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On s’y attendait. Des hommes
politiques qu’ils soient du
pouvoir où qu’ils se réclament de
l’opposition n’aiment pas la
vérité. Et quand il s’agit de
votre journal LA DEPECHE ça fait
toujours mal car nous pesons
toujours nos mots. Après Gilchrist
Olympio qui au plus fort de notre
crise avait envoyé des éléments
d’Accra pour enlever et torturer à
mort notre ancien directeur de
publication, c’est le tour du
Commandant Boko de menacer
d’exterminer l’équipe de LA
DEPECHE si elle continue de le
mettre à nu par ses écrits.
En effet, ce n’est pas
la première fois que nous recevons
des menaces directes et indirectes
du Commandant Boko et de ses
proches. Vous vous rappelez notre
article intitulé : LA DEPECHE sous
les feux croisés de l’intolérance
paru dans notre édition N° 307 du
mercredi 22 février 2006. Parmi
ceux qui nous menaçaient sur les
sites, se trouvent des proches du
Commandant Boko si ce n’est
lui-même par personne interposée.
Jusque là nous avons tout banalisé
croyant que c’était les règles du
jeu démocratique. Mais lorsque des
proches d’un ancien Commandant de
la gendarmerie menacent
d’exterminer toute une rédaction,
il faut là prendre les choses au
sérieux. L’histoire se passe le
dimanche 25 mars 2006 de 11 heures
à 12 h50 bien chronométrées. Le
portable d’un journaliste de notre
rédaction sonne et affiche le
N°1013. Le journaliste décroche
son portable et entend la voix
d’une interlocutrice qui lui parle
sur un ton grave. Suivez la
conversation telle que reproduite.
- C’est vous journaliste ?
- Vous désirez quel journaliste ?
- Journaliste dépêche
- Quel journaliste de LA DEPECHE ?
Vous connaissez son nom ?
- Journaliste dépêche, c’est vous
qui demandez qu’on tue le
Commandant Boko ?
- Nulle part LA DEPECHE n’a
demandé qu’on tue Boko
- Oui c’est vous, vous avez dit
qu’il faut qu’on tue Boko
- Vous pouvez apporter la preuve ?
- Tu es de LAMA non. Si Boko est
tué nous allons vous exterminer et
nous allons marcher sur LAMA
- Vous êtes très renseignée Mme ?
- C’est toi on te connaît.
- Mme, le Commandant Boko est
devenu un homme politique.
Souffrez qu’on le critique pour
les actes qu’il pose ?
- Boko est un docteur. Il donne
des cours en Italie ?
- Mme, le Commandant Boko n’est
pas le premier docteur du Togo ?
- Boko, est un docteur, les autres
sont des boîtes.
- Mme, connaissez-vous bien le
Togo votre pays ?
A ce niveau de la discussion la
communication coupe. On croyait
que c’était fini. Un instant après
le portable sonne de nouveau et on
voit afficher le N°1016. Mme qui
refuse toujours de décliner son
identité revient à la charge.
- On vous donne combien pour
écrire ?
- Nos écrits vous gênent ? Vous
pouvez réagir chaque fois que vous
nous lisez, nous allons publier ?
- Publier quoi. Vous, vous n’êtes
qu’une fourmi
Laissez Boko avec son groupe,
sinon quand ça va passer vous
allez voir ?
- Mme combien le Commandant Boko
vous a donné pour que vous le
défendiez ainsi qu’est-ce qui va
se passer?
- Laissez mon oncle en paix (on
commence à voir clair)
- Avant Boko d’autres ont professé
des menaces. Mais il ne s’est rien
passé ?
- Vous allez voir. Il y a la
jeunesse avec Boko. Vous allez
voir
A ce niveau de la
discussion houleuse par téléphone,
notre interlocutrice coupe la
conversation mais sans tarir de
menaces de nous exterminer. Elle
a promis de nous montrer si nous
continuons d’écrire sur Boko.
Commentaire
Visiblement le Commandant Boko et
sa clique sont atteints par nos
écrits.
Lors de la discussion
notre interlocutrice se trouvait
dans un groupe bruyant qui lui
dictait ce qu’elle devait dire.
Visiblement, LA DEPECHE gêne, même
au-delà de nos frontières. Il
s’agit là de l’intimidation qui
ne dit pas son nom. Mais venant du
Commandant de la gendarmerie et de
ses proches, sans nous laisser
impressionner, nous prenons ces
menaces au sérieux. Dans la mesure
où au moment où Boko menaçait de
nous exterminer, des tracts
circulaient dans le pays menaçant
de mort notre ancien directeur de
publication. A LA DEPECHE, nous
avons connu plus que ça. Dès lors
qu’on accepte de devenir un homme
politique, on doit accepter de
jouer le jeu. Le Commandant Boko
qui se targue d’être démocrate
progressiste doit accepter la
contradiction même si cela fait
mal. Dans tous les cas nous
prenons les menaces au sérieux et
restons vigilants.
Tout porte à croire
que le Commandant Boko nourrit un
dessein diabolique pour son pays.
Sinon, comment comprendre que les
titans pleins de coupe-coupe
commandés par Gilchrist Olympio
du Ghana lors de la
présidentielle pour tuer les
Togolais, que le Commandant Boko
nous dise aujourd’hui que ces
coupe-coupe étaient commandés par
le RPT.
Tous ceux qui se
faisaient d’illusions sur les
aspirations démocratiques de Boko
sont partis en fumée. Des Tontons
macoutes à sa cause sont en
activité. Nous rappelons à ceux
qui jouent avec le feu que le
Commandant Boko se déplace à Paris
encadré par des éléments de CRS,
protégé qu’il est par ceux qui le
poussent à mettre le feu sur son
pays comme ils l’avaient fait en
Côte d’Ivoire. Le Commandant Boko
n’a rien à craindre si ses
compatriotes s’entretuent. Si tel
est que les Tontons macoutes sont
prêts pour les hostilités, nous
leur souhaitons bonne chance tout
en les avertissant qu’ils
trouveront plus forts qu’eux sur
leur route.
A bon entendeur salut !
La Rédaction |