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26 Déc 2006 |
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Suspension du processus de mutation du réseau
telecel-togo : Qui en veut à Moov ? |
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Le
14 décembre dernier, devant un parterre de sommités
de ce pays au premier rang desquels des ministres du
gouvernement Faure- Agboyibo, notamment le ministre
du commerce Savi de Tové, qui y était en tant que
représentant du chef du gouvernement, le groupe
Atlantic Télécom lançait Moov, le nouvel enseigne du
réseau Télécel-Togo. C’est dire que cet évènement
avait la bénédiction des autorités du pays. Là
justement se trouve la contradiction, car au Togo,
les officiels peuvent assister au lancement d’une
activité qu’ils ne reconnaissent pas, ou dans
laquelle « ils ne trouvent pas leur compte », quitte
à eux de réagir après et de passer par des artifices
juridiques pour mettre en péril les activités des
opérateurs économiques indélicats, qui passent outre
« les normes » de la république.
C’est ainsi que le Groupe Atlantic Télécom s’est vu
d’abord retirer la licence d’exploitation de Télécel
et ensuite interdire sous quelque forme que ce soit
la commercialisation des services de sa nouvelle
marque Moov.
Si
l’argument juridique évoqué par les autorités semble
tenir, ce qui l’est moins, c’est les conditions dans
lesquelles le communiqué interdisant Moov est sorti.
Une situation qui amène à s’interroger sur cette
main invisible qui veut s’en prendre à Télécel-Togo
nouvel enseigne, quand on sait que l’offensive que
mène le groupe Atlantic à travers son réseau est de
taille et que la concurrence ne saura réagir en un
temps record ou risque même de perdre du terrain. |
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Le communiqué portant interdiction de Moov
Dans un communiqué daté du mardi 19 décembre 2006, le
ministre délégué à la présidence de la république,
chargé de l’Equipement, des Transports, des Postes et
Télécommunications et des Innovations technologiques,
Kokouvi Dominique Dogbé, après avoir rappelé que « la
société Télécel-Togo est bénéficiaire d’une
autorisation d’exploiter un service de téléphonie
mobile », indique que « cette autorisation ne
peut être cédée totalement ou partiellement sans
l’autorisation de l’autorité de réglementation des
secteurs des postes et de télécommunications».
Selon le communiqué du ministre Dogbé, en
contravention de ce principe « la société
Télécel-Togo a modifié la structure de son contrôle
capitalistique, sans autorisation, en s’alliant avec
l’opérateur étranger ETISALAT ». « En
conséquence, poursuit le communiqué ministériel, « sa
licence (de Télécel-Togo) a été suspendu. De
plus, un nouvel exploitant de la licence, Moov, est
apparu sans aucune autorisation des autorités. « Cette
substitution d’opérateur, dit le communiqué, est nul
et de nul effet ».
Le
message est clair, la licence d’exploitation avait
été retirée à Télécel-Togo qui a modifié la structure
de son contrôle capitalistique sans l’autorisation
des autorités d’une part, et d’autre part, le nouvel
exploitant de la licence (retirée de Télécel-Togo),
Moov, est inexistant pour les autorités togolaises
qui lui dénient toute personnalité juridique légale.
Le bras de fer est lancé, les promoteurs de Moov-Togo
n’ont plus que deux alternatives, soit ils ouvrent
des négociations dans lesquelles ils seront appelés à
concéder un certain nombre de choses, soit ils
reviennent à leur « agonisant » enseigne et
les milliards investis seront parti dans la fumée.
Le péché commis
Bien avant le lancement de Moov le 14 décembre
dernier, la rumeur avait fait état d’une menace
d’interdiction qui pèserait sur le nouveau service de
Atlantic Télécom au togo.
Des
sources proches de l’autorité de réglementation du
secteur des télécommunications (ART&P) indiquent que
cette structure avait déjà mis en garde les
dirigeants de la société Télécel pour avoir modifié,
sans autorisation préalable des autorités togolaises,
la structure de du capital de leur société. Au-delà
de cette mise en garde, il a été retiré à Télécel
Togo sa licence d’exploitation qui lui permettait
d’opérer sur le réseau. Selon ces sources, c’est au
lendemain du retrait de cette licence que les
responsables de Télécel auraient entrepris des
démarches (ils ont adressé un courrier à l’ART & P)
pour obtenir l’autorisation sus indiquée. Par
ailleurs, les autorités togolaises se prévalant du
fait que dans l’un de ces messages publicitaires,
Moov s’est présenté comme un opérateur (en effet dans
un de ces messages on retrouve la phrase : Moov se
veut l’opérateur le plus performant du marché) et non
comme un réseau qui change tout simplement de
dénomination. Or, précisent les sources, « l’opérateur
Moov n’a pas de personnalité juridique » ; « Moov
n’a pas la licence d’exploitation ; c’est le ministre
qui a signé le communiqué d’interdiction qui peut
donner et qui retirer la licence à un
opérateur».
Du
côté de Télécel, tout le monde se refuse de se
prononcer sur cette affaire et se contente de
reconnaître que « le dossier est délicat »,
sans pour autant infirmer, ni confirmer les arguments
avancer par les autorités. Toutefois, comme à l’ART&P
on indique que des négociations seraient en cours.
Doit-on voir dans ce silence une façon pour les
responsables de cette société d’admettre les
reproches qui leur sont fait ; certains observateurs
du monde des affaires au Togo restent sceptiques et
pensent que les dirigeants du Groupe Atlantic Télécom
n’ont, en ce moment, aucun intérêt à affronter les
autorités togolaises sur ce terrain, au risque de
perdre définitivement la partie et de sombrer
totalement.
Et pourtant Moov n’est pas un nouvel opérateur
Il
est de notoriété publique qu’à ces débuts
l’actionnariat de la société était composé d’un
certain nombre de personnes (physiques et morales) et
qu’en cours de route, certaines d’entre elles se sont
retirées et on cédée leurs actions au Groupe Atlantic
qui à la fin de l’exercice 2004 est devenu
l’actionnaire majoritaire. D’où la signature « Télécel,
une filiale du groupe Atlantic Télécom »,
remarquable sur les affiches de la société depuis
janvier 2005. Parallèlement, il semblerait que
l’opérateur ETISALAT qui semble poser de problème
aujourd’hui est présent dans l’actionnariat de la
société depuis sa création en janvier 2000.
Moov est connu plutôt comme la nouvelle dénomination
de la marque d’un réseau (produit) de téléphonie
mobile anciennement connu sous l’enseigne de
Télécel-Togo (ancien produit de Télécel
International, devenu entre janvier 2005 et le 14
décembre 2006 propriété de Atlantic Télécom) et est
une création du groupe Atlantic Télécom.
Sur
le plan juridique, et comme l’explique les sources
proches de l’ART&P « personne ne peut augmenter
sensiblement son capital sans l’autorisation des
autorités compétentes ». Or personne ne peut pas
imaginer qu’Atlantic Télécom ait modifié la structure
de son capital sans entreprendre certaines démarches
qui nécessiteraient l’intervention d’un auxiliaire de
justice, en occurrence un notaire. Autrement, étant
donné que la loi prévoit une reprise des formalités
administratives en cas de modification du capital, il
est tout indiqué de croire que le Groupe Atlantic, en
société responsable a respecté ce principe juridique.
Dans le cas contraire il aurait commis une
infraction. Mais là aussi, si on devait supposer que
cette infraction a été commise, certains estiment que
ce groupe n’est pas la seule qui, au Togo, serait
entrain de violer les textes réglementaires et que la
décision du ministre Dogbé s’apparente celle qui en
février 2005 a permis à la HAAC et à l’ART&P de
fermer certaines chaînes de radios et télévisions.
En
somme, et en entendant les explications des
dirigeants de Moov, la piste de vice de procédure
n’explique pas totalement la décision ministérielle,
qui aux dires de certains togolais n’est que la face
visible d’un Ice Berg.
Des négociations pour limiter les dégâts
Au
Togo et comme dans bon nombre de pays africains
francophones, assure un opérateur économique, nul ne
peut entreprendre d’importants investissements sans
concéder aux autorités du pays et à leurs entourages
un certain nombre de privilèges, dont la possibilité
de participer à l’actionnariat de sa société ou plus
généralement d’y avoir leurs intérêts. Les
responsables du groupe Atlantic qui, au Togo opèrent
dans plusieurs secteurs dont les banques, ne sont pas
sensé ignorer ce principe du monde des affaires. Mais
alors qu’ont-ils fait et qui a intérêt à les ramener
à la table des négociations, la question restera
certainement sans réponse précise, mais des pistes de
réflexion peuvent être envisagées.
Ouvrir des négociations comme les uns et les autres
le confient, en ce moment où Moov a déjà montré à
tout le monde sa force de frappe, peut donner une
idée de ce qui sera exigé à ses dirigeants. Inutile
de vouloir défoncer une porte déjà ouverte ; la
question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir
quelle est cette main invisible qui veut profiter de
la décision à l’encontre de Moov ?
Moov, victime des conflitsd’intérêts du régime ?
Le
groupe Atlantic il y’a encore 12 mois était basé à
Abidjan. Aujourd’hui il est basé au Togo. Son
quartier général se trouve dans la cité OUA ! Il est
affilié à la zone franche industrielle togolaise.
Donc agit sous le contrôle de la société
d’administration de la zone franche industrielle
(SAZOF) dont le directeur général n’est personne
d’autre que le ministre de la défense et des anciens
combattants, jeune frère du chef de l’Etat togolais,
Kpatcha Gnassingbé. En claire, le groupe Atlantic ne
peut se permettre d’envisager des investissements au
Togo sans tenir informer les responsables de la SAZOF,
au cas contraire, il se seraient fourvoyé.
En
claire ce groupe est supposé avoir le soutien des
premiers responsables de la zone franche.
En
face, Togocel, le concurrent de Moov continu d’être
dirigé par Marc Dédériwè, un ami de Faure Gnassingbé
qui, en plus de la direction des douanes, assure
celle de Togo cellulaire. Or tout porte à croire que
cette société bien qu’étant au courrant depuis plus
d’un an déjà qu’il aura à affronter un concurrent de
taille, n’aurait jamais imaginer que « l’arsenal
de guerre » qu’entend déployer la nouvelle marque
de réseau était aussi destructeur qu’il se présente
aujourd’hui.
Par
ailleurs certaines mauvaises langues prétendent aussi
que, le ministre Dominique Kokouvi Dogbé, également
ami du chef de l’Etat, ne peut en sa qualité de
ministre délégué à la présidence agir ou du moins
prendre une décision de cette importance sans l’aval
de son supérieur hiérarchique, Faure Gnassingbé.
Autrement dit, à l’analyse, certains veulent sous
entendre que Moov est tout simplement victime des
antagonismes des frères Gnassingbé, et voient
derrière la décision du ministre Dogbé le premier des
togolais.
La piste Togocel n’est pas écartée
Comme dans une enquête judiciaire, le commun des
togolais qui a commencé par s’enticher de Moov au
détriment de Togocel dont il trouve aujourd’hui les
produits onéreux et le réseau médiocre (alors que de
par le passé c’était le réseau le plus adulé), se
permet de voir dans cette décision un artifice des
autorités togolaises pour obliger d’une part le
groupe Atlantic Télécom à revoir à la baisse ses
ambitions et d’autre part à permettre à Togo
cellulaire de trouver la parade. Vrai ou faux,
toujours est il que Togocel compte aujourd’hui plus
de 600.000 abonnés contre environ 100.000 pour l’ex-Télécel-Togo,
ce qui lui garantie pour plusieurs années encore le
fauteuil de leader.
Par
ailleurs, aux yeux de certains observateurs Togocel
étant actuellement plus rentable financièrement que
Togo Télécom (Togo Cellulaire nourrirait les caisses
noires du régime), sa maison mère, il est tout a fait
justifié que les tenants du pouvoir trouvent des
artifices pour mettre un terme à qui veut mettre en
péril sa survie (si non leurs intérêts).
En
entendant de revenir dans nos prochaines parutions
sur les aspects du droit économique qui régissent les
conditions d’exercice du commerce au Togo, les
procédés de restructuration des sociétés, les
exigences en matière de changement de dénomination et
d’augmentation du capital, il transparaît du présent
analyse que la décision du ministre loin de ne pas
être fondé apparaît plutôt comme un acharnement de
certaines mains invisibles haut placées pour freiner
ou au pire des cas, ce que personne ne souhaite,
mettre en déroute la nouvelle marque. Aux dernières
nouvelles, il se peut que le réseau Moov subisse
quelques perturbations dans les jours à venir.
L’heure est grave diront certains.
Si
cette éventualité venait à se réaliser, il ne serait
pas abusif de parler de scandale juridico
politico-économique le plus inimaginable dans un Togo
qui se réveille d’une longue période de crise
économique. Qu’on n’aille surtout pas dire aux
togolais que ceux qui tripatouillent la loi
fondamentale sont les mieux placés pour contraindre
d’autres à respecter les lois et les arrêtés
ministériels qui ne sont que des émanations de la loi
fondamentale.
Marc D. KOUAKANI-ASSI |
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Gloire suivie de déchéance des personnalités au RPT :
Après le général Tidjani, à qui le tour ? |
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Lorsque le 04 mai 2005, le Général Tidjani, à titre
de ministre de la défense, avait été invité à aller
féliciter le président qu’il a contribué à investir,
il s’imaginait sûrement une nouvelle odyssée qui
devait peut-être dépasser cette fois –ci 38ans, vu
l’extrême jeunesse du fils de son maître que l’on
intronisait ainsi dans le sanctuaire du RPT(Rassemblement
du Peuple Togolais), ex « maison du parti unique »
rebaptisé « palais des congrès ». L’image demeure
forte, la scène, toujours vivante : l’homme, comme
ceux qui le précédaient ou le suivaient, s’élança,
descendit les marches monta sur l’estrade et comme
pour prouver à tout morveux que « c’est nous qui
détient toujours le pouvoir », donna de chaudes tapes
aux épaules du «fiston Faure » qui en retour hocha
ardemment à la tête en guise de « merci tonton ».
Alea jacta est ! Une nouvelle alliance est scellée et
place aux récompenses ! Bien entendu, nul ne peut
entrer dans le secret des dieux !
Cependant, au vu du feuilleton Natchaba après le
décès du « vieux », tout semble prouver que ce n’est
pas le grand amour au chœur du cerveau qui régente le
pays ,au point où l’on s’imagine des groupes
d’intérêt, d’influence, d’affinité… bizarrement au
sein d’un même bord politique où le moindre faux pas
est comme un éclair, sanctionné par « un coup franc »
(selon Kokou Tozoun, l’un de ceux qui ont su se
positionner à temps auprès du « jeune »). Aussi, à
l’instar de prédécesseurs qui ont été portés en
triomphe puis lâchés, le Général se trouve-t-il
subitement sevré d’une lune de miel qui a pourtant si
bien débuté un soir de février 2005… |
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Faure se démarque du passé
Le
Togo, sous Gnassingbé père a été particulier, sans
force de loi. Le pouvoir appartenait à des
privilégiés. Il suffit par exemple d’avoir tel
problème et de solliciter tel officier et le tour est
joué .Ç’aurait été une situation salutaire si elle
permettait toujours de couvrir le plus faible du fort
.Cette situation exceptionnelle a fait qu’à la
disparition d’Eyadema d’autres Eyadema ont émergé,
avec leur portion de pouvoir. Certains ont par
exemple fermé les radios et télévisions (au mépris
des procédures réglementaires), d’autres ont
interrompu les réseaux téléphoniques, et d’autres
encore ont tout simplement fait irruption dans les
maisons, « punissant » ceux qui ont « brûlé
des pneus » etc.…Dans cette liberté infinie, sans
réplique ni résistance, un Général qui, du temps de
son chef ne pouvait accorder une interview sur un
sujet diplomatique sensible, peut alors délier sa
langue. Et ce qui devait arriver, arriva .Tout est
désormais permis pour qualifier les forces nouvelles
d’ « entité politique qui a une armée » avec « un
état major reconnu sur le plan national et
international ».En clair, une légalisation de la
rébellion. Si le Général a pensé aux conséquences de
ses déclarations ? Sûrement pas ! Et même s’il y a
pensé ? Rien normalement ne devait lui arriver .Mais
tout tourne mal pour le chef parachutiste ; sa
présence aux côtés des forces nouvelles et donc en
territoire ennemi au pouvoir de Gbagbo se heurte à
des rumeurs persistances de coup d ‘état dans un
contexte qui l’enfonce d’avantage, le général ayant
déclaré être « professionnellement et
administrativement libre de tout engagement ». Il
n’en faut pas plus pour déferler la colère du pouvoir
ivoirien ainsi que la rage de ses partisans.
Salut alors les dégâts ! Lomé est dans de beaux
draps ! Il se désengage des propos malheureux de son
ex ministre de la défense, le sanctionne (deux mois
d’arrêt de rigueur) et dépêche une mission
d’explication et d’excuses à Abidjan. Mais plus
touchant encore , le communiqué sorti par la
présidence togolaise parle de « l’expérience »
et de la « perspicacité » du président
Eyadema dans le règlement du conflit ivoirien » ayant
permis dans le temps « la signature d’un accord de
cessez-le feu ».
La médiation togolaise en question
Au
début de la crise ivoirienne, les rebelles avaient
séjourné à maintes reprises à Lomé, dans le
prestigieux 02 février pour une médiation dans la
laquelle Eyadema en fait, rivalisait avec Abdoulaye
Wade, alors en principe président en exercice de la
CEDEAO .Eyadema s’était alors positionné dans ce
règlement en tant que « doyen de la sous-région », « homme
de paix ». Mais il apparaissait plus comme une
position française au détriment d’un Wade toujours
imprévisible et qui se permettait à l’époque
d’expulser des français de son Sénégal. Voici ce
qu’écrit Charles Debbasch, le conseiller juridique
avec rang de ministre de Faure Gnassingbé, à propos
de Gnassingbé Eyadema dont il fut d’abord conseiller
en premier : «Des dirigeants comme Eyadema avaient
pour
la
France une affection intangible. Un Français pouvait
lui marcher sur les pieds; il feignait de ne point le
voir...»
(Confère Charles Debbasch, la succession d’Eyadema-le
Perroquet de Kara, éditions Harmattan).
Sous ce chapitre des médiations, il faut signaler au
passage ,que le défunt président togolais, au
détriment de l’ouverture politique de son pays à
l’alternance ,alors que le pays s’enfonçait et
sombrait dans des sanctions économiques,
s’investissait plutôt dans le règlement de conflits
qui minaient l’Afrique. Une entreprise au bilan très
peu réussi : Guinée Bissau, malgré l’accord de paix
de Lomé, le Général Anssoumane Mané chasse Nino
Vieira du pouvoir avant d’être lui même assassiné ;
Sierra Léone; malgré les accords de Lomé, Foday Sanko
tente de prendre le pouvoir par la force ; il est
arrêté et meurt. Au Zaïre, le rebelle Laurent Désiré
Kabila refuse toute médiation alors que le Chef de
l’Etat togolais est déjà présent dans la région etc.…
Quant au conflit ivoirien, il ne permettait pas, de
part sa nature géostratégique et politique à Eyadema
de disposer de tous les atouts pour être écouté...
En
effet d’une part, politiquement, Eyadema et Gbagbo ne
parlent pas le même langage ou même s’opposent.
Depuis qu’il s’opposait à Houphouët, Gbagbo s’est
très tôt révélé en nationaliste et de surcroît en
socialiste. Ce qui implique que la montée de la
droite française au pouvoir avec Chirac ne fait pas
son affaire. Gbagbo est alors proche du Parti
socialiste (PS) français incarné par Laurent Fabius,
Ségolène Royal etc.…
D’autre part par rapport au Togo, le Front Populaire
Ivoirien (FPI) n’a rien à voir avec le Rassemblement
du Peuple Togolais (RPT). Plus inconfortable encore,
en 1992, Laurent Gbagbo qui est déjà proche de la
Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
est venu à Lomé assister aux obsèques du jeune leader
du Parti Socialiste Panafricain (PSP), Tavio Amorin.
C’était à une période où il était difficile de
s’afficher avec les opposants togolais, surtout au
lendemain d’une conférence nationale à qui le Général
Président n’a jamais pardonné la souveraineté.
L’ennemi (Gbagbo) de mon ami (France gaulliste) étant
mon ennemi, il n’est pas erroné que le pouvoir de
Lomé ne porte pas celui de Gbagbo dans son cœur. Ceci
n’est un secret pour personne. Tidjani a peut-être un
peu trop parlé en violant son « obligation de
réserve » en tant qu’ « officier de 2ème
section à la disposition du ministre de la défense ».
Le président Gbagbo qui déclare ne pouvoir travailler
« sous le diktat de quelqu’un » joue également
sur le temps, pour espérer une victoire des
socialistes à la prochaine présidentielle française.
La carte que joue Laurent Gbagbo
Gbagbo a accédé au pouvoir en octobre 2000, et son
mandat prenait normalement fin en octobre 2005.La
guerre a conduit le Conseil de Sécurité à proroger
son mandat d’un an une première fois. Actuellement la
résolution 1721 décide d’une nouvelle prolongation
avec élargissement des prérogatives du premier
ministre Charles Konan Banny, sur requête française
.Mais le président ivoirien ne sera pas mécontent
d’un sacre de Ségolène Royal en avril 2007. D’ici là,
on peut traîner les choses et freiner les ardeurs du
premier ministre .Gbagbo n’a donc aucun intérêt à ce
que les choses bougent dans son pays avant cette
échéance. D’ici là, le Général Tidjani peut subir un
arrêt de rigueur pour l’apaiser.
Que tirer de l’affaire Tidjani ?
Le
Général est-il vraiment mis aux arrêts de rigueur ?
Et si la presse le montrait pour mieux rassurer en ce
qui concerne la bonne foi de Lomé et convaincre une
fois pour toutes Abidjan ? Quoi qu’il en soit,
l’incident paraît clos, puisqu’un nouveau diplomate
ivoirien est accrédité à Lomé.
Et
le Général, personne ne pourra toucher à un seul de
ses cheveux. L’impunité se règle en famille et avant
tout, il s’agit d’un Général qui a aussi ses hommes
en tant que chef parachutiste d’abord, ancien chef
d’état major général adjoint, en tant qu’acteur de la
succession spectaculaire du o5 février et enfin en
tant qu’ancien ministre de la défense… Toutes ces
activités, le Général les a menées aux yeux des
nouvelles générations qui montaient, dont Kpatcha
Gnassingbé devenu ministre de la défense à la place
du Général
Les
fils d’Eyadema ont le pouvoir et c’est sûr qu’ils
entendent le protéger à n’importe quel prix .Et pour
défendre son fauteuil, n’importe quel président peut
déposer n’importe qui, quel que soit son degré de
fidélité. Cette fidélité, au Togo ne fait pas marche
arrière. Elle sert à initier un individu, à l’élever
au rang de personnalité, à l’utiliser à toutes fins
utiles, n’en déplaise aux populations, puis au
finish, à s’en débarrasser à travers un lynchage
médiatique. Agbéyomé Kodjo Dahuku Péré, feu Kpotivi
Laclé etc.…en savent quelque chose : à qui le
prochain tour ?
Dodji Aimé ABALO |
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Pratiques religieuses au Togo : Les sectes,
véritables refuges des femmes |
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La présence de plus en plus massive des femmes dans
les sectes au Togo suscite des interrogations. Selon
certaines indiscrétions, le nombre très élevé des
femmes dans femmes dans ces églises s’explique par
le fait qu’elles y vont pour trouver une solution à
leur commerce qui ne prospère pas ou au problème de
mariage (le choix de la bonne âme sœur) auquel elles
font face. Pour d’autres encore, c’est le problème
d’enfants. |
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Ce qui
expliquerait la présence au cours de séances de prières
de ces sectes de certaines filles qui, après avoir
« joui de la vie », se retrouvent dans ces églises où
elles espèrent trouver ou mieux rencontrer l’âme sœur.
Elles se confient alors à ces sectes (à travers leurs
responsables) où elles attendent le salut, sinon les
solutions à leurs problèmes quotidiens. Accablées par
les soucis, elles cherchent refuge dans ces lieux de
prières où au rythme de chants et d’instruments de
musique, elles se donnent quelques moments de joie et de
consolation. Pour ce faire, nombreuses sont celles qui
n’hésitent pas à passer de longues heures, parfois même
toute la nuit à l’église afin de participer aux séances
de prières et de délivrances, ceci bien souvent au
détriment de leurs obligations familiales et conjugales.
A ce
propos, un jeune comptable victime de « pareils caprices
religieux » de sa femme s’indigne en ces termes : « Mon
mariage est un échec. Ma femme est tout le temps à
l’église. Je crois que je vais divorcer parce que je ne
supporte plus cette situation ».
Le
plus surprenant dans ces sectes, c’est que les pasteurs
y prêchent en anglais, puis la traduction est faite aux
fidèles en vernaculaire ou/et en Français. Pourquoi les
pasteurs qui annoncent la Bonne nouvelle à leurs frères
et sœurs ne le font pas directement dans les langues
locales ? Est-ce une question de stratégie au nom d’un
certain prosélytisme ou simplement un moyen pour
fasciner les fidèles ?
Un
responsable d’une de ces sectes réagit à notre
interrogation à travers sa vision de ce phénomène. « Les
pays anglophones détiennent le monopole du
protestantisme et la formation des pasteurs se faisait
dans ces pays. C’est pourquoi la prêche en Anglais est
devenue une habitude (auprès de ces derniers) », a
fait entendre un pasteur.
Ce
constat vient évidemment se greffer aux habituels « boucans »
que font ces sectes lors de leurs cultes troublant de ce
fait la tranquillité des paisibles populations qui, sous
le poids de la fatigue de leurs labeurs quotidiens,
voudraient bien avoir des moments de quiétude les nuits
en vue d’un sommeil agréable. Un étudiant vivant à côté
d’une secte raconte dans ce sens : « Ici, on n’a pas
la paix. Les fidèles de cette secte font du bruit à tout
moment et ne se soucient pas des autres. Pour étudier,
je suis obligé d’aller chez mes amis ou sous les
lampadaires la nuit ».
Alors,
Dieu accepterait-il d’être loué, glorifié, adoré aux
dépens des autres être humains qu’il a créés à son image
selon les paroles bibliques ?
Grégoire Awesso |
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Faits divers :
La
puce «pirate» |
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Napo venait de rentrer à la maison après une
habituelle journée de labeur. S’alarmant comme à
l’accoutumée de la stagnation de ses affaires, il
devait ce soir-là annoncer une nouvelle à sa
compagne Akouvi ; la teneur de cette nouvelle était
la suivante : « Désormais, j’effectuerai souvent des
voyages dans divers pays de la sous-région. Leur
durée variera selon le temps que je mettrai pour
conclure les affaires. Je n’ai pas encore arrêté une
date précise pour le début de pareils déplacements,
mais je tenais tout simplement à t’en informer ».
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Napo était un jeune homme loméen qui se définissait
comme un homme d’affaires ; ses activités en réalité
n’avaient pas d’objet bien précis au nom du système
D (système de la débrouillardise). Il avait fait la
connaissance d’Akouvi dans une boîte de nuit d’une
ville de l’intérieur du pays. Les deux « tourtereaux »
vivaient ensemble sans s’être fiancés, ni
traditionnellement ni officiellement. Assimilables à
des personnes qu’on définit comme aimant « manger
la vie », nos deux jeunes gens n’avaient pas la
tête à ces genres de cérémonies.
Jouant sur le faible niveau d’instruction de celle
avec qui il partageait le toit, Napo était arrivé à
lui cacher entre-temps que ses petites affaires ont
commencé par se fructifier. Il s’était du coup payé
le luxe d’entretenir une copine en ville nommée
Sicka. En tant que simple ménagère de son état et
paresseuse invétérée, Akouvi dépendait
financièrement intégralement de Napo. Bien au fait
de cette réalité, notre homme d’affaires jouait
également sur ce tableau pour asservir davantage sa
compagne.
La
méthode utilisée par Napo pour tromper celle qu’il
prétendait porter dans son cœur était toute simple.
A la faveur de l’achat d’une puce de téléphonie
mobile d’un opérateur d’un pays voisin du Togo, il
rassurait la naïve Akouvi sur la véracité de ses
incessants déplacements à l’étranger en lui
téléphonant avec sa puce « pirate » tout en étant
dans les bonnes grâces de Sicka, caché dans un
quartier de la capitale. Le plus clair du temps, le
néo-charmeur de femmes s’arrangeait à ce que le
quartier dans lequel il retrouve Sicka soit non
seulement dans la zone de couverture de sa puce
« pirate » mais aussi proche de sa maison où il
pouvait joindre sa bien-aimée. Bien évidemment,
l’appareil d’Akouvi qui fonctionnait avec une puce
d’un opérateur local, indiquait toujours à cette
dernière qu’elle recevait des appels provenant de
l’étranger. Habituellement, dès qu’il rentrait en
communication avec celle qui était devenue avec le
temps la gardienne de leurs chambres louées (Akouvi),
Napo faisait toujours ressentir dans sa voix la
fatigue qu’il aurait accumulée pendant un vrai
voyage. La pauvre Akouvi qui se faisait pendant ce
temps du souci autour de la santé de celui qu’elle
présentait à ses proches comme son futur mari, le
rassurait par la même occasion sur la fin prochaine
de tels efforts pour « l’amélioration financière »
de leur quotidien. Des semaines passèrent. Le
feuilleton « cache-cache » qui avait pour
acteurs Napo, Sicka et Akouvi n’était pas près de
nous livrer son dernier épisode. « Le méchant, la
belle et la brute » tenaient bien leurs rôles,
ou du moins, la puce « pirate », point focal de
cette histoire, n’avait toujours pas encore joué le
moindre sale tour au « voyageur » Napo.
Nous sommes vendredi ; une coiffeuse d’un salon de
beauté était en train de natter les cheveux à Akouvi
en prévision du début de week-end qu’elle devait
passer dans un night-club avec Napo ; ce dernier
devait justement revenir d’un ses « voyages » ce
jour- même. Mais, contrairement à l’habitude qu’il
avait prise jusqu’ici en de pareilles occasions, le
« chéri » d’Akouvi n’avait pas daigné lui passer un
coup de fil depuis qu’il s’était absenté de leur
toit en début de semaine. Cette exception était due
aux caprices de la fameuse puce « pirate » de
notre ami Napo. A cause du délestage du courant
électrique, Akouvi n’avait pas pu se faire belle
dans son propre quartier. Elle s’était ainsi
transportée dans un quartier voisin qui, ironie du
sort, faisait partie de la zone de couverture de la
puce « pirate ». Satisfaite de la coiffure que
venait de lui réaliser sa coiffeuse mais inquiète du
silence de son Napo depuis bientôt une semaine,
Akouvi venait de quitter son salon de beauté de
circonstance quand tout à coup, elle aperçut une
petite Renault qui ressemblait fort à celle de son
amant. Elle voulut prendre ceci pour une pure
coïncidence lorsqu’elle prit la peine de bien
contempler l’intérieur du véhicule suspect. Elle y
reconnut, posé sur le siège avant, la serviette
qu’elle a offerte tout récemment à Napo. Elle tomba
des nues et entreprit de frapper au portail devant
lequel se trouvait l’automobile. La jeune femme qui
lui ouvrit le portail lui demanda le pourquoi de sa
visite ; elle se présenta alors comme une cliente du
propriétaire de la voiture qui était dehors,
propriétaire, dit-elle, avec qui elle devait
urgemment parler pour raison d’affaires. Un peu
sonnée par cette visite non annoncée, la jeune femme
qui était évidemment Sicka, décida tout de même
d’aller transmettre la commission à « son cher Napo ».
Dix minutes se sont écoulées depuis que Sicka eut
pénétré une chambre de cette maudite cour. Elle n’en
ressortait toujours pas ; et pour cause : Napo
s’était rendu compte du fait que la dame en colère
dehors était de toute évidence Akouvi. Il essaya
toutefois encore sa puce « pirate » pour tenter de
se sortir de ce jeu qu’il avait maintenant a priori
perdu. « Napo et sa putain- là, si dans deux
minutes vous ne montrez pas vos sales visages, je
vous paierai le billet d’un voyage pour l’enfer, et
croyez-moi, le bon Dieu ne va pas vous passer en
cours de route un coup de fil » ! A l’écoute de
ces propos, Napo se sauva par la fenêtre de « sa
chambre de passe » du jour, préférant connaître sur
ce coup la fin de ses « escapades conjugales » que
d’assister à une humiliation publique, car sa
réputation d’« affairiste » pourrait en pâtir.
Au
lendemain de multiples conseils familiaux qui ont
scellé de nouveau la confiance entre Napo et Akouvi,
notre « affairiste » décida définitivement de ne
plus faire usage de sa puce « pirate » quels que
soient les buts qu’il devait atteindre ; une
résolution qui devrait ravir les opérateurs
nationaux de téléphonie mobile |
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