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Décidément, l’histoire justifie ce
que l’on veut et M. Godwin Tété
notre célèbre historien, ne dirait
pas le contraire. En publiant son
fameux troisième libre sur
l’histoire du Togo, la vraie
intention de Godwin Tété
n’est-elle pas de salir le régime
du président Eyadema qu’il
qualifie de « La longue nuit de
terreur » ? M. Tété est à notre
avis le seul au Togo à penser
encore que si Sylvanus Olympio
avait été longtemps au pouvoir, le
Togo aurait été depuis un pays de
cocagne. Quoi qu’il en soit, notre
historien ne nous apprend rien de
l’histoire du Togo. Son livre est
un parti pris en faveur de
Sylvanus Olympio. Rien de plus.
.Le livre a été préfacé
par un certain André Anani
Kuevidjin ancien auxiliaire de
justice à Dakar, ancien ministre
de Nicolas Grunitzky. Originaire
de Porto-Seguro (Agbodrafo), André
Kuevidjin est bien connu pour son
anti-éyadémaïsme viscéral qu’il
cultive d’ailleurs ouvertement. En
cela, il ne diffère en rien de ses
congénères. Verbeux et
discutailleurs, ils donnent
toujours l’impression et font
comme si le président Eyadema en
arrivant au pouvoir leur aurait
supprimé un certain avantage.
André Kuevidjin et Godwin Tété se
disent « intellectuels » et
passent leur temps à ironiser sur
le niveau d’études du président
Eyadema comme si l’on devrait
sortir d’une célèbre université
avant de pouvoir gouverner un
pays.
Le président Eyadema,
n’à aucun niveau, d’accord et
l’homme lui-même de son vivant ne
s’était nullement vanté en la
matière. Mais Godwin Tété qui,
dans ses livres, cite tous les
grands de ce monde pour faire
étalage de ses connaissances, a
certainement oublié que Napoléon
Bonaparte n’avait non plus aucun
niveau (en tout cas il n’avait pas
son CEPE équivalent de notre
fameux CEPD). N’empêche que c’est
sous Napoléon Bonaparte que les
différents codes français ont été
rédigés. C’est sous le règne de ce
français presque illettré que les
universités et les lycées ont
connu une véritable organisation.
Les institutions françaises (la
division de la France en régions
ont été réalisées sous Napoléon. A
voir les choses telles qu’elles
sont, ne peut-on pas dire que le
président Eyadema a été notre
Napoléon avec cette différence que
Napoléon aimait les conquêtes
territoriales ce qui a ruiné la
France et le président Eyadema
prônait la paix et l’unité
nationale.
Quoi qu’il en soit,
Napoléon Bonaparte et le président
Eyadema ont montré à l’opinion
qu’on gouverne un pays par la
personnalité. Qu’a fait le
président Sylvanus Olympio à la
tête du pays malgré ses hautes
études supérieures ? Rien, si ce
ne sont ses discours haineux sa
gestion tribale du pays, son
mépris pour les gens du Nord du
pays, la chasse à l’homme à
laquelle se livrait son régime.
C’est peut être cela la liberté
sous Sylvanus Olympio.
«Ainsi donc, le 13
janvier 1963 à l’heure où le coq
annonce aux êtres humains qu’il
est temps de se préparer en vue de
leurs occupations habituelles, un
commando d’une vingtaine de
« demi-soldes » rentrés des
expéditions coloniales françaises
au Vietnam et en Algérie assassine
froidement le premier président de
la République togolaise Sylvanus
Kwami Epiphanio Elpidio Olympio.»
A lire subrepticement ce passage,
on a l’impression que ce Kwami
Olympio serait un exemple d’homme
tranquille qui pêche au bord du
marigot c’est là qu’une
« vingtaine de « demi-soldes »
l’auraient surpris et l’ont
assassiné.
Notre historien engagé
aurait pu être plus professionnel
en donnant les vraies raisons de
l’assassinat d’Olympio. Mais
l’assassinat d’un homme n’est pas
une bonne chose certes. Sylvanus
Olympio n’a-t-il pas récolté ce
qu’il a lui-même semé ? Ce que
Godwin Tété a oublié c’est que,
c’est Sylvanus Kwami Olympio qui a
demandé à la France de libérer les
700 soldats qui travaillaient sous
le drapeau français mais une fois
revenus au Togo ces soldats se
trouvent en demi-solde ou sans
soldes du tout, invités tout
simplement à retourner à la terre.
Quel homme accepterait-il une
telle humiliation sans réagir. De
retour au Togo ces demi-soldes ont
essayé de faire entendre leurs
doléances auprès du président de
la République. Vainement. A quoi
lui servait sa gestion méticuleuse
du pays comme le déclare Godwin
Tété s’il n’était pas capable
d’engager ces soldats revenus de
France et à sa demande ou tout au
moins entamer un dialogue avec
eux?
Rappelons pour mémoire
que certains soldats sénégalais
après les guerres coloniales ont
continué à servir sous le drapeau
français jusqu’à leur retraite. Ce
qui est sûr c’est que Olympio
n’ignorait pas que les soldats
démobilisés à sa demande étaient
du Nord. S’il avait toujours
maille à partir avec les hommes
politiques du Nord, il a oublié en
revanche que ces soldats ne lui
ont fait aucun mal. Seraient-ils
originaires du Sud, ce Olympio
aurait pu faire quelque chose.
C’est cela la gestion tribale sous
Olympio.
Pour le reste, le
livre de Godwin Tété n’est rempli
que de témoignages que l’historien
aurait pu nous en dispenser, des
étalages inutiles de
connaissances. Bref c’est un livre
écrit par un homme du Sud pour les
hommes du Sud. C’est dommage qu’un
intellectuel en arrive à ce stade
de sectarisme.
Jacques Tom |