|
La nouvelle équipe dirigeante de la
Ligue Togolaise des Droits de l’Homme
(LTDH) a organisé le 24 mai dernier à
son siège à Lomé une conférence de
presse à l’intention des journalistes
de la presse écrite et audio-visuelle.
Cette conférence de presse fait suite
à la situation du
11 mai 2006
relative à l’élection de M. Ayayi T.
Apédo-Amah comme
nouveau président de la Ligue en
remplacement de l’ex-président M.
Akwei Ghandi en exil depuis 12 mois.
Le changement a fait l’objet
d’interprétations diverses sur les
médias. Devant les journalistes, le
secrétaire Général Adjoint de la
Ligue, M. Sylvestre Kodou Zounou a lu
le procès verbal de la réunion du
Bureau Exécutif du jeudi
11 mai 2006 et le communiqué du Conseil de Discipline de
la LTDH en date du
18 mai 2006 avant de répondre aux questions des journalistes.
Au sujet de la réunion du 11 mai, il
ressort que la décision prise par le bureau
Exécutif en faveur de l’élection d’un nouveau
Président se justifie par l’existence de graves
problèmes provoqués par une gestion scandaleuse de
la Ligue par son vice président M. CLUMSON-EKLU. En
effet, les autres membres du Bureau Exécutif lui
reprochent de tenir fréquemment des propos
tribalistes, de recruter les membres de sa famille
au sein de la Ligue ; d’avoir présenté des vœux de
fin d’année au chef de l’Etat sans avoir été mandaté
; de posséder un bureau parallèle à celui de la
Ligue avec en sa possession des cachets
frauduleusement confectionnés lui permettant de
rédiger des rapports et de publier au nom de la
Ligue, des déclarations sans consulter les autres et
toute une litanie d’autres déviations jugées
inacceptables.
Ayant relevé qu’il était du devoir de tout
membre de
la Ligue de la sauver de la destruction et du
sabotage ; allusion faite à l’attitude de M. CLUMSON,
le Bureau Exécutif a, à l’exception de ce dernier
constaté la vacance de poste et décidé qu’un nouveau
président soit désigné. Tout en invoquant le respect
des textes, le vice président propose, sans obtenir
satisfaction, d’attendre la prochaine Assemblée
Générale parce qu’il assurait déjà l’intérim. La
désignation sur le champ d’un nouveau président
était alors inévitable.
M.CLUMSON EKLU et le Conseiller SEGOH se
déclarent candidats. Le secrétaire Général
Ama-Apédoh et le conseiller DEVOTSHOU ont été pour
leur part proposés par d’autres membres du bureau.
Après désistement des trois autres candidats, M.
Ama-Apédoh se retrouve seul en lice et accepte sa
candidature.
Au sujet du désistement de M. Clumson, le
communiqué du conseil de discipline dit que
l’intéressé avait pressenti sa défaite. Cette
possibilité n’est pas à exclure. Mais que dire du
désistement du conseiller SEGOH qui avait déclaré
volontairement sa candidature ? Avait-il aussi
pressenti sa défaite ? Où y avait-il plutôt une
raison cachée ? En plus de son désistement qui
semble cacher quelque chose, M. Ama-Apédoh s’est
fait élire par 5 membres sur 7 alors que six membres
sur 7 avaient constaté la vacance et admis que soit
élu un nouveau président. Dans les deux derniers
cas, la seule abstention était sans aucun doute
celle du vice-président en conflit avec tous les
autres. Qui du conseiller SEGOH Sewata et du
secrétaire Général Adjoint Sylvestre K. Zonou a
enfin choisi de lui emboîter le pas dans ce sens et
pourquoi ? L’intéressé aurait-il décelé un complot
dont il ignorait à l’avance l’existence ? Où
s’agirait-il plutôt d’un repentir ? De toutes les
façons, malgré les tentatives de justification du
coup de force du 11 mai, la lumière est loin d’être
apportée. Une preuve supplémentaire, Ama-Apédoh et
sa bande se sont appuyés sur l’article 12 du
règlement Intérieur de
la LTDH pour opérer leur coup de force. Cet article
stipule en effet que: « le Bureau peut
pourvoir provisoirement au remplacement du membre
démissionnaire en attendant la première Assemblée
Générale suivant la date de la démission, sur
proposition du président». Le texte est
clair et formel là-dessus; le recours à cet article
n’est possible que sur proposition du
président. Les putschistes ont feint
d’ignorer ce détail important. L’interprétation
rigoureuse de cet article fait de l’Assemblée
Générale le seul cadre pouvant servir à élire
légalement le Président. Inutile donc de vouloir
distraire les gens. Il s’agit bel et bien d’un
putsch. Le Ja man et sa bande n’entendent pour rien
au monde perdre l’occasion de se faire des sous au
nom d’une prétendue défense des droits de l’Homme au
Togo et ne se feront pour ce faire pas prier pour
ébranler leur terrible machine de mensonge et
d’intoxication comme ils ont bien su le démontrer
par le passé. N’ont-ils pas passé leur temps
à dénoncer avec une exagération qui frise le
ridicule, les écarts observés sous les régimes
Eyadema père et fils ?
Comme si ça ne leur suffisait pas de s’en
prendre injustement aux autres, ils s’attaquent
maintenant. Les conséquences de ces querelles
internes arrivent par vagues successives. Après donc
le coup de force du 11 mai, et les événements qui
l’on accompagné, le Conseil de discipline de
la Ligue réuni le 18 mai a adopté à l’unanimité des
membres présents :
1) l’ouverture de la procédure d’exclusion à
l’encontre du sieur Etsri Hihédéva Clumson-Eklu.
2) La suspension ipso facto de sa fonction de Vice
président de
la LTDH
3) La restitution de tous les biens de
la Ligue en sa possession
4) L’interdiction d’agir au nom et pour le compte de
la Ligue sous peine de poursuites judiciaires.
Joël KOYE |