|
Après un an d’exercice de pouvoir, le
Président Faure a transformé l’image
du pays tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur.
Au
plan interne, le Président Faure et son premier
ministre Edem KODJO ont pris des mesures allant dans
le sens de l’apaisement général.
Au plan politique, la réconciliation
est devenue une réalité avec la
libération des détenus politiques, la
réforme de la justice, la libération
de l’espace médiatique, la promotion
des libertés publiques, l’instauration
du dialogue national etc
Au plan social, des mesures louables sont
prises avec le déblocage des avancements, avec effet
financier, l’engagement de plus de 8000 enseignants
et le dialogue social etc.
Seule ombre au tableau, le triste sort
réservé au monde rural.
Les paysans, les laissés pour compte
Les paysans togolais vivent des moments difficiles. Ce
ne sont pas l’élégance et l’éloquence
de notre ministre de l’Agriculture, de
l’Elevage et de
la Pêche, M. Kondi AGBA sur nos médias qui nous
démentiront. Notre ministre de l’Agriculture a beau
embellir la situation du monde rural, la réalité est
têtue. Nos paysans, 80% de notre population vivent
des jours sans lendemain ; deux à trois ans
d’impayés de coton, flambée des prix d’engrais,
avancée du désert, sécheresse etc. Le monde rural
paye le lourd tribut de son inorganisation. Si les
paysans étaient constitués en syndicats forts comme
les fonctionnaires et salariés de nos villes, leur
cause serait peut-être entendue. Ne présentant
aucune menace pour nos dirigeants, ils sont oubliés
et l’on passe le temps à nous faire croire qu’on
pense à eux. Sinon comment comprendre que sans
sourciller, le ministre AGBA nous dise sur nos
médias que le sac d’engrais qui passe de 7000F à
12 000F est dans l’intérêt du paysan ! C’est à
croire que notre ministre de l’Agriculture n’a
jamais visité un paysan dans une ferme du pays.
Comme il donne l’impression qu’il ne connaît pas le
monde paysan qu’il gère, il faut lui rappeler que
nous assistons à une démobilisation du monde rural.
Le coton appelé communément l’or blanc, est devenu
une culture à risque pour le paysan. Il faut tout
faire pour sauver la campagne cotonnière, car le
coton est devenu l’une des rares cultures de rentes
qui occupe une place importante dans l’économie
togolaise. Les pays voisins l’ont si bien compris
en réduisant au maximum les taxes douanières et
d’impôts sur les importations des intrants
agricoles. Face aux problèmes, nos paysans ne
savent plus à quel Saint se vouer. Ils n’ont plus de
revenus à cause des arriérés sur la vente de leurs
produits. C’est au moment qu’ils n’ont plus de
revenu qu’on leur vend des engrais cher sous
prétexte d’éviter la réexportation frauduleuse.
On se demande
ce
que font nos douaniers et nos forces de sécurité.
Alors qu’on ne tarit pas de beaux discours sur nos
médias, on ne nous dit rien des tonnes d’engrais
octroyés par
la République de Chine. La Chine a-t-elle donné cet
engrais pour qu’on le revende cher aux paysans ?
A chaque fois, on nous rappelle la gestion
de
la Sotoco. Cette affaire de Sotoco relève du passé.
L’Etat lui continue avec des responsables à la tête.
Il faut éviter la fuite en avant. Les voies de
solution existent. Il faut rapidement éponger une
partie de la dette des paysans car il ne faut pas
oublier que les paysans vont sur le même marché que
les fonctionnaires et salariés de nos villes. Ils
doivent aussi nourrir, habiller, soigner leurs
enfants et les éduquer.
Autre voie de solution, réduire les taxes à
l’importation sur les intrants
agricoles. Le taux actuel de 17% est
prohibitif. Il faut même exonérer les
intrants agricoles en les rangeant
dans la catégorie de produits
sensibles.
L’amélioration du sort des paysans est une des
promesses de campagne du candidat
Faure. Il faut tout faire pour ne pas
mécontenter le monde paysan, un
électorat déterminant. Feu président
Eyadema l’avait bien compris :
Parallèlement à l’exonération d’impôts
aux paysans, il subventionnait le prix
des engrais !
Le Président Faure est donc
interpellé. S’il veut prendre le pool
du monde rural, il doit accepter de
descendre dans l’arène en allant à la
rencontre du monde rural. Vous serez
édifier Monsieur Le Président.
KV
|