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Le 31 janvier dernier, le campus
universitaire de Lomé a une fois
encore servi de champ de bataille
entre étudiants et forces de
l’ordre. Tout a commencé quand à
l’issue d’une Assemblée Générale
Organisée par le Mouvement Pour
l’Equipement de l’Etudiant
Togolais (MEET) et le Comité des
Etudiants de l’Université de Lomé
(CEUL), les manifestants
mécontents de voir certains de
leurs camarades poursuivre les
cours décident de les déloger. Les
forces de l’ordre déjà présentes
sur les lieux font échec à cette
tentative par des jets de gaz
lacrymogènes. Ce fut la débandade
et la confusion au sein de la
masse estudiantine. Ces forces de
l’ordre ne se contenteront pas
seulement de disperser les
manifestants. Elles iront jusqu’à
poursuivre, à arrêter et passer
des étudiants à tabac ; les
victimes étant malheureusement
pour la plupart des personnes
étrangères à la manifestation. Une
pauvre étudiante partie prendre
son petit déjeuner auprès des
bonnes femmes installées entre la
Faculté de médecine et l’INSI
aurait perdu quelque dents après
avoir reçu un violent coup sur sa
bouche. Les bonnes femmes n’ont
elles aussi pas échappé à la
bastonnade.
Que les autorités
dépêchent les forces de l’ordre
sur le campus pour faire
simplement échec aux
manifestations, cela n’étonne
presque personne. Cependant, les
actes de violences dont sont
toujours victimes les étudiants en
de telles circonstances ne
sauraient être conformes aux
consignes reçues. Les forces de
l’ordre n’en font toujours qu’à
leur tête et ceci pour,
disent-elles, régler leurs comptes
aux étudiants et marquer ainsi
l’éternelle hostilité entre
étudiants et militaires.
C’est le lieu
d’inviter les hauts responsables
des Universités du Togo et les
membres compétents du gouvernement
à prendre les dispositions qui
s’imposent pour faire respecter
scrupuleusement les consignes
données. A l’heure de la
réconciliation nationale prônée
par le nouveau régime, il y a lieu
de comprendre que le règlement des
problèmes estudiantins par la
violence est révolu.
Les raisons de la manifestation
Après l’échec de leurs
négociations des 9 et 10 janvier
avec les autorités compétentes,
les délégués du MEET et du CEUL on
jugé nécessaire de rendre compte à
la communauté estudiantine et
éventuellement réfléchir à la
nouvelle stratégie à adopter pour
la satisfaction de leur
plate-forme revendicative qui
inclut l’augmentation des tranches
d’aide et l’amélioration des
conditions de vie et d’étude des
apprenants. C’est dans ce but
qu’ils ont organisé l’Assemblée
Générale du 31 janvier qui va
malheureusement dégénérer en
affrontement entre étudiants et
forces de l’ordre. En fait,
l’Assemblée Générale s’était
déroulée sans le moindre heurt.
Mais, le fait pour certains
étudiants de poursuivre les cours
pendant que se tient l’Assemblée
Générale a provoqué le
mécontentement de leurs camarades
qui entreprirent de les déloger.
C’est alors seulement que les
forces de l’ordre interviendront.
Les étudiants poursuivant les
cours seraient-ils contre la tenue
de l’Assemblée Générale ?
Que des étudiants continuent de
suivre les cours pendant que
d’autres se battent seuls pour
l’intérêt de tous, cela fait bien
penser à une division entre les
étudiants. En réalité, il n’en est
rien car, les pauvres étudiants
sont souvent victimes de pressions
venant de la part de certains de
leurs professeurs qui menacent de
considérer le cours comme fait si
jamais les étudiants optaient pour
la défense de leurs intérêts au
détriment des cours. Or, à
l’université de Lomé, nul n’ignore
le sens profond d’une telle
menace. Et, qui sont ces
professeurs sinon, les membres
d’un réseau d’individus de
mauvaise foi qui ont un intérêt
certain à tirer de la misère
voulue et habilement orchestrée au
sein de la communauté estudiantine.
C’est le lieu également de
d’énoncer l’attitude des
dirigeants des universités du Togo
qui choisissent de faire passer
leurs intérêts personnels avant
ceux des étudiants, mettant ainsi
tout en œuvre pour diviser ces
derniers pour mieux s’enrichir sur
leur dos. Quelle honte !
Joël KOYE |