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La Dépêche

1er juin 2007

[ No 371 : du 30 mai 2007]
Eliminatoires CAN 2008 : L’incertitude plane sur le face à face Sierra Léone –Togo du 3 juin prochain

On joue ce week-end les matchs comptant pour la 4ème journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations de football, Ghana 2008. Classés en tête  de leur poule avec 6 points devant le Mali (5 pts), le Bénin (4 pts) et la Sierra Léone (1 pt), les Eperviers du Togo seront dimanche prochain à Freetown face aux Lones Stars de la Sierra Léone pour disputer un match capital. Malheureusement, l’entraîneur nigérian du Togo, Stephen Késhi risque d’être privé des services  des joueurs clés de la sélection nationale, notamment, Adébayor Shéyi, Kader Koubadja, Nibombé Daré, Kossi Agassa, Oloufadé Adékambi et Tchangaï.

Les joueurs ci-dessus nommés boudent les séances d’entraînement démarrées depuis pratiquement deux semaines et pour cause : la suspension de la sélection nationale de trois joueurs,  à savoir, Daré, Kader et Shéyi. Malgré la levée par la FTF le jeudi dernier de ces sanctions intervenues le 24 mars passé après la victoire des Eperviers (3 buts à 1) face à la Sierra Léone, le doute  plane encore sur la participation de ces joueurs au prochain match des Eperviers à Freetown.

En effet, la levée tardive de ces sanctions n’a pas permis à la FTF d’envoyer à temps les convocations des joueurs à  leurs clubs respectifs. Ces convocations n’ont été envoyées que le samedi 26 Mai,  soit à une semaine du match alors que cela aurait dû se faire 15 jours avant la rencontre. Mis à part ce manquement grave lié à l’obstination de Tata Avlessi à laisser perdurer une sanction fondée sur une cause stérile voire inexistante, l’indifférence actuelle des joueurs concernés fait craindre le pire. Les sanctions auraient été levées plus tôt que les différents acteurs du football togolais auraient eu le temps nécessaire pour régler les malentendus qui persistent  encore et permettre au sélectionneur de disposer d’une équipe  compétitive, capable de gagner et de procurer au public sportif togolais le plaisir  et le bonheur habituel.

Pour le sélectionneur national Stephen Késhi, l’essentiel est fait avec la levée des sanctions. Tout dépend maintenant des joueurs qui sont libres de venir jouer pour leur pays ou non. « Je respecterai leur décision. S’ils viennent, c’est tant mieux ; s’ils ne viennent pas, ce n’est pas grave »,  a déclaré Késhi.

Les joueurs disposent encore de 24 heures pour se décider. De nombreux amoureux du ballon rond sont  à pied d’œuvre pour convaincre Adébayor et les autres à privilégier l’intérêt national en allant mouiller le maillot à Freetown pour le bonheur des Togolais. De l’autre côté, les membres de la FTF et le président Avlessi doivent apprendre à gérer le football togolais avec beaucoup plus de professionnalisme en privilégiant  le dialogue et la négociation à tous les coups avec nos ambassadeurs sans lesquels leur mission actuelle à la tête de la FTF n’aurait pas sa raison d’être.

Joël KOYE

 
Obsèques dans la Kozah : Le pays déchiré entre le christianisme et la tradition

Le week-end dernier a été marqué dans la Kozah par l’enterrement du Pasteur Pascal Esalya Kitéma de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo (EEPT) et celui de Mme Rosa Labou Tchohou. Le pasteur, un proche de feu Président Eyadema a trouvé accidentellement la mort le 14 mai dernier  et Mme Rosa Tchohou, mère de Egbarè Tchohou Pierre Antoine, un proche aussi du père de la Nation rendu célèbre par le chorale Saints Pierre et Paul qu’il a fondée. C’est vous dire que les deux enterrements intervenus concomitamment le samedi 26 mai 2007 ont connu tant d’affluence.

On retiendra de ces deux enterrements le choc culturel dans lequel le pays kabyè est plongé avec un mélange de christianisme et de tradition. C’est dans une ferveur religieuse teintée que le Pasteur Kitema et Mme Rosa Tchohou ont été conduits en leur dernière demeure. Le premier à Landa et la seconde à Yadè. Les obsèques des deux disparus ont été marquées des cultes d’enterrement à l’Eglise Evangélique Presbytérienne de Kara pour le pasteur Kitema et à la Paroisse Saints Pierre et Paul de Yadè Bohou pour Mme Rosa Tchohou..

Les obsèques du Pasteur Kitema se sont déroulées en présence du Président de la République Faure Essozimna, de plusieurs membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée Nationale et de nombreux cadres de la région. Le culte a été concélébré par un collège de Pasteurs sous la direction du secrétaire synodal de l’EEPT, le pasteur Luther Dogbévi assisté du président du corps pastoral Kokou Saku Labah et de l’inspecteur ecclésiastique Jacques Assih. Le culte a été précédé par le dépôt de gerbes de fleurs sur le cercueil de l’illustre serviteur de Dieu par le Président Faure Gnassingbé.

A Yadè Bohou, changement de décor lors de la messe d’absoute en l’honneur de Mme Rosa Tchohou. Ici aussi, la messe a été dite par un collège de prêtres que dirige le curé de la paroisse de Yadè en présence d’un représentant du Chef de l’Etat et d’une foule de parents, d’amis venus de la localité et d’ailleurs.

Le choc culturel
Chrétiens convaincus, les obsèques du pasteur Kitema et de Mme Rosa Tchohou se sont-elles déroulées dans le strict respect de la volonté du Seigneur ? Il est difficile d’y répondre. A Landa comme à Yadè, nous avons assisté  à un mélange de genre avec une juxtaposition des rites traditionnels et des pratiques religieuses chrétiennes. A tel point que des gens en sont venus à se poser des questions. A Yadè Bohou, ce fut un scandale. Après la messe en l’Eglise Sacré-Cœur de la localité, alors que tout le monde pensait tout naturellement devait être conduite à sa dernière demeure, le cadavre fut entré dans son cercueil et soumis à des rites traditionnels avec un aller et retour entre Yadè et Tchitchao (Tchitchao étant le village d’origine de Mme Rosa Tchohou). « Que voulons-nous exactement ? », s’est exclamée une catholique pratiquante. « Allons nous transformer l’Eglise catholique en un lieu de pratiques sataniques ? » a renchérit un autre chrétien pratiquant. Que dire ?  La parole de Dieu est unique. Mais elle est difficile à mettre en pratique par des humains que nous sommes.

K. V.

 
Affaire de Charles Debbash et la gueule de bois de Jean Pierre Fabre

« … Il faut laisser Charles Debbash tranquille ; il n’a pas fait de mal à une mouche au Togo ». L’homme gênait-il l’opposition togolaise dite radicale et de quelle manière ? Ce dont on accuse aujourd’hui Charles Debbash a été fait en France et non au Togo. Et pourquoi des individus comme Jean Pierre Fabre passe-t-il leur temps à s’intéresser à lui ?

On dit que le conseiller juridique de notre chef d’Etat a été l’auteur de la modification de notre constitution. Mais qui avait  rédigé celle non modifiée ? C’est  Bruno Délaye ambassadeur de France au Togo. Qu’était concrètement le rôle de Delaye au Togo ? Bruno Délaye se comportait comme un gouverneur  de colonie au Togo. Il s’intéressait à tout et c’est lui qui rédigea également le fameux nouveau Contrat social  qui permettait à Me Joseph Koffigoh de diriger. Au-dessus de Me Koffigoh ce n’était pas le président Eyadema qui était son chef direct c’est bien Bruno Delaye dont notre premier ministre avait fait un maître à penser. La Dépêche reviendra sur cet ancien lugubre ambassadeur.

Ceux qui s’intéressent à la vie privée de Charles Debbash n’ont pas réagi au moment où Bruno Delaye régentait le pays. En tout cas, ce qu’on reproche au conseiller juridique du président de la République Faure Gnassingbé en France paraît bien mineur. On accuse Charles Debbash d’être également un délinquant.  Fort bien.

Ce qui étonne dans l’interpellation de Charles Debbash en Belgique, c’est la déclaration à laquelle Jean Pierre Fabre s’est allégrement livré. Ecoutons-le : « Il y a une chose qui me préoccupe, c’est que M. Charles Debbash qui est Français est poursuivi par les autorités françaises. Un mandat international est lancé contre lui, mais il se rend régulièrement en France sans être inquiété par les autorités de ce pays. Il a un passeport diplomatique togolais, mais il a aussi un passeport français. Est-ce les autorités françaises ne veulent plus le poursuivre parce qu’il a un passeport diplomatique togolais ? Je crois qu’il est Français et qu’à cet égard, il devrait être soumis aux lois françaises. Est-ce que c’est l’hypocrisie de la part des Français ? On n’en sait rien. Je crois qu’on devrait penser à la manière de faire payer à M. Charles Debbash tous les drames dont il est responsable au Togo… »

Si Jean Pierre Fabre disait aux Togolais, en quoi consistent les drames dont M. Debbash serait responsable. Charles Debbash, quelle que soit sa faute en France, n’a tué personne au Togo. M. Jean Pierre Fabre oublie qu’après les évènements sanglants du 23 septembre 1986, Gilchrist Olympio, auteur de l’agression terroriste qui a fait plus d’une quarantaine de victimes au Togo, a été condamné à mort par contumace. Un mandat d’arrêt international avait été aussi lancé contre lui. Gilchrist Olympio disposait d’un passeport britannique, d’un passeport indien et d’un passeport ghanéen. Il se balade également entre la France, l’Angleterre, le Ghana sans nullement être inquiété. Est-ce l’hypocrisie de la part de ces pays ? Le Togo a pourtant signé un pacte de non-agression avec le Ghana. On n’avait pas vu Jean Pierre Fabre réagir de cette manière. N’est-ce pas aussi l’hypocrisie de sa part ? « Il fit pour nos défauts la poche de derrière ; et celle de devant pour les défauts d’autrui » (Besace)

Jacques TOM

 
Jerry John Rawlings chez le président Faure Gnassingbé !

La semaine passée, l’ancien chef d’Etat du Ghana, Jerry John Rawlings était dans nos murs. Il était à Lomé, dit-on, pour soutenir le jeune président  Faure Gnassingbé et l’encourager à poursuivre ses réformes politiques, sociales et économiques qu’il a entamées !

Dans une déclaration à la presse au sortir du palais de la présidence, l’ancien président du Ghana a laissé entendre qu’il est « venu à Lomé  pour écouter et apporter son soutien au président Faure Gnassingbé dans son action et qu’ils ont eu une très bonne discussion. Je voudrais, poursuit-il, dire tout haut devant la presse que le président Faure Gnassingbé a besoin du soutien surtout interne pour poursuivre sa politique …. ».

M. Jerry John Rawlings est aujourd’hui devenu un simple citoyen, on le sait, et sa déclaration enthousiaste après une rencontre avec le président Faure Gnassingbé est empreinte d’une certaine sincérité. On ne peut que prendre acte de sa bonne foi à vouloir soutenir le président Faure Gnassingbé qui tente actuellement de naviguer entre les écueils. M. Rawlings a raison de dire que le président Faure  a besoin de soutien surtout interne pour consolider les réformes entreprises. Si et seulement si le leader de ce qu’il a passé le temps à soutenir dans ses agressions contre le Togo comprenait. Ce parti a toujours compté sur le Ghana de Rawlings dans sa politique de conquête du pouvoir au Togo. Bref disons que l’ancien chef du Ghana vient de loin après avoir vilipendé le même Faure lors des rencontres internationales.

Après avoir permis, durant son séjour à la tête du Ghana, à son pays de servir de base arrière à son cousin Gilchrist Olympio dans sa conquête du pouvoir, John Rawlings s’est vite ressaisi et a su qu’il perdait finalement assez de temps à soutenir Gilchrist Olympio. Ce dernier n’est qu’un aventurier qui se sert de ses relations amicales avec John Rawlings au pouvoir pour embrouiller les relations entre le Togo et le Ghana et uniquement dans son intérêt personnel. « Que de brouilles inutiles entre le Togo et le Ghana au grand plaisir de Gilchrist Olympio ».

A chaque fois notre opposant  dit historique, pour se donner une certaine importance, entretient avec sa bande une psychose de peur et pour démoraliser la population  fait souvent  courir les rumeurs selon lesquelles la branche armée de l’opposition togolaise va bientôt envahir le Togo pour chasser le président Eyadema du pouvoir et on fixe à celui-ci un délai pour le départ avant qu’il ne soit trop tard. Pour aggraver la peur au sein de la population, on ajoute que l’invasion du Togo se fera avec l’aide de l’armée Ghanéenne. L’étonnement, c’est que les responsables de l’armée ghanéenne ne font rien pour démentir de telles déclarations belliqueuses de notre opposition en mal de publicité. Il faut ajouter que par certains moments, l’UFC se comportait comme si elle avait affectivement le soutien de l’armée ghanéenne.

En demandant aux Togolais de bonne volonté de soutenir le président Faure Gnassingbé, M. Rawlings a déjà apporté sa pierre dans la normalisation en cours dans notre pays. L’UFC ne va t-elle pas interpréter cet appel comme un lâchage. Du côté du Ghana, Gilchrist Olympio est aujourd’hui encombrant car on ne sait pas ce qu’il veut. Du côté du Togo, il est devenu opportuniste. A chaque élection, il s’illusionne sur sa popularité en prétendant qu’on lui aurait volé la victoire.

            On sait que si Rawlings du Ghana est conscient que le président Faure Gnassingbé fait des efforts et qu’il faudrait le soutenir,  pour Gilchrist Olympio et sa bande d’opposants radicaux, rien n’est fait au Togo depuis le 13 janvier 1963 c’est-à-dire date de la mort de son père. C’est cela être de mauvaise foi.

En définitive, l’unité togolaise  sera toujours dure à maintenir avec UFC comme parti politique, un parti politique qui veut une chose et son contraire. En tout cas, de nombreux membres de l’UFC ne sont pas encore   mûrs pour une franche et loyale collaboration. L’esprit revanchard du parti et le goût de l’opportunisme l’emportent toujours sur  les réalités et le dévouement  à la cause nationale. Trop de membres de l’UFC se sentent d’abord « révolutionnaires » au sens africain des années soixante où il suffisait de crier fort  contre l’impérialisme et le néo-colonialisme pour attitrer la sympathie de la gauche française. Ils sont aussi souvent intoxiqués par ce qui se passent dans les pays voisins. L’UFC pourrait-elle un jour s’unir aux autres acteurs politiques du pays dans l’intérêt de la nation. Le pays ne peut que gagner.

Jacques TOM

 
 
 
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