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La Dépêche

31 mai 2006

[ No 321: 31 mai 2006]

A propos du dialogue, le représentant spécial de l’ONU déclare

. Il existe trop de méfiance entre les acteurs
. La classe politique togolaise doit faire preuve de responsabilité et d’ouverture

 

 
 

            Le dialogue national ouvert depuis le 21 avril 2006 bat de l’aile. Les espoirs des premiers jours ont cédé la place au scepticisme et au doute. Comme nous l’avions souligné dans notre précédente édition, le dialogue national a été piégé et ce depuis la signature des 22 engagements par le curieux principe de consensus. Dans le contexte togolais, tant qu’il y aura Gilchrist et ses revanchards rassemblés dans l’UFC, le consensus sera introuvable.

            Ainsi depuis le 17 mai 2006, les travaux du dialogue intertogolais sont suspendus sans espoir de reprendre.

            Les discussions achoppent principalement sur la révision constitutionnelle, la réforme de l’armée, le cadre électoral etc. Selon nos informations, l’opposition aurait placé la barre trop haut en réclamant dare-dare la révision constitutionnelle et la réforme de l’armée.

            Concernant la révision constitutionnelle, l’opposition radicale demande le retour  pur et simple à la constitution d’octobre 1992. Sur ce point le RPT n’est pas contre le principe de la révision de la constitution. Le parti au pouvoir souligne seulement que si révision il y a, elle ne peut se faire qu’à l’issue des législatives à venir. En effet, il n’appartient pas à neuf composantes réunies au  dialogue de décider de la révision de la Constitution.

            L’opposition dans son ensemble paie ici les conséquences de son  intransigeance de 2002. Si l’opposition avait pris  part aux législatives de 2002, elle aurait pu empêcher le RPT de procéder seul au toilettage de la constitution.

            S’agissant de la réforme de l’armée, il faut avouer que l’opposition radicale fait de la provocation... Qu’entend on par réforme de l’armé et comment y procéder ? Personne ne veut répondre. Tout ce qu’on sait est que l’opposition radicale a toujours méprisé l’armée togolaise. Et pour cause : l’armée togolaise a toujours empêché Gilchrist de prendre le pouvoir par la force.

            Contrairement à ce qu’on pense à l’opposition,  l’armée togolaise est républicaine. Tout en nous protégeant contre l’ennemi extérieur, l’armée veille sur le respect de l’ordre intérieur. Elle intervient dans le maintien de l’ordre quand la police et la gendarmerie sont débordées. C’est ce qui se passe dans tout Etat démocratique.

            Si le dialogue national venait encore à échouer, ce serait alors par la faute des jusqu’aux-boutistes.

            Nous espérons que la classe politique est assez intelligente pour éviter au peuple togolais cette perspective fâcheuse et fatale.

Trop de méfiance  entre les acteurs

            Il existe des blocages et de méfiance. Pour réussir, les acteurs au dialogue  doivent faire preuve de responsabilité et d’ouverture. Tel est le diagnostic livré par M. Ahmedou Ould Abdallah, le représentant spécial du secrétaire Général de l’ONU en Afrique de l’Ouest au terme de son séjour dans notre pays. M. Ould Abdallah ne s’est pas seulement contenté d’un diagnostic. A l’endroit de tous ceux qui, friands de solutions venues de l’extérieur, le représentant spécial de l’ONU avertit : « Le médiateur ou le facilitateur ne fera rien si les Togolais ne font aucun effort pour trouver des solutions à leurs problèmes ». Ce qui a le mérite d’être clair. Personne ne viendra solutionner les problèmes à notre place. Il ne sert à rien de lorgner vers l’extérieur.

            Sans doute les entretiens que  le représentant spécial de l’ONU a eus avec  tous les acteurs politiques et la société civile ont permis de faire bouger les choses. Après plus d’une semaine de suspension les travaux du dialogue reprennent ce matin.

KV

 

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