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16 Dec Nov 2007 

[ 334: du 15 Nov 2007]  

Colossale dette du Togo : Mal gouvernance et détournement pointés du doigt
Avec plus de 135 millions de dollars (soit environ 74.250.000.000 de FCFA) de dette vis-à-vis de la Banque Mondiale fin novembre 2007, plus de 10.883 milliards de FCFA  d’encours de dette publique fin 2004 et plus de 275 milliards de F CFA de dette intérieure fin 2005, l’économie togolaise en cette fin d’année 2007 est en situation de détresse. Pour arrêter l’hémorragie, le gouvernement togolais avait pris, vers la fin de l’année 2005, la décision de faire procéder à l’audit de la dette intérieure par un cabinet d’étude. En entendant les résultats de cette étude qui a été confiée au cabinet d’audit KPMG, et alors que les institutions de Bretton Wood, notamment la Banque Mondiale fait de l’apurement de sa  dette une condition de la reprise de sa coopération pleine et entière avec le Togo, il convient de rappeler certaines pratiques et contextes qui, en partie, constituent quelques unes des causes de l’endettement du Togo.

L’évolution de l’environnement économique

Au lendemain de son indépendance, et selon des spécialistes, le Togo a connu deux phases d’évolution de son économie. Une première marquée par une croissance rapide, entre 1960 et 1970 voire après la 1ère moitié de la décade 1970. Ensuite viendra la période de la régression et de l’effondrement marquée surtout par les déséquilibres macroéconomiques à partir de 1974. La situation des années 1990 étant imputable en partie à la  corruption généralisée et au détournement sans limite des fonds publics.

La période de la croissance

Entre 1960 et 1974, l’économie togolaise a connu une croissance moyenne en terme de PIB réel d’environ 7% par an. Cette embellie économique s’expliquait à l’époque par : la mise en place des politiques budgétaires et fiscales dites prudentes (on notait une modération dans la politique de recrutement dans la fonction publique comme dans l’augmentation des salaires) ; la mise en place d’une politique commerciale dite de porte ouverte marquée essentiellement par la promotion de l’initiative privée dans les activités commerciales : C’est l’époque de gloire des nanas benz. Une période au cours de laquelle la part du commerce dans le PIB est passée de 11% à 21% en 1974. Le Togo était devenu le centre régional de transit. Car tout venait et passait par son territoire.

L’économie nationale était alors fortement tournée vers l’exportation : on est passé de 25% en 1967 à 41% en 1974. La part des mines (phosphate en occurrence) dans le PIB était alors passée de 3% à 21%, alors que celle de l’agriculture a régressé en passant de 50% à 25%.

Les investissements publics étaient dirigés vers les routes, les infrastructures portuaires et hôtelières. Au cours de cette période, plus de 4,32 millions de dollars US étaient investis dans des projets routiers avec l’aide des partenaires financiers.

En somme, on notait une bonne santé financière chez le Togo dont le déficit du compte courant tournait autour de 1,5% du Produit National Brut (PNB). Les spécialistes diront que le service de la dette togolaise est raisonnable. Tant mieux.

Cette période dite de gestion prudente et rationnelle de l’économie nationale va faire place à partir de 1974 à la période du boom phosphatier. Période de toutes les folies marquée par le début de la descente aux enfers des agrégats macroéconomiques togolais.

La période du Boom phosphatier

L’année 1974 sera marquée par un événement majeure au plan internationale : l’augmentation du prix du phosphate brut, sur les marchés internationaux est passé de 14$ la tonne en 1960 à 60 $ en 1974. Ce qui va entraîner du coup une croissance des exportations minières composées essentiellement du phosphate. Au Togo, comme sur le marché international, 70 % du total des exportations étaient minières. Au même moment, celles des produits manufacturés africaines  étaient insignifiantes voire nulles.

Un autre événement de taille au plan national viendra accentuer les faits : la nationalisation de l’Office Togolais des Phosphates (OTP), suite au fameux attentat du 24 janvier 1974. Conséquence, les recettes de l’Etat provenant des phosphates vont être multipliées par dix. Ainsi, elles sont passées de 3,5 milliards de F CFA en 1970 à 34,5 milliards de F CFA 5 ans plus tard. Cette situation, disent les archives, a entraîné de profonds changements dans l’économie nationale à partir de 1975.

Dès 1976 un ambitieux plan quinquennal de développement sera lancé. Le total des investissements prévus est porté à plus de 250 milliards de F CFA.

La révolution verte sera lancée. L’industrie sera reléguée au 3ème rang des priorités économiques. On notera par ailleurs une forte intervention de l’Etat dans la quasi-totalité des secteurs : l’Etat initie et finance tous les projets. Les écoles de pensées économiques parlaient de capitalisme planifié.

Mais aussitôt les prévisions faites que les cours mondiaux des phosphates chutent : c’est le début du fiasco !

La période des déséquilibres macroéconomiques

Après le boom phosphatier de 1974 et la période des excédents financiers, de succès politique (Eyadema, médiateur dans certaines crises sous régionale (Biafra au Nigeria) et continentale (Tchad)) et d’euphorie, la nouvelle donne internationale va obliger le gouvernement togolais à revoir à la baisse ses ambitions.

Mais le pouvoir hésite, à la fin, les faits ont fini par lui dicter leur loi.

En 1976, le cours de la tonne de phosphate a chuté de moitié passant de 60 $ en 1975 à 30 $ un an plus tard. Les revenus phosphatiers ont alors chuté de 25% avec en prime  une réduction en 1976 des revenus de l’Etat provenant de cette ressource minière.

L’Etat qui avait prévu et multiplié les chantiers de construction à la faveur de sa « politique des grands travaux », sera contraint de recourir à des emprunts extérieurs pour combler le gap financier causé par l’accroissement des investissements sus énumérés.

La dureté des conditions de ces emprunts va entraîner à terme, en 1978, une croissance exponentielle de la dette extérieure publique du Togo. Elle atteint 624 millions de $ US soit 65% du produit intérieur Brut contre 9% quatre ans plutôt.

Paradoxalement, alors que les choses allaient mal, on enregistrait encore de la part du gouvernement des investissements de luxe qui se sont traduits par une hausse des dépenses courantes : augmentation des salaires : 20% en 1975 et 15% en 1977 ; augmentation du nombre de fonctionnaires qui est passé de 23.000 en 1975 en 38.000 en 1978 soit une variation de 15.000 agents en 3 ans. Les investissements bruts sont passés de 28% du PIB en 1975 pour atteindre 46% en 1978.

Cette période sera marquée par de nombreux et fastidieux investissements dans l’industrie (les aciéries, les huileries, raffineries…), le tourisme, etc.

Le Togo va commencer par connaître une période de faible croissance économique (4,3% en moyenne) marquée par la détérioration des performances budgétaire et fiscale.

Le déficit global du trésor public a atteint 9,1 milliards en 1975 contre 2,2 milliards en 1974.

Au finish, il se trouve que ce sont les investissements hasardeux et l’irrationalité des décisions qui ont été prises au lendemain du boom phosphatier qui vont entraîner à partir de la fin des années 1970 la dérive. Une situation qui s’est amplifiée en 1980 et a atteint son paroxysme au cours des années 1990 avec la longue grève générale illimitée de 92-93. Une grève qui s’inscrivait en fait dans le contexte politique très agitée de l’époque. La rupture des relations avec l’UE et la dévaluation du F CFA viendront tour à tour empirer la triste situation économique et financière du Togo : entre 1985 et 2000, les investissements publics sont passés de 22% à 6% alors que l’aide publique au développement est passé de 75 dollars en 1990 à 10 dollars dix ans plus tard.

Au plan des échanges commerciaux, la balance commerciale du Togo est passée d’une croissance au cours de la décennie 1970 à un déficit de 91 milliards de F CFA en 2003 pour atteindre environ 173 milliards de F CFA en 2005.

A ces éléments relevant de la mauvaise gestion, on ajoutera ceux de la mauvaise gouvernance notamment le détournement et la corruption.

La LIT (Ligue des Indépendants pour la Transparence), une ONG nationale de lutte pour la transparence et la bonne gouvernance estimera à plus de 30 milliards de F CFA le montant des détournements au Togo au cours des 15 dernières années. Ce qui représenterait selon cette ONG, près de 9 mois de salaires des fonctionnaires togolais.

Au lendemain de la prise du pouvoir de Faure Gnassingbé, un homme politique fera remarquer que le trésor public, entre temps dirigé vers Lomé II, a connu un regain de fluidité avant de retourner aujourd’hui à sa situation d’avant le 05 février.

En somme plusieurs facteurs allant des hasardeux investissements des années  1974-1975 aux détournements qui se sont accrus ces dernières années en passant par la rupture de la coopération avec l’UE et bien d’autres facteurs relatifs à la chute du cours des  matières premières et à la monnaie sont tenus par les experts comme ceux expliquant le très fort endettement du Togo.

Une dette que le pays se doit de payer s’il veut renouer avec la communauté financière internationale à savoir les institutions de Bretton Woods. Comme quoi : les bons comptes font les bons amis.  

Marc D. kouakani-assi

Régulation de la circulation routière à Lomé : «Incompréhension» entre la police et les feux tricolores
Certains carrefours de Lomé connaissent à certaines heures des embouteillages monstres. Les automobilistes, motocyclistes et cyclistes se bousculent dans des files, attendant soit que le feu vert s’allume ou le signal d’un agent de la police  pour redémarrer. Cette présence des policiers facilite sensiblement la circulation aux intersections des grands axes de la ville, étant donné que la plupart des feux de signalisation sont hors d’usage, réduits à une seule couleur ou encore touchés par le délestage du courant électrique. Les usagers de la route ont,  dans leur grande majorité, salué cette intervention des forces de sécurité pour la régulation du trafic.

Toutefois,  ils  dénoncent l’irrégularité de ces agents et surtout leur absence aux carrefours où les feux tricolores n’ont jamais été installés ou sont inopérationnels, alors même que ces policiers se retrouvent  parfois en grand nombre et inoccupés à des endroits où les feux tricolores sont encore  fonctionnels. Ainsi, il arrive souvent qu’à ces croisements de routes, ces agents, pour la plupart de nouvelles recrues ne maîtrisant pas encore assez bien les règles de gestion de la circulation, « disputent » cette tâche avec les feux de signalisation en pleine activité. Les usagers ne sachant plus qui des deux (feux tricolores ou agent de la police) respecter (même si dans le code de la route, c’est plutôt l’agent qu’il faut suivre), se mélangent à répétition les pédales créant de ce fait un désordre à ces croisements de rues et de boulevards. Ceux qui sont un peu patients attendent l’ordre du policier alors que pendant ce temps, le feu est passé du rouge au vert à plusieurs reprises. Lorsque ces usagers sont las d’attendre, ils émettent une symphonie de klaxons pour interpeller l’agent de sécurité qui parfois feint les ignorer ou hésite dans ses gestes.

Selon un communiqué diffusé sur les médias publics, ces policiers sont à chaque coin de rue pour rappeler à l’ordre ceux qui violent le code de la route aux carrefours. Malheureusement, dès qu’ils s’invitent à la gestion de la circulation, le résultat n’est pas toujours celui attendu par les usagers. Entre la gestion électronique et la gestion policière de la circulation, la seconde est  sensée compléter ou suppléer l’autre. la police doit pouvoir se faire sentir aux endroits où son intervention est requise.

Sedjrawodo A. ADRY

 

 
 
 
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