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Assemblée nationale :
Majorité RPT, un colosse au pied d’argile ?
La
majorité parlementaire est-elle un colosse au pied
d’argile ? C’est la question que s’est posé un
groupe d’observateurs présent lundi dernier dans la
salle des plénières de l’Assemblée nationale.
Après avoir suivi le passage en force du président
de l’Assemblée nationale pour imposer le vote à main
levée du discours programme du chef de gouvernement
aux députés, ce groupe amoureux des débats
parlementaires, dit percevoir une certaine crainte
dans la majorité RPT. Selon un membre de ce groupe,
la détermination avec laquelle les élus du parti
majoritaire se sont opposés à la demande de vote
secret du groupe UFC, laisse transparaître le
caractère fragile de cette majorité.
En
effet, suite à la demande de vote secret du camp
d’en face, Dama Dramani, Payadowa Boukpessi et
Klassou Komi du RPT ont dû monter au créneau pour
fustiger cette requête, car devaient-ils soutenir,
« le motif de cette demande n’a pas été exposé »
ou « l’UFC n’a pas remis au bureau de l’Assemblée
la liste nominative des 10 députés demandant,
conformément à l’article 65 du règlement intérieur
de cette institution, le vote à main levée ».
Malgré les insistances de Patrick Lawson en prenant
à témoin le 1er secrétaire
du parlement à qui il déclare avoir remis la liste
des 10 députés juste après la suspension de la
séance, Abass Bonfoh a foncé dans sa logique, en
optant pour la « solution de tranquillité »,
celle qui arrange bien évidemment son parti.
En
plus, fait remarquer un autre membre de ce groupe,
Abass Bonfoh qui aurait entre temps cédé à la
demande de l’UFC, est revenu sur sa décision pour
faire passer la contre-proposition de son camp, en
s’appuyant sur l’article 64 du règlement intérieur
qui stipule que l’Assemblée nationale vote
normalement à main levée.
Se
référant aux échanges qui ont marqué la séance de
droit de cette nouvelle législature, les membres de
ce groupe ont rappelé que c’est la deuxième fois que
le RPT laisse entrevoir l’idée d’une fragilité de sa
majorité. Selon ce groupe, le fait que le RPT ait
insisté pour obtenir que le vote du président du
bureau du parlement soit fait à main levée témoigne
de la crainte que ce parti nourrit quand à
l’éventualité d’une fronde en son sein. De même,
soutiennent ces jeunes, le fait que certains députés
soient abonnés au silence serait aussi l’expression
de la fragilité de ce parti. Un argument qui
souffre d’une certaine légitimité dans la mesure où
dans le cap d’en face aussi, peu sont ceux qui
prennent la parole.
Avec 50 députés à l’Assemblée, le RPT dispose d’une
majorité écrasante de nature à lui assurer le vote
sans difficulté de ses projets de loi. Mais,
craignant visiblement la présence de brebis galeuses
au sein du groupe, ses responsables n’entendent pas
prendre le risque d’un vote secret. L’UFC étant
décidé à tirer sur cette corde.
Marc D.
Kouakani-assi
Discours programme du chef de gouvernement :
Quatre priorités pour le gouvernement Mally
Consolidation de la nation togolaise ; constitution
des bases solides de la croissance et du
développement ; amélioration des conditions d’accès
aux services essentiels et réaffirmation de la place
du Togo dans le concert des nations ; tels sont les
grands axes de la déclaration de politique générale
du
nouveau Premier ministre, Komlan Mally, à laquelle,
41 députés du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais)
et 01 du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) ont
accordé leur vote lundi dernier à l’Assemblée
nationale.
Présent au parlement lundi dernier au titre de chef
de gouvernement, le nouveau locataire de la
primature a présenté à la représentation nationale,
un discours programme axé sur les quatre points
majeurs précités. Après avoir rappelé que le Togo,
comme la plupart des pays africains a traversé ces
quinze dernières années des périodes difficiles au
cours desquelles le tissu social s’est déchiré, la
cohésion nationale mise à rude épreuve, etc., M.
Mally a indiqué qu’il est temps que les Togolais se
mettent à l’œuvre pour la reconstruction du pays. La
politique de réconciliation nationale se trouve de
ce fait incontournable à ses yeux.
Consolidation de la nation : Mally veut recoudre
le tissu social
Selon le nouveau premier ministre, les drames de ces
50 dernières années ont fragilisé le tissu social. A
cet effet, il estime que nous « devons
méthodiquement, patiemment et résolument recoudre
définitivement le tissu social ». Pour ce faire,
M. Mally invite les Togolais de tous bords à « taire
les rancoeurs du passé et à se redonner la main pour
remettre le chantier à l’ouvrage de la
reconstruction d’un Togo pacifié et prospère ».
Les actions devant permettre au gouvernement Mally
de relever ces défis sont la mise en place d’une
Commission chargée de proposer des mesures
susceptibles de favoriser le pardon et la
réconciliation nationale ; l’institution de la
commission chargée de faire la lumière sur les actes
de violence à caractère politique commis par le
passé et d’étudier les modalités d’apaisement des
victimes. Pour le chef du gouvernement, « cette
commission devra travailler avec hauteur et lucidité
pour créer les conditions d’une cohésion sociale
pérenne ».
Au
nombre des réformes institutionnelles et
constitutionnelles recommandées par l’accord
politique global du 20 août 2006, figure
l’établissement d’un statut pour l’opposition.
L’équipe Komlan Mally entend honorer cet engagement.
Elle veut aussi rendre plus crédible l’appareille
judiciaire. Car devrait-il souligner, «un Etat
moderne ne peut efficacement fonctionner sans une
justice digne de ce nom». Et comme pour dénoncer
ce que le régime dont il est issu a fait de la
justice, le chef du gouvernement a indiqué que « les
réformes déjà engagées seront poursuivies pour
assurer un meilleur fonctionnement d’une justice
moderne et équilibrée, protectrice des droits et
libertés des citoyens et garante d’un bon
fonctionnement des institutions ».
L’énarque plaide pour une administration moderne
Diplômé de l’école nationale d’administration (ENA),
Komlan Mally semble vouloir mettre ses connaissances
théoriques au service du Togo. A ce sujet, il a
touché du doigt les réalités de l’administration
togolaise dans son discours programme.
Selon lui, « le renforcement de l’Etat de droit
au Togo doit être soutenu par une réforme de l’Etat
dans ses structures et dans son fonctionnement ».
Après avoir relevé que «les textes qui régissent
l’administration togolaise sont pour la plupart
largement aujourd’hui dépassés, et ne répondent plus
aux conditions de fonctionnement d’un Etat moderne»,
le chef du nouveau gouvernement togolais a indiqué
que « nous devons dépoussiérer notre
administration et créer les conditions pour
un bon rendement de la fonction publique». Pour
lui, « Nous devons oser sortir de la routine pour
rendre notre administration plus apte à répondre aux
situations et aux besoin du 21ième siècle. A ce
sujet, il invite les agents de l’Etat à accepter que
des mesures hardies à la hauteur des enjeux soient
prises ».
La
décentralisation enfin effective ?
Komlan Mally veut y croire ! Pour preuve, il
rappelle dans son discours programme que l’Etat
s’est engagé depuis des années dans une politique de
décentralisation en vue de créer les conditions
d’une gestion efficace des affaires de la cité à la
base. D’après lui, tout est déjà fait afin de faire
de ce vœu une réalité. Pour lui, « la
décentralisation doit offrir à nos collectivités
locales l’occasion de promouvoir la démocratie à la
base, de créer les conditions d’un développement
endogène et participatif qui offre la possibilité à
toutes les couches sociales de participer à la
gestion de la chose publique. »
Lutte contre les trafics de tous genres
Selon le nouveau premier ministre, l’apaisement de
la vie politique et du climat social, la relance de
la coopération avec les partenaires en développement
sont autant de facteurs qui doivent favoriser la
reprise économique et attirer de nouveaux
investisseurs. Mais, prévient il, le Togo ne saurait
bénéficier de l’apport des opérateurs économiques
étrangers si son climat des affaires ne s’y prête
pas. Pour ce faire, Komlan Mally entend déclencher
« une lutte sans merci contre toutes les formes
de criminalité, notamment le cime organisé, les
crimes crapuleux, les trafics de drogue, le
blanchiment de l’argent sale, etc. ». En plus
des actions déjà engagées dans la protection civile
et le renforcement de la sécurité publique, le
successeur de Me Yawovi Agboyibo a confié que « le
dispositif législatif sera revu pour l’adapter aux
nouvelles formes de criminalité ».
Les bases de la croissance : Enfin la cour des
compte et une Inspection des finances ?
C’est en tout cas, la promesse faite par le nouveau
locataire de la primature. Selon lui, l’économie
togolaise a souffert ces quinze dernières années
d’un environnement incertain que nourrissait la
crise politique. Afin de tourner la page de cette
phase sombre de l’histoire d’un pays dont 62% des
habitants sont considérés comme des pauvres, et de
permettre à ce pays de retrouver le chemin d’une
croissance forte et durable, le nouveau Premier
ministre estime qu’il est urgent que l’on prenne des
mesures hardies et énergiques. Pour y parvenir,
Komlan Mally propose qu’on élimine de toutes les
politiques publiques, les aspects qui empêchent
d’obtenir des performances à la hauteur des
sacrifices souvent consentis. Ceci, dit-il, implique
que nous acceptions tous de changer notre façon de
gérer les affaires nationales et plus précisément,
la gouvernance économique. L’un des domaines de
renforcement de la gouvernance selon Komlan Mally
concerne l’assainissement des finances publiques.
Pour lui, cela passe par la mobilisation de
ressources internes pour faire face aux besoins de
production de biens et services. A ce sujet, M.
Mally invite les Togolais à s’acquitter dorénavant
avec promptitude, et conformément à la
réglementation, de leurs obligations fiscales.
Afin de rendre transparent le recouvrement des
recettes fiscales et douanières, le chef du
gouvernement annonce la création d’une inspection
des fiances et l’institution de la cour des comptes.
Une annonce saluée par les opérateurs économiques et
la communauté des bailleurs de fonds qui ont souvent
reproché à l’administration togolaise, l’opacité qui
caractérise sa gestion des deniers publics.
Pour le premier ministre, l’inspection des finances
sera l’instrument de surveillance rapprochée pour
éviter que des erreurs fatales ne soient commises.
Dans la droite ligne de la transparence et de la
bonne gouvernance économique, Mally Komlan annonce
une lutte sans merci contre la corruption.
Il
a également indiqué que les réformes seront
poursuivies dans les autres secteurs de l’économie,
à savoir l’industrie avec le dossier des
phosphates ; l’agriculture avec la question de la
société togolaise de coton, etc.
Conditions d’accès aux services essentiels
Selon le chef du gouvernement, «la croissance et le
développement économique seraient un leurre si l’on
ne place pas l’homme au centre de toutes les
stratégies», car devrait il relever, «le but
ultime de l’action gouvernementale est de contribuer
à l’épanouissement complet de la personne humaine».
Pour y parvenir, il entend consacrer une bonne
partie des actions de son gouvernement à créer les
conditions d’accès de la population à un paquet
minimum de services essentiels.
Ces mesures concernent entre autres : les secteurs
de la santé, de l’éducation et de la formation. Pour
le secteur de la santé, il s’agira notamment du
recrutement d’agents de santé, le renforcement du
programme élargi de vaccination, l’adoption d’un
code de la santé.
En
matière d’éducation et de formation, l’équipe Mally
entend tout simplement poursuivre les réformes en
cours.
L’assainissement et la protection sociale sont aussi
au cœur de l’action du nouveau gouvernement.
Celui-ci entend en fait réaliser des infrastructures
couvrant l’ensemble du territoire afin d’atteindre
60% de couverture d’ici 2015.
Une prise en charge des personnes handicapées est
envisagée, de même que l’élaboration d’une politique
de protection de l’enfance.
Réaffirmation de la place du Togo dans le concert
des nations
«Maintenant
que le Togo semble avoir retrouvé sa place dans la
communauté des nations», dit le nouveau premier
ministre. Il faudrait à présent qu’il s’engage plus
qu’hier, dans le renforcement de l’unité africaine.
Il invite de ce fait, les représentants
diplomatiques du Togo à être à la hauteur de la
nouvelle tâche qui les attend. Pour Komlan Mally, « nous
devons aussi entreprendre une politique de placement
de cadres togolais dans les organisations
internationales », car a-t-il souligné, « le
rayonnement de la diplomatie du pays passe aussi par
la présence remarquée de cadres togolais dans les
institutions internationales ».
En
somme, plus qu’un discours programme, la déclaration
de politique générale de Komlan Mally se veut un
catalogue de « bonnes intentions » destinées
à sortir le Togo de sa léthargie. Mais alors, des
questions restent en suspens. Le chef du
gouvernement n’a pas indiqué de date, ni énuméré les
moyens qui vont lui permettre de réaliser les
promesses qu’il vient de faire aux Togolais. Qu’à
cela ne tienne, les uns et les autres semblent
séduits par la chose et attendent de voire si le duo
Faure-Mally saura sortir la tête du Togo de l’eau.
L’Assemblée nationale, notamment sa composante
opposition est dans tous les cas déterminée à lui
tirer dessus au moment opportun.
Marc D. KOUAKANI-ASSI
Polémique autour de la visite en France de guide
libyen : Mouammar Kadhafi, un loup vêtu de peau
d’agneau ?
Le guide libyen, Mouammar Kadhafi a effectué la
semaine dernière, une visite de 5 jours en France.
Accueilli en grande pompe et avec tous les
honneurs par son hôte, le président français,
Nicolas Sarkozy, qui lui a déroulé le tapis rouge,
le guide libyen aura atteint ses objectifs
inavoués : sa reconnaissance comme chef d’Etat après
l’isolement international dont il a fait l’objet
pendant plus d’une trentaine d’année. Mais cette
visite du guide libyen dans l’hexagone a été l’une
des rares d’un chef d’Etat africain à susciter
autant de polémique et de réactions au sein de la
classe politique française.
Le
colonel Mouammar Kadhafi est de toute évidence très
indésirable sur le sol français. C’est du moins ce
qu’a révélé sa visite de 5 jours, la seconde après
34 ans, effectuée au pays de Charles de Gaulle la
semaine dernière. Une visite qui a déchaîné toutes
les passions. Aussi étonnant que cela puisse
paraître, les premières oppositions à la venue de
celui que l’ancien président américain, Ronald
Reagan, qualifiait de « chien enragé », ont
été l’œuvre des proches du président Nicolas
Sarkozy. Le lundi 10 décembre, jour même de
l’arrivée de Mouammar Kadhafi, la secrétaire d’Etat
français aux Droits de l’Homme, Rama Yade, dans une
interview accordée au quotidien « Le parisien »,
s’est déclarée très « dérangée » que le chef
d’Etat libyen arrive à Paris le jour de la
célébration de la journée des Droits de l’Homme (le
10 décembre), et a souhaité que cette visite soit
l’occasion d’insister sur le respect de ces droits
par la Libye. « Le colonel Kadhafi doit
comprendre que notre pays n’est pas un paillasson
sur lequel un dirigeant terroriste ou non peut venir
s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits »,
a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que « la
France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ».
Elle sera soutenue par le chef de la diplomatie
française, Bernard Kouchner qui a pris ses distances
vis-à-vis de cette visite. Ces critiques s’étendront
jusqu’à l’Assemblée nationale française où certains
élus UMP (parti de Nicolas Sarkozy) ont boycotté la
rencontre du parlement avec le guide libyen.
Ensuite viennent les critiques de l’opposition. Les
socialistes ont refusé d’accueillir à l’Assemblée
nationale Mouammar Kadhafi, décrit par leur chef,
François Hollande comme un dictateur venant avec ses
pétrodollars acheter des armes. « L’Assemblée
nationale n’est pas n’importe quel lieu. C’est
l’instance parlementaire qui s’inscrit dans une
longue tradition des Droits de l’Homme. Il est
important de rappeler nos valeurs », a expliqué
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste.
Même dans la rue, le dirigeant libyen était
indésirable. Selon un sondage de « Paris Match »,
61% des Français seraient contre sa présence en
France.
La
réponse du berger à la bergère
Comme à ses habitudes, Mouammar Kadhafi ne s’est pas
tu face aux critiques auxquelles sa personne faisait
l’objet. Très rusé, le guide de la révolution
libyenne a profité d’une soirée organisée au siège
de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour
l’Education, la Science et la Culture) à l’intention
des Africains de Paris pour répondre aux accusations
de violation de Droits de l’Homme dont l’accablent
ses détracteurs. Au cours de cette rencontre, il
s’en est pris aux gouvernements européens, leur
reprochant de maltraiter les immigrés.
S’interrogeant sur les raisons pour lesquelles ces
derniers expriment leur mécontentement par la
violence et les incendies (allusion aux fréquentes
violences dans les banlieues françaises), il a mis
en cause l’Occident qui, selon lui, donne des leçons
sans respecter les Droits des Africains sur son
territoire. « Nous sommes dans un pays,
la
France, qui parle de droits de l’Homme et toute
l’Europe fait de la surenchère. Si dans ces pays
étrangers, l’immigré africain est opprimé, comment
ces pays peuvent-ils venir faire de la surenchère et
nous interpeller sur les droits de l’Homme dans nos
pays ? Avant de parler des Droits de l’Homme, il
faut vérifier que les immigrés chez vous bénéficient
des mêmes droits»,
a déclaré le guide libyen avant d’inviter les
Africains à rentrer au pays s’ils ne peuvent pas
bénéficier de leurs droits.
Si
d’aucun peuvent qualifier cette réaction de Kadhafi
de « provocation à l’égard des Occidentaux »,
elle peut également se comprendre. D’une part, il
n’est pas des habitudes du « colonel » de se
laisser faire sans réagir. Aussi, jouissant d’une
certaine popularité en Afrique (popularité due au
fait qu’il est considéré comme le seul président
africain qui arrive à tenir tête aux Occidentaux),
il ne peut pas se permettre d’échanger les
reconnaissances de Paris, Londres ou Washington
contre cette popularité dont il fait l’objet sur le
continent noir. D’autre part, que peuvent reprocher
les Français à Mouammar Kadhafi si leur pays a de
la peine à traiter de manière respectueuse les
immigrés et s’il doit recourir au test ADN pour
accepter de délivrer ou non le visa ? Le respect des
droits d’un individu n’est-ce pas le respect de tout
ce qui touche à sa dignité ? Aussi, il serait
quelque part injuste de traiter le « colonel
libyen » de terroriste dans la mesure où
celui-ci, depuis un certain temps, à multiplier les
gestes de bonne volonté prouvant son éloignement de
toute entreprise terroriste. En plus d’avoir
indemnisé les victimes des attentats de Lockerbie
(270 morts) et celles du DC 10 d’UTA (170 morts) et
d’avoir renoncé au programme de développement des
armes de destruction massive, il a condamné les
récents attentats d’Alger qualifiant Al-qaïda de
groupe terroriste et ses membres de criminelles.
« Si al-Quaïda est vraiment derrière ces attentats
criminels... alors al-Quaïda est une organisation
terroriste, ses membres sont des criminels qui n’ont
pas toute leur raison... Ils veulent anéantir
l’humanité. Il n’y a aucun texte dans le Coran qui
autorise ces actes. Au contraire, celui qui les
commet ira en enfer... », avait-il martelé.
Kadhafi n’est pas exempt de reproche
Les accusations dont il fait l’objet prouvent que
Mouammar Kadhafi n’est pas affranchi de toutes
critiques. Certains de ses propos donnent parfois
l’impression qu’il continue de soutenir le
terrorisme ou qu’il a du mal à se débarrasser de son
habit « d’ancien terroriste ». Avant la condamnation
des attentats d’Alger, n’est-ce pas lui qui, dans
une déclaration tonitruante lors du sommet
UE/Afrique de Lisbonne, a jugé « normal que les
faibles aient recours au terrorisme » ? Aussi,
la Libye n’est pas un exemple en matière de respect
des droits des immigrés au vu de tous les déboires
que connaissent les immigrés subsahariens dans le
pays de celui qui se veut l’initiateur « des
Etats-Unis d’Afrique ». Il lui est aussi
reproché ses interventions « maladroites » dans
certains conflits du continent ainsi que la torture
des infirmières bulgares et du médecin palestinien
(détenus pour avoir inoculé le virus du sida à des
enfants dans un hôpital libyen) qui ont passé 8 ans
dans les geôles libyennes avant d’être relâchés tout
récemment.
Par ailleurs, selon la FIDH (Fédération
Internationale des Droit de l’Homme), les libyens ne
jouissent d’aucun droit. Aucune opposition au régime
en place n’a le droit de se déclarer publiquement
sous peine d’être envoyée au cachot. Ce pays a connu
au cours des trois dernières décennies des
violations graves des droits de l’Homme. Le Leader,
qui n’a jamais été élu, est président à vie et ne
peut être destitué. Il est le Chef de l’Etat, le
Commandant en Chef des Forces armées et le Leader
des Comités révolutionnaires. Mouammar Kadhafi est
officiellement au dessus des lois et ne rend compte
de sa gestion à personne et à aucune institution. Il
n’est responsable ni devant le peuple ni devant un
parlement qui, par ailleurs, n’existe pas. Toutes
les institutions de l’Etat, y compris les ministres
et les hauts fonctionnaires, sont responsables
individuellement devant lui et c’est à lui seul
qu’ils rendent compte de leurs activités. Les abus
du pouvoir sont permanents. Les Libyens continuent à
être jugés par une justice totalement au service du
régime. Ils continuent de ne pas jouir de leurs
droits humains les plus élémentaires tels que le
droit de choisir librement leur gouvernement dans
des élections générales libres, périodiques, et par
bulletin secret. Ils continuent d’être privés de
leur droit à la liberté d’expression, à la liberté
d’association. Selon la même organisation, une
protestation dans une prison du pays en juin 1996,
pour absence de minimum d’hygiène, s’est soldée par
le massacre terrible de 1.200 prisonniers. Un simple
appel pour le respect du droit à la liberté
d’expression s’est soldé en février 2007 par
l’arrestation de ses 12 signataires. Ils sont
toujours en prison dans des conditions déplorables.
Des exemples qui montrent que le guide libyen n’est
vraiment pas un exemple en matière de démocratie et
de respect des droits et des dignités de la personne
humaine. S’il voudrait vraiment son retour à la
respectabilité internationale, Kadhafi devra
procéder à d’énormes reformes. Ce qui est loin de se
faire pour le moment.
Malgré tout, Paris aura bénéficié de cette visite « embarrassante »
Si
les questions de Droits de l’Homme n’ont pas été
soulevées, la visite de Kadhafi a tout de même
permis à la France de conclure d’importants contrats
qui s’élèvent à peu près à une dizaine de milliards
d’euros. Les deux plus importants confirment
l’achat de 21 appareils Airbus par les deux
compagnies libyennes Libyan Airlines et Afriqiyah :
des A350, A330 et A320. Par ailleurs, quelques jours
seulement après l’Algérie, la Libye a signé à son
tour avec la France un accord de coopération pour le
développement de l’énergie nucléaire civile. Un
accord qui prévoit notamment la fourniture d’un ou
plusieurs réacteurs pour le dessalement de l’eau de
mer.
Paris et Tripoli ont d’autre part signé un
mémorandum sur la coopération, mémorandum par lequel
la Libye s’engage à entrer en négociation exclusive
avec la France, pour acquérir des équipements
militaires. Cet accord cadre pourrait ouvrir la voie
à l’exportation du Rafale, le fameux
chasseur-bombardier français de Dassault, qui n’a,
jusqu’à présent, rencontré aucun succès à
l’exportation. A cela il faut ajouter 35
hélicoptères, 6 navires, des véhicules blindés, et
d’autres équipements militaires. Une série d’accords
de coopération a également été signée dans les
domaines du gaz, de l’eau, de la santé, de la
culture. Les intérêts économiques auront encore une
fois primé sur les droits humains.
Rodolphe
Tomegah
Faits divers :
La bénédiction spéciale
« Maudit soit celui qui a eu cette ingénieuse idée
de fabriquer le téléphone portable. Ne peut-on pas
savourer des moments comme celui-ci en toute
tranquillité ? », s’indigne un homme d’Eglise qui
vient d’être, en pleine bénédiction, perturbé par la
sonnerie de son téléphone mobile. Il aurait bien
voulu ne pas décrocher mais il n’oserait jamais ;
l’évêque est à l’autre bout du fil. Il y a urgence.
Adrien et Albertine sont deux jeunes amoureux que
n’importe quel couple envierait et que les
célibataires jalouseraient. Ils se sont rencontrés
lors d’une fête et depuis ce jour, ils sont restés
inséparables. Enfant de chœur (jeune garçon qui aide
le prêtre dans son ministère), Adrien voudrait bien
que son futur foyer soit une référence, un modèle.
Surtout, il voudrait préserver le lit conjugal de
toute souillure jusqu’au mariage. Malheureusement,
sa compagne Albertine ne l’entend pas de cette
oreille. Elle voudrait se satisfaire chaque fois
qu’elle en a envie. Fatiguée du « credo » (du
genre « nous avons le temps pour ça »),
Albertine décide de tricher un tout petit peu. Elle
trouve ainsi un jeune musulman, Alassani, qui
l’envoie au 7ème ciel
dès que l’occasion se présente. « Dieu me
comprendra et me pardonnera une fois mes péchés
confessés », se disait-elle. Pour joindre l’acte
à la parole, Albertine allait toujours confesser son
péché après avoir forniqué avec le jeune musulman.
Toutes les fois, elle répétait la même phrase : « Pardonnez-moi
mon père car j’ai péché. J’ai couché avec un
musulman du quartier ». Le jour-là, las
d’entendre la même chose de la part de sa fidèle, le
curé lui dit : « Passe me voir demain. Il faut
que je prépare une séance d’exorcisation afin de te
libérer de ce musulman ».
Le
lendemain, Albertine se présenta au lieu indiqué où
l’attendait son « délivreur ». Une fois seuls
dans une pièce presque vide (il n’y avait qu’un lit
et une chaise), le curé se mit à déboutonner la
chemisette de sa fidèle. Perverse par nature, cette
dernière aida l’homme de Dieu dans son geste. En
pleine action, euh, en pleine bénédiction, le curé
se mit à dire : « Musulman sort, chrétien rentre
……», tout en le rythmant avec ses va-et-vient.
Par la suite, les séances de délivrance de ce genre
se multiplièrent. Ce qui réveilla l’attention
d’Adrien qui, voulant savoir ce qui se passait, fut
rassuré par sa petite amie. « Je vais demander
des conseils au Père. Il est mon directeur
spirituel. Soit tranquille mon amour. Il ne se passe
rien de louche ».
Mais, de mauvaises langues ne tarderont pas à mettre
Adrien au parfum de ce qui se passe réellement.
Débonnaire, ce dernier renonce à toute investigation
et espère découvrir la vérité tôt ou tard. Au fait,
il avait raison. La vérité ne tardera pas à venir au
grand jour.
C’était un dimanche après-midi très ensoleillé de
mars. Les deux complices (Albertine et le curé)
étaient encore ensemble pour une énième séance de
délivrance. Ils étaient en pleine action lorsque le
téléphone mobile du curé se fit entendre. Celui-ci
ne décrocha que sur insistance de l’appelant. Bah !
C’est l’évêque qui veut lui parler. Sa voix est
grave et laisse présager une situation délicate :
c’était au sujet du catéchiste de la paroisse,
malade depuis un certain temps était agonisant. Le
curé doit aller lui donner le sacrement des malades.
Adrien lui, était déjà sur les lieux.
Une fois au chevet du malade, tout en sueur, le curé
sort son « mouchoir » blanc pour s’essuyer le
visage. A la vue du « mouchoir », toute la maisonnée
fut frappée de stupeur et d’indignation. La
désolation était grande chez Adrien. Le mouchoir que
le curé venait de sortir de sa poche était bien le
slip qu’il avait offert à Albertine à l’occasion de
son dernier anniversaire. Impossible de se tromper,
puisque sur ce slip, il a griffé les
initiales « AA » de leurs prénoms. Tout en colère,
il déclara : « Moi encore à l’Eglise, jamais de
la vie. Va au diable ». Confus, le curé tente de
rassurer les fidèles. « Le blanchisseur a du
plomb dans les oreilles. Je lui ai bien interdit de
mélanger mes habits avec ceux de la sœur Christine,
la religieuse paroissienne. Mais il fait toujours à
sa tête ».
Les fidèles digéreront-ils cet argument de nature à
faire dormir debout ?
Conseil cher curé: à votre prochaine séance de
délivrance, si bien sûr vous les continuez, mettez
votre portable sur mode silencieux.
Mais, et si on s’occupait du malade !
Grégoire AWESSO |