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La Dépêche

23 JUIN 2007

[ No 374 : du 21  juin 2007]
Elections législatives  du 5 août : Quand le Premier Ministre AGBOYIBO est à la recherche des boucs émissaires

Maître Yaovi Agboyibo à la tête du gouvernement chante et déchante à la fois. Nommé Premier Ministre dans l'unique but d'organiser les élections législatives transparentes et dans un délai imparti, Me Agboyibo  semble actuellement être à  la croisée des chemins. L'homme tourne en rond et ne sait plus quelle voie emprunter pour atteindre le but. " Pouvait-il en être autrement, avec quelqu'un qui n'a jamais exercé les fonctions ministérielles ?”, se demande un observateur. Hier dans l'opposition, l'homme était à l'aise et trouvait facilement des solutions à tout. Il fallait pour cela passer son temps à accuser le président Eyadéma de tous les maux et le tour était alors joué. Aujourd'hui qui accuser lorsque l'on est aux affaires et Me Agboyibo sait que le peuple togolais n'aime pas les alibis…".

Faute de pouvoir organiser les élections législatives dans le délai fixé-  on parle de reporter  encore la date du 5 août - Me Agboyibo croit calmer l'opinion publique en partant en guerre  contre les préfets et les chefs traditionnels. En effet, lors d'un Atelier sur " La Responsabilité des leaders des partis politiques dans la promotion et la protection des droits de l'homme dans un processus électoral ", Me Agboyibo s'était pris aux préfets et chefs traditionnels coupables selon lui d'activisme et qui exerceraient des intimidations et autres pressions sur les administrés pour les empêcher de faire route  avec les partis de leur préférence.

Le prétendu activisme des préfets et chefs traditionnels empêche -t-il le chef du gouvernement de mettre des moyens  matériels et financiers à la disposition de la CENI pour lui permettre d'entamer son travail ? Depuis son installation, la CENI tourne en rond et ne sait par où commencer ;  les moyens financiers lui font cruellement défaut. Seul point positif : l'arrivée des kits et la bouffée d'oxygène apportée par l'UE. Pour le reste, le chef du gouvernement et son équipe croisent les bras. Ce qui leur a valu un sévère rappel à l'ordre du chef de l'Etat.

Maître Agboyibo a poursuivi ses diatribes contre les représentants du pouvoir central en déclarant que " ce genre d'activités des préfets et chefs traditionnels constitue des anomalies qui ont souvent mis en péril les processus électoraux au Togo ". Erreur. Le péril des processus électoraux au Togo, ne provient nullement du maintien des préfets et chefs traditionnels mais de la volonté de certains membres de l'opposition radicale de faire descendre à chaque scrutin dans la rue des insurrectionnels. Ce que Me Agboyibo lui-même a appelé " la stratégie du conflit généralisé ". En avril 2005, cette même opposition radicale a franchi le Rubicon de la violence en envoyant ses militants dans les rues pour faire comme à Madagascar. On connaît la suite.

Si l'on suit actuellement de près les déclarations des membres de l'UFC, déclarations en rapport avec les élections législatives à venir, on ne manque pas de comprendre que l'UFC aurait déjà gagné les élections législatives du 5 août et le reste n'est qu'une simple formalité. Si l'UFC perdait ces législatives, cela ne pourrait être que le fait des fraudes dites massives. D'ailleurs, depuis un certain temps, les journaux d'obédience UFC dénoncent déjà  les fraudes qui empêcheraient l'UFC de gagner alors que jusqu'ici rien n'est encore fait en dehors des séances de simulation au sujet des cartes électorales. Qu'adviendra-t-il encore  si l'UFC perdait effectivement ces législatives ? il est temps pour le chef de gouvernement de songer à cette hypothèse.

En s'en prenant aux préfets et aux chefs traditionnels, le chef du gouvernement nous renvoie quelque peu à l'histoire du Togo. On se rappelle que Sylvanus Olympio et ses partisans s'attaquaient aussi aux membres dirigeants du PTP baptisés progressistes qu'ils accusaient d'être des vendus, des traîtres à la solde de la puissance coloniale. Des traîtres, selon Sylvanus Olympio et ses partisans aidaient l'administration coloniale à abuser les Togolais, notamment en s'immiscant dans les affaires de chefferie traditionnelle pour installer des chefs favorables à l'ordre colonial et en exploitant le pays.

La présence des chefs traditionnels favorables à l'ordre colonial n'a pas empêché le CUT et ses partisans de gagner les élections générales du 27 avril 1958. Comment expliquer cela et pourquoi aujourd'hui part-on en guerre contre eux ? Il faut dire que c'est depuis un certain temps que la presse proche de l'opposition réclamait tapageusement le remplacement des préfets actuels. Mais oui pour les remplacer par qui ? Par des gens proches de l'opposition et ceci dans la perspective des élections législatives. IL y aurait ici anguille sous roche et cet appel  médiatique pour remplacer les préfets laisse entrevoir quelque chose surtout que cet appel vient de l'opposition. Le remplacement des préfets actuels ne devrait pas se situer dans la nécessité des élections à venir.

Mais quel rôle a-t-on assigné aux préfets dans un pays et pourquoi l'opposition s'inquiète t-elle  de leur maintien ? Si Me Agboyibo s'était posé une telle question, il ne devrait pas conclure ses vociférations contre les préfets et les chefs traditionnels en termes suivants : " Il importe de prendre à temps des mesures appropriées pour remédier à telles pratiques - lesquelles ? - et garantir le libre déroulement des électeurs ". Cela montre que l'opposition est à la recherche  des boucs émissaires pour justifier d'avance sa défaite aux élections législatives. En tout cas, nous sommes ici toujours en présence de la politique de " lève-toi que je m'y mette d'abord, le reste viendra après ". L'opposition veut placer ses gens d'abord. Ce qui prouve qu'elle n'est pas encore prête pour les législatives.

Ce ne sont pas les préfets et les chefs traditionnels qui organisent les élections. C'est la CENI et ses CELI et ces organes ne demandent que des moyens pour travailler. Ne déplaçons pas le jeu du terrain.

Gaston ROSIGNAC 

 
Eliminatoires CAN 2008 : Le Togo s'incline face au Bénin (1-4)
Du Vaudou à la sauvagerie

La 5ème et avant dernière journée des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations de football Ghana 2008 s'est disputée le week-end dernier. Logés dans le groupe 9 avec les Aigles du Mali, les Leone Stars de la Sierra Léone et les Ecureils du Bénin, les Eperviers du Togo ont effectué le 17 juin un déplacement périlleux à Cotonou où ils ont été défaits 1 but contre 4 par la sélection béninoise. Arrivés à Cotonou sans la plupart de ses joueurs stars dont Emmanuel Adébayor, Cougbadja Kader, Nibombé Daré, Tchangaï et Aleaxis Romao, Stephen Keshi et ses poulains ont connu à Cotonou le pire des cauchemars jamais vécus depuis le début de ces éliminatoires.

Mené 1 à 0 à la mi-temps, la bande à Keshi nourrissait l'espoir de refaire le chemin perdu en  seconde partie du jeu. Mais hélas ! Déterminés à en finir avec les Eperviers, les Ecureils  prennent d'assaut le camp togolais dès la reprise de la seconde partie et font perdre successivement 3 nouvelles plumes aux Eperviers. Malgré les changements opérés par l'entraîneur togolais afin de permettre à ses poulains de revenir dans le match, ces derniers ne feront pas mieux que de réduire le score grâce à Olufadé Adékambi dans le dernier quart d'heure du match.

Du fair-play à la sauvagerie inouïe
Décidément, les terres étrangères sont hostiles aux joueurs et supporteurs togolais. Après le Mali et le Sénégal, lors des éliminatoires couplés CAN-MONDIAL 2006 et très récemment la Sierra Léone lors de la 4ème journée des éliminatoires en cours, c'est au tour du Bénin de réserver aux joueurs,  supporteurs et journalistes togolais un accueil des plus désolants,  dangereux et anti sportifs. A en croire les témoignages recueillis sur place, les supporteurs béninois en complicité avec les policiers béninois, supposés assurer la sécurité sur le stade, ont pris le plaisir de tabasser et torturer  les Togolais tout le long de leur séjour à Cotonou. Déjà le samedi c’est notre secrétaire d’Etat chargé de la Promotion de la Jeunesse, M. Gilbert Atsu qui a subi la barbarie des Béninois. Même les joueurs togolais n'ont pas échappé aux projectiles, aux eaux souillées et aux urines mises en bouteilles et apportées au stade par les supporteurs béninois. Les autorités sportives béninoises n'ont pris aucun soin de garantir les bonnes conditions de retransmission du match par les journalistes togolais. Ainsi, Grégoire Atignon de Radio Sport FM s'est retrouvé dans les tribunes,  battu et torturé par les supporteurs béninois, il n'avait eu la vie sauve qu'en quittant prématurément le stade avec des supporteurs togolais soumis aux mêmes menaces. Un autre journaliste togolais  de la Télévision Deuxième, M. Amouzou  a subi un sort beaucoup plus lamentable. Il a été sérieusement tabassé, lapidé et des bouteilles d'urines versées sur lui. Tout s'est passé devant les policiers indifférents. Un supporteur béninois est allé jusqu'à prendre les gants du gardien de but togolais dans la cage de ce dernier pour aller les brûler avec l'aide des policiers. Des Togolais portant des T-shirts des Eperviers ont été déshabillés et abandonnés nus dans les rues.

Des joueurs interdits d'accéder aux vestiaires
Au delà de la défaite des Eperviers, de nombreux supporteurs togolais sont donc rentrés à Lomé avec des blessures après avoir été sauvagement torturés par les Béninois.

Malgré ces comportements inhumains, le commissaire au match a laissé la rencontre se poursuivre dans ces conditions, sans broncher. Ce qui s'est passe à Cotonou dimanche dernier est une honte pour le football africain. La CAF devrait  faire ses investigations et prendre des sanctions disciplinaires contre le Bénin pour que plus jamais ces genres de comportement ne se répètent. Ces genres de comportement sur les stades ne doivent pas  restés impunis.

Le football toujours en crise
Après le crash de Sierra Léone qui a coûté la vie à 14 de nos compatriotes dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, Richard Attipoé et avec le retour à l'entraînement de certains cadres de la sélection nationale notamment Adébayor Sheyi et Kader Kougbadja, tout le monde a cru qu'on allait vers une résolution défitinive et heureuse du bras de fer qui oppose la Président de la FTF, Tata Adaglo Avlessi aux joueurs cadres de l'équipe nationale. Les derniers évènements prouvent malheureusement que la crise qui mine le football togolais est loin d'être terminée. En effet, malgré leur entraînement avec les autres joueurs de la sélection, Adébayor Sheyi et Kader Kougbadja, deux pièces maîtresses de l'attaque togolaise n’étaient pas du voyage de Cotonou  sans qu'on comprenne les raisons. Mis à part ces deux absences dans l'effectif de Keshi, on a également remarqué celles de Tchangaï  et de Daré, deux valeurs sûres de la défense togolaise. Les milieux Alexis Romao et Moustafa Salifou ont écopé chacun de deux cartons jaunes au match pécédent. On ignore pour l'instant la vraie cause du regain de la tension au sein du football togolais. On peut cependant lier l'absence à la dernière minute d'Adébayor et de Kader à l'incident survenu au stade de kégué entre le capitaine des Eperviers et le président de la FTF lors des derniers entraînements. En effet, lors d'une de ses visites rendues à la sélection nationale au stade de kégué, Tata Avlessi a eu la maladroite  idée de saluer tous les joueurs à l'exception du capitaine Adébayor. Revenu à l'entraînement, le lendemain, le capitaine togolais refuse à son tour de saluer Tata Avlessi. La querelle que tout le monde croyait terminée était donc loin de prendre fin.

Par cette attitude, Tata Avlessi vient une fois encore de monter à la face de l'opinion  son immaturité et son incapacité à gérer convenablement et sagement sa fédération. C'est sous pression et donc malgré lui que Tata Avlessi a levé la sanction contre les joueurs exclus.

Avec l'allure que prennent les évènements, les hautes autorités togolaises ne devraient pas continuer d'être indifférentes. Il faut vite intervenir pour corriger le désordre orchestré par Tata Avlessi. Pour amener les Ecureils à gagner, le match contre le Togo, le président béninois Yayi Boni n'a pas hésité à recevoir  par 3 fois les joueurs béninois avant le match de dimanche dernier. Il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement chez nous surtout que le torchon continue de brûler et met en péril notre sport roi. Il est donc impérieux que le Président Faure s'implique dans la résolution définitive de la crise et permettre à Keshi de disposer d'une équipe type composé de mondialistes pour arracher la qualification en septembre contre le Mali.

Personne ne peut nier le rôle  unificateur qu'a joué  le football togolais ces dernières années et il serait dommage que les autorités  togolaises continuent de faire la sourde oreille devant cette crise. Le gouvernement togolais ne peut  aujourd'hui prétendre faire de la réconciliation une de ses préoccupations  majeures et fermer les yeux sur les errements de Tata Avlessi.

Où est donc passée RFI ?

Où était la Radio Mondiale au moment où les vaudous s'abattaient sur les Togolais le 17 juin 2007 à Cotonou ? C'est la question  que les Togolais ne cessent de se poser. RFI lors de ses éditions sportives a mis son embargo sur les évènements survenus sur le stade de l'Amitié à Cotonou. C'est seulement dans son édition de mardi matin que RFI a levé le voile sur le match Bénin-Togo sans dire un seul mot sur la sauvagerie des Béninois. C'est tout simplement triste et curieux qu’une situation aussi grave puisse échapper à une radio qui se dit mondiale .

Représailles sur des Béninois à Aného et Lomé
Suite aux évènements déplorables liés au match Togo-Bénin comptant pour la 5ème journée, livré à Cotonou où les Béninois ont sérieusement pris à partie les Togolais dès leur arrivée jusqu'à leur départ, la replique ne s'est pas faite attendre. Des Togolais ont tenu à rendre la monnaie à leurs voisins de l'Est. Le lundi, des Béninois résidant à Aného, à Agbodrafo et notamment dans les quartiers Akodésséwa, Agoè ont essuyé des coups et ont vu leur bien partis en fumée. Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre pour ramener le calme. Certains Béninois ont eu leur vie sauve qu'en trouvant refuge dans les camps, notamment au Sous Groupement Blindé.

C'est l'occasion ici de rappeler que l'un des objectifs du sport est la cohésion entre les peuples. Le sport doit unir plutôt que de diviser. Il importe donc que les uns et les autres se ressaisissent et fassent preuve de responsabilité en évitant de porter atteinte au principe de la cohabitation pacifique indispensable à la paix et au développement harmonieux de nos pays.

      Tout en exhortant chacun au calme, nous souhaitons prompt rétablissement aux blessés.

 Joël KOYE & D.Bissang

 
Législatives 2007 : Des députés insatiables du RPT entrent en lice à Kabou

“Je ne peux pas rester sur le cheval aujourd'hui et descendre sur l'âne demain "
. Cette phrase vient de la bouche de notre président de l'Assemblée nationale, M. Bonfoh Abass, en janvier dernier à Sanda-Afohou quand il a brûlé la politesse à Sanda-Kagbanda pour aller présenter Mlle Dikéni à cette population comme future candidate aux prochaines législatives. Pendant ce temps, il aurait demandé à M. Mangani, originaire de Kabou-Sara et Conseiller en Communication au ministère de l’Administration Territoriale de préparer son dossier pour les mêmes élections dans la même circonscription électorale. Allez-y comprendre quelque chose. M. Abass Bonfoh oublie qu'il y existe un pacte de rotation entre les cantons de Kabou et Sanda et ceci depuis 1994.

Alors quelle mouche l'a piqué en proposant des candidats dans le même canton ?

Maintenant, il raconte à qui veut l'entendre ce qui suit : " Est-ce que moi, je peux aller briguer un poste de députation à Tchitchao ? Vous les gens de Sanda, si vous voulez être député, allez-y dans la Kozah '. Une manière de dire que les gens de Sanda sont des étrangers à Sanda. Voilà des propos très graves qui sortent de la bouche de quelqu'un qui a occupé de très hautes fonctions de l'Etat.

M. Bonfoh Abass peut nous dire en quelle année est fondé le village de Sanda ? Peut.-il -nous situer à qui les premiers occupants se sont adressés avant de s' installer ? Si les gens de Sanda ne peuvent pas être députés dans Bassar, pourquoi at-il choisi toujours ses suppléants à Sanda ? A savoir M. Edjéou, professeur d'Université en 1999, M.Hozo professeur de CEG en 2003 et Farda, instituteur en 2007.

Voyons ! 11 n'est vraiment pas bon d'avoir une mémoire si courte. C'est quoi la démocratie ? Aux. législatives de 1985 et 1990, quand les candidats devraient voler de leurs propres ailc:s, qu'est-ce qui s'était passé ? Je crois bien que ce sont les candidats de Sanda qui s'en étaient sortis victorieux. Qui 1e dément ?

Finalement, l'homme habitué à l'escorte, aux gardes de corps, aux sirènes, brefs aux honneurs, rêve encore. Ah, qu'il est bon de rêver! Au dernier moment, il écarte Mlle Dikéni et met K.O. M. Mangani pour se repositïonner finalement candidat, semble t-il avec la complicité de certains officiers de la région et certains ministres beaux parleurs. Abass, député pour une 3ème fois (1999, 2003 et 2007). Et les autres ? Même à Kabou, les jeunes se demandent qu'est-ce qu'il a pu faire concrètement dans ce village durant tout ce beau parcours politique ?

Il ne peut pas être sur le cheval et après sur l'âne. I1 risque même de rester sur la chèvre. S'il pense que même élu, il sera président de l'Assemblée, il se trompe lourdement car 1e hasard est un événement rare qui ne se reproduit pas. Sa seule chance, c'est parce qu'il s'agit du scrutin de liste. S'il est inscrit en tête de liste, il peut être élu. Si c'était le scrutin uninominal, les candidats " autochtones " et " dits étrangers " devraient montrer leur popularité. D'ailleurs, en parcourant les pages  de l'histoire, les Bonfoh viennent de Bafilo, et personne, ne peut le démentir.

Dans tous les cas, à Sanda on est serein. Si le RPT ne se décide pas à régler ce problème, le candidat de Sanda, largement soutenu par une bonne partie de la population de Kabou, sans parler des autres cantons, devra se présenter en indépendant et va sans nul doute gagner un siège.

Nous interpellons le coordonnateur de la de la région de la Kara M. Patassé, le Secrétaire  Général du parti M. Solitoki Esso  et même le président de la Républiques à qui revient le dernier mot, à envoyer des émissaires sur le terrain pour constater des faits.

Pour notre part, non concluons ceci: qu'on déplace la gendarmerie de Sanda créée depuis 2003 parce qu'on a aujourd'hui la force militaire n'entame en rien la détermination de la population de Sanda. Qu'on achète des motos à tel ou tel chef, le secret reste dans l'isoloir.

 
50ème Anniversaire des martyrs de Pya-Hodo : Ce qui s'est réellement passé le 21 juin 1957

" Dix morts à la suite d'une échauffourée entre la foule d'un village et le service d'ordre en état de légitime défense ". Tel était le titre de " Togo Républicain " en date du 26 juin 1957 suite aux malheureux évènements survenus à Pya Haut le 21 juin 1957. Que dit la suite de l'article ?

" Un incident qui a fait une dizaine de victimes et plusieurs blessés s'est produit samedi à la tombée de la nuit dans le cercle de Lama-Kara au marché Hodo près de Pya haut. La foule réunie pour le jour du marché a voulu s'opposer à l'exécution d'un mandat d'arrêt lancé contre un habitant et le commandant de cercle accompagné de son adjoint et d'un détachement de gardes a dû se rendre sur les lieux. Après deux heures de discussion avec la foule, le commandant de cercle et ses hommes ont été soudain pris pour cible, par la foule qui, à la tombée de la nuit et sur signal donné, a commencé à jeter des pierres et à décrocher des flèches sur le service de l'ordre.

" Le commandant de cercle, M. Hormac fut atteint d'une flèche dans le dos et son adjoint M. Rémy de deux pierres à la tête. Plusieurs gardes furent blessées.  Le commandant de cercle et ses hommes menacés d'encerclement, procédèrent alors aux sommations d'usage avant de répondre à cette attaque. Les gardes durent faire usage de leurs armes pour pouvoir décrocher, faisant plusieurs morts et blessés qu'il ne devrait être possible de dénombrer que le lendemain. On comptait alors sept morts et trois blessés graves qui devraient  décéder par la suite.

" Le calme est revenu très rapidement sur les lieux de l'incident et la population menaçant de se retourner contre l'un des meneurs, celui-ci s'est rendu de lui-même aux autorités lors de leur inspection dans le village ".

Tels sont les faits qui s'étaient passés lors des évènements du 21 juin 1957 à Pya-haut. Mais à l'époque, les partis politiques d'opposition avaient récupéré ces évènements et en avaient fait leurs pour mieux montrer comment ils étaient partout brimés par le régime politique en place issu du Togo autonome. Il fallait une occasion pour attirer l'opinion internationale sur la violation des droits de l'opposition au Togo autonome. Aux yeux des responsables du CUT et JUVENTO, il fallait créer des incidents un peu partout sur le territoire. Le but étant de faire croire à l'ONU  que le peuple togolais tout entier était insatisfait de l'instauration  de la République autonome au Togo ?

Il fallait  donc, selon un historien togolais, " choisir non seulement une occasion pour créer des incidents mais surtout les lieux où une fois créés ces troubles pouvaient avoir un écho international défavorable à la France " (Evalo Wiyao)

Le passage d'une mission de l'ONU (occasion) et le Nord du pays connu pour son attachement au PTP et donc à la France, répondaient aux intentions voulues  par l'opposition togolaise de l'époque :  créer des troubles dans le Nord en présence d'une mission de l'ONU à l'avantage de signifier que le Nord, fief du PTP réclamait aussi l'indépendance immédiate. Le 27 juin 1957, la mission de l'ONU recevait un télégramme de Augustino de Souza, président général du CUT appelant l'attention de la Commission sur les " évènements sanglants survenus à Mango le 20 juin et à Lama-Kara le 21 juin ".

Selon la version du CUT et de JUVENTO à Lama-Kara " le commandant de cercle a menacé de représailles les nationalistes qui refusaient de prendre part aux manifestations organisées par les autorités  locales. Ils prétendent que les nationalistes de Lama-Kara avaient refusé de se laisser intimider et qu'ils avaient continué à faire valoir leur point de vue : l'indépendance intégrale ". Les pétitionnaires se plaignent du fait que dans l'après-midi du 21 juin 1957, les autorités locales avaient réussi  à massacrer la population paisible sur la place du marché à Pya Haut. Ils déclarent que selon des " sources dignes de foi " il y avait plus de soixante  victimes parmi lesquelles des femmes et des enfants, et que plusieurs membres des partis nationalistes furent arrêtés et emprisonnés.

Pour les députés Valentin Blakimé et Gabriel Tallé du cercle de Lama-Kara qui se sont présentés sur place aussitôt dès les évènements, les incidents de Pya haut sont à mettre pour le compte des chefs locaux des partis d'opposition  qui, selon eux, ont tenté d'organiser une insurrection contre les pouvoirs publics locaux. Il s'agissait à notre avis  des provocations de la part des partisans du CUT et de son allié JUVENTO ainsi que le révèle la teneur du rapport  réclamé par la mission de l'ONU sur ces fameux incidents sanglants.

" … Le 21 juin vers 13 heures, le commandant de cercle de Lama-Kara a été averti par un camion administratif revenant de Sahoudè qu'une vingtaine de personnes armées de bâtons et de coupe-coupe se dirigeaient vers les marchés voisins de Hodo et de Tcharè-bas. Il a immédiatement donné l'ordre au commandant de la Brigade de la Gendarmerie et à l'adjudant du peloton de gardes cercle de l'accompagner alors qu'il allait se rendre compte sur place de la situation.

A son arrivée, s'il n'y avait que  peu de personnes au marché de Hodo,  celui de Tcharè-bas battait son plein. De nombreuses personnes qui s'y trouvaient étaient armées  et une certaine effervescence régnait. Le commandant de cercle décida alors de procéder au ramassage des armes et retira ainsi une cinquantaine de bâtons, gourdins ou casse-tête, tout en incitant la foule au calme. Il n'y ait aucun incident. A 15 heures, le commandant du cercle se rendit  à Hodo où il n'y avait toujours que peu de personnes ; il donna les mêmes consignes de calme puis rentra à Lama-Kara laissant sur place le gendarme et ses deux auxiliaires, l'adjudant des gardes cercle, 8 gardes et 2 voitures avec mission de surveiller les 2 marchés.

A 16 heures 30, le Chef de Subdivision de Lama-Kara était averti que la situation s'aggravait et que l'on avait arrêté un nommé Bouyo Mogbé objet d'un mandat d'arrêt pour rébellion délivrée  le 28 mai1957 par le juge de Sokodé et qui était jusqu'alors demeuré introuvable. Le chef de subdivision donnait l'ordre à l'auxiliaire de la gendarmerie et aux gardes qui avaient amené le nommé Bouyo de remonter à Hodo.

A 17 heures 10, le commandant de cercle était  averti que le gendarme et son détachement étaient encerclés et menacés par la foule au marché de Hodo. Il rassembla alors les gardes disponibles, son adjoint, le chef de subdivision, M. Giovanelli et partit pour Hodo  dans le Pick Up de M. Giovanelli. Rencontrant sur la route un camion de cercle dans lequel se trouvaient deux gardes, il lui donna ordre de le suivre.

Le commandant de cercle et son détachement arrivèrent à Hodo à 17 heures 30 où il se heurta à une barricade de grosses pierres placées en travers de la route. Profitant d'une hésitation de la foule à l'arrivée des voitures, les gendarmes  et les gardes se dégageaient et rejoignaient les renforts.

Il apparaissait que le but primitif de cette réunion d'exaltés était d'aller tuer le chef de canton de Tcharè, Aram Tchangaï. Ce dernier  s'était en effet  plusieurs fois opposé à des troubles que les gens de Hodo voulaient susciter sur son marché.

La barricade fut levée par les gardes, dégageant la première voiture pendant qu'une foule de 200 personnes environ vociféraient et obstruaient la route, 80 mètres plus loin,  à l'autre extrémité du marché. Cette foule avait bloqué la deuxième voiture avec deux barricades. De chaque côté de la route, sous les arbres du marché, une foule nombreuse de 2 à 300 personnes contemplaient la scène assise sur les pierres que chaque vendeur apporte pour s'asseoir.

Laissant les gardes, l'arme au pied à une trentaine de mètres derrière lui, le commandant de cercle se dirigeait alors vers la foule, accompagné de l'adjudant des gardes et de son adjoint Télou Abidjanga Alexandre. Le commandant de cercle était en tenue et du reste les gens ne doutèrent aucun instant de ses fonctions. Le commandant de cercle prit alors la parole  pour inviter la foule au calme et à se disperser.

Toute parole fut vaine car lorsque les premiers rangs se calmaient, derrière, des mots d'ordre circulaient, des cris  et des sifflets remontaient les excités et appelaient à la rescousse. Dès que le commandant de cercle se taisait, des cris hostiles sortaient de toutes les bouches, beaucoup de manifestants levaient le bras de façon menaçante. La scène dura plus d'une heure et demie sans autre résultat que le départ de quelques indifférents.

Le Chef supérieur, Palanga, arrivé entre temps avec une trentaine de partisans relaya le commandant de cercle sans plus de succès.

Il était donc manifeste que le mot d'ordre était de créer des incidents  car pendant ce temps, sur le marché, des gens amassaient des tas de cailloux et encerclaient le détachement, ne laissant libre dans son dos que la route, fort étroite qui traverse le marché.

La nuit était complètement tombée. Le Commandant de cercle se rapprocha une dernière fois des manifestants - qui ne soumettent aucune doléance - les avertit que son devoir était de maintenir l'ordre, que de telles manifestations ou actes de violence étaient interdits et qu'ils  devaient se disperser immédiatement. Des cris et des menaces  redoublés furent la seule réponse.

Le Commande de cercle fit alors les trois sommations réglementaires invitant le peuple à se disperser. Des hurlements lui répondirent. Ordre fut donné aux gardes d'avancer et de dégager  la route. Aussitôt des pierres commencèrent à voler. Les gardes se frayèrent un passage jusqu'à la barricade qui obstruait le passage de la deuxième voiture. Mais il était impossible de la débrayer sous la grêle de grosses pierres qui s'abattaient. Des gardes même renforcés des partisans du Chef Supérieur n'étaient pas assez nombreux pur dégager le marché et ne purent aller au-delà des bords immédiats de la route.

En très peu de temps, une bonne partie du service de l'ordre fut débordée et blessée par des cailloux ou des flèches dont l'une atteignit le Commandant de cercle. Ce dernier donna alors l'ordre d'armer les fusils et prévint à toute voix que le service de l'ordre allait faire usage de ces armes. C'est en ce moment que le chef de subdivision M. Rémy atteint d'une grosse pierre à la tête, s'effondra ruisselant de sang. L'ordre fut donné de tirer.

Après quelques  instants d'hésitations qui permirent d'évacuer M. Rémy, les jets de pierres redoublèrent. La nuit était très noire et seuls les éclairs d'une tornade lointaine permettaient de voir les assaillants qui s'approchaient à moins de 15 mètres, avec d'énormes pierres, des arcs et même des fusils de traite. Le service d'ordre ne dispose au départ que de 5 cartouches par hommes ; les munitions s'épuisaient et le Commandant de cercle donna alors l'ordre de repli.

Le détachement  traversa rapidement le marché pour rejoindre la voiture hors de portée  des pierres  des assaillants qui ne tentèrent aucune poursuite.

Selon les renseignements parvenus jusqu'à ce jour, les émeutiers comptaient dix morts et une dizaine de blessés.

L'enquête judiciaire est en cours.

Veuillez agréer Monsieur le Premier ministre, l'assurance de ma haute considération.

Dossier réalisé par Jacques TOM

 
 
 
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