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22 Dec 2007 

[ 336: du 21 Nov 2007]  

Assemblée nationale : Majorité RPT, un colosse au pied d’argile ?
La majorité parlementaire est-elle un colosse au pied d’argile ? C’est la question que s’est posé un groupe d’observateurs présent lundi dernier dans la salle des plénières de l’Assemblée nationale.

Après avoir suivi le passage en force du président de l’Assemblée nationale pour imposer le vote à main levée du discours programme du chef de gouvernement aux députés, ce groupe amoureux des débats parlementaires, dit percevoir une certaine crainte dans la majorité RPT.  Selon un membre de ce groupe, la détermination avec laquelle les élus du parti majoritaire se sont opposés à la demande de vote secret du groupe UFC, laisse transparaître le caractère fragile  de cette majorité.

En effet, suite à la demande de vote secret du camp d’en face, Dama Dramani, Payadowa Boukpessi et Klassou Komi du RPT ont dû monter au créneau pour fustiger cette requête, car devaient-ils soutenir, « le motif de cette demande n’a pas été exposé » ou « l’UFC n’a pas remis au bureau de l’Assemblée la liste nominative des 10 députés demandant, conformément à l’article 65 du règlement intérieur de cette institution, le vote à main levée ». Malgré les insistances de Patrick Lawson en prenant à témoin le 1er secrétaire du parlement à qui il déclare avoir remis la liste des 10 députés juste après la suspension de la séance, Abass Bonfoh a foncé dans sa logique, en optant pour la « solution de tranquillité », celle qui arrange bien évidemment son parti.

En plus, fait remarquer un autre membre de ce groupe, Abass Bonfoh qui aurait entre temps cédé à la demande de l’UFC, est revenu sur sa décision pour faire passer la contre-proposition de son camp, en s’appuyant sur l’article 64 du règlement intérieur qui stipule que l’Assemblée nationale vote normalement à main levée.

Se référant aux échanges qui ont marqué la séance de droit de cette nouvelle législature, les membres de ce groupe ont rappelé que c’est la deuxième fois que le RPT laisse entrevoir l’idée d’une fragilité de sa majorité. Selon ce groupe, le fait que le RPT ait insisté pour obtenir que le vote du président du bureau du parlement soit fait à main levée témoigne de la crainte que ce parti nourrit quand à l’éventualité d’une fronde en son sein. De même, soutiennent ces jeunes, le fait que certains députés soient abonnés au silence serait aussi l’expression de la fragilité  de ce parti. Un argument qui souffre d’une certaine légitimité dans la mesure où dans le cap d’en face aussi, peu sont ceux qui prennent la parole.

Avec 50 députés à l’Assemblée, le RPT dispose d’une majorité écrasante de nature à lui assurer le vote sans difficulté de ses projets de loi. Mais, craignant visiblement la présence de brebis galeuses au sein du groupe, ses responsables n’entendent pas  prendre le risque d’un vote secret. L’UFC étant décidé à tirer sur cette corde.

Marc D. Kouakani-assi

Discours programme du chef de gouvernement : Quatre priorités pour le gouvernement Mally
Consolidation de la nation togolaise ; constitution des bases solides de la croissance et du développement ; amélioration des conditions d’accès aux services essentiels et réaffirmation de la place du Togo dans le concert des nations ; tels sont les grands axes de la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre, Komlan Mally, à laquelle, 41 députés du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) et 01 du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) ont accordé leur vote lundi dernier à l’Assemblée nationale.

Présent au parlement lundi dernier au titre de chef de gouvernement, le nouveau locataire de la primature a présenté à la représentation nationale, un discours programme axé sur les quatre points majeurs précités. Après avoir rappelé que le Togo, comme la plupart des pays africains a traversé ces quinze dernières années des périodes difficiles au cours desquelles le tissu social s’est déchiré, la cohésion nationale mise à  rude épreuve, etc., M. Mally a indiqué qu’il est temps que les Togolais se mettent à l’œuvre pour la reconstruction du pays. La politique de réconciliation nationale se trouve de ce fait incontournable à ses yeux.

Consolidation de la nation : Mally veut recoudre le tissu social

Selon le nouveau premier ministre, les drames de ces 50 dernières années ont fragilisé le tissu social. A cet effet, il estime que nous « devons méthodiquement, patiemment et résolument recoudre définitivement le tissu social ». Pour ce faire, M. Mally invite les Togolais de tous bords à « taire les rancoeurs du passé et à se redonner la main pour remettre le chantier à l’ouvrage de la reconstruction d’un Togo pacifié et prospère ».

Les actions devant permettre au gouvernement Mally de relever ces défis sont la mise en place d’une Commission chargée de proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale ; l’institution de la commission chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique commis par le passé et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes. Pour le chef du gouvernement, « cette commission devra travailler avec hauteur et lucidité pour créer les conditions d’une cohésion sociale pérenne ». 

Au nombre des réformes institutionnelles et constitutionnelles recommandées par l’accord politique global du 20 août 2006, figure l’établissement d’un statut pour l’opposition. L’équipe Komlan Mally entend honorer cet engagement. Elle veut aussi rendre plus crédible l’appareille judiciaire. Car devrait-il souligner, «un Etat moderne ne peut efficacement  fonctionner sans une justice digne de ce nom». Et comme pour dénoncer ce que le régime dont il est issu a fait de la justice, le chef du gouvernement a indiqué que « les réformes déjà engagées seront poursuivies pour  assurer un meilleur fonctionnement d’une justice moderne et équilibrée, protectrice des droits et libertés des citoyens et garante d’un bon fonctionnement des institutions ».

L’énarque plaide pour une administration moderne

Diplômé de l’école nationale d’administration (ENA), Komlan Mally semble vouloir mettre ses connaissances théoriques au service du Togo. A ce sujet, il a touché du doigt les réalités de l’administration togolaise dans son discours programme.

Selon lui, « le renforcement de l’Etat de droit au Togo doit être soutenu par une réforme de l’Etat dans ses structures et dans son fonctionnement ».

Après avoir relevé que «les textes qui régissent l’administration togolaise sont pour la plupart largement aujourd’hui dépassés, et ne répondent plus aux conditions de fonctionnement d’un Etat moderne», le chef du nouveau gouvernement togolais a indiqué que « nous devons dépoussiérer notre administration et créer les conditions pour un bon rendement de la fonction publique». Pour lui, « Nous devons oser sortir de la routine pour rendre notre administration plus apte à répondre aux situations et aux besoin du 21ième siècle. A ce sujet, il invite les agents de l’Etat à accepter que des mesures hardies à la hauteur des enjeux soient prises ».

La décentralisation enfin effective ?

Komlan Mally veut y croire ! Pour preuve, il rappelle dans son discours programme que l’Etat s’est engagé depuis des années dans une politique de décentralisation en vue de créer les conditions d’une gestion efficace des affaires de la cité à la base. D’après lui, tout est déjà fait afin de faire de ce vœu une réalité. Pour lui, « la décentralisation doit offrir à nos collectivités locales l’occasion de promouvoir la démocratie à la base, de créer les conditions d’un développement endogène et participatif qui offre la possibilité à toutes les couches sociales de participer à la gestion de la chose publique. »

Lutte contre les trafics de tous genres

Selon le nouveau premier ministre, l’apaisement de la vie politique et du climat social, la relance de la coopération avec les partenaires en développement sont autant de facteurs qui doivent favoriser la reprise économique et attirer de nouveaux investisseurs. Mais, prévient il, le Togo ne saurait bénéficier de l’apport des opérateurs économiques étrangers si son climat des affaires ne s’y prête pas. Pour ce faire, Komlan Mally entend déclencher « une lutte sans merci contre toutes les formes de criminalité, notamment le cime organisé, les crimes crapuleux, les trafics de drogue, le blanchiment de l’argent sale, etc. ». En plus des actions déjà engagées dans la protection civile et le renforcement de la sécurité publique, le successeur de Me Yawovi Agboyibo a confié que « le dispositif législatif sera revu pour l’adapter aux nouvelles formes de criminalité ».

Les bases de la croissance : Enfin la cour des compte et  une Inspection des finances ?

C’est en tout cas, la promesse faite par le nouveau locataire de la primature. Selon lui, l’économie togolaise a souffert ces quinze dernières années d’un environnement incertain que nourrissait la crise politique. Afin de tourner la page de cette phase sombre de l’histoire d’un pays dont 62% des habitants sont considérés comme des pauvres,  et de permettre à ce pays de retrouver le chemin d’une croissance forte et durable, le nouveau Premier ministre estime qu’il est urgent que l’on prenne des mesures hardies et énergiques. Pour y parvenir, Komlan Mally propose qu’on élimine de toutes les politiques publiques, les aspects qui empêchent d’obtenir des performances à la hauteur des sacrifices souvent consentis. Ceci, dit-il, implique que nous acceptions tous de changer notre façon de gérer les affaires nationales et plus précisément, la gouvernance économique. L’un des domaines de renforcement de la gouvernance selon Komlan Mally concerne l’assainissement des finances publiques.  Pour lui, cela passe par la mobilisation de ressources internes pour faire face aux besoins de production de biens et services. A ce sujet, M. Mally invite les Togolais à s’acquitter dorénavant avec promptitude, et conformément à la réglementation, de leurs obligations fiscales.

Afin de rendre transparent le recouvrement des recettes fiscales et douanières, le chef du gouvernement annonce la création d’une inspection des fiances et l’institution de la cour des comptes. Une annonce saluée par les opérateurs économiques et la communauté des bailleurs de fonds qui ont souvent reproché à l’administration togolaise, l’opacité qui caractérise sa gestion des deniers publics.

Pour le premier ministre, l’inspection des finances sera l’instrument de surveillance rapprochée pour éviter que des erreurs fatales ne soient commises.

Dans la droite ligne de la transparence et de la bonne gouvernance économique, Mally Komlan annonce une lutte sans merci contre la corruption.

Il a également indiqué que les réformes seront poursuivies dans les autres secteurs de l’économie, à savoir l’industrie avec le dossier des phosphates ; l’agriculture avec la question de la société togolaise de coton, etc.

Conditions d’accès aux services essentiels

Selon le chef du gouvernement, «la croissance et le développement économique seraient un leurre si l’on ne place pas l’homme au centre de toutes les stratégies», car devrait il relever, «le but ultime de l’action gouvernementale est de contribuer à l’épanouissement complet de la personne humaine». Pour y parvenir, il entend consacrer une bonne partie des actions de son gouvernement à créer les conditions d’accès de la population à un paquet minimum de services essentiels.

Ces mesures concernent entre autres : les secteurs de la santé, de l’éducation et de la formation. Pour le secteur de la santé, il s’agira notamment du recrutement d’agents de santé, le renforcement du programme élargi de vaccination, l’adoption d’un code de la santé.

En matière d’éducation et de formation, l’équipe Mally entend tout simplement poursuivre les réformes en cours.

L’assainissement et la protection sociale sont aussi au cœur de l’action du nouveau gouvernement. Celui-ci entend en fait réaliser des infrastructures couvrant l’ensemble du territoire afin d’atteindre 60% de couverture d’ici 2015.

Une prise en charge des personnes handicapées est envisagée, de même que l’élaboration d’une politique de protection de l’enfance.

Réaffirmation de la place du Togo dans le concert des nations

«Maintenant que le Togo semble avoir retrouvé sa place dans la communauté des nations», dit le nouveau premier ministre. Il faudrait à présent qu’il s’engage plus qu’hier, dans le renforcement de l’unité africaine. Il invite de ce fait, les représentants diplomatiques du Togo à être à la hauteur de la nouvelle tâche qui les attend. Pour Komlan Mally, « nous devons aussi entreprendre une politique de placement de cadres togolais dans les organisations internationales », car a-t-il souligné, « le rayonnement de la diplomatie du pays passe aussi par la présence remarquée de cadres togolais dans les institutions internationales ».

En somme, plus qu’un discours programme, la déclaration de politique générale de Komlan Mally se veut un catalogue de « bonnes intentions » destinées à sortir le Togo de sa léthargie. Mais alors, des questions restent en suspens. Le chef du gouvernement n’a pas indiqué de date, ni énuméré les moyens qui vont lui permettre de réaliser les promesses qu’il vient de faire aux Togolais. Qu’à cela ne tienne, les uns et les autres semblent séduits par la chose et attendent de voire si le duo Faure-Mally saura sortir la tête du Togo de l’eau. L’Assemblée nationale, notamment sa composante opposition est dans tous les cas déterminée à lui tirer dessus  au moment opportun.

Marc D. KOUAKANI-ASSI

Polémique autour de la visite en France de guide libyen : Mouammar Kadhafi, un loup vêtu de peau d’agneau ?
Le guide libyen, Mouammar Kadhafi a effectué la semaine dernière, une visite de 5 jours en France. Accueilli en grande pompe et   avec tous les honneurs  par son hôte, le président français, Nicolas Sarkozy, qui lui a déroulé le tapis rouge, le guide libyen aura atteint ses objectifs inavoués : sa reconnaissance comme chef d’Etat après l’isolement international dont il a fait l’objet pendant plus d’une trentaine d’année.  Mais cette visite du guide libyen dans l’hexagone a été l’une des rares d’un chef d’Etat africain à susciter autant de polémique et de réactions  au sein de la classe politique française.

Le colonel Mouammar Kadhafi est de toute évidence très indésirable sur le sol français. C’est du moins ce qu’a révélé sa visite de 5 jours, la seconde après 34 ans, effectuée au pays de Charles de Gaulle la semaine dernière. Une visite qui a déchaîné toutes les passions. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les premières oppositions à la venue de celui que l’ancien président américain, Ronald Reagan, qualifiait de « chien enragé », ont été l’œuvre des proches du président  Nicolas Sarkozy. Le lundi 10 décembre, jour même de l’arrivée de Mouammar Kadhafi, la secrétaire d’Etat français aux Droits de l’Homme, Rama Yade, dans une interview accordée au quotidien « Le parisien », s’est déclarée très « dérangée » que le chef d’Etat libyen arrive à Paris le jour de la célébration de la journée des Droits de l’Homme (le 10 décembre), et a souhaité que cette visite soit l’occasion d’insister sur le respect de ces droits par la Libye. « Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant terroriste ou non peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que « la France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ». Elle sera soutenue par le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner qui a pris ses distances vis-à-vis de cette visite. Ces critiques s’étendront jusqu’à l’Assemblée nationale française où certains élus UMP (parti de Nicolas Sarkozy) ont boycotté la rencontre du parlement avec le guide libyen.

Ensuite viennent les critiques de l’opposition. Les socialistes ont refusé d’accueillir à l’Assemblée nationale Mouammar Kadhafi, décrit par leur chef, François Hollande comme un dictateur venant avec ses pétrodollars acheter des armes. « L’Assemblée nationale n’est pas n’importe quel lieu. C’est l’instance parlementaire qui s’inscrit dans une longue tradition des Droits de l’Homme. Il est important de rappeler nos valeurs », a expliqué Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste. Même dans la rue, le dirigeant libyen était indésirable. Selon un sondage de « Paris Match », 61% des Français seraient contre sa présence en France.

La réponse du berger à la bergère

Comme à ses habitudes, Mouammar Kadhafi ne s’est pas tu face aux critiques auxquelles sa personne faisait l’objet. Très rusé, le guide de la révolution libyenne a profité d’une soirée organisée au siège de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) à l’intention des Africains de Paris pour répondre aux accusations de violation de Droits de l’Homme dont l’accablent ses détracteurs. Au cours de cette rencontre, il s’en est pris aux gouvernements européens, leur reprochant de maltraiter les immigrés. S’interrogeant sur les raisons pour lesquelles ces derniers expriment leur mécontentement par la violence et les incendies (allusion aux fréquentes violences dans les banlieues françaises), il a mis en cause l’Occident qui, selon lui, donne des leçons sans respecter les Droits des Africains sur son territoire. « Nous sommes dans un pays, la France, qui parle de droits de l’Homme et toute l’Europe fait de la surenchère. Si dans ces pays étrangers, l’immigré africain est opprimé, comment ces pays peuvent-ils venir faire de la surenchère et nous interpeller sur les droits de l’Homme dans nos pays ? Avant de parler des Droits de l’Homme, il faut vérifier que les immigrés chez vous bénéficient des mêmes droits», a déclaré le guide libyen avant d’inviter les Africains à rentrer au pays s’ils ne peuvent pas bénéficier de leurs droits.

Si d’aucun peuvent qualifier cette réaction de Kadhafi de « provocation à l’égard des Occidentaux », elle peut également se comprendre. D’une part, il n’est pas des habitudes du « colonel » de se laisser faire sans réagir. Aussi, jouissant d’une certaine popularité en Afrique (popularité due au fait qu’il est considéré comme le seul président africain qui arrive à tenir tête aux Occidentaux), il ne peut pas se permettre d’échanger les reconnaissances de Paris, Londres ou Washington contre cette popularité dont il fait l’objet sur le continent noir. D’autre part, que peuvent reprocher les Français à Mouammar Kadhafi  si leur pays a de la peine à traiter de manière respectueuse les immigrés et s’il doit recourir au test ADN pour accepter de délivrer ou non le visa ? Le respect des droits d’un individu n’est-ce pas le respect de tout ce qui touche à sa dignité ? Aussi, il serait quelque part injuste de traiter le « colonel libyen » de terroriste dans la mesure où celui-ci, depuis un certain temps, à multiplier les gestes de bonne volonté prouvant son éloignement de toute entreprise terroriste. En plus d’avoir indemnisé les victimes des attentats de Lockerbie (270 morts) et celles du DC 10 d’UTA (170 morts) et d’avoir renoncé au programme de développement des armes de destruction massive, il a condamné les récents attentats d’Alger qualifiant  Al-qaïda de groupe terroriste  et ses membres de criminelles. « Si al-Quaïda est vraiment derrière ces attentats criminels... alors al-Quaïda est une organisation terroriste, ses membres sont des criminels qui n’ont pas toute leur raison... Ils veulent anéantir l’humanité. Il n’y a aucun texte dans le Coran qui autorise ces actes. Au contraire, celui qui les commet ira en enfer... », avait-il martelé.

Kadhafi n’est pas exempt de reproche

Les accusations dont il fait l’objet prouvent que Mouammar Kadhafi n’est pas affranchi de toutes critiques. Certains de ses propos donnent parfois l’impression qu’il continue de soutenir le terrorisme ou qu’il a du mal à se débarrasser de son habit « d’ancien terroriste ». Avant la condamnation des attentats d’Alger, n’est-ce pas lui qui, dans une déclaration tonitruante lors du sommet UE/Afrique de Lisbonne, a jugé « normal que les faibles aient recours au terrorisme » ? Aussi, la Libye n’est pas un exemple en matière de respect des droits des immigrés au vu de tous les déboires que connaissent les immigrés subsahariens dans le pays de celui qui se veut l’initiateur « des Etats-Unis d’Afrique ». Il lui est aussi reproché ses interventions « maladroites » dans certains conflits du continent ainsi que la torture des infirmières bulgares et du médecin palestinien (détenus pour avoir inoculé le virus du sida à des enfants dans un hôpital libyen) qui ont passé 8 ans dans les geôles libyennes avant d’être relâchés tout récemment.

Par ailleurs, selon la FIDH (Fédération Internationale des Droit de l’Homme), les libyens ne jouissent d’aucun droit. Aucune opposition au régime en place n’a le droit de se déclarer publiquement sous peine d’être envoyée au cachot. Ce pays a connu au cours des trois dernières décennies des violations graves des droits de l’Homme. Le Leader, qui n’a jamais été élu, est président à vie et ne peut être destitué. Il est le Chef de l’Etat, le Commandant en Chef des Forces armées et le Leader des Comités révolutionnaires. Mouammar Kadhafi est officiellement au dessus des lois et ne rend compte de sa gestion à personne et à aucune institution. Il n’est responsable ni devant le peuple ni devant un parlement qui, par ailleurs, n’existe pas. Toutes les institutions de l’Etat, y compris les ministres et les hauts fonctionnaires, sont responsables individuellement devant lui et c’est à lui seul qu’ils rendent compte de leurs activités. Les abus du pouvoir sont permanents. Les Libyens continuent à être jugés par une justice totalement au service du régime. Ils continuent de ne pas jouir de leurs droits humains les plus élémentaires tels que le droit de choisir librement leur gouvernement dans des élections générales libres, périodiques, et par bulletin secret. Ils continuent d’être privés de leur droit à la liberté d’expression, à la liberté d’association. Selon la même organisation, une protestation dans une prison du pays en juin 1996, pour absence de minimum d’hygiène, s’est soldée par le massacre terrible de 1.200 prisonniers. Un simple appel pour le respect du droit à la liberté d’expression s’est soldé en février 2007 par l’arrestation de ses 12 signataires. Ils sont toujours en prison dans des conditions déplorables. Des exemples qui montrent que le guide libyen n’est vraiment pas un exemple en matière de démocratie et de respect des droits et des dignités de la personne humaine. S’il voudrait vraiment son retour à la respectabilité internationale, Kadhafi devra procéder à d’énormes reformes. Ce qui est loin de se faire pour le moment.

Malgré tout, Paris aura bénéficié de cette visite « embarrassante »

Si les questions de Droits de l’Homme n’ont pas été soulevées, la visite de Kadhafi a tout de même permis à la France de conclure d’importants contrats qui s’élèvent à peu près à une dizaine de milliards d’euros. Les deux plus importants confirment l’achat de 21 appareils Airbus par les deux compagnies libyennes Libyan Airlines et Afriqiyah : des A350, A330 et A320. Par ailleurs, quelques jours seulement après l’Algérie, la Libye a signé à son tour avec la France un accord de coopération pour le développement de l’énergie nucléaire civile. Un accord qui prévoit notamment la fourniture d’un ou plusieurs réacteurs pour le dessalement de l’eau de mer.

Paris et Tripoli ont d’autre part signé un mémorandum sur la coopération, mémorandum par lequel la Libye s’engage à entrer en négociation exclusive avec la France, pour acquérir des équipements militaires. Cet accord cadre pourrait ouvrir la voie à l’exportation du Rafale, le fameux chasseur-bombardier français de Dassault, qui n’a, jusqu’à présent, rencontré aucun succès à l’exportation. A cela il faut ajouter 35 hélicoptères, 6 navires, des véhicules blindés, et d’autres équipements militaires. Une série d’accords de coopération a également été signée dans les domaines du gaz, de l’eau, de la santé, de la culture. Les intérêts économiques auront encore une fois primé sur les droits humains.

Rodolphe Tomegah

Faits divers : La bénédiction spéciale
« Maudit soit celui qui a eu cette ingénieuse idée de fabriquer le téléphone portable. Ne peut-on pas savourer des moments comme celui-ci en toute tranquillité ? », s’indigne un homme d’Eglise qui vient d’être, en pleine bénédiction, perturbé par la sonnerie de son téléphone mobile. Il aurait bien voulu ne pas décrocher mais il n’oserait jamais ; l’évêque est à l’autre bout du fil. Il y a urgence.

Adrien et Albertine sont deux jeunes amoureux que n’importe quel couple envierait et que les célibataires jalouseraient. Ils se sont rencontrés lors d’une fête et depuis ce jour, ils sont restés inséparables. Enfant de chœur (jeune garçon qui aide le prêtre dans son ministère), Adrien voudrait bien que son futur foyer soit une référence, un modèle. Surtout, il voudrait préserver le lit conjugal de toute souillure jusqu’au mariage. Malheureusement, sa compagne Albertine ne l’entend pas de cette oreille. Elle voudrait se satisfaire chaque fois qu’elle en a envie. Fatiguée du « credo » (du genre « nous avons le temps pour ça »), Albertine décide de tricher un tout petit peu. Elle trouve ainsi un jeune musulman, Alassani, qui l’envoie au 7ème ciel dès que l’occasion se présente. « Dieu me comprendra et me pardonnera une fois mes péchés confessés », se disait-elle. Pour joindre l’acte à la parole, Albertine allait toujours confesser son péché après avoir forniqué avec le jeune musulman. Toutes les fois, elle répétait la même phrase : « Pardonnez-moi mon père car j’ai péché. J’ai couché avec un musulman du quartier ». Le jour-là, las d’entendre la même chose de la part de sa fidèle, le curé lui dit : « Passe me voir demain. Il faut que je prépare une séance d’exorcisation afin de te libérer de ce musulman ».

Le lendemain, Albertine se présenta au lieu indiqué où l’attendait son « délivreur ». Une fois seuls dans une pièce presque vide (il n’y avait qu’un lit et une chaise), le curé se mit à déboutonner la chemisette de sa fidèle. Perverse par nature, cette dernière aida l’homme de Dieu dans son geste. En pleine action, euh, en pleine bénédiction, le curé se mit à dire : « Musulman sort, chrétien rentre ……», tout en le rythmant avec ses va-et-vient. Par la suite, les séances de délivrance de ce genre se multiplièrent. Ce qui réveilla l’attention d’Adrien qui, voulant savoir ce qui se passait, fut rassuré par sa petite amie. « Je vais demander des conseils au Père. Il est mon directeur spirituel. Soit tranquille mon amour. Il ne se passe rien de louche ».

Mais, de mauvaises langues ne tarderont pas à mettre Adrien au parfum de ce qui se passe réellement. Débonnaire, ce dernier renonce à toute investigation et espère découvrir la vérité tôt ou tard. Au fait, il avait raison. La vérité ne tardera pas à venir au grand jour.

C’était un dimanche après-midi très ensoleillé de mars. Les deux complices (Albertine et le curé) étaient encore ensemble pour une énième séance de délivrance. Ils étaient en pleine action lorsque le téléphone mobile du curé se fit entendre. Celui-ci ne décrocha que sur insistance de l’appelant. Bah ! C’est l’évêque qui veut lui parler. Sa voix est grave et laisse présager une situation délicate : c’était au sujet du catéchiste de la paroisse, malade depuis un certain temps était agonisant. Le curé doit aller lui donner le sacrement des malades. Adrien lui, était déjà sur les lieux.

Une fois au chevet du malade, tout en sueur, le curé sort son « mouchoir » blanc pour s’essuyer le visage. A la vue du « mouchoir », toute la maisonnée fut frappée de stupeur et d’indignation. La désolation était grande chez Adrien. Le mouchoir que le curé venait de sortir de sa poche était bien le slip qu’il avait offert à Albertine à l’occasion de son dernier anniversaire. Impossible de se tromper, puisque sur ce slip, il a griffé les initiales « AA » de leurs prénoms. Tout en colère, il déclara : « Moi encore à l’Eglise, jamais de la vie. Va au diable ». Confus, le curé tente de rassurer les fidèles. « Le blanchisseur a du plomb dans les oreilles. Je lui ai bien interdit de mélanger mes habits avec ceux de la sœur Christine, la religieuse paroissienne. Mais il fait toujours à sa tête ».

Les fidèles digéreront-ils cet argument de nature à faire dormir debout ?

Conseil cher curé: à votre prochaine séance de délivrance, si bien sûr vous les continuez, mettez votre portable sur mode silencieux.

Mais, et si on s’occupait du malade !

Grégoire AWESSO

 

 
 
 
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