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[ No 357 : du 27 fevrier 2007]
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Le président du MTDLH, Claude Vondoly
sur le rapport de l’ACAT |
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« Le rapport de l’ACAT passe sous
silence les massacres perpétrés par
les milices de l’opposition radicale» |
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Au
moment où les Togolais s’activent pour
aborder dans la sérénité les
prochaines élections législatives,
certaines organisations de défense des
droits de l’Homme passées maître dans
la manipulation et la désinformation
ont cru bon de revenir sur les
évènements douloureux qu’a connus
notre pays. L’Action Chrétienne pour
l’Abolition de la Torture (ACAT)
complètement en déphasage avec le
contexte actuel, vient de rendre
public un fameux rapport intitulé
« Togo, un pays où l’impunité règne en
maître ». Le rapport de l’ACAT n’est
pas différent de ceux pondus par
d’autres organisations de défense des
droits de l’homme, notamment Amnesty
International et la FIDH connues pour
leur parti pris flagrant dans la crise
togolaise. Ces différents rapports ne
reposent sur aucune enquête
professionnelle. Ces organisations
reprennent pour la plupart les
rapports partisans et tronqués de la
Ligue Togolaise des Droits de l’Homme
en passant sous silence les victimes
du parti au pouvoir.
Votre journal LA DEPECHE a approché le
président du Mouvement Togolais de
Défense des Libertés et des Droits de
l’Homme (MTDLH) pour recueillir son
avis sur le fameux rapport de l’ACAT
relatif à l’impunité au Togo. |
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La
Dépêche :
A la veille des élections législatives, certaines
associations de défense de droit de l’Homme dont l’ACAT
France viennent de publier un rapport de plus sur le
Togo. En tant que défenseur des droits de l’Homme,
quelle est votre réaction sur le rapport de l’ACAT ?
Effectivement, les rapports relatifs aux violences ayant
émaillé le scrutin d’avril 2005, ont bien établi les
responsabilités de chaque acteur impliqué dans ces
exactions et violations des droits humains.
Ce qui voudrait dire exactement que selon ces différents
rapports, ce sont donc les partisans de l’opposition qui
par des mouvements insurrectionnels synchronisés ont
embrasé Lomé, Anèho, Atakpamé, Sokodé et les autres
villes en commettant les pires atrocités sur les
militants du RPT, sur les ressortissants du Niger et du
Mali dont certains ont été brûlés vifs. Les forces de
l’ordre n’ont pas été épargnées.
Le triste et lugubre bilan est là. Certainement, ces
événements macabres pouvaient être évités si et
seulement si les voies légales, les démarches
républicaines de contestations des résultats d’une
élection avaient été respectées par l’opposition
radicale d’alors.
La
Dépêche :
Souvent ces organisations
accusent le RPT et l’Armée d’être les seuls responsables
de ces violences ?
La dynamique de ces ONG des droits humains devrait
consister à adopter plutôt une démarche responsable et
impartiale devant aboutir à des conclusions précises
irréprochables. Mais malheureusement, elles choisissent
la voie de la manipulation et de la désinformation en
opposant les Togolais les uns contre les autres. La
violence au Togo remonte en 1958. Pourquoi délibérément
en parlant de l’impunité au Togo, on oublie de parler de
l’impunité qui a existé au Togo de 1958 à 1963.
Comment justifier que ces multiples rapports n’évoquent
jamais les agressions terroristes du 23 septembre 1986
et du 25 mars 1993 qui pourtant avaient engendré
d’énormes pertes en vies humaines et des handicapés à
vie ?
Que dire des bandes de malfaiteurs qui regroupaient de
jeunes de l’opposition sous l’appellation d’« Ekpémog »
des années 90 dont les seules missions consistaient à
lyncher, à mutiler, à brûler vifs et à tuer les
partisans du RPT ainsi que les ressortissants du Nord ?
Pourquoi
alors passer sous silence les massacres des
ressortissants du Nord résidant au Sud. Que dire des
paysans brûlés dans leur sommeil la nuit à Bodjé et à
Médjé dans la préfecture de Kloto?
Le cas du Professeur KOGOE Akrimah, aujourd’hui membre
de la CENI, que les jeunes de l’opposition avaient brûlé
et celui des éléments de forces de l’ordre qu’ils
avaient également égorgé ne méritent-ils pas d’être
évoqués dans les fameux rapports?
La
Dépêche :
Pour les observateurs, ces violences sont toujours liées
aux élections. Quel est votre point de vue ?
M.
Vondoly
:
Comment naissent ces violences? Normalement les
réclamations lors des scrutins se font auprès des
tribunaux. Mais chez nous, on ne l’entend pas de cette
oreille. Lorsque les résultats sont proclamés, on
descend dans les rues, on casse, on tue. Dans quel pays
peut-on tolérer longtemps ces comportements irrationnels
?
La
Dépêche :
M.
Vondoly
:
Au
jour d’aujourd’hui, il est permis d’espérer et prédire
que les prochaines élections ne seront pas émaillées de
violences. Puisque l’Accord Politique Global a non
seulement conduit à la formation d’un gouvernement
d’union nationale, cadre de concertation et de dialogue
permanent pour les principales forces politiques du
pays, mais aussi à favoriser des reformes
institutionnelles et républicaines notamment les
nouveaux statuts de l’armée, le code électoral avec un
nouveau type de suffrage et des cartes d’électeur
sécurisées avec photo. J’ose croire que toutes les
garanties sont en train d’être réunies pour une élection
juste, démocratique et transparente.
Propos recueillis
par ED |
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Dissension au sein du gouvernement
d’Union :
La
Bourde de Me AGBOYIBO |
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Les Togolais pourront-ils faire
économie d’une nouvelle crise en
organisant les prochaines élections
sans accros ? La question mérite d’être
posée suite aux comportements des
principaux acteurs politiques. |
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En effet, alors que l’UFC de Gilchrist
persiste dans son extrémisme, au sein
du gouvernement d’Union, on serait au
bord de la crise au point que Me
AGBOYIBO trouve nécessaire de porter
à la connaissance du public les
problèmes auxquels il fait face dans
la gestion de son gouvernement.
En effet, en date du 19 février 2007,
une mise au point signée du PM est
rendue publique. Dans la présente mise
au point, le Premier ministre Me
AGBOYIBO fait état des difficultés
qu’il rencontre à la tête du
gouvernement d’Union. Dans la mise au
point, Me AGBOYIBO s’en prend à
certains ministres de son
gouvernement, et particulièrement aux
ministres Pascal BODJONA et le
ministre de la Coopération Gilbert
BAWARA. Me AGBOYIBO n’épargne pas
non plus les leaders de l’UFC et de la
CDPA accusés de manipuler l’opinion
nationale à son détriment. Après la
publication de la mise au point, dans
l’entourage de la primature on crée la
confusion en faisant croire que la
mise au point n’émanerait pas de Me
AGBOYIBO et qu’elle serait le fait
d’une main invisible. Pour nous qui
connaissons Me AGBOYIBO et ses
ruses, il ne fait l’ombre d’un doute.
La mise au point porte bien l’emprunte
du Premier ministre. Si elle ne vient
pas de lui, il l’aura inspirée car les
termes de la mise au point lui
ressemblent à tous points de vue et
obéit bien à un but précis.
Ce qu’il faut rappeler aux
compatriotes, est que la crise au sein
du gouvernement est sérieuse et émane
le plus souvent du comportement du
Premier ministre lui-même. Après avoir
passé des années dans l’opposition, Me
AGBOYIBO a confondu le responsable
de l’Etat qu’il est à un militant de
l’opposition tout court. Sinon comment
comprendre que les correspondances du
Premier ministre adressées à ses
ministres tombent dans les rédactions
des
journaux qui le soutiennent avant que
les ministres concernés ne soient au
courant ? Ce comportement avait crée
une crise ouverte entre le premier
ministre et son ministre de la
Sécurité. Il y a eu d’autres gags de
notre premier ministre à tel point
qu’une médiation d’un président
africain soit nécessaire.
On ne peut pas s’asseoir sur une
branche et la scier. Nous ne disons
pas que tous les ministres du
gouvernement d’Union soient des anges.
Il ne peut être autrement quand on est
à la tête d’éléments aussi disparates
et aux ambitions contraires. Dans ces
conditions, il appartient à Me
AGBOYIBO de faire preuve de
rassembleur en gérant les
contradictions que de se présenter en
victime. Le but recherché est connu. A
l’approche des législatives, chacun
affûte ses armes. Dans ce cas tous les
moyens sont bons pour séduire
l’électorat. En appelant l’opinion
nationale à témoin devant les
difficultés rencontrées, Me AGBOYIBO
pense bénéficier de la confiance des
Togolais le moment venu. Rien ne dit
que la recette soit bonne.
En acceptant de prendre la primature,
Me AGBOYIBO n’ignorait pas les
difficultés qui l’attendaient. Il y a
d’autres façons d’affronter les
difficultés que de jeter ses ministres
en pâture. En le faisant, on accentue
les difficultés. En cas de crise
ouverte, il n’est pas sûr que Me
AGBOYIBO sorte gagnant. Alors, nous
conseillons à ceux qui nous dirigent
d’épargner une nouvelle crise aux
Togolais. Il en va de l’intérêt de
tous.
Dao Kolin |
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Redressement fiscal des sociétés : La
négociation mieux que la
militarisation |
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On pourrait facilement l’appeler
familièrement « Lazèbellô ». Mais
comme l’on est ici dans le domaine
administratif et que toute familiarité
y est exclue, l’on ne peut que se
référer à son identité officielle.
Elle s’appelle donc Mme Ingrid Awadé.
Avec cette femme active à la tête des
services des Impôts, le Togo a
désormais sa Dame de fer. Mme Ingrid
semble avoir vite compris le sens de
sa nouvelle responsabilité ; elle sait
qu’elle n’est pas à la tête des Impôts
pour enfiler les perles, encore moins
passer son temps à admirer les modes
du dernier cri. |
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Depuis que Mme Ingrid Awadé Nana a été
nommée à la direction des Impôts, les
commerçants et les entrepreneurs
habitués au système de la corruption
savent à quoi s’en tenir en ce qui
concerne les différentes taxes à
verser à l’Etat. Venue nettoyer les
écuries, Mme Ingrid donne de la sueur
froide à nos hommes d’affaires qu’ils
soient nationaux ou étrangers. Devant
elle toute la communauté des hommes
d’affaires tremble. A peine un an
passé à la tête de la direction des
Impôts elle a déjà renfloué les
caisses de l’Etat des milliards de nos
francs. Elle est en passe de réussir
là où un colonel a échoué.
Tout en saluant la détermination dont
elle fait preuve, il y a lieu de
s’interroger sur la méthode. Celle-ci
est militaire et c’est ce qui pose
problème. On adresse une note de
redressement fiscal à une société,
suivie de la fermeture de
l’entreprise. Les entrepreneurs
indélicats quoi qu’on dise sont ceux
là qui nous ont accompagné au cours de
notre longue crise. Partout dans nos
pays le recouvrement fiscal pose
problème parce que ses différents taux
sont jugés exorbitants par les hommes
d’affaires. C’est pourquoi, dans les
pays modernes on utilise la méthode
douce au lieu de la militarisation qui
fait fuir les hommes d’affaires. C’est
pourquoi il faut inciter les hommes
d’affaires à y rester en procédant par
la négociation dans le recouvrement
des créances. Dans le cas d’espèces on
pourra établir un échantier de
règlement tout en permettant à
l’entreprise de poursuivre ses
activités.
Car, si une société ne se met pas en
règle envers le fisc, ce n’est pas
seulement le fait de la mauvaise foi.
Mais c’est parce que les entreprises
sont confrontées à des difficultés
réelles du fait des taux exorbitants
de nos différentes taxes. Si l’on veut
faire du secteur privé le moteur du
développement, il faut lui accorder
les moyens de s’épanouir. De cela, on
en parlera lors de la table ronde sur
le secteur privé en préparation.
Jacques Tom |
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Guinée : Du bon usage de la liberté
syndicale |
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Que se passe-t-il en Guinée ? Il
semble bien qu’il faille avoir vécu au
Togo au début des années 90 pour
comprendre et pour essayer aussi
d’apprécier la situation qui prévaut
actuellement en Guinée et qui fait
couler beaucoup d’encre. Il s’agit de
la grève politique déclenchée par les
syndicats guinéens. Certains Togolais
font semblant de s’émouvoir ; il y a
là une hypocrisie de leur part. comme
au Togo, ne pratique-t-on pas en
Guinée « ôte-toi là que je m’y
mette ? » |
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Il est en tout cas, inutile d’oser
aujourd’hui vouloir jeter une pierre
au général Lansana Conté au nom d’une
prétendue violation des droits de
l’homme en Guinée tant la grève que
viennent de déclencher les syndicats
guinéens dans leur pays a des
similitudes avec celle que notre
pays a naguère vécue et dont les
répercussions se font jusqu’ici sentir
économiquement chez nous. En Guinée
comme naguère au Togo, la grève
déclenchée par les syndicats proches
de l’opposition a pour objectif de
contraindre le chef de l’Etat à
quitter le pouvoir. Dans ce cas, la
situation qui va valoir sera toujours
conflictuelle et le chef de l’Etat qui
dispose de l’armée et la police finira
à avoir le dessus.
Car aucun chef d’Etat, ne peut, à
notre avis, accepter être facilement
balayé du pouvoir par la rue alors
qu’il a toujours possibilité
d’élections pour lui trouver un
successeur ; ce qui correspond pour
lui une sortie honorable en cas de
défaite. Ce qui est certain c’est que
toute grève politique déclenchée par
les syndicats et qui exige le
détenteur de l’autorité publique à
quitter le pouvoir à mi-chemin de son
mandat appelle toujours une répression
sanglante et ceci quel que soit le
pays. Le principe de la rue ne peut
pas faire la loi s’applique ici.
Et l’on se rappelle en France qu’en
mai 1968 lorsque les étudiants et les
syndicats lui étaient hostiles et
exigeaient même son départ de l’Elysée
- Dix ans ça suffit, de Gaulle au
musée – le général de Gaulle n’avait
pas hésité à faire réprimer ces
manifestations. Il avait même envisagé
faire intervenir l’armée pour « mettre
fin à cette chienlit qui avait trop
duré » Et face à la désapprobation de
cette sévère répression, de Gaulle
réplique qu’un « chef de l’Etat qui
gouverne est un chef d’Etat qui sait
aussi réprimer ».
A la même époque la même répression
s’est abattue sur les mouvements des
étudiants à Dakar. Ceux-ci voulaient
singer leurs camarades français et le
président Senghor n’avait pas souhaité
que l’on défie constamment son
autorité et de rappeler aux
syndicalistes agitateurs que « le rôle
essentiel des syndicats est de conseil
et non de gestion… En Afrique noire,
dit-il, les fonctionnaires et employés
voire les ouvriers sont des bourgeois
par rapport aux paysans, et pasteurs,
pêcheurs et artisans » et que « c’est
une escroquerie de désigne les
premiers sous le nom de prolétaires ».
En Guinée les syndicats exigent un
Premier ministre dit de consensus.
C’est-à-dire ? Ils sortent bien ici
comme naguère au Togo de leur rôle qui
est de « discuter salaire et de
l’organisation de l’emploi » ce qui
constitue leur rôle professionnel.
Mais accepter cela n’est-ce pas se
plier aux exigences de la rue ? Le
président Conté cède et leur envie un
Premier ministre en la personne de
Claude Camara. Les syndicats
protestent. Le surprenant c’est que
s’il jugent ce dernier comme très
compétent – n’est-ce pas cette qualité
qu’il faut au Premier ministre – les
syndicats le considèrent cependant
étant trop proche du pouvoir. Que
désirent alors les syndicats guinées
sinon passer le temps à importuner le
pays et attirer l’attention de
l’opinion sur eux. Veulent-ils un
Premier ministre proche d’eux mais
incompétent ?
Le président Conté que l’on dit très
malade fait bien de ces innombrables
« nouveaux malades qui nous
gouvernent » (Pierre Acocce et Pierre
Rentchnick). Est-il cependant bête
pour choisir un collaborateur qui soit
du coup hostile et qui passerait le
temps à lui poser des problèmes ? Un
Premier ministre ne serait possible
que si ce chef du gouvernement venait
de l’opposition et à l’insu des
élections législatives où un parti
politique serait majoritaire au
parlement. En passant outre, le
président malade a montré qu’il
détient les rênes du pays et que
« l’intérêt général doit primer les
intérêts particuliers des syndicats »
Comme le disait le 31 juillet 2963 le
président Bourguiba de la Tunisie « La
preuve est faite que certains
individus sous le couvert du
syndicalisme ont des intérêts
particuliers à défendre. Pour
empêcher qu’on y voie clair, ils
crient à l’atteinte aux droits
sacro-saints de la centrale et des
libertés syndicales ».On voit que
derrière les revendications politiques
des syndicats se cachent souvent les
leaders des partis politiques
d’oppositions.
Jacques Tom |
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