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Les
épreuves écrites du baccalauréat ont
pris fin la semaine dernière.
L’examen, aux dires des candidats,
aurait pris cette année l’allure d’un
concours, c’est-à-dire un peu
difficile par rapport aux autres
années. C’est dire que tout comme à
l’examen du probatoire, les résultats
du baccalauréat cette année ne vont
rien augurer de bon, à moins de
compter comme toujours sur
l’indulgence du jury.
« De quoi se plaignent nos élèves ? se
demande un professeur de mathématiques. On ne peut
pas chaque année continuer à rabaisser le niveau de
l’examen du baccalauréat au niveau des élèves. Le
Temps de méritocratie est arrivé et la démocratie,
c’est cela aussi. On ne peut plus laisser n’importe
qui faire des études supérieures. Il faudrait savoir
dorénavant faire une sélection et ce serait sauver
l’université togolaise. Combien de bacheliers ne
savent ni lire ni comprendre un texte ?
J’aurais moi-même souhaité
que l’on instaure un concours spécial d’entrer à
l’université pour tous les bacheliers qui veulent
entreprendre les études supérieures… En tout cas, il
faudrait avoir enseigné longtemps dans une
université togolaise pour comprendre le phénomène de
la baisse constante du niveau de nos étudiants ».
Il y a trois ans un professeur de
philosophie déclarait ne pas comprendre pourquoi au
bac le taux de réussite fourni par nos autorités
universitaires atteint et dépasse même 25% « y
a-t-il un miracle qui se produirait le jour de
l’examen ?», se demande-t-il. Le taux de réussite
tel qu’il est fourni par nos autorités ne reflète
pas, dit-il, la réalité du niveau des élèves
constaté dans les écoles. Les élèves suivent les
cours sans élan et avec une passivité sans égale.
Dès le premier jour de la rentrée, certains élèves
donnent l’impression d’être déjà fatigués par je ne
sais quoi. Ils passent parfois des heures en classe
à bayer aux corneilles. Des professeurs signalent
parfois que d’autres élèves rentrent ivres en classe
après la récréation.
Un enseignant renchérit sur la passivité
des élèves : « J’ai indiqué tout récemment à mes
élèves deux essais sur la littérature française qui
devraient figurer dans la bibliothèque d’un élève
qui souhaite préparer efficacement l’essai
littéraire au bac. Pour toute réponse, les malins
m’ont fait savoir qu’ils n’ont pas d’argent pour ce
genre de livres. Mais la plupart de mes élèves ont
actuellement chacun un téléphone mobile. Que vaut
le prix d’un livre par rapport à celui du portable.
Où trouvent-ils l’argent pour s’acheter les cartes
de recharge ? L’étonnant, c’est que certains parmi
mes gars disposent des portables derniers cris. J’ai
l’impression que pour mes élèves, la préparation du
bac ou tout autre examen restait le cadet de leur
souci. Comment dans ces conditions peut-on
s’étonner des échecs de nos enfants aux examens ?
« Ils n’apprennent pas leur leçon ; ils
sont atteints par le phénomène de la loi de moindre
effort ; Ils cherchent la facilité, la distraction,
la passivité. Ils cherchent à tout savoir sans
jamais avoir rien appris. On préfère en classe les
solutions faciles : les tricheries, la corruption,
l’abus de confiance et des fraudes diverses pour
réussir aux examens et même pour réussir tout
simplement dans la vie ». C’est cela le refus de
l’effort chez les élèves togolais.
Pouvait-il en être autrement quand on
sait que depuis un certain temps il y aurait au Togo
une autre voie pour réussir au baccalauréat : celle
qui consiste à réussir à tout prix après
réclamation. Qu’un seul candidat recalé passe par
cette voie pour réussir. D’accord, mais ces
réclamation sont en passe de devenir une épidémie
qui rend finalement les élèves paresseux. Cela donne
l’impression que le baccalauréat est susceptible
d’être monnayable que les autres services publics au
Togo.
Tout peut donc s’acheter au Togo y
compris les diplômes puisque tous ceux qui font des
réclamations réussissent presque tous sans que l’on
comprenne pourquoi. Ce genre de réussite encourage
souvent la paresse chez les candidats au
baccalauréat. Que faire ?
Jacques Tom |