AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 

29 Déc 2006

[ 193: du 29 Déc 2006]  
Loi des finances 2007 : Le budget voté aujourd’hui

Adopté le 10 décembre dernier en conseil des ministres, le projet de loi des finances ges­tion 2007 sera voté aujourd'hui par l’assemblée nationale. Il de­viendra ainsi la loi de finances gestion 2007.

Les estimations faites par le ministère des finances, du bud­get et des privatisations évaluent les recettes à 246.601.000.000 de francs CFA et les dépenses à 259.627.485.000 francs CFA. Ce qui laisse apparaître dans cette loi de finances un déficit de 13.026.485 francs CFA « qui sera couvert soit par les ressources de tré­sorerie, soit pur les ressources d'em­prunt», avait indiqué le commu­niqué du Conseil des ministres.

Pour le gouvernement togo­lais, l’élaboration de ce projet de budget répond à l’exigence de «promotion d'une croissance éco­nomique durable dont les fruits de­vraient profiter à l’ensemble de la population togolaise, en particulier à sa frange la plus défavorisée, dans le but de lutter plus efficacement pour la réduction de la pauvreté».

Ainsi, la priorité sera accor­dée au renforcement de l’État de droit et des libertés publiques avec un accent particulier sur l’emploi, les secteurs sociaux, les secteurs économiques por­teurs de croissance, notamment l’agriculture et les infrastructu­res de transport, le soutien au secteur privé. Le gouvernement togolais fonde aussi un grand espoir sur la dynamique née de la conclusion de l’Accord Politique Global qui, d’après le texte du Conseil des ministres « auto­rise à croire à un concours plus ac­cru des partenaires au développe­ment ».

Pour obtenir l’appui des bailleurs de fonds, « la rigueur s’impose nu gou­vernement dans la mobili­sation des ressources inter­nes, la lutte contre la fraude et l’exécution des dépenses publiques afin le minimiser les dépenses extrabudgétaires et d’éviter tout dérapage préjudiciable à l’équilibre du budget », indique par ailleurs, le communiqué présenté par le ministre de la communication Gahoun Hégbor.

Le budget 2006, s’élevait en recettes à 247.409.996.000 FCFA et en dépenses à 254.101.424.000 FCFA soit un déficit de 6.691.428.000 FCFA.

Ce solde déficitaire, à l’époque, avait subi une amé­lioration de 57,4 % par rapport à celui de 2005, qui était de 15,25 milliards de FCFA.

 
Le gouvernement d’union nationale face à la célébration du 13 janvier : Des risques de division

Apaisement, apaisement. Etymologiquement, le vocable signifie « retour à la quiétude, à la paix ». Ce credo prôné par le Chef de l'Etat togolais, Faure Gnassingbé, se manifeste sur deux fronts: ouverture concédée à l'opposition d'une part, mais aussi de l'autre, respect des tradi­tions du régime qui l'a vu naître, l'a fabriqué et l'a propulsé.

On pensait à tort ou raison que c'était le dernier en 2005, après le décès d'Eyadema le 05 février, soit 23 jours seulement après le 38ème et traditionnel défilé militaire et civil. Erreur et leurre! Les bâches et les poteaux, après l'échéance de 2006, sont encore de retour en face du ga­rage central, pour la célébration du 13 janvier. Ce quarantième anniver­saire qui n'a plus de raison de se placer sous le signe de l'accession d'Eyadema au pouvoir, met à rude épreuve la réconciliation nationale avec le risque de diviser d'avantage, partisans et adversaires du régime militaire RPT, dont la plupart participent à l'actuel gouvernement d'union nationale, autorité pourtant suprême du pays, mais qui n'organise pas cette parade qui, le 13 janvier 2007 assiégera encore pour une demi jour­née, le boulevard Eyadema à Lomé...

Une fête à controverse

De son vivant, Eyadema tenait à tout prix à son 13 janvier, même pen­dant la transition démocratique où ses pouvoirs avaient été réduits par la conférence nationale.

Après lui, la continuation de la fête (quelle que soit la physionomie de l'accord politique global qui n'y fait pas allusion) montre tout simple­ment que c'est devenu une fête de l'ar­mée togolaise qui perpétue la mémoire de son défunt « Chef Suprême ». De quoi susciter la rage des partisans de l'opposition qui affirment avoir cru que « les leurs feraient quelque chose au gouvernement pour les épargner de cette commémoration supplémentaire ». La fête est en effet critiquée par certains au vu du souvenir parallèle que revêt l'évènement, comme assassinat de Sylvanus Olympio, le premier prési­dent de l'après indépendance. A cela, Faure Gnassingbé répond : « si le 13 janvier fut pour certains un jour de deuil, ce fut pour nombre de togolais une libéra­tion. C'est cette délivrance qui est célé­brée ce jour-là, en aucun cas l'assassinat d'Olympio dont nul ne saurait se réjouir.... Une messe commémorative a été célébrée à la mémoire de Sylvanus Olympio le 13 janvier 2006 et l'une des rues principales de Lomé a été rebaptisée en son nom. Tout cela était impensable avant ».

            Pendant quatre décennies donc, les générations de l'ablodé (indépen­dance) à tendance « cutiste » (Comité de l'Unité Togolaise) ont combattu Eyadema pour l'acte qui a coûté la vie à leur leader. Aussi, certains ont-ils apporté leur caution à l'UFC de Gilchrist Olympio (fils dudit président Sylvanus), à l'instar de Antoine Bodjona (père de Pascal Bodjona, directeur de cabinet de Faure) et du commissaire Issa, également  compagnon de route de Sylvanus.

La tendance « ablodé » a gagné les nouvelles générations, et Faure risque d’avoir tout ce monde au dos, en plus des milliers de fans du « détia » et de l’opposition en général qui n’ont connu que défilé militaire, dîner de gala marches de soutien, élections vio­lentes ... Le dernier acte en date a été l’élection contestée de Faure le 24 avril 2005 et dont le palliatif a été l’ouverture d’un dialogue politique ayant conduit à un accord politique, puis à un gouvernement d’Union nationale.

Le gouvernement d'union na­tionale à l'épreuve

Après l'étape 27 avril 2006, Yawovi Agboyibo devra franchir celle du 13 janvier. Y a –t- il dilemme ? Sûrement pas. « Elo matsi matsi » n'a plus rien à perdre. Il ira certainement au 13 janvier, même si l'organisation lui échappe, et est plutôt du ressort du ministère de la défense qui sup­plante parfois le gouvernement. De manière générale, les membres du gouvernement n'adopteront pas la même attitude; ce qui veut dire que le gouvernement y sera en rang dispersé. D'autre part, s'il n'y a pas de doute sur la participation de la CPP, du PDR, du PSR, il est peu probable que la CDPA y soit représentée. Pour l’UFC, inutile d'en parler. Reste à sa­voir si Amah Gnassingbé sera de la partie. De toutes les façons, l'organi­sation de cette fête par l'armée montre que Agboyibo gouverne sans être patron.

Après le 13 janvier, le conseil des ministres aura certainement une image tranchée de partisans et opposants de la fête de « la libération nationale ». Reste à savoir si tout cela contribue à un apaisement et à une écriture réelle de l'histoire du pays .Une histoire se­lon Faure Gnassingbé « dont nul n'est propriétaire et qui est faite de succès et d'échecs, de blessures et de douleurs ». Pour l'heure, cette histoire marque le pas, au rythme des relations qu'entre­tient « un chef d'Etat avec une armée disciplinée et respectueuse des institu­tions », toujours selon le président to­golais.

Dodji Aimé ABALO

 
Faits divers : Dérives de fêtes de fin d’année

A l’approche des fêtes de fin d’année 2006, Atavi et ses proches  palabraient autour des conditions dans lesquelles ils avaient eu à vivre les dernières éditions de festivités similaires. C'est justement en s'attardant sur la célébration de la veillée du nou­vel an de 2005 que Atavi en est venu à raconter l'histoire qui va suivre.

Jeune homme ayant vécu toute son enfance dans les villes du sud du Togo, Atavi fait partie de ces Togolais qui n'aiment pas voyager dans les villes septentrionales du territoire national. Pire, il ne parle que les dialectes de sa région natale. Les plus petites expressions des nombreux dialectes et langues du nord du Togo n'avaient aucune signification dans sa cervelle. « Nous étions en fin 2005 et devions comme tous les douze mois nous prêter à entrer dans sur une note de gaieté dans la nouvelle année. Le Togo, souvenez-vous, venait de traverser une année turbulente sur le plan po­litique, suite au décès d'Eyadema Gnassingbé et à l'organisation de la présidentielle anticipée sur laquelle je ne voudrais pas m’attarder. En dépit de tout ce climat délétère, nous décidâmes d'honorer l’organisation annuelle de notre surprise-partie. Très souvent, l'organisation d'une pa­reille cérémonie de réjouissance collective nous conduisait toujours dans un night-club huppé de la capitale où nous allions ‘’cassé,’’ les dernières bouteilles de champagne de luxe. Jusque-là, je présume que vous ne trou­vez rien d'anormal dans mon récit. Mais, j'en viens. Je me rappelle que cette année-là, compte tenu de la tension politique qui a prévalu dans le pays jusqu'en décembre, mes parents m'avaient formellement interdit de mettre pied dehors dans la nuit du 31 décembre ou pire, d’y traîner ma carcasse. Bien évidemment j'ai eu à faire fi de cette consigne. A titre préventif, j'ai eu toutefois à demander à un de mes amis de m'apprendre une expression simple d'une langue que maîtrise la plupart de nos agents de sécurité et qui pourrait permettre à ma bande de fêtards de sortir d'une éventuelle incompréhension avec les gendarmes en patrouille la nuit. Vous n'êtes pas sans savoir que notre quartier a toujours été taxé d'être favorable à l'opposition pendant les campagnes électorales.

A défaut d'une expression digne de ce nom, mon pote m'appris le mot ‘’mabafeï’’, ce qui voulait dire à peu près ’’je m'en fous, je m'en balance’’ en Kabyè. Toutefois, il m'avait donné cet avertissement » :

- Vous ne devez faire usage de ce mot qu'en vous défendant de votre supposée appartenance à un parti proche de l'opposi­tion, appartenance dont on vous taxerait éventuellement.

« II m'a de nouveau rappelé l'importance de son avertissement dans la journée de ce 31 décembre. En guise de réponse, je lui avais fait comprendre qu'il pouvait être sans craintes. Il sonnait 2h30mn de la nuit ce 1er janvier 2006 ; tandis que les pétards crépitaient encore dans le ciel, ma bande et moi avions entrepris de regagner nos maisons à pied. Il faut avouer qu'on ne passait pas inaperçus dans la rue. Par ici, cer­tains fredonnaient indistinctement les refrains des chansons à la mode qui leur revenaient à l'esprit, ivres qu'ils étaient grâce aux nombreuses gorgées d'alcool qu'ils venaient d'ingurgiter en boîte de nuit. Par là, d'aucuns imitaient maladroitement les pas de danse d'un couple avec leurs petites amies. C'est dans ce brouhaha qu'une patrouille de gendarmerie nous interpella. Mes appréhensions se sont donc confirmées ».

- Où vous croyez-vous, laissez au moins les non-fêtards dor­mir avec la tranquillité requise ; d'ailleurs, montrez-nous vos papiers d'identité messieurs et dames; ce sont les premiers mots que les agents de sécurité nous ont adressés. Comme un mal­heur n'arrive jamais seul, j'étais le seul du groupe à porter des pièces d’identité.

- Monsieur à la carte, passez à gauche, m'ont intimé les gen­darmes.

« Pour ne rien arranger à cette situation compliquée, Constant, un membre de la bande, passa outre les consignes que nous nous sommes passés autour des éventuelles réponses à adresser aux forces de sécurité. L'alcool était principalement la cause de son inconduite. En effet, à chaque question des gendarmes, même celles qui ne lui étaient pas adres­sées, Constant répondait par notre fameux mot : ‘’Mabafeï’’. Ce com­portement allait bientôt énerver les gendarmes qui se sentaient apparem­ment humiliés par des garnements. Je voulus réparer sa gaffe auprès des forces de l'ordre, mais on  m'en eut pas donné le temps »

- Nous allons vous donner de bons cours de langue natio­nale et de respect dans un lieu approprié. Suivez-nous. Les frais d'établissement des cartes d'identité coûtent moins chers que les dépenses que vous venez de faire dehors, reprirent les gen­darmes.

« Le lendemain, nous nous retrouvâmes dans un commissariat de la ville. Ne me demandez pas comment nous fûmes libérés et le nom de la personne qui a milité et lutté pour notre libération. Depuis ce jour, Constant est devenu le meilleur interprète en Kabyè de notre quartier. Je pus vous assurer aujourd'hui que non seulement je suis en mesure de le remplacer valablement mais aussi que depuis lors, je ne me transporte plus en boite de nuit; du moins, je m'assure toujours du fait que mes accompagnateurs ne s'enivreront pas».

 

 

 

Job.com

 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved