eyadema, le président français avait présenté celui-ci comme son ami personnel (Aie ! un crime) et un ami de la France (un autre crime). Demander à Kodjo Maurille Agbobli pour voir ceux  qui ont  détruit sa maison à Kpélè-Adeta son village natal. Ici encore ce ne sont pas les fameux militaires mais bien ces drogués de militants appartenant à l’opposition dite radicale. Le tort de M. Agbobli est d’avoir été longtemps ministre du président Eyadema. Que dire de tout cela ? Mais pour qui roule Amnesty International au Togo ? Aux yeux de cet organisme international, les membres de l’opposition togolaise peuvent se permettre librement toutes sortes d’exactions au Togo à condition seulement que le sang ne coule pas et si le sang coule c’est faute aux militaires. N’est-ce pas absurde ? L’armée ne devrait pas intervenir si les militants de l’opposition n’avaient pas commencé à s’en prendre à la population en « voulant faire comme à Madagascar » ce qui devrait permettre à Gilchrist Olympio de prendre le pouvoir qui était à terre. Ce sont ces individus, conscients des actes criminels qu’ils ont commis qui se sont réfugiés dans les pays limitrophes et que Amnesty International considère comme des prisonniers politiques. Alors qui veut-on punir au Togo ?

En tout cas, lorsqu’il s’agit de la situation politique de notre pays, Amnesty International et ses suppôts se livrent à des mensonges. Qui peut aujourd’hui croire encore comme l’avait procédé à des tapages médiatiques une Amnesty International en mal de sensation qu’après l’élection présidentielle de 1998 que l’armée a massacré une partie des membres de l’opposition ; elle aurait alors jeté les corps en haute mer, corps que les vagues ont ramené jonchés les côtes béninoises en feignant les côtes togolaises et les côtes des autres pays. A qui profitaient ces mensonges ? On voit déjà le parti pris d’une organisation qui se veut neutre dans la défense des droits de l’homme : aider à tout pris l’opposition togolaise.

Sinon comment comprendre le but du récent séjour de la délégation d’Amnesty International au Togo alors qu’aucune nécessité ne l’exige. Du coup cette délégation fait siennes les déclarations de l’opposition sur le problème de l’impunité. De plus on connaît mal les raisons du séjour de cette délégation au Togo alors que Amnesty International n’a levé aucun doigt pour intervenir en faveur des victimes des massacres de Bodjé  Médjé en 1991 dont les commanditaires sont bien les membres de l’opposition ceux que cette délégation est venue soutenir. Y a-t-il  deux poids deux mesures dans la défense des droits de l’homme de la part d’Amnesty International ? Que signifie une telle attitude ?

Par son parti pris délibéré en faveur de l’opposition dite radicale, son silence sur certains évènements douloureux  tels que les massacres perpétrés en 1991 sur des ressortissants du Nord dans la partie Sud du pays, Amnesty International contribue à envenimer les tensions ethniques au Togo et à renforcer la division Nord-Sud du pays.

Gaston Rosignac

 

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