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Le dialogue national
ouvert depuis le
21 avril 2006 bat de l’aile. Les
espoirs des premiers jours ont cédé la
place au scepticisme et au doute.
Comme nous l’avions souligné dans
notre précédente édition, le dialogue
national a été piégé et ce depuis la
signature des 22 engagements par le
curieux principe de consensus. Dans le
contexte togolais, tant qu’il y aura
Gilchrist et ses revanchards
rassemblés dans l’UFC, le consensus
sera introuvable.
Ainsi depuis le
17
mai 2006, les travaux du dialogue intertogolais sont
suspendus sans espoir de reprendre.
Les discussions achoppent principalement
sur la révision constitutionnelle, la réforme de
l’armée, le cadre électoral etc. Selon nos
informations, l’opposition aurait placé la barre
trop haut en réclamant dare-dare la révision
constitutionnelle et la réforme de l’armée.
Concernant la révision
constitutionnelle, l’opposition radicale demande le
retour pur et simple à la constitution d’octobre
1992. Sur ce point le RPT n’est pas contre le
principe de la révision de la constitution. Le parti
au pouvoir souligne seulement que si révision il y
a, elle ne peut se faire qu’à l’issue des
législatives à venir. En effet, il n’appartient pas
à neuf composantes réunies au dialogue de décider
de la révision de
la
Constitution.
L’opposition dans son ensemble paie ici
les conséquences de son intransigeance de 2002. Si
l’opposition avait pris part aux législatives de
2002, elle aurait pu empêcher le RPT de procéder
seul au toilettage de la constitution.
S’agissant de la réforme de l’armée, il
faut avouer que l’opposition radicale fait de la
provocation... Qu’entend on par réforme de l’armé et
comment y procéder ? Personne ne veut répondre. Tout
ce qu’on sait est que l’opposition radicale a
toujours méprisé l’armée togolaise. Et pour cause :
l’armée togolaise a toujours empêché Gilchrist de
prendre le pouvoir par la force.
Contrairement à ce qu’on pense à
l’opposition, l’armée togolaise est républicaine.
Tout en nous protégeant contre l’ennemi extérieur,
l’armée veille sur le respect de l’ordre intérieur.
Elle intervient dans le maintien de l’ordre quand la
police et la gendarmerie sont débordées. C’est ce
qui se passe dans tout Etat démocratique.
Si le dialogue national venait encore à
échouer, ce serait alors par la faute des jusqu’aux-boutistes.
Nous espérons que la classe politique
est assez intelligente pour éviter au peuple
togolais cette perspective fâcheuse et fatale.
Trop de méfiance entre les acteurs
Il existe des blocages et de méfiance.
Pour réussir, les acteurs au dialogue doivent faire
preuve de responsabilité et d’ouverture. Tel est le
diagnostic livré par M. Ahmedou Ould Abdallah, le
représentant spécial du secrétaire Général de l’ONU
en Afrique de l’Ouest au terme de son séjour dans
notre pays. M. Ould Abdallah ne s’est pas seulement
contenté d’un diagnostic. A l’endroit de tous ceux
qui, friands de solutions venues de l’extérieur, le
représentant spécial de l’ONU avertit : « Le
médiateur ou le facilitateur ne fera rien si les
Togolais ne font aucun effort pour trouver des
solutions à leurs problèmes ». Ce qui a le mérite
d’être clair. Personne ne viendra solutionner les
problèmes à notre place. Il ne sert à rien de
lorgner vers l’extérieur.
Sans doute les entretiens que le
représentant spécial de l’ONU a eus avec tous les
acteurs politiques et la société civile ont permis
de faire bouger les choses. Après plus d’une semaine
de suspension les travaux du dialogue reprennent ce
matin.
KV |