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Colossale dette du Togo :
Mal gouvernance et détournement pointés du
doigt
Avec plus de 135 millions de dollars (soit environ
74.250.000.000 de FCFA) de dette vis-à-vis de la
Banque Mondiale fin novembre 2007, plus de 10.883
milliards de FCFA d’encours de dette publique fin
2004 et plus de 275 milliards de F CFA de dette
intérieure fin 2005, l’économie togolaise en cette
fin d’année 2007 est en situation de détresse. Pour
arrêter l’hémorragie, le gouvernement togolais avait
pris, vers la fin de l’année 2005, la décision de
faire procéder à l’audit de la dette intérieure par
un cabinet d’étude. En entendant les résultats de
cette étude qui a été confiée au cabinet d’audit
KPMG, et alors que les institutions de Bretton Wood,
notamment la Banque Mondiale fait de l’apurement de
sa dette une condition de la reprise de sa
coopération pleine et entière avec le Togo, il
convient de rappeler certaines pratiques et
contextes qui, en partie, constituent quelques unes
des causes de l’endettement du Togo.
L’évolution de l’environnement économique
Au
lendemain de son indépendance, et selon des
spécialistes, le Togo a connu deux phases
d’évolution de son économie. Une première marquée
par une croissance rapide, entre 1960 et 1970 voire
après la 1ère moitié de la décade 1970. Ensuite
viendra la période de la régression et de
l’effondrement marquée surtout par les déséquilibres
macroéconomiques à partir de 1974. La situation des
années 1990 étant imputable en partie à la
corruption généralisée et au détournement sans
limite des fonds publics.
La
période de la croissance
Entre 1960 et 1974, l’économie togolaise a connu une
croissance moyenne en terme de PIB réel d’environ 7%
par an. Cette embellie économique s’expliquait à
l’époque par : la mise en place des politiques
budgétaires et fiscales dites prudentes (on notait
une modération dans la politique de recrutement dans
la fonction publique comme dans l’augmentation des
salaires) ; la mise en place d’une politique
commerciale dite de porte ouverte marquée
essentiellement par la promotion de l’initiative
privée dans les activités commerciales : C’est
l’époque de gloire des nanas benz. Une période au
cours de laquelle la part du commerce dans le PIB
est passée de 11% à 21% en 1974. Le Togo était
devenu le centre régional de transit. Car tout
venait et passait par son territoire.
L’économie nationale était alors fortement tournée
vers l’exportation : on est passé de 25% en 1967 à
41% en 1974. La part des mines (phosphate en
occurrence) dans le PIB était alors passée de 3% à
21%, alors que celle de l’agriculture a régressé en
passant de 50% à 25%.
Les investissements publics étaient dirigés vers les
routes, les infrastructures portuaires et
hôtelières. Au cours de cette période, plus de 4,32
millions de dollars US étaient investis dans des
projets routiers avec l’aide des partenaires
financiers.
En
somme, on notait une bonne santé financière chez le
Togo dont le déficit du compte courant tournait
autour de 1,5% du Produit National Brut (PNB). Les
spécialistes diront que le service de la dette
togolaise est raisonnable. Tant mieux.
Cette période dite de gestion prudente et
rationnelle de l’économie nationale va faire place à
partir de 1974 à la période du boom phosphatier.
Période de toutes les folies marquée par le début de
la descente aux enfers des agrégats macroéconomiques
togolais.
La
période du Boom phosphatier
L’année 1974 sera marquée par un événement majeure
au plan internationale : l’augmentation du prix du
phosphate brut, sur les marchés internationaux est
passé de 14$ la tonne en 1960 à 60 $ en 1974. Ce qui
va entraîner du coup une croissance des exportations
minières composées essentiellement du phosphate. Au
Togo, comme sur le marché international, 70 % du
total des exportations étaient minières. Au même
moment, celles des produits manufacturés africaines
étaient insignifiantes voire nulles.
Un
autre événement de taille au plan national viendra
accentuer les faits : la nationalisation de l’Office
Togolais des Phosphates (OTP), suite au fameux
attentat du 24 janvier 1974. Conséquence, les
recettes de l’Etat provenant des phosphates vont
être multipliées par dix. Ainsi, elles sont passées
de 3,5 milliards de F CFA en 1970 à 34,5 milliards
de F CFA 5 ans plus tard. Cette situation, disent
les archives, a entraîné de profonds changements
dans l’économie nationale à partir de 1975.
Dès 1976 un ambitieux plan quinquennal de
développement sera lancé. Le total des
investissements prévus est porté à plus de 250
milliards de F CFA.
La
révolution verte sera lancée. L’industrie sera
reléguée au 3ème rang
des priorités économiques. On notera par ailleurs
une forte intervention de l’Etat dans la
quasi-totalité des secteurs : l’Etat initie et
finance tous les projets. Les écoles de pensées
économiques parlaient de capitalisme planifié.
Mais aussitôt les prévisions faites que les cours
mondiaux des phosphates chutent : c’est le début du
fiasco !
La
période des déséquilibres macroéconomiques
Après le boom phosphatier de 1974 et la période des
excédents financiers, de succès politique (Eyadema,
médiateur dans certaines crises sous régionale
(Biafra au Nigeria) et continentale (Tchad)) et
d’euphorie, la nouvelle donne internationale va
obliger le gouvernement togolais à revoir à la
baisse ses ambitions.
Mais le pouvoir hésite, à la fin, les faits ont fini
par lui dicter leur loi.
En
1976, le cours de la tonne de phosphate a chuté de
moitié passant de 60 $ en 1975 à 30 $ un an plus
tard. Les revenus phosphatiers ont alors chuté de
25% avec en prime une réduction en 1976 des revenus
de l’Etat provenant de cette ressource minière.
L’Etat
qui avait prévu et multiplié les chantiers de
construction à la faveur de sa « politique des
grands travaux », sera contraint de recourir à
des emprunts extérieurs pour combler le gap
financier causé par l’accroissement des
investissements sus énumérés.
La
dureté des conditions de ces emprunts va entraîner à
terme, en 1978, une croissance exponentielle de la
dette extérieure publique du Togo. Elle atteint 624
millions de $ US soit 65% du produit intérieur Brut
contre 9% quatre ans plutôt.
Paradoxalement, alors que les choses allaient mal,
on enregistrait encore de la part du gouvernement
des investissements de luxe qui se sont traduits par
une hausse des dépenses courantes : augmentation des
salaires : 20% en 1975 et 15% en 1977 ; augmentation
du nombre de fonctionnaires qui est passé de 23.000
en 1975 en 38.000 en 1978 soit une variation de
15.000 agents en 3 ans. Les investissements bruts
sont passés de 28% du PIB en 1975 pour atteindre 46%
en 1978.
Cette période sera marquée par de nombreux et
fastidieux investissements dans l’industrie (les
aciéries, les huileries, raffineries…), le tourisme,
etc.
Le
Togo va commencer par connaître une période de
faible croissance économique (4,3% en moyenne)
marquée par la détérioration des performances
budgétaire et fiscale.
Le
déficit global du trésor public a atteint 9,1
milliards en 1975 contre 2,2 milliards en 1974.
Au
finish, il se trouve que ce sont les investissements
hasardeux et l’irrationalité des décisions qui ont
été prises au lendemain du boom phosphatier qui vont
entraîner à partir de la fin des années 1970 la
dérive. Une situation qui s’est amplifiée en 1980 et
a atteint son paroxysme au cours des années 1990
avec la longue grève générale illimitée de 92-93.
Une grève qui s’inscrivait en fait dans le contexte
politique très agitée de l’époque. La rupture des
relations avec l’UE et la dévaluation du F CFA
viendront tour à tour empirer la triste situation
économique et financière du Togo : entre 1985 et
2000, les investissements publics sont passés de 22%
à 6% alors que l’aide publique au développement est
passé de 75 dollars en 1990 à 10 dollars dix ans
plus tard.
Au
plan des échanges commerciaux, la balance
commerciale du Togo est passée d’une croissance au
cours de la décennie 1970 à un déficit de 91
milliards de F CFA en 2003 pour atteindre environ
173 milliards de F CFA en 2005.
A
ces éléments relevant de la mauvaise gestion, on
ajoutera ceux de la mauvaise gouvernance notamment
le détournement et la corruption.
La
LIT (Ligue des Indépendants pour la Transparence),
une ONG nationale de lutte pour la transparence et
la bonne gouvernance estimera à plus de 30 milliards
de F CFA le montant des détournements au Togo au
cours des 15 dernières années. Ce qui représenterait
selon cette ONG, près de 9 mois de salaires des
fonctionnaires togolais.
Au
lendemain de la prise du pouvoir de Faure Gnassingbé,
un homme politique fera remarquer que le trésor
public, entre temps dirigé vers Lomé II, a connu un
regain de fluidité avant de retourner aujourd’hui à
sa situation d’avant le 05 février.
En
somme plusieurs facteurs allant des hasardeux
investissements des années 1974-1975 aux
détournements qui se sont accrus ces dernières
années en passant par la rupture de la coopération
avec l’UE et bien d’autres facteurs relatifs à la
chute du cours des matières premières et à la
monnaie sont tenus par les experts comme ceux
expliquant le très fort endettement du Togo.
Une dette que le pays se doit de payer s’il veut
renouer avec la communauté financière internationale
à savoir les institutions de Bretton Woods. Comme
quoi : les bons comptes font les bons amis.
Marc D.
kouakani-assi
Régulation de la circulation routière à Lomé :
«Incompréhension» entre la police et les feux
tricolores
Certains carrefours de Lomé connaissent à certaines
heures des embouteillages monstres. Les
automobilistes, motocyclistes et cyclistes se
bousculent dans des files, attendant soit que le feu
vert s’allume ou le signal d’un agent de la police
pour redémarrer. Cette présence des policiers
facilite sensiblement la circulation aux
intersections des grands axes de la ville, étant
donné que la plupart des feux de signalisation sont
hors d’usage, réduits à une seule couleur ou encore
touchés par le délestage du courant électrique. Les
usagers de la route ont, dans leur grande majorité,
salué cette intervention des forces de sécurité pour
la régulation du trafic.
Toutefois, ils dénoncent l’irrégularité de ces
agents et surtout leur absence aux carrefours où les
feux tricolores n’ont jamais été installés ou sont
inopérationnels, alors même que ces policiers se
retrouvent parfois en grand nombre et inoccupés à
des endroits où les feux tricolores sont encore
fonctionnels. Ainsi, il arrive souvent qu’à ces
croisements de routes, ces agents, pour la plupart
de nouvelles recrues ne maîtrisant pas encore assez
bien les règles de gestion de la circulation, « disputent »
cette tâche avec les feux de signalisation en pleine
activité. Les usagers ne sachant plus qui des deux
(feux tricolores ou agent de la police) respecter
(même si dans le code de la route, c’est plutôt
l’agent qu’il faut suivre), se mélangent à
répétition les pédales créant de ce fait un désordre
à ces croisements de rues et de boulevards. Ceux qui
sont un peu patients attendent l’ordre du policier
alors que pendant ce temps, le feu est passé du
rouge au vert à plusieurs reprises. Lorsque ces
usagers sont las d’attendre, ils émettent une
symphonie de klaxons pour interpeller l’agent de
sécurité qui parfois feint les ignorer ou hésite
dans ses gestes.
Selon un communiqué diffusé sur les médias publics,
ces policiers sont à chaque coin de rue pour
rappeler à l’ordre ceux qui violent le code de la
route aux carrefours. Malheureusement, dès qu’ils
s’invitent à la gestion de la circulation, le
résultat n’est pas toujours celui attendu par les
usagers. Entre la gestion électronique et la gestion
policière de la circulation, la seconde est sensée
compléter ou suppléer l’autre. la police doit
pouvoir se faire sentir aux endroits où son
intervention est requise.
Sedjrawodo A. ADRY |