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[ No 370 : du 25 mai 2007]
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Cession de l’Hôtel de la paix :
Pourquoi raser un fleuron ? |
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A l’issue de sa séance du lundi 14 mai
2007, le Conseil des Ministres du
Gouvernement togolais a adopté, sur
présentation du Ministre du Tourisme
et des Loisirs, un décret portant
cession de l’Hôtel de la Paix. Belle
décision en principe. Ce chef d’œuvre
situé en bordure du boulevard du Mono,
entre l’Hôtel Sarakawa à l’Est et le
Conseil de l’Entente à l’Ouest, reste
malgré son abandon un incontestable
fleuron qui a fait la gloire des temps
passés. |
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L’architecte dont les initiales CD ont
donné leur forme aux fenêtres de cette
bâtisse, l’Hôtel de la Paix porte
encore fièrement les marques d’un Togo
glorieux et prospère.
Son nom chargé d’histoire évoque sans
hypocrisie, les exploits du régime
Eyadema d’avant la dérive qualifiée,
selon la tendance politique, de
despotisme éclairé ou obscur.
Hôtel de la Paix, voilà un des
fleurons majestueux qui témoigne de la
politique de grands travaux qui a fait
naître dans notre capitale, non
seulement les hôtels de classe
internationale et des infrastructures
de développement mais aussi les
éléphants blancs. C’est dans le cadre
de cette politique de rêve que Eyadema
nourrissait pour le Togo que se
situent les autres hôtels tels que 2
Février, Sarakawa et les quelques
grandes industries tombées en ruine
aujourd’hui.
Le nom de ce grand témoin de la
politique d’ouverture sur le monde
évoque surtout la notion de
« Paix ». Cette paix, il faut le
reconnaître était l’obsession du
GénéraI Eyadema, en brave et grand
Homme qui, même si ses méthodes
étaient critiquées, a marqué le Togo.
La plupart des dérives de ce régime ne
viennent-ils pas de l’obsession de cet
homme pour la quiétude de son peuple?
Cet hôtel aura été le témoignage
vivant de l’apogée du tourisme qui a,
qu’on le veuille ou pas, été la
deuxième source de revenu du Togo
jusqu’à la fin des années 90.
L’esprit de paix qui habitait cette
architecture originale, a été
symbolisé par son auteur à travers le
mariage des couleurs bleu blanc.
Hôtel de la Paix, les touristes
européens des années 70 en parlent
encore. Ils ne cessent de louer ce que
les Togolais ont déjà oublié : la
quiétude et la convivialité. On se
rappellera des vols charters qui
déversaient des milliers de touristes
européens qui parcouraient dans la
sécurité le Togo du Sud au Nord, de
l’Ouest à l’Est pour voir les vestiges
de la colonisation et les sites
touristiques. Ces touristes qui
aimaient le Togo profondément se
rappellent encore à la fête de la
bière organisée chaque année dans la
cadre somptueux de cet hôtel dans une
ambiance festive. C’était le haut lieu
où se célébraient les grands succès de
la coopération internationale.
Sans savoir quel était le secret de
cet hôtel, son cadre a toujours offert
aux clients un « bon vivre »
qui libérait chez eux un défoulement
et un bonheur sans limite. On y entre
déprimé et on en ressort requinqué et
revigoré.
Rénover ou raser ?
Peut-être son secret tenait à son
cadre et au dynamique de son personnel
hautement qualifié et
professionnellement au point.
Comme on le voit, l’Hôtel de la Paix,
demeure à jamais, un fleuron qui a su
résister au temps. Aujourd’hui, il est
comme hier et son élégance est encore
futuriste et ambitieuse. C’est une
valeur architecturale sûre qui a
apporté un plus à notre capitale.
Pour toutes ces raisons, l’Hôtel de la
Paix ne mérite-t-il pas qu’on défende
becs et ongles son architecture ? Et
si, pour les générations à venir, on
protégeait cet hôtel comme le font les
pays civilisés qui dépensent des
milliards d’euros ou de dollars pour
rénover au lieu de raser pour
reconstruire ?
Les châteaux des siècles passés
rénovés ne nous enseignent-ils pas
aujourd’hui les merveilles du passé.
Château de Versailles en France, la
Cité interdite et la Grande Muraille
en Chine, Hôtel Crillon à Paris, les
pavées des Champs Elysées en France,
les vieilles maisons à Rome, le Palais
d’Eté et tant d’autres immeubles
auraient pu être démolis pour être
mieux reconstruites; mais pour
l’histoire, ils sont gardés intacts.
Et si comme ces pays, le Togo
protégeait ce fleuron ? L’histoire de
notre pays; est jeune et pauvre. A
part les vestiges de la colonisation,
le patrimoine immobilier togolais est
vide. Pourquoi donc raser le peu de
vestiges historiques qu’on a bâtis
difficilement ? Et si comme l’indique
le communiqué, l’Hôtel de la Paix
était un fleuron, pourquoi le raser au
lieu de le rénover purement et
simplement ? La splendeur de cet hôtel
n’interpelle-t-elle pas la conscience
de nos ministres, de notre Président ?
Après ce fleuron, ne va-t-on pas raser
le Palais des Hôtes de marques, le
siége de la Fondation Hans Seidel, le
Château Vial dans le Kloto,
l’Assemblée nationale, et un jour
l’actuelle Présidence de la
République, l’Hôtel du 2 Février et le
Palais des Congrès (ancien siège du
RPT) ?
En tout cas, dans les pays civilisés,
on ne démolirait un tel immeuble
chargé d’histoire sans se poser la
question à l’Assemblée nationale.
Mais, au Togo, les ministres les plus
puissants de la République et leurs
nouveaux guides éclairés ont décrété
unilatéralement la vente et la
démolition de cette architecture.
Est-ce la « deéyadémaïsation »
qui commence ?
Et si on pensait que cette décision
vise l’effacement des réalisations du
Régime Eyadema ? C’est indéniable, en
rasant l’Hôtel de la Paix, Faure et
ses copains de Ministres ne sont-ils
pas en train de trahir la mémoire du
Père de la Nation ? Pourquoi effacer
ce fleuron de la longue liste des
réalisations de cet homme,
l’infatigable bâtisseur ? En tout cas,
un immeuble de raser, équivaut à une
œuvre de moins dans le bilan du régime
Eyadema. Demain, l’histoire ne
comptera pas l’Hôtel de la Paix dans
l’immense œuvre d’Eyadema ? Voilà qui
choque le peuple togolais. Pourquoi la
société Matrix Financial Ingenering ne
pouvait-elle pas aller construire
l’Hôtel « Phenix » ailleurs ?
Pourquoi ne pas rénover l’Hôtel de la
Paix et lui donner le nom de « Phenix »
?
Derrière cette décision de raser
l’Hôtel de la Paix, n’y a-t-il pas la
volonté délibérée de détruire les
réalisations de l’inoubliable Eyadema?
Et pourquoi Faure s’est-il associé à
cette décision ? Si Faure donnait
l’exemple, que feront demain les
autres. C’est à méditer.
Du fond de sa tombe, Eyadema doit
s’interroger sur ce qui se passe dans
son Togo qu’il a légué en guise
d’héritage. Le connaissant pour son
attachement et son respect aux choses
publiques, Eyadema devait être noir de
colère.
Une fois de plus, le peuple
s’interroge, pourquoi raser l’Hôtel de
la Paix s’il est un fleuron ?
Dan ESSOBOZOU
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Quelle crise au sommet de l’Etat ? |
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Y’aurait-il une crise au sommet de
l’Etat ? Après deux ans à la tête de
l’Etat, Faure ferait-il face aux dures
réalités du pouvoir ?
Depuis quelques temps, des rumeurs
circulent sur l’état de la Nation.
Tout ce qu’on peut dire, il y aurait
une crise en la demeure si on en croit
aux confrères qui sont dans le secret
des dieux. |
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Pour être plus clair le Président Faure
serait confronté à des difficultés dans la
mise en place des réformes au point qu’il
serait même menacé par un coup d’Etat.
Depuis, les courtisans du jeune chef de
l’Etat ne chôment pas. Ils sont à l’œuvre
allant jusqu’à l’opposer à sa famille
politique voire à ses frères. Que Faure
soit confronté à la re-fondation de
l’Etat, c’est indéniable. Quand on sort
d’une quarantaine d’années de parti
unique, il ne faut pas rêver à moins de
provoquer une révolution. La réforme est
possible si elle est bien conçue et menée
avec perspicacité. Mais en lieu et place
d’une vraie réforme, à quoi assistons-nous
? A des faux-fuyants.
Un courtisan de Faure a cru bon d’écrire
un pamphlet en guise d’avertissement dans
les colonnes du confrère Forum de la
Semaine (N° 257 du 21 mai 2007).
Ce baron du RPT, trop laudateur n’a
convaincu que des naïfs. Surtout quand il
raconte des ragots comme quoi « les
agents permanents et les contractuels sont
engagés ».
Les dangers qui guetteraient le régime de
Faure, si dangers il y a, ne sont que la
réédition de ce qui s’est passé avec son
père. Hier comme aujourd’hui, l’histoire
se répète. L’entourage de Faure est en
train de réussir l’exploit de l’entourage
du père. La différence aujourd’hui, c’est
que ceux qui entourent Faure jouent gros
en faisant croire à Faure que ses frères
veulent lui faire un coup d’Etat. C’est
diabolique. Quel intérêt un frère de Faure
aurait-il à lui créer des problèmes à
l’heure actuelle ?
Les services secrets d’une ambassade
sollicités pour vérifier les rumeurs de
coup d’Etat ont déclaré n’avoir rien vu ni
entendu. Et un diplomate de cette
ambassade d’ajouter : « Les amis de
Faure jouent avec la République. Chaque
jour, ils voient les menaces partout ».
Dans un article, LA DEPECHE
faisant état de cet entourage de Faure.
C’est un entourage hétéroclite venu
d’horizons divers.
Parmi cet attelage, deux tendances ont
pris le dessus : les amis d’enfance et la
famille. L’objectif commun, parvenir à
opposer coûte que coûte le président Faure
à ses frères au point de lui mettre en
tête que ceux-ci veulent lui faire la
peau.
Pour parvenir à leurs fins, ils alarment
l’opinion par journaux interposés.
Nous l’avons dit, il s’agit là d’un jeu
dangereux. Il n’est pas trop tard pour se
ressaisir. Faure et ses frères ont
grand intérêt à laver leur linge sale en
famille au lieu de confier leur
sort à des rapaces. Le plus grand danger
qu’ils courent c’est de se laisser diviser
pour des intérêts égoïstes. Le plus grand
bien qu’ils puissent faire aujourd’hui aux
ennemis de leur père, c’est de laisser
éclater au grand jour les prétendues
dissensions.
KAO Victoire |
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Les atrocités commises par les Ablodé
Sodja dans les autres régions du pays
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Dans le numéro précédent, nous avons
présenté les atrocités commises par
les fameuses milices du CUT dans la
circonscription administrative de
Lama-Kara. Encore faut-il rappeler que
la liste des victimes que nous
publions depuis le début de ce dossier
n’est pas exhaustive. Peu importe ;
l’essentiel est d’arriver à montrer
que, contrairement à ce que les
admirateurs de Sylvanus Olympio
laissent croire, tout n’était pas rose
au Togo avec le premier régime
politique issu des élections du 27
avril 1958. Il y a sous Sylvanus
Olympio de graves atteintes aux droits
de l’homme avec la complicité du
régime lui-même qui choisit à chaque
fois les victimes à abattre. |
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Bonito Mussolini humiliait ses
adversaires politiques en les
obligeant à boire l’huile de ricin.
Sylvanus Olympio les forçait, hommes
et femmes, à danser nus sous
les coups d’une foule hurlante. Ces
scènes sont trop systématiques pour
avoir été accidentelles. Elles
procédaient d’une méthode
d’intimidation soigneusement élaborée.
A Sanvee-Kondji à Anécho, un planteur,
Jacob Sanvee, avait été cruellement
maltraité : ses agresseurs ne
l’avaient abandonné qu’après avoir
versé de l’acide sur ces blessures. Il
a perdu un œil mais au bout de six
mois de clinique, il a été réduit à
l’état d’invalide. Sa femme, une
institutrice, a subi des sévices qui
ont provoqué une fausse couche ; ses
dents ont été brisées. Enfin, leur
récolte a été pillée et le chef local
du CUT exigeait une grosse rançon. A
peine rétabli, le sieur Sanvee s’est
rendu en ville pour déposer plainte.
Il a été jeté en prison et détenu
jusqu’au jour où, de guerre lasse, il
s’est engagé à ne pas poursuivre ses
tortionnaires.
A Kabou, le cultivateur Moumouni
Allahamdou avait eu le grand tort de
protester contre la construction que
le père du nouveau député du CUT,
Michel Tchèdré, faisait élever sur son
propre terrain. Il fut par décision
attaché comme on lie un singe savant,
une corde autour des reins et battu à
mort.
A Tandjouaré, le fils de Bilénoun N’Mongbé
avait été assassiné. Son père venu
pour porter plainte fut condamné à une
amende d’un bœuf de 25.000 F CFA.
A Anécho, le chef supérieur Kela d’Assoukopé
a dû s’exiler : chaque nuit, les
« cutards » se relayaient pour
l’empêcher de dormir, lui et sa
famille en lançant des cailloux sur le
toit de tôle de sa maison, interdisant
tout sommeil. Son voisin, le vieux
chef Soussou Mede, 80 ans, fut
contraint à danser et les énergumènes
jouèrent avec lui comme un ballon.
A Anécho toujours, Abalovi Lawson,
ex-régent d’Anécho, parviendra, en
état de légitime défense, à tenir en
respect avec son fusil de chasse, le
groupe qui tentait d’incendier sa
maison. Il n’a fait aucun blessé. Il
fut condamner pour violence et voies
de fait à cinq ans d’emprisonnement
avec sursis et 20.000 francs CFA
d’amende.
Le cas de Kokou Agbo, chef de PTP à
Gléi est édifiant. L’homme avait été
agressé en 1958. Une centaine de
manifestants l’avaient laissé à demi
assommé après avoir démoli ses cases
et celles de sa famille, détruit les
greniers, les moulins, empoisonné les
puits et massacré les animaux
domestiques dans ses campagnes des
environs de Gléi à Lawaroukopé.
Le vieillard fut par la suite convoqué
par le chef local du parti
gouvernemental, Goudevi Tadegnon
« afin de lui demander des comptes sur
son comportement politique ». Une
vingtaine de cutards étaient allés le
chercher chez lui, armés de bâtons et
de chaînes de bicyclettes. Pendant le
trajet, le malheureux fut tellement
roué de coups qu’il s’écroula en
gémissant, incapable de dire deux
mots. Tadegnon ordonna que le
vieillard soit reconduit chez lui. En
chemin, l’épouse et la sœur de Kokou
Agbo ayant voulu intervenir furent
violemment molestées. On trouvera le
cadavre d’Agbo sur le pas de sa porte.
Ses tortionnaires l’avaient achevé en
lui plantant quatre pointes de clous
dans la tête.
A la Cour d’Assises en novembre 1962,
huit personnes comparaissaient pour
coups mortels sur la personne du
vieillard Kokou Agbo ainsi que coups
et blessures volontaires sur les
personnes de dames Assoko Adjifesso et
Koko Kodakou respectivement épouse et
sœur de la victime toutes deux âgées
de 70 ans environ. Le magistrat chargé
du jugement avait accordé des
circonstances atténuantes. Des
circonstances atténuantes aux
tortionnaires d’un vieillard !
C’est dire que le magistrat qui
normalement, est chargé de
l’accusation, au nom de la société
demanda et obtint « un verdict de
sagesse, un verdict humain ». Au
bénéfice des vieilles femmes qui
demandaient des dommages et intérêts ?
Non. Au bénéfice des accusés. C’est
cela la justice sous Olympio le
démocrate. Pourtant, le simple fait
qu’il y ait eu procès était considéré
comme une victoire des partisans de
l’Etat de droit, de la légalité. Parce
que la plupart du temps, comme nous
l’avons vu plus haut, les plaintes
n’étaient même pas enregistrées. Ou
quand elles l’étaient, les autorités
judiciaires ne donnaient pas suite au
dossier ou bien elles se retournaient
conte les victimes.
Le 1er juillet 1958, un
certain Togbé Sodokpo du village de
Ountivou a Tohoun, dépassé par les
violences et les sévices dont sa
famille et lui étaient les cibles,
adressait une lettre au Premier
ministre Sylvanus Olympio. « Après
les élections à la Chambre des Députés
en date du 27 avril 1958, les
villageois d’Ountivou étaient venus
pendant la nuit briser les portes et
les fenêtres des bâtiments
personnels. Après avoir brisé les
meubles, ils ont emporté tout ce que
je possédais comme richesse. Par la
suite, les assaillants ont commencé
par fusiller les porcs de mon père et
ont déclaré au nom du Premier ministre
la confiscation des domaines
paternels. C’est pourquoi je vous
prie, Monsieur le Premier ministre, de
bien vouloir vous intéresser à notre
plainte. Si c’est réellement vous, M.
le Premier ministre, qui avez commandé
cela, je vous prierai d’avoir pitié de
nous. Il y a trois mois que mon père
se trouve exilé à Atakpamé et nous ne
savons ce qu’il est devenu ».
Ces quelques exemples montrent la
férocité des milices du CUT au pouvoir
et démentent certains historiens
partisans qui n’hésitent pas a nous
parler de la démocratie sous Sylvanus
Olympio. A les entendre, avec Sylvanus
Olympio au pouvoir, le pays vivait en
paix. Quelle démocratie où il y eut si
peu de plaintes instruites. Le verdict
honteux et scandaleux des
tortionnaires de Kokou Agbo est
révélateur du système totalitaire mis
en place par Sylvanus Olympio.
Couverts par Théophile Mally, le
ministre de l’Intérieur dont ils
dépendaient, couverts par les
autorités judiciaires, les Ablodé
Sodja pouvaient agir en toute
impunité, se livrer à tous les excès
selon leur degré de perversité et de
sadisme : les vols, les destructions
de maisons, les incendies de
plantations et des champs, les viols,
les assassinats politiques étaient
principalement leur fait.
On les avait lâchés comme on lâche les
chiens sur tout le territoire
particulièrement dans les bastions
irréductibles de l’opposition
qu’étaient le Nord du pays et la
région d’Atakpamé. Notons que les
excès du CUT de 1959 à 1962 ne
pouvaient être considérés comme les
débordements spontanés de
« supporters » surexcités. Cinq
ans ont passé depuis les élections du
27 avril 1958. Les ablodé sodja ont
précisément été organisés au moment où
Sylvanus Olympio a commencé à
confisquer tous les pouvoirs. Parce
qu’ils étaient comme les sections
d’Assaut ou les S.S. ou le PC, un
instrument de conquête de pouvoir
absolu : un mode de gouvernement par
la terreur. Dans nos prochaines
livraisons, l’on montrera comment
Sylvanus Olympio s’était fait élire
« démocratiquement » à la
présidence de la République. Plus de
40 ans après les descendants du CUT,
regroupés dans l’UFC, se disent prêts
à réécrire l’histoire. On les attend.
(à suivre)
Jacques TOM
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