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La Dépêche

21 avril 2007

[ No 365 : du 18 avril 2007]
La fête “Kigbèleng” en hommage au Père de la Nation

Le peuple Kabyè à l'instar des autres peuples d'Afrique est profondément religieux. Animiste pratiquant, le Kabyè croit à Esso, le Dieu créateur Tout-Puissant. Il croit à sa bonté infinie ; il croit aussi à l'immortalité de l'âme. Pour l'homme Kabyè les " morts ne sont pas morts ; ils sont parmi nous et vivent toujours avec nous ". Ainsi pratique-t-on ici à des degrés divers le culte des morts pour permettre à ces grands et éternels absents de continuer à vivre en harmonie avec les vivants, le culte des morts constituant d'ailleurs le meilleur confort des survivants.

Dans la tradition kabyè, fau-il le souligner, la mort d'un jeune être en pleine force est souvent tragique. Bien que naturelle, cette mort est toujours considérée comme résultant d'une certaine violence. Ce que l'homme ne peut admettre ni accepter. D'où la pratique des consultations assez souvent chez le fakir afin de déterminer la cause de cette violence gratuite et si possible la conjurer.

En revanche la mort d'un vieillard qui a le sentiment d'avoir accompli ses tâches ici bas, d'avoir bien réussi sa vie sur cette terre, est accueillie avec une certaine sérénité. Le vieillard ne s'éteint-il pas souvent d'une manière paisible. Et l'on a vu chez le peuple kabyè un vieux dans l'anti-chambre de la mort recommander la réalisation de sa tombe ; il va même parfois jusqu'à inspecter lui-même les travaux. Dans son esprit, il est clair qu'il va bientôt rejoindre " le pays des ancêtres " et si possible devenir l'intercepteur de nos doléances pour " les grands qui vivent dans l'au-delà ".

Dans la pensée kabyè, l'enfer ou le paradis après la mort n'existe pas. C'est une invention des Blancs chrétiens pour tourmenter le monde. La mort n'effraie pas le sage kabyè ; en mourant, le vieux ne cherche qu'à aller rejoindre les ancêtres au royaume des Sages. Pour lui, la mort apparaît comme la conclusion naturelle, le point final et le dernier accord d'une existence heureuse. Le vieux accueille donc cette mort avec une certaine sérénité. Ce qu'il souhaite ardemment, c'est de ne pas succomber sous la douleur d'une maladie dite mauvaise et sont considérées comme maladies mauvaises les maladies déshumanisant l'homme telles que la lèpre, la foudre ou la mort qui suit une longue période de souffrances atroces et pénibles telles que l'ascite (ventre ballonné) abcès de foi et de poumons.

Kigbèleng en pays Kabyè
Les réjouissances presque populaires accompagnent souvent la mort d'un vieux en pays kabyè. Mais quelques mois après la mort le vieux a droit aux funérailles qui ont généralement eu lieu après " sangaying " une fête traditionnelle que l'on peut facilement considérer comme le jour de nouvel an chez les kabyè et qui se situe à la fin du mois de décembre. Après " sangaying " toute réjouissance populaire traditionnelle est autorisée jusqu'à la clôture de la chasse au début du mois de mars.

Les funérailles d'un sage se déroulent donc en saison sèche temps où l'on a peu d'activités champêtres. Pour mémoire celles de " Tchodjo " grand prêtre, se déroulent presque deux à trois jours aussitôt sa mort quelque soit la période dans laquelle il meurt. L'importance des funérailles dépend de la situation familiale d'un vieux c'est-à-dire selon qu'il a eu ou non beaucoup d'enfants.

Si de son vivant, le vieux a été de modeste condition et par conséquent a eu peu d'enfants, les funérailles se limitent à ses " tam-tam et sô " manifestations auxquelles contribue toute la belle famille c'est-à-dire ceux qui sont censés être les gendres. Dans ce cas les vieilles femmes qui meurent âgées ont droit à ce genre de manifestations.

Pour que l'on puisse bénéficier à sa mort du " tam-tam et sô " en son hommage, il faut qu'il ait sensiblement atteint et même dépassé environ dix " waasi ". A rappeler que un " waa " (singulier de waasi " équivaut à une période de cinq ans que l'on doit prendre en compte à partir du moment où le jeune homme kabyè est initié " kondo " (25-28 ans) ou à partir du moment où la jeune femme a été faite Akpeng (18-21 ans)

Avoir par exemple dix wassi, c'est être officiellement âgé d’environ 75 ans et plus.
Si de son vivant, le vieux qui vient de mourir était riche et a laissé une postérité,  il a droit à la fête  Kigbèleng qui dépasse largement les simples funérailles traditionnelles réservées à un vieux et qui se déroulent pendant plusieurs jours consécutifs. Il faut un grand tam-tam nommé " yowou- souyé " littéralement le tam-tam de la guerre. Kigbèleng, c’est aussi  une fête guerrière, un hommage rendu à un grand homme. C’est cet hommage ultime que les fils et la famille de l’illustre disparu organisent du 15 au 24 avril 2007 en l’honneur du père de
la Nation.

En raison de l'importance que revêt Kigbèleng il faut parfois deux ou trois ans pour l'organiser le temps nécessaire pour permettre à tout le monde d'être prêt pour ce grand rendez-vous. Ces grandes manifestations ne se limitent pas seulement à la participation à la contribution des gendres du vieux décédé, elles s'étendent à toute la famille au sens large du terme : fils, petits fils, arrière petits fils, oncles maternels et paternels et gendres et brus de plusieurs degrés. Bref c'est presque tout le village qui prend part à ces cérémonies.

N'a droit à Kigbèleng qui veut. Il faut d'abord avoir atteint sensiblement 10 à 15 waasi.   Kigbèleng, c’est en conclusion une manifestation pour rendre hommage. C’est une fête d’adoration à Dieu pour ses bienfaits.

En marge des festivités, sera inauguré le musée Eyadéma le dimanche prochain, jour de l’apothéose à Pya.

Kigbèleng se déroule après les premières grandes pluies au moment des semailles. Une légende raconte que la récolte est souvent abondante dans les champs et les lieux où passent les danseurs de Kigbèleng. Bref selon une croyance traditionnelle l'année de Kigbèleng est une année de bonne récolte. Kigbèleng prend fin par la bouture d'un arbre fétiche Kpintchao après plusieurs jours de danses et beuverie.

Gaston Rosignac.

 
La date des élections législatives : le nouveau cheval  de bataille de l'UFC

La question relative à la publication du chronogramme des élections législatives de juin prochain suscite des réactions de la part des politiques et pour cause ! La rencontre du jeudi, 12 avril entre la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et les partis politiques légalement constitués n'a pas permis la publication du calendrier électoral comme on s'y attendait. Pour se justifier, la CENI évoque l'absence d'un appui technique des partenaires au développement. Face à cette situation l'Union des Forces de Changement (UFC) par la voix de son Secrétaire général, M. Jean-Pierre Fabre, se dit surpris. A l'UFC, il n'y a pas de raison que le chronogramme ne soit pas prêt à cette date. Et pourtant, l'UFC a ses représentants à la CENI, qui sont censés lui rendre compte de l'évolution du processus et des difficultés rencontrées. Il n'y a donc pas de raison que les responsables de l'UFC fassent les étonnés et nourrissent des tapages médiatiques pour rien.

Toujours fidèle à ses habitudes qui consistent à créer des problèmes là où il n'en n'existe pas, on se demande à quel jeu l'UFC veut encore se livrer. Que ce soit le 24 juin ou après, le peuple togolais et la communauté internationale dans son ensemble ont le regard tourné vers cet évènement qui, rappelons-le, constitue une phase décisive dans le processus de sortie de crise. Pour atteindre cet objectif, tous les acteurs de la vie politique, et la population togolaise dans leur ensemble doivent garder leur sérénité. Les hommes de médias doivent aussi s'impliquer positivement en véhiculant des informations crédibles plutôt que de se livrer à l'intoxication et à la désinformation.

Au sujet par exemple des kits numériques empruntés à la RDC, certains ont eu a spéculé que leur utilisation au Togo pourrait servir à alimenter la fraude à travers l'émission des cartes d'électeurs portant des noms congolais. M. DOUNIA, expert de l'ONU a apporté la lumière sur cette question en faisant valoir que seul le logiciel peut favoriser ce genre de désagréments. Or le Togo n'a ramené de la RDC que le matériel informatique indispensable et non le logiciel utilisé par ce pays.

Le logiciel dont on se servira au Togo est en cours de conception et sera incessamment disponible.

Alors, du calme !

Joêl KOYE

 
Crise énergétique : L'autre face de la faillite des élites togolaise et béninoise 

A une question de savoir pourquoi le Sénégal premier pays africain qui reçoit de l'aide extérieure ne se développe pas au point de voir tous ses jeunes diplômés émigrer vers l'Europe, un sociologue, spécialiste des questions africaines répond : " Le développement ne se mesure pas au montant de l'aide reçue. La question c'est de savoir ce qu'on fait de l'aide. En Afrique, les élites captent l'aide qu'elles utilisent dans des projets qui sont loin des préoccupations de la population… "

Le développement de nos pays, parlons-en. Des théories de développement des Nations Unies des années 70 à la bonne gouvernance en passant par les politiques d'ajustement structurel de la Banque Mondiale/FMI et les privatisations, notre chère Afrique ne décolle toujours pas. A croire que l'Afrique refuse le développement. Non, les Africains veulent aussi le bonheur. Ils travaillent malgré les apparences. Mais la vérité, c'est que les Africains ne récoltent pas les fruits de leur labeur à cause de la collusion d'intérêt entre la mafia internationale et les élites africaines.

A la différence de l'Asie où les élites sont dévouées aux intérêts de leurs populations, en Afrique, l'élite est extravertie. C'est-à-dire qu'elle est tournée vers l'extérieur pour satisfaire ses ambitions. Tout ce qu'elle entreprend ou initie, elle le fait d'abord dans son propre intérêt. Je n'en veux pour preuve que les grands projets réalisés dans notre pays dans les années 70 avec le boom phosphatier. Tous ces projets ont été tous des échecs parce que les cadres chargés de leur conception et de leur réalisation n'ont pensé qu'à leurs poches avant les intérêts du pays.

La conséquence, tous les pays africains excepté la Tunisie, l'Egypte, le Botswana et l'Afrique du Sud, régressent au point que certains pays comme le Togo et le Bénin ne disposent plus d'énergie pour faire tourner ce qui existe encore de leurs unités industrielles.

De l'énergie, parlons-en
Pourquoi notre pays quarante ans après est retourné à l'époque des lampions ? C'est encore la faute à nos élites. En matière d'énergie, les dirigeants de l'époque ont fait ce qu'il fallait. Le barrage d'Akossombo au Ghana, la centrale thermique au Togo, la CEB
pour le Togo et le Bénin sont des instruments capables de fournir de l'énergie suffisante à la sous région. Tous ces grands projets ont hélas servi à enrichir les cadres chargés de leur gestion. Des problèmes ont été reportés au lieu d'anticiper, c'est-à-dire aller au-delà des problèmes avant que ceux-ci ne se posent. Sinon comment expliquer qu'au jour d'aujourd'hui le Togo et le Bénin retournent à l'ère de la pierre taillée alors que la CEB avait tout ce qu'il fallait pour garantir à nos deux pays l'autosuffisance énergétique.

En effet, la CEB
est dotée d'organes de gestion : la Haute Autorité, le Haut Conseil Inter-étatique, etc. Qu'ont fait ces structures pour qu’aujourd'hui nous soyons dans cet état ? Les membres de ces organes se sont remplies les poches, des maîtresses, des voitures de derniers cris, des appartements en Europe et aux USA, des comptes garnis sur les places financières internationales, etc. L'intérêt de la CEB et de la CEET ne préoccupe personne.

Tout prêt de nous, il a fallu la vigilance des autorités togolaises pour éviter que l'ancien D.G. de la CEB M. NPOH en complicité avec un escroc international ne coule définitivement la CEB. Dans ces conditions, à l'heure des bilans, il ne nous reste qu'à pleurer puisque tous les fossoyeurs continuent de nous narguer en se pavanant dans nos rues de Lomé à Cotonou.

Nous saluons la montée tardive au créneau des agents du Syndicats de l'Encadrement du Secteur de l'Electricité qui lors d'une journée de réflexion samedi dernier a déclaré avec force que le délestage est dû à un manque de vision prospective. C'est ce que nous n’avons cessé de souligner

K.V

 
[ No 364 : du 11 avril 2007]
Législatives 2007 : Les membres de la CENI formés sur l'utilisation des kits à Notsè

Le 24 juin prochain, les Togolais se rendront aux urnes pour le compte des législatives. L'Accord politique global signé le 20 août 2006 a permis de rompre avec l'ancienne forme de recensement. L'APG prévoit désormais l'établissement aux électeurs de nouvelles cartes sécurisées avec photos numérisées. Pour le faire il faut des kits. C'est ainsi que depuis le 31 mars et conformément à l'Accord intervenu entre le Togo et la RDC, notre pays dispose de 3000 kits empruntés de ce pays frère permettant à la CENI de mieux faire face aux prochaines échéances.

C'est dans le souci de rassurer les électeurs du bon état de ces machines et leur mode d'utilisation que des experts venus de Belgique et ceux du PNUD ont tenu avec les membres de la CENI une séance de formation. Cette 1ère formation a eu pour cadre l'Hôtel le Berceau à Notsè le 4 avril 2007 dans la salle Tone.

Selon l'expert belge Johan ROMMELAERE de la société Zetes-pass, les kits permettent de recenser la population, de prendre toutes les informations démographiques, les photos, les empreintes digitales et toutes autres informations pour éviter les fraudes. Le kit se compose donc d'une caméra pour les prises de photos, d'un scanner pour prendre les empreintes digitales, d'une imprimante servant à imprimer les cartes, d'un laptop qui sert à entrer les données démographiques, d'un système de batterie pour garantir le fonctionnement de l'appareil pendant 9 à 10 heures en l'absence du courant.

L'expert canadien d'origine Congolaise, M. Dunia RAMAZANI a de son côté procédé au maniement du kit en insistant point par point sur chaque partie de l'engin et son rôle, suivi bien sûr des questions qui ont permis aux membres de la CENI qui avaient à leur côté le ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, M. Arthème Ahoomey-Zunu, d'être au point.

Après ces questions d'éclaircissement, les membres de la CENI ont procédé eux-mêmes au maniement du kit avec succès.

Il faut noter qu'afin de mieux se familiariser avec ces kits, de rassurer les uns et les autres, des séances de répétitions se tiendront notamment le mardi prochain devant les journalistes, le jeudi devant les partis politiques.

Ce n'est qu'après ces séances de formation que la CENI procédera à l'installation des CELI (Commission Electorale Locale Indépendante), des CLC (Comité de Liste et Carte) et à leur formation.

            A l'issue de cette formation des membres de la CENI, celle-ci a organisé le mardi 10 avril 2007 à l’Hôtel 2 Février à Lomé,  un point de presse dont le but était de présenter un échantillon des kits acquis, de démontrer leur fonctionnement et de rassurer les Togolais sur les dispositions sécuritaires de ce matériel.

            A cette occasion le président de la CENI, M. Tozim Potopéré a annoncé que la date du démarrage du recensement sera débattue demain avec les partis politiques.

Dao Bissang & Joêl KOYE

 
RPT/Législatives 2007 : Les surprises des primaires

Comme prévu le RPT a dû recourir aux primaires pour dégager ses candidats pour les législatives du 24 juin. Le moins qu'on puisse dire, l'exercice a été passionnant et plein de surprises. Les résultats des primaires de certaines préfectures ont retenu notre attention.

A Sotouboua, les yeux étaient tournés vers l'ancien ministre des Finances. Dans Sotouboua Nord où il affrontait M. Mawè, le ministre Boukpessi a déjoué tous les pronostics apocalyptiques en battant par K.O. son adversaire par 73 voix contre 7.

Malgré l'humiliation qu'on lui a infligée, le ministre Boukpessi reste toujours populaire dans son fief d'Ayengré où la population lui est reconnaissante pour ses nombreuses réalisations.

A Sotouboua Centre où quatre candidats étaient en lice, c'est M. Tchassé Corneille qui sort victorieux. Enfin à Sotouboua Sud, le député Patchassi a été battu par M. Kpohou Sim (43 voix contre 38).

Ce qui a frappé lors de ces primaires, c'est le désenchantement de certaines grosses pointures du RPT. Ainsi à l'Est Mono et à Mango, MM. Tcha Kadanga et Natchaba sont hors jeu.

A Kara, les trois députés à l'issue des conciliabules ont cédé leur place respectivement aux ministres Kpatcha de la Défense, WALLA des Petites et Moyennes Entreprises et à M. Patassé D.G de CAP ESSO.

Le tremblement de terre de ces primaires est venu de Mango où M. Natchaba est détrôné par le jeune LAMBONI Mindi et dans l’Amou Mme Ihou a mordu de la poussière tantdis que dans le Wawa l’ancien ministre Adadé revient en force et à Tsévié Mme Obiang terrasse un jeune loup.

Comme on le voit, rien ne sera plus comme auparavant au RPT où les hommes et les femmes veulent être gouvernés autrement. Ça promet.

K.V.

 
Le jeu trouble du GRAD

Quelle mouche aurait piqué notre ancien ministre des Finances, le ghanéo-togolais Victor Komlan Alipui ? Et la GRAD qu'il pilote vaille que vaille afin de se faire une place sur l'échiquier politique national ne serait-elle pas par hasard un autre machin au service de l'opposition radicale dont on dit que Victor Komla Alipui se serait rapproché ?

Ces derniers temps en effet, on a vu notre ancien ministres des Finances d’Eyadèma s'agiter énormément à tel point qu'on se demande pour qui roulerait sa fameuse GRAD. L'homme tient partout des propos alarmistes sur les élections législatives à venir, parle du sang qui va couler et réclame même le report de la date des élections. A l'entendre, on a l'impression qu'après ces élections, la voûte du ciel devrait tomber sur la tête des Togolais. L'homme joue bien les Cassandre de notre époque.

Il faut que notre ancien ministre se rassure : rien ne va se passer au Togo après la date du 24 juin à condition que Victor Komla Alipui, s'il veut rendre service à la Nation, devrait s'entretenir avec les radicaux dont il tire quelque peu les marrons du feu pour les prier d'essayer désormais de rappeler pour une fois leurs militants à l'ordre afin d'éviter  de nouveaux bains de sang  au prochain scrutin. Nos radicaux, voilà l'ennemi. Ne sont-ils pas connus comme des irresponsables qui  ravagent tout sur leur passage à chaque élection.

Les militants de l'UFC, pour les désigner par leur nom, utilisent souvent des moyens que tout démocrate sincère ne peut que réprouver. Ils mènent dans le pays un terrorisme intellectuel qui consiste à affirmer que tous ceux qui ne partagent pas leurs opinions sont des partisans de la dictature, des anti-démocrates ou mieux ceux qui ne veulent pas des changements au Togo. Pour les militants de l'UFC, l'on ne va aux urnes que pour élire Gilchrist Olympio ou un membre de l'UFC sinon ces élections sont considérées d'officice entachées de " fraudes massives " . Et s’en suivent alors les casses, les destructions des biens, des tueries, etc.

Les responsables de l'UFC s'imaginent souvent que le monde entier et l'opinion internationale a les yeux fixés sur eux. C'est ce qui les pousse à une exacerbation des positions, une radicalisation du parti uniquement pour s'attirer les sympathies du monde. Cette surenchère amène à tous les excès de la part de ce parti au Togo : mensonges, intoxications, désinformation, etc. Tout est utilisé pour faire croire que l'UFC est victime de quelque chose au Togo. C'est tromper l'opinion quand ce parti fait tout pour fausser le jeu démocratique en passant  son temps à contester tout systématiquement, à rejeter tous ceux qui refusent de suivre aveuglement la logique d'affrontement généralisé que ce parti préconise pour arriver au pouvoir.

Si pour les législatives, aucune précaution n'est prise pour empêcher ces radicaux forcenés d'attaquer les passants dans nos rues, si les forces de l'ordre contre lesquelles on mène actuellement un tapage médiatique pour les affaiblir moralement ne réagissent pas aux “exploits” de ces voyous, il y aura partout des gens pour leur apprendre à cohabiter pacifiquement avec les autres ethnies. Des élections viennent de se dérouler au Sénégal. Wade contre tous est passé en force sans que personne ne bronche. Si c’était au Togo, le pays allait partir en fumée. C'est ce que Victor Komla Alipui ignorait. Les autres ethnies sont prêtes à se défendre. Les futures législatives seront l'occasion d'un véritable test pour eux. La balle est dans leur camp.

Jacques Tom

 
Formation des Urbanistes et Architectes à Lomé : La jeunesse togolaise ne profite pas des avantages qu'offre l'EAMAU

L'Ecole Africaine des Métiers de l'Architecture et de l'Urbanisme (E.A.M.A.U.), institution inter-Etats d'Enseignement Supérieur, a été créée en 1976 par l'ensemble des pays de l'OCAM à Kigali. A l'instar des écoles inter-états du Burkina Faso (EIR/ETSER), de la Côte d'Ivoire (Ecole des Statistiques d'Abidjan) ou de Niamey (EAMAC : Ecole de formation des cadres de l'Asecna), l'EAMAU s'est assigné comme objectif premier la formation des étudiants qui au bout de 3 à 6 ans sont aptes à remodeler la construction et l'aménagement des cités et villes africaines. Ainsi, au bout de 6 ans l'étudiant est nanti d'un diplôme d'Architecte-Urbaniste ou de Technicien Supérieur en Gestion Urbaine en 3ans. Le siège actuel de l'E.A.M.A.U. se trouve fort heureusement au Togo, plus précisément à Lomé, et chaque ministre Togolais de l'Enseignement Technique et de la Formation professionnelle est automatiquement Vice-président du Conseil d'administration de l'Ecole.

L'EAMAU regroupe donc 14 états pour un effectif de 204 étudiants dont 19 Togolais. L'admission au sein de l'école est conditionnée par un concours d'entrée international à l'issue duquel l'étudiant admis est pris en charge par son Etat d'origine.

L'institution EAMAU fonctionne par une cotisation annuelle des Etats membres. Chaque Etat verse par étudiant 1.500.000Fcfa/an. Mais tout étudiant privé verse par contre une somme de 2.512.500fcfa/an exclusivement réservée aux frais de scolarité. Les frais connexes de matériels et de Logements qui sont d'ailleurs parfois plus chers sont versés aux étudiants directement par leurs Etats d'origine.

Depuis bientôt 9ans, l'EAMAU a connu une raréfaction des étudiants togolais, et pour cause !

En 1999, le gouvernement togolais, sous la représentation du ministre AGBOBLI Edoh Maurille de l'Enseignement Technique et de !a Formation Professionnelle (vice-président du Conseil d'administration de l'institution), a décidé de rompre la participation du Togo au sein de l'institution. De ce fait tout étudiant togolais désireux d'étudier à l'EAMAU se devait de se prendre totalement en charge. Cette prise en charge se caractérise (après nécessairement une issue positive du concours d'entrée) par une situation totalement privée de l'étudiant. Ceci signifie que chaque étudiant togolais depuis cette époque solde une somme de 2.512.500fcfa/an à l'Ecole. Cette solde est exclue des frais de matériels et de logement qui sont plus élevés.

En outre cette situation s'est détériorée davantage pour les étudiants togolais. En effet, ceux-ci sont lésés dans la répartition des chambres à la cité de l'E.A.M.A.U. parce que l'ancien ministre AGBOBLI de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle de l'époque a jugé que l'étudiant togolais n'a nullement besoin d'être logé vu le fait que l'Ecole se trouve à Lomé. II a cependant oublié que certains étudiants viennent de l'intérieur du pays et il leur arrive de ne point avoir de parents à Lomé.

Depuis seulement 1 an le Ministère de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (sous tutelle duquel se trouve l'E.A.M.A.U.) a reconnu après de dures manifestations des rares étudiants togolais un "  semblant de statut ". Le gouvernement devait donc payer pour chaque étudiant 1 500.000 fcfa/an. Là encore le Togo n'est pas capable de reconnaître cette situation. C'est au F.N.A.P.P. (Fonds National d'Appui au Perfectionnement Professionnel) que l'étudiant togolais doit son " petit salut ". Ce dernier (l'étudiant) déverse 512 500fcfa/an à l'Ecole depuis l'année scolaire dernière (tous les autres frais sont en sa charge). Malheureusement cette situation n'est pas retro-active du moins pour aider ceux qui ont en 2 ans payé 5 000 000 de francs cfa. Certains parmi eux sont actuellement exclus de l'école pour cause de non payement de leur scolarité de l'année en cours et de l'année précédente.

Aussi, cette participation de l'Etat reste-t-elle très insuffisante et l'étudiant togolais à l'E.A.M.A.U arrive toujours difficilement à subvenir à ses besoins scolaires. Celui-ci n'a ni le statut d'un étudiant togolais inscrit dans l'une des deux universités du pays, ni celui de l'étudiant togolais envoyé par l'Etat dans une Ecole inter-Etat qui devrait être le sien. II semblerait donc que l'Etat togolais ne reconnaît toujours pas l'étudiant togolais inscrit à l 'E.A.M.A.U. Ce qui est encore étrange!

 
 
 
 

 

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