AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
La Dépêche

29 juin 2006

[ No 325: du 28  juin 2006]
Le président Faure interpellé sur le sort des paysans Togolais
 
 
 

Après un an d’exercice de pouvoir, le Président Faure a transformé l’image du pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Au plan interne, le Président Faure et son premier ministre Edem KODJO ont pris des mesures allant dans le sens de l’apaisement général.

Au plan politique, la réconciliation est devenue une réalité avec la libération des détenus politiques, la réforme de la justice, la libération de l’espace médiatique, la promotion des libertés publiques, l’instauration du dialogue national etc
Au plan social, des mesures louables sont prises avec le déblocage des avancements, avec effet financier, l’engagement  de plus de 8000 enseignants et le dialogue social etc.

Seule ombre au tableau, le triste sort réservé au monde rural.

Les paysans, les laissés pour compte
Les paysans togolais vivent des moments difficiles. Ce ne sont pas l’élégance et l’éloquence de notre ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, M. Kondi AGBA sur nos médias qui nous démentiront. Notre ministre de l’Agriculture a beau embellir la situation du monde rural, la réalité est têtue. Nos paysans, 80% de notre population vivent des jours sans lendemain ; deux à trois ans d’impayés de coton, flambée des prix d’engrais, avancée du désert, sécheresse etc. Le monde rural paye le lourd tribut de son inorganisation. Si les paysans étaient constitués en syndicats forts comme les fonctionnaires et salariés de nos villes, leur cause serait peut-être entendue. Ne présentant aucune menace pour nos dirigeants, ils sont oubliés et l’on passe le temps à nous faire croire qu’on pense à eux. Sinon comment comprendre que sans sourciller, le ministre AGBA nous dise sur nos médias que le sac d’engrais qui passe de 7000F à 12 000F  est dans l’intérêt du paysan ! C’est à croire que notre ministre de l’Agriculture n’a jamais visité un paysan dans une ferme du pays. Comme il donne l’impression qu’il ne connaît pas le monde paysan qu’il gère, il faut lui rappeler que nous assistons à une démobilisation du monde rural. Le coton appelé communément l’or blanc, est devenu une culture à risque pour le paysan. Il faut tout faire pour sauver la campagne cotonnière, car le coton est devenu l’une des rares cultures de rentes qui occupe une place importante dans l’économie togolaise. Les pays voisins  l’ont si bien compris en réduisant au maximum les taxes douanières et d’impôts sur les importations des intrants agricoles.  Face aux problèmes, nos paysans ne savent plus à quel Saint se vouer. Ils n’ont plus de revenus à cause des arriérés sur la vente de leurs produits. C’est au moment qu’ils n’ont plus de revenu qu’on leur vend des engrais cher sous prétexte d’éviter la réexportation frauduleuse.

On se demande
ce que font nos douaniers et nos forces de sécurité. Alors qu’on ne tarit pas de beaux discours sur nos médias, on ne nous dit rien des tonnes d’engrais octroyés par la République de Chine. La Chine a-t-elle donné cet engrais pour qu’on le revende cher aux paysans ?

A chaque fois, on nous rappelle la gestion de la Sotoco. Cette affaire de Sotoco relève du passé. L’Etat lui continue avec des responsables à la tête. Il faut éviter la fuite en avant.  Les voies de solution existent. Il faut rapidement éponger une partie de la dette des paysans car il ne faut pas oublier que les paysans vont sur le même marché que les fonctionnaires et salariés de nos villes. Ils doivent aussi  nourrir, habiller, soigner leurs enfants et les éduquer.

Autre  voie de solution, réduire les taxes à l’importation sur les intrants agricoles. Le taux actuel de 17% est prohibitif. Il faut même exonérer les intrants agricoles en les rangeant dans la catégorie de produits sensibles.

L’amélioration  du sort des paysans est une des promesses de campagne du candidat Faure. Il faut tout faire pour ne pas mécontenter le monde paysan, un électorat déterminant. Feu président Eyadema l’avait bien compris : Parallèlement à l’exonération d’impôts aux paysans, il subventionnait le prix des engrais !

Le Président  Faure est donc interpellé. S’il veut prendre le pool du monde rural, il doit accepter de descendre dans l’arène en allant à la rencontre du monde rural. Vous serez édifier Monsieur Le  Président.


KV

 

Job.com

 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved