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L’Union
des Forces de Changement (UFC) veut gagner cette
année la fête ; c’est bien son droit le plus
absolu. Mais la question est de savoir qui du
gouvernement togolais ou de l’UFC, est habilité à
organiser ce quarante-sixième anniversaire de
l’Indépendance du Togo. Ces derniers temps en effet,
les Togolais assistent un peu médusés, au retour de
l’agitation habituelle des meneurs de l’UFC.
Jusqu’ici indifférents à tout ce que le gouvernement
a pu faire dans l’intérêt du pays (tant que les
dirigeants de l’UFC ne sont pas encore au pouvoir,
tout ce que se passe ou pourrait se passer au Togo
n’est à leurs yeux que illégal et même illégitime)
les responsables de l’UFC se sont lancés ces
derniers moments dans une course éperdue pour
prétendre organiser sa fête de l’Indépendance avec à
l’affiche le meneur de toujours Gilchrist Olympio.
‘’Tel comportement de l’UFC ne surprend
personne, qui connaît bien ce parti politique’’
déclare un professeur de collège. C’est plutôt le
calme qu’auraient observé les responsables de ce
parti dans les circonstances actuelles qui
surprendrait. L’UFC a toujours pris le train en
marche. Il faut dire ici que ceux qui animent ce
parti radical ne sont pas des bêtes. Lorsqu’une
situation par exemple se présente à l’opinion
togolaise, l’UFC l’accueille d’abord avec une
certaine indifférence, puis sentant la situation
évoluer favorablement et positivement dans l’intérêt
du pays, elle sort alors de sa réserve sibylline
qu’elle observait, se lance dans les campagnes
médiatiques pour prétendre en être l’initiatrice.
L’UFC ne s’attendait qu’un jour la réhabilitation du
27 avril soit le fait des partisans du RPT.
Entrant cette fois-ci en danse, elle
s’efforce d’écarter les autres partis politiques
qu’elle aurait auparavant accusés de tous les maux.
Jean Pierre Fabre ne déclarait-il pas tout récemment
que l’idée de réconciliation (que l’on constate
aujourd’hui comme imminente) serait une idée de
Gilchrist Olympio ? Tout le monde connaît la
politique de la main tendue du président Eyadema… En
tout cas, il est trop tôt pour que l’UFC s’approprie
cette politique de la main tendue à des fins de
publicité.
Cela dit, l’idée de célébrer cette année
l’anniversaire de l’Indépendance du Togo avec
solennité a été l’un des souhaits du président Faure
Gnassingbé. Cette idée rentre dans le cadre de la
« réhabilitation » de l’Histoire du Togo préconisée
par le candidat Faure Gnassingbé lors de la campagne
électorale pour l’élection présidentielle du 24
avril dernier. Quelques jours après son élection, le
président Faure Gnassingbé déclarait dans une
interview à la radio des Nations Unies « Avant, il y
a la grande question de la réconciliation des forces
politiques que nous essayons aussi de promouvoir.
Pour cela nous avons mis en place une commission qui
est chargée de faire des propositions sur la manière
dont nous devons honorer la mémoire des héros du
Togo » et de préciser que « le but est d’éviter
l’instrumentalisation de l’Histoire du Togo à des
fins politiques »
Concernant le père de l’Indépendance
togolaise, le président Faure n’a pas manqué de
renchérir « Sylvanus Olympio a servi son pays, il
mérite d’être honoré. Il sera réhabilité, en tout
cas c’est ma volonté ». Joignant l’acte à la parole,
le gouvernement annonça le 8 septembre la création
d’une commission de « réflexion » pour la
« réhabilitation » des grands « hommes du pays » et
des dates historiques. C’est là qu’il faut se placer
pour comprendre pourquoi le 46e anniversaire de
notre indépendance sera cette année célébré avec
faste ; défilé civile et militaire devant le garage
Central.
Surpris par le sérieux de l’organisation
de cet anniversaire par le gouvernement et ne
s’attendant pas que la réhabilitation de notre
histoire soit le fait d’un gouvernement RPT, l’UFC
veut gâcher la fête en voulant semer du désordre en
concoctant un autre programme d’organisation. A voir
les choses telles qu’elles se présentent
actuellement à l’opinion, on a l’impression qu’il y
aurait deux fêtes de quarante
-
sixième anniversaire de notre Indépendance à
célébrer ; celle du gouvernement et celle de l’UFC.
Il n’y a rien d’étonnant.
L’UFC a toujours cherché à défier le
gouvernement en l’accusant de tous les maux. A
l’entendre, elle est la seule capable d’installer ce
qu’elle appelle la vraie démocratie au Togo. Le
président Gnassingbé Faure et son équipe ne sont
que des dictateurs aux yeux de ce parti.
En fait Gilchrist Olympio est de
mauvaise foi. Invité à faire partir de la
commission chargée de réhabiliter les grands hommes
du pays et quelques dates historiques, Gilchrist
Olympio déclina dédaigneusement l’offre comme s’il
lui en coûtait cher de faire partie de ce petit
comité et de s’asseoir à côté de ces représentants
togolais. Son séide Jean Pierre Fabre considère même
que ce serait embêter son patron s’il en faisait
partie. Ce dédain de la part de Gilchrist Olympio
est d’autant plus surprenant que c’est lui-même qui
s’est souvent plaint du sort réservé à son père en
tant qu’homme d’Etat.
Il faut comprendre Gilchrist Olympio :
hautain, cassant, imbu d’un complexe de
supériorité, Gilchrist Olympio ne se considère pas
comme égal au plus mortel des Togolais. Orgueilleux,
il s’est cru sortir de la cuisse du Jupiter et par
conséquent, il devrait obtenir sans tarder ce qu’il
réclame au Togo. Pour se donner une certaine
importance, ne médiatise-t-il pas avec fracas ses
fréquents retours au Togo ? C’est dire dans son for
intérieur qu’il se croit appelé à diriger le Togo et
ne rêve que de cela. Avec Gilchrist Olympio, le 46e
anniversaire de notre Indépendance aura lieu selon
le désir et le souhait de notre gouvernement. Il
appartient à l’UFC de prendre comme toujours le
train en marche quitte à faire ce qu’elle veut de
cette journée.
Jacques Tom. |